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Le ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa, a souligné que ses services examinent l’éventualité de réviser la loi sur les hydrocarbures jugée peu attractive par les experts et les compagnies étrangères opérant en Algérie.

 
Younès Djama - Alger (Le Soir) -

« Personnellement, je ne suis pas très favorable à la révision de but en blanc. La loi est incitative sur beaucoup d'aspects, mais il y a certains paramètres à réviser par voie réglementaire de façon à donner plus d'attractivité au secteur sans avoir à modifier le texte législatif», a indiqué M. Bouterfa dans un entretien accordé hier à nos confrères de L’Expression. 
Et si l'approche réglementaire ne lève pas le doute, «il faudra alors envisager une révision de la loi», relève le ministre de l’Energie, affirmant que de l’avis des compagnies étrangères, «c'est le régime fiscal qui freine».
Selon Bouterfa, l’échec du 4e appel d'offres dans le domaine des hydrocarbures, l'Algérie n'ayant réussi à placer que 4 périmètres sur les 31 proposés, ne tenait pas aux conditions du marché des hydrocarbures «qui étaient en adéquation avec les objectifs d'attractivité visés par la loi lors de sa promulgation en 2013», mais à d’autres facteurs. D’abord, la tendance baissière des prix devenue inéluctable et favorisée par la décision de l'Arabie Saoudite de contrer le pétrole de schiste en augmentant sa production pour maintenir ses parts de marché. L'autre facteur n'ayant pas favorisé le succès de la démarche se situerait, estime le ministre, dans les dispositions fiscales de la loi, notamment l'impôt complémentaire sur les revenus qui peut aller jusqu'à 80% sur tout profit au-delà de 20%. Beaucoup d'opérateurs, dans les conditions de 2014, ne peuvent pas se maintenir avec pareil régime, d'autant que, dans ce secteur, on peut perdre une année et gagner au cours d'une autre», admet-il. 

«J'étais devant un véritable challenge»
Par ailleurs, Noureddine Bouterfa est revenu longuement sur les facteurs de réussite de la réunion informelle des pays producteurs et exportateurs de pétrole qui a abouti à un accord de principe pour la réduction de la production de pétrole actée de manière officielle lors de la rencontre de Vienne le 30 novembre dernier. «J'étais devant un véritable challenge, celui de réussir deux événements importants qui se tenaient en Algérie: le Forum international de l'énergie (IEF15) et la réunion informelle de l'Opep. La tenue de cette dernière a été d'ailleurs possible parce que tous les ministres de l'Energie des pays membres de l'Opep avaient confirmé leur participation à l'IEF», confie M. Bouterfa qui admet volontiers que l'événement se déroulant en Algérie, il a dû faire valoir l'aura et le poids dont jouit notre pays au niveau mondial. 
Une bonne image découlant de «l'aura personnelle du président de la République auprès des pays arabes et africains» et qui a été «déterminante» dans la réussite de la réunion de l'Opep du 28 septembre. 
La tâche de faire fédérer tout le monde n’était guère une simple affaire. Pour ce faire, le ministre et ses collaborateurs avaient d’abord pour mission de convaincre les uns et les autres de l'impératif d'être présents à Alger. «Par la suite, un autre challenge consistait à faire converger des positions diamétralement opposées. Il s'agissait d'écouter, de comprendre d'abord ce que l'autre partie demandait, et, partant de là, prendre en compte les préoccupations des uns et des autres pour enfin aboutir à une proposition équilibrée, équitable et acceptable par tous», relate Bouterfa dont les tournées dans les capitales des pays Opep et non-Opep ont permis d'affiner la démarche et la proposition algériennes qui ont été payantes au final. Quel est justement le secret de la proposition algérienne ? «Je dirai que ce sont l'équilibre et la pertinence de la proposition algérienne qui ont réussi à répondre aux préoccupations de deux grands pays : l'Iran et l'Arabie Saoudite en l'occurrence», confie Bouterfa qui souligne que le mécanisme proposé par l'Algérie est basé sur ce qu'on a nommé «niveau de production de référence» qui n'est pas nécessairement le niveau de production du mois d'octobre. 
Ce principe a été retenu par l'ensemble des pays producteurs. Après en avoir convenu, il a été appliqué à tout le monde. 

Réduction de la production : 
Alnaft a la prérogative légale de contraindre toutes les entreprises 

Ce principe a été perçu comme étant juste et équitable, «car il tenait compte de certaines contraintes difficiles à ignorer». Le reste du travail relevait des aspects techniques pour parvenir à des baisses de production de chaque pays membre de l'Opep. Pour faire respecter l’Accord d’Alger, un comité de monitoring a été mis en place et dont fait partie l’Algérie. Il a pour mission de s'assurer que tous les pays devant réduire leur production respectent leurs engagements. Pour l’Algérie, c’est l’agence Alnaft qui s’est vu confier la mission de répercuter cette baisse de production. 
Le ministre s’est montré très serein quant à la capacité de l’agence à réussir sa mission d’autant qu’elle (Alnaft) a la prérogative légale de contraindre toutes les entreprises y compris étrangères activant dans le pays à réduire leur production. 
«L'opération sera gérable puisqu'il s'agira de décisions prises d'un commun accord entre la compagnie nationale et ses partenaires. Il n'y a donc aucun problème à ce niveau. Au demeurant, la réduction est assez faible. 50 000 barils répartis entre tous les producteurs sur le terrain est une équation très facile à résoudre», note M. Bouterfa. 
Y. D.

Tag(s) : #Vie economique

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