Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 10:34

 

L'ancien ministre de l'Economie argentin, Roberto Lavagna
L'ancien ministre de l'Economie argentin, Roberto Lavagna (REUTERS)

L'ancien ministre de l'Economie argentin, Roberto Lavagna, a sorti son pays de la crise en 2002, en se passant des services du FMI. Il préconise la même solution pour la Grèce.

Recueilli par Gérard Thomas, à Buenos Aires  

L'ancien ministre de l'Economie argentin Roberto Lavagna, 69 ans, est le principal artisan du redressement de l'Argentine engluée dans une terrible crise économique il y a dix ans. Lorsqu'il prend ses fonctions, en avril 2002, le peso vient d'être dévalué de 70%, le pays est en cessation de paiement, la dette privée s'élève à plus de 72 milliards d'euros, l'inflation annuelle flirte avec les 125% par an, le chômage explose, les petits épargnants sont ruinés et les troubles sociaux ont déjà fait plus de 30 morts dans le pays. Cet ancien ambassadeur auprès de l'Union européenne décide immédiatement de se passer de « l'aide » du Fonds monétaire international (FMI) et des marchés financiers. Quelques pistes à suivre pour la Grèce.

 

Quelles sont les grandes similitudes entre la crise argentine de 2001-2002 et la crise grecque ?

Au plan économique, tout est semblable. L'Argentine avait établi une parité fixe entre le peso et le dollar, la Grèce est ficelée à l'euro, perdant ainsi le contrôle de sa monnaie. Un taux de change fixe associant des pays à forte productivité et d'autres dont la compétitivité est beaucoup plus faible ne peut qu'engendrer une crise. La Grèce est déjà dans sa quatrième année de récession, l'Argentine l'était également. Le déficit fiscal, le déficit des comptes courants, la chute vertigineuse du PIB, l'endettement, l'explosion du chômage... toutes les grandes données macro-économiques sont similaires. En revanche, la situation sociale de la Grèce est bien meilleure que celle de l'Argentine à l'époque. Au plan institutionnel, l'Argentine était par ailleurs un pays isolé alors que la Grèce fait partie de l'ensemble économique le plus puissant du monde.

 

Comment avez-vous tiré l'Argentine du chaos ?

Dès mon entrée en fonction, en avril 2002, j'ai décidé de changer radicalement notre manière de penser la sortie de crise.. Le mois suivant, j'étais à Washington pour rencontrer les dirigeants du Fonds monétaire international et leur expliquer que nos rapports allaient s'en ressentir. Depuis le début du marasme économique, en 1998, nous avions déjà eu deux programmes du Fonds pour un total de 51 milliards d'euros. Les deux ont été des échecs retentissants et certaines voix s'élevaient pour demander une troisième tournée de quelque 17 milliards supplémentaires.

Je n'ai pas voulu suivre cette voie et j'ai expliqué au Fonds que nous ne voulions plus de prêt et que nous sortirions seuls de la crise. La seule chose que j'ai demandé était un roll over partiel de toutes les échéances. Je me suis également engagé à payer les intérêts de la dette et une partie du capital. Mais pas tout et pas tout de suite. Cette position était tout simplement impensable pour le FMI car nous affichions notre volonté de fixer nous même notre propre politique économique. J'ai du leur expliquer trois fois de suite ma position avant qu'ils finissent par comprendre. A partir de là nous avons arrêté de soutenir financièrement les banques alors que le FMI nous l'imposait, exigeant même que nous privatisions la Banque de la Nation. Mais comme nous étions sorti du jeu, le Fonds n'avait plus de moyen de pression sur l'Argentine!

 

Vous avez donc oeuvré contre le FMI et vos principaux créanciers ?

Le sorties de crise se font en dehors des chemins tracés par le FMI. Cette institution propose toujours le même type de contrat d'ajustement fiscal qui consiste à diminuer l'argent qu'on donne aux gens - les salaires, les pensions, les aides publiques, mais également les grands travaux publics qui génèrent de l'emploi - pour consacrer l'argent économisé à payer les créanciers. C'est absurde. Après 4 ans de crise on ne peut pas continuer à prélever l'argent aux mêmes. Or c'est exactement ce qu'on veut imposer à la Grèce! Tout diminuer pour donner aux banques. Le FMI s'est transformé en une institution chargée de protéger les seuls intérêts financiers. Quand on est dans une situation désespérée, comme l'était l'Argentine en 2001, il faut savoir changer la donne.

