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Depuis des mois, les habitants d'Alep (Syrie) vivent un drame humanitaire. Des milliers de civils sont la cible de bombardements incessants, pris au piège dans les quartiers insurgés et sans aucun recours à l'aide humanitaire. Ce lundi 28 novembre, l'Organisation mondiale de la santé annonçait que plus aucun hôpital n'était en état de fonctionner dans ces quartiers où vivent plus de 250.000 personnes.

Rédigé le 

 
 
 
Entretien avec le Dr Oubaida Al Moufti, porte-parole de l’Union des organisations de secours et de soins syrienne

 

     

 

Pour faire le point sur la situation à Alep (Syrie), le Dr Oubaida Al Moufti, porte-parole de l’Union des organisations de secours et de soins syrienne, était l'invité du Magazine de la santé ce mercredi 30 novembre 2016.

  • Comment le personnel médical présent à Alep peut-il encore porter secours aux blessés ?

Dr Oubaida Al Moufti, porte-parole de l’Union des organisations de secours et de soins syrienne : "La situation à Alep est très dramatique et difficile. Aujourd'hui, une vingtaine de médecins sont restés à Alep, ils travaillent dans des structures aménagées pour recevoir les malades. Mais il n'y a plus de vrai centre hospitalier, il n'y a plus de bloc opératoire pour pouvoir opérer les malades… Un dispensaire s'est transformé en un centre pour recevoir les blessés, mais normalement il s'agit d'un centre pédiatrique et gynécologique."

  • Qu'en est-il du matériel médical et des médicaments ?

Dr Oubaida Al Moufti : "Il reste très peu de matériel médical, très peu de médicaments parce que la ville est assiégée depuis plusieurs mois. Il n'y a plus aucun médicament, ni de matériel médical qui rentre. Avec l'UOSSM, nous avons réussi à rentrer un convoi humanitaire de sept camions fin août-début septembre 2016. Mais aujourd'hui, il n'y a pratiquement plus de médicaments, ni de lait pour les enfants. Il y a actuellement des milliers de cas de dénutrition touchant les bébés et les adultes. L'hiver arrive et dans ces régions, il est très rude, il faut donc faire quelque chose pour arrêter les massacres à Alep."

  • Quelles sont les solutions possibles ?

Dr Oubaida Al Moufti : "Aujourd'hui, à Alep, l'urgence est humanitaire. Elle n'est pas politique, ni militaire. Il faut arrêter les bombardements, arrêter les massacres pour ouvrir des couloirs humanitaires, pour acheminer les blessés, pour faire entrer les médicaments, pour faire entrer les médecins qui veulent travailler. Des médecins veulent se rendre à Alep. Les médecins de l'UOSSM veulent entrer pour aider la population. Le fait de cibler les hôpitaux, c'est du jamais vu. Sur les quatre derniers mois, on a recensé plus de 140 attaques contre des structures médicales. Un hôpital était bombardé toutes les 17 heures. Ces attaques à l'aveugle touchent les civils et les hôpitaux. Aujourd'hui, des personnes refusent de se rendre dans les hôpitaux car elles ont peur d'être bombardées."

  • Que demandez-vous à la communauté internationale ?

Dr Oubaida Al Moufti : "Nous avons fait des demandes d'autorisation de travail auprès du régime syrien qui ont été refusées parce qu'ils considèrent que nous sommes une organisation qui travaille dans les zones rebelles. Nous n'avons donc pas d'autorisation. Mais nous voulons avant tout que l'appel lancé par les médecins d'Alep soit entendu, y compris au niveau international. Il faut qu'il y ait une volonté et des pressions sur le régime syrien, sur les Russes pour arrêter les bombardements (…) Aujourd'hui, il y a une vraie urgence et il faut qu'un vrai mouvement se mette en place. Cela fait maintenant cinq ans que tout le monde regarde, cela fait cinq ans qu'un pays est en train de mourir devant une indifférence totale, nous avons donc aujourd'hui tous un rôle à jouer pour arrêter les massacres à Alep et sur toute la Syrie et trouver une solution. On peut parler aujourd'hui de 500.000 morts et des millions de blessés et d'handicapés. Notre association essaie de travailler, d'apporter de l'aide médicale. Nous avons plus de quinze dispensaires sur le territoire syrien, nous soutenons des centaines d'hôpitaux pour pouvoir faire quelque chose."
 


Campagne "Stop au massacre à Alep" pour soutenir les médecins et le personnel médical qui sont en première ligne du conflit

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