 

Selon vous les plans d'austérité et de rigueur ne sont pas nécessaires mais c'est pourtant ce qu'on impose à la Grèce...

A tort car l'argent prêté risque de ne jamais être remboursé et le déficit fiscal grec est plus élevé aujourd'hui qu'avant la première injection d'argent frais. Ce sont les mêmes éternelles erreurs. C'est le secteur financier qui impose sa manière de voir les choses au monde entier. On préfère sauver les banques plutôt que les gens qui ont des crédits immobiliers à rembourser. La première chose qu'on a faite nous, c'est de rallonger les échéances pour les propriétaires endettés. Les fonctionnaires du FMI nous ont alors dit que nous violions les règles essentielles du capitalisme! Ils oubliaient simplement que des gens ruinés ne consomment plus, ce qui obère une relance par la croissance.
Au lieu de payer les banques, la Grèce devrait investir dans l'éducation, les sciences et la technologie, financer des infrastructures et récupérer ainsi une certaine productivité, ne serait-ce que dans les secteurs des services ou du tourisme.

 

Vous devez avoir beaucoup d'ennemis chez les banquiers...

Ils me détestent! Ce qui ne les a pas empêché de frapper à notre porte pour nous prêter de l'argent 48 heures exactement après que nous avons terminé la restructuration de notre dette en 2005! Or j'ai refusé ces offres intéressées en leur répondant que nous ne reviendrons pas sur le marché financier avant 2014 car nous n'en avons plus besoin. Pourquoi 2014, simplement parce qu'a cette époque la dette sera seulement de 30% du PIB, la moitié des critères européens de Maastricht! Je pense qu'un pays comme l'Argentine ne doit pas être tout le temps présent sur le marché financier. C'est un risque beaucoup trop grand d'augmenter à nouveau la dette. Le problème c'est que ce sont les banquiers eux-mêmes qui estiment qu'il est positif pour l'image d'un pays d'emprunter à l'international. Il est clair que si je vendais des tomates, je trouverai très bien qu'on en mange! Eux ils vendent de l'argent.

Par Nour - Publié dans : Politique internationale
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 09:28
| Par MEHDI MEDDEB

De notre envoyé spécial au Sénégal


Une odeur pestilentielle se dégage d’une eau boueuse, noire, aux pieds de l’épicerie de Monsieur Bah à Camberène, village religieux des Layènes, une des confréries musulmanes du pays. Depuis deux semaines, les eaux usées ne se dirigent plus vers l’océan mais se déversent à ciel ouvert. « Regardez ça, c’est horrible », vitupère Monsieur Bah, charismatique dans son boubou bleu, obligé de fermer boutique après 11 heures du matin pour cause de montée des eaux. « Les ordures viennent de Dakar et atterrissent chez nous, menaçant la santé de nos enfants. »

Des bambins, amusés par le spectacle, jaugent la scène désolante et dangereuse avant de se faire alpaguer par Monsieur Bah : « Allez-vous-en », leur intime-t-il en wolof, langue nationale la plus parlée. « Les jeunes ont cassé il y a deux semaines l’émissaire, le canal des eaux usées, car ils en avaient assez de voir ces eaux non traitées partir à cent mètres à peine du rivage, et refluer ensuite vers chez nous, un lieu tenu pour sacré. Je sais que c’est contre-productif, mais c’est le signe de leur colère, pour attirer l’attention des autorités. »

 

Les eaux usées se déversent à ciel ouvert dans le village de CamberèneLes eaux usées se déversent à ciel ouvert dans le village de Camberène© Mehdi Meddeb

En vain. L’histoire remonte à plus de dix ans avec la promesse de l’actuel ministre de l’intérieur de dévier l’émissaire hors du village. Sauf que pour des raisons techniques, Camberène est l’endroit « idéal » pour rejeter en mer ces eaux usées, en partie traitées. Un projet d’extension du canal à plus de 1500 m dans l’océan devait être financé par l’Union européenne. Mais faute d’accord et à cause des reports successifs du gouvernement, la délégation de l’UE a jeté l’éponge pour le moment et affecté les 12 milliards de francs CFA (18,5 millions d’euros) à d’autres projets.

Aujourd’hui, le village sablonneux et poussiéreux vit les pieds dans les égouts. « Cette situation est dramatique, relève le médecin-chef du centre de soins, le docteur Cheikh Sadibou Diop. Depuis le blocage du canal, les maladies respiratoires et dermatologiques ainsi que les cas de diarrhées sont en progression. Il est trop tôt  pour dire s’il y a un lien de cause à effet, mais si ces eaux usées continuent d’inonder le village, on verra des cas de choléra, et à ce moment-là, il sera trop tard pour se réveiller. »

Plusieurs rapports commandés par une association de riverains dénoncent des taux excessifs en métaux lourds, et une pollution écologique quand les eaux se déversaient encore dans l’océan. Aujourd’hui, c’est au beau milieu du village que ces boues toxiques atterrissent, et menacent des milliers de personnes. « C’est une catastrophe, renchérit un des pharmaciens de Camberène dont l’officine est située en face du jet à forte pression qui sort de terre. En plus du danger sanitaire, on assiste à je-m’en-foutisme total des autorités. Personne n’est venu ici pour voir cette calamité. Ils sont tous préoccupés par la campagne présidentielle de dimanche. »

Un abandon du gouvernement confirmé par le médecin-chef. Plusieurs rapports ont été envoyés à l’Administration centrale. Là encore pas de réponse. « De toute façon, si les ministres viennent on va les accueillir avec des pierres », prévient Mamadou, 20 ans, lunettes de soleil chinoises, qui affirme avoir participé au blocage du canal. Et les pierres ont déjà plu.

© Mehdi Meddeb
Dimanche dernier, pour la première fois dans cette campagne électorale, Camberène, tout comme de nombreuses banlieues de Dakar, est entrée dans la contestation. Ce 19 février, des milliers de jeunes défient la police. Sur l’artère principale où se déversent les eaux de la discorde, des chants religieux sont scandés devant quelques dizaines de policiers et gendarmes anti-émeutes, restés médusés face à tant de détermination collective. Dans les rues adjacentes, des pneus brûlent, des barricades de fortune sont érigées. L’émeute prend forme. Une pierre, puis deux, et le déluge.

Les policiers font bloc, s’en prennent plein les casques sans bouger, enfin pendant un temps. Sonne alors la charge, à coups de gaz lacrymogènes, flashball, balles en caoutchouc et à blanc alors que l’appel à la prière retentit.

 

Ecoutez l'ambiance des émeutes.© MM


La traque s’organise ruelle par ruelle. Les affrontements dureront plusieurs heures. Une pierre à la main, un étudiant hurle sa rage. « On ne veut plus de lui, enrage Idrissa, diplômé en électronique au chômage. Il n’a rien fait pour nous. Regardez, on vit dans une merde noire. On ne s’en sort plus. La vie est tellement chère. Tout a augmenté. Le prix du sac de riz de 40 kilos a presque doublé en quelques années. Pareil pour l’huile, le sucre, le carburant. Sans parler de l’électricité. »

Les jeunes sont le reflet désolant de l’échec des grands chantiers lancés par Wade

Il y a encore quelques mois, toute la capitale vivait en effet au rythme des coupures d'électricité, qui pouvaient atteindre plusieurs heures par jour, et parfois plus. « Et pendant ce temps, toute sa famille s’est enrichie. Mais qu’il dégage ! »

Autour de nous, un groupe se forme, et reprend en chœur le slogan qui fait florès dans l’opposition : « Na Dem, Na Dem ». « Dégage », donc.

« Si Wade reste, ça va être le chaos, raconte Hassan, un enseignant, lui aussi manifestant. Wade lui-même avait dit au moment de la révision constitutionnelle en 2001, qu’il avait bloqué la constitution. Et maintenant il revient sur ce qu’il a dit en nous baratinant avec son slogan "Oui, je l’ai dit, et je me dédis". Mais c’est tellement scandaleux. Il bafoue les institutions de notre pays en voulant briguer un troisième mandat après avoir grassement payé le conseil constitutionnel afin qu’il lui donne un blanc-seing pour se présenter aujourd’hui à cette présidentielle… »

 

© Mehdi Meddeb

Un autre étudiant lui coupe la parole alors que les pierres continuent de s’abattre sur les forces de l’ordre. « C’est un gouvernement de corrompus, et de bandits, lance-t-il à côté d’une barricade en feu. Et Abdoulaye Wade est le premier d’entre eux. On en a marre. Qu’ils s’en aillent tous. A 18 ans, je ne vois aucune perspective dans un futur proche. Nous, les jeunes, on nous méprise. Il n’a rien fait contre le chômage [le taux était de 49 % en 2010 - ndlr]. Il promet une fois de plus un plan de 100.000 emplois pour les jeunes, mais des promesses, toujours des promesses. Je vous assure que mon petit-fils ne les verra pas avec les Wade au pouvoir. Personnellement, je suis prêt à mourir plutôt que de le voir rester. » 

La répression de la contestation a déjà fait au moins 7 victimes en moins d’une semaine. Près de Camberène, un homme d’une trentaine d’années sera tabassé à mort par des policiers, d’après certains journaux locaux qui rapportent le témoignage de la mère de la victime.

A l’exaspération sociale et l’immobilisme des pouvoirs publics, s’ajoute le refus de toute l’opposition d’un passage en force d’Abdoulaye Wade – 86 ans officiellement mais plus proche des 90 ans d’après certaines sources. Le pape du « Sopi » (le changement en wolof, slogan de son élection en 2000, et « toujours en marche » d’après la nouvelle formule de sa campagne actuelle) est l’un des plus vieux présidents au monde. « Gorgui », le « Vieux », s’obstine à rester aux commandes d’un pays gangréné par la corruption, étalée dans les journaux, qui indigne jusqu’à l’écœurement des pans entiers de la société sénégalaise. En particulier les jeunes. Cette majorité silencieuse, ces déclassés, sont le reflet désolant de l’échec des grands chantiers lancés par Wade. Car à Camberène comme dans toutes les banlieues des villes, on est loin du beau vernis de la corniche clinquante du centre de Dakar, vantée par Abdoulaye Wade.

 

Émeute à Cambérène, dimanche 19 février.Émeute à Cambérène, dimanche 19 février.© Mehdi Meddeb

Au lendemain des émeutes de dimanche, les habitants du village religieux se réveillent, amers. Mohamed Diouf, 35 ans, cinq enfants, a posé un mot à l’entrée de son magasin de couturier. Un petit papier blanc, tout simple, et ce vœu pieux : « Wade dégage ». « L’histoire de cette ville est un long ras-le-bol, raconte-t-il. On nous dit que le gouvernement travaille, mais il n’a rien fait pour nous. Notre espérance de vie est limitée, l’éducation dans les écoles n’est plus au niveau, notre pays dépérit, nos enfants sont menacés par ces eaux usées, et on devrait assister sans rien faire à notre mort lente. Mais si rien n’avance ici c’est à cause de Wade et de sa clique. Et en plus, il voudrait rester ! »

Mohamed replonge la tête dans ses tissus, avant de la relever : « Il nous explique qu’il doit finir le travail, mais l’a-t-il jamais commencé ? Il nous dit que son départ créerait un chaos pire qu’en Côte d’Ivoire. Mais c’est en restant en poste, que ce sera la catastrophe. » Ignorant le désarroi social, le vieux chef d’Etat continue de battre la campagne, entouré par un clan honni. Wade ou la stratégie du « avec moi le chaos ».

Par Nour - Publié dans : Politique internationale
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 07:08

Ghanouchi

 

TUNIS, 23 fév 2012 (AFP) - Le directeur du quotidien Ettounsia, poursuivi pour atteinte aux bonnes moeurs après la publication en Une d'une photo de nu, a été remis jeudi en liberté et son procès reporté au 8 mars, a constaté une journaliste de l'AFP.
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>     Le président du tribubal a ordonné la mise en liberté de Nasreddine Ben Saïda, incarcéré depuis le 15 février, et a reporté l'audience au 8 mars.
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>     "Nous sommes heureux et soulagés mais on va continuer notre combat parce que ce procès est un procès contre la presse en général", a déclaré Nejiba Hamrouni, la présidente du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).
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>     De nombreux journalistes s'étaient déplacés pour assister à l'audience et soutenir leur confrère, poursuivi sur la base d'un article du code pénal.
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>     Nasreddine Ben Saïda était incarcéré depuis le 15 février, jour où son quotidien avait reproduit en Une une photo du footballeur du Real Madrid, Sami Khedira (d'origine tunisienne) posant avec sa compagne, nue dans ses bras.
>
>     Les copies du journal avaient promptement été retirées des kiosques.
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>     Barbe naissante, l'air affaibli, le directeur d'Ettounsia, qui observait une grève de la faim depuis six jours, a défendu à l'ouverture de l'audience son choix d'avoir publié la photo. "Je n'avais pas l'intention de porter atteinte aux bonnes moeurs. Il s'agit d'un footballeur connu et de plus la photo a une dimension artistique", a-t-il déclaré alors que le président le questionnait sur la valeur informative du cliché.
>
>     Cette décision de remise en liberté intervient alors que plusieurs journalistes et médias tunisiens s'estiment menacés et accusent le pouvoir de vouloir les mettre au pas.
>
>     Elle survient au lendemain d'une décision de la Cour de cassation qui a cassé un jugement ordonnant la censure des sites pornographiques sur internet, autre dossier emblématique pour les défenseurs de la liberté de la presse.
>
>     kl-cf/ej
>
>         AFP 231146 FEV 12

Par Nour - Publié dans : Maghreb et Moyen Orient
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 06:47
Amar DJERRAD

La criminalité désigne les actes illégaux, délits, délinquance, banditisme – commis par un individu ou un groupe particulier sur un territoire. Elle doit attirer l’attention et interpeller les pouvoirs publics quand il y a évolution dans sa fréquence, sa nature et ses causes, mais surtout quand elle prend la forme « terroriste ». Dans ce cas, elle devient alors un autre acte car, les buts et les moyens sont différents.

Le terrorisme est désigné comme l’usage de la violence ou de la menace, par des groupes, ou organisations, afin de semer l’effroi au sein de la population pour affaiblir un pouvoir en place ou déstabiliser un État dans le but de susciter les changements politiques ou de le renverser. Cette violence consiste surtout en des attentats, assassinats et sabotages.

De nos jours, avec les bouleversements dans le monde –par ses crises multiformes, économiques et morales - le terrorisme est devenu aussi bien une arme politique pour disqualifier l’adversaire qu’un instrument de guerre pour susciter le chaos dans les pays à dominer.

On se sert désormais de groupes, composer de préférences d’autochtones corrompus et endoctrinés, que l’on entraine, arme, finance, encadre, pour aller susciter chez eux des révoltes au nom de la population. La tactique consiste en des manifestations réclamant des droits légitimes, des changements dans le mode de gouvernance pour ensuite les détourner en volonté populaire de faire chuter un « pouvoir dictatorial » avec usage d’armes contre les civiles que l’on imputera au « régime ». Il suffit alors de les soutenir politiquement et médiatique sous divers prétextes humanitaires admis afin d’emmener l’opinion à soutenir le caractère pacifique et légitime de leurs actions tout en s’employant à faire admettre la nécessité d’une intervention militaire internationale. 

Le monde sait maintenant qu’il s’agit de tactiques trompeuses des États hégémonistes visant à briser toute résistance à leurs projets de domination. Un comportement adopté suite à l’effondrement du système financier spéculatif, instrument de spoliation et d’appauvrissement des peuples du Grand Capital. Ce dernier n’ayant pas pu venir à bout de ses crises récurrentes et sauvages n’a pas trouvé mieux, comme moyen de s’en sortir, que de faire payer les autres.

 

Ce terrorisme sous cette forme violente est apparu d’abord en Algérie après l’introduction d’un parti religieux dans la course politique. Ce parti ayant foulé du pied toutes les règles démocratiques par son financement douteux et ses actions illégales pour accaparer le pouvoir – en utilisant les mosquées, les places publiques, les écoles, en intimidant les gens, en truquant massivement les urnes tout en annonçant se défaire des principes démocratiques une fois au pouvoir par son fameux slogan « démocratie hérésie » - la société civile et les personnalités politiques diverses forcent les décideurs à arrêter le processus électoral lorsqu’il devenait évident qu’il s’agissait d’un mouvement violent opportuniste qui ne cherchait que le pouvoir suivant un agenda extérieur au regard des ingérences arabes et françaises. Au même moment des groupes armés surgissent contre le pouvoir et ses représentants pour toucher toutes les couches de la population.

Cette période baptisée « décennie noire » où elle a atteint son summum d’horreur fait de sang, de feu et de destruction – qu’aucune morale ne peut justifier – a laissé de graves traumatismes dans la société tout en engendrant un exode massif, surtout de ruraux, fuyant la terreur pour un endroit plus sécurisé. Une situation sociale particulièrement grave qui a mis en danger les fondements même de l’État.

Le résultat de cette lutte s’est soldé par des dizaines de milliers de morts –dont des cadres, des intellectuels, des médecins, des journalistes, des enseignants, des femmes, des enfants, des vieillards - des destructions des infrastructures économiques, sociales et éducatives , une désorganisation des structures sociales, un pervertissement de certaines valeurs , des traumatismes graves ; en somme tous les facteurs qui favorisent la criminalité, amoindrissent la qualité de vie, retarde le développement durable.

Malgré toutes les réformes politiques, économiques et sociales souvent profondes, il persiste encore des résidus, des crimes - analysés comme relents ou rémanences de ces événements sanglants passés - qui surgissent de temps à autres comme pour nous rappeler notre devoir de vigilance et de persévérance. 

 

Par cet exemple sur l’Algérie, nous voulons montrer les séquelles d’une période d’effrois et d’égarements qu’a traversé un pays confronté au terrorisme. Un pays qui a souffert, certes, mais qui a acquis une grande expérience riche en enseignements divers – dans les techniques de lutte contre le terrorisme et la subversion, contre la propagande ; les moyens d’y faire face et de les prévenir – qui ont permis de reconstruire une société nouvelle sur d’autres bases avec d’autres règles, d’autres principes.

On comprendra que les pays confrontés aux terrorismes ou aux crimes organisés de cette ampleur et de cette nature ne sont, en fait, que des objets /victimes de complots visant leur déstabilisation dans un but hégémonique. On comprendra aussi que dans les relations internationales, les conflits, les révoltes, les crises, les alliances, les groupements, les organisations, les unions etc. rien n’est fortuit ou gratuit. Tout obéit à des intérêts matériels plus qu’à des valeurs humanitaires. 

Tous les analystes et observateurs s’accordent sur le fait que c’est bien lorsque l’Islam authentique - celui qui a guidé notre vie depuis des siècles, celui qui a permis de mettre en échec les puissances colonialistes – a cédé la place à l’Islam ‘militant’ pour la prise du pouvoir par la force, que la religion est devenue facteur de discorde, de division et de désordre alors que l’objectif d’une religion est d’apprendre aux gens à vivre pacifiquement et à s’entraider, quelles que soient leur race, leurs croyances, leur pays.

Il résulte une déchéance altérant les principes moraux, poussant les détracteurs de l’Islam à mettre en cause la religion même alors que « la violence n’est le credo d’aucune religion » selon de R. Rolland. On se sert désormais de l’Islam pour justifier, en son nom, tous les excès et tous les combats. C’est bien cette période que l’Algérie a vécue, durant plus d’une décennie et que traversent dans l’incertitude, présentement, à tour de rôle, plusieurs pays arabes. Ce qui renseigne et prouve que les choses ne sont pas fortuites, mais faisant partie de plans laborieux ourdis par les « officines spéciales » américano-sionistes visant à quadriller le monde, en priorité le monde arabe riche en matière première, pour mieux dominer et se servir. Ces plans consistent en des opérations psychologiques ou militaires contre tout État présentant un obstacle à leur projet. Les opérations psychologiques ou « Psyop » tiennent une place primordiale dans cette offensive.

Selon un document du Département américain de la Défense ce sont des « opérations prévues pour transmettre des informations sélectionnées et des indicateurs à des auditoires étrangers pour influencer leurs émotions, leurs motivations, le raisonnement objectif et, ultimement, le comportement des gouvernements étrangers, organisations, groupes et individus. Le but … est d’induire ou de renforcer les attitudes et les comportements favorables étrangers aux objectifs de l’initiateur. »

L’Occident - avec ses lobbies militaro-industriels et financiers, ses stratégies funestes et son arrogance - est bien à l’origine des désordres qui consistent à créer le chaos, qu’il dit « constructif », en suscitant ou récupérant les révoltes, dans les contrées « utiles » pour mieux, ensuite, recomposer selon ses desiderata. Il va jusqu’à prendre comme auxiliaires ses « ennemies » d’hier, dont les terroristes et les organisations islamistes, qu’il dit combattre. Des « islamistes » et « opposants » qui résident, comme par hasard, surtout en Angleterre, aux États-Unis ou au Qatar que l’on choisit et actionne pour renverser les régimes indociles à leurs thèses et que l’on installe « légitimes » une fois le travail accompli. « A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit » (Jean de La Bruyère).

Ces stratégies hégémoniques, pensées et tracées depuis plusieurs années, n’attendaient que les alibis et les occasions pour passer à l’exécution. Il fallait aussi, pour réussir, préparer le terrain « idéologique » en trouvant le moyen le plus sûr et incontestable d’emmener les peuples à accepter leurs vues et objectifs.

Pour y arriver il fallait abrutir les peuples, des États visés, en influençant leurs comportements pour les rendre prédisposés à obéir ou se faire enrôler, pour n’importe quelle action, le moment propice. Sont visés par ces stratégies, en fait, tous les États considérés comme progressistes, anticolonialistes, anti sionistes et anti impérialistes ; ceux qui n’entre pas dans la doxa occidentale.

Quel autre moyen le plus sûr pour déstabiliser les États arabes – qui présentent un danger pour leurs intérêts ou seraient un mauvais exemple pour les monarchies vassales – que celui de le faire par les arabes eux-mêmes ! C’est-à-dire en leur faisant la guerre avec leurs propres citoyens, leur propre argent en manipulant leur propre religion ! Ce même Islam, avant-gardiste et protecteur - qui a mis en échec leurs multiples stratégies - qui devient, par cette manœuvre, instrument d’agression, de division et de violence.


C’est bien l’axe « monarchique », composé surtout des monarchies liges du Golfe en particulier l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui a été chargé d’engager le bellicisme et le financer pour déstabiliser l’axe « républicain » - réfractaire aux vues et objectifs de l’Occident sur la région en particulier le problème palestinien et ce projet de « Grand Moyen-Orient » qui devait dissoudre le monde musulman dans les fondements euro-atlantistes - pour instaurer des régimes suivistes ; à leur image peut-être des Émirats ou Califats dirigés par des alliés sur le terrain que sont les Frères musulmans et les sectes wahabo-salafistes. Quand des Monarchie arabes, archaïques et despotiques – où il n’existe pas de constitution ni de vote - fustigent des Républiques arabes d’un déficit démocratique « C’est l’hôpital qui se moque de la charité ».

Ils ont détruit et déstabilisé l’Irak, mais échoué dans leur stratégie ; ils ont fait de même en Libye en installant leurs hommes au pouvoir mais en laissant le pays dans un cycle de violence infernal ; ils semblent réussir à placer la Tunisie dans leur giron ; ils s’emploient à le faire en Égypte et au Yémen par la récupération des révoltes ; ils autorisent la répression sanglante des manifestants pacifistes au Bahreïn avec l’aide de l’armée saoudienne ; ils essayent de dissimuler les révoltes en Arabie Saoudite ; ils forcent encore à affaiblir et faire abdiquer le Liban sans y parvenir ; mais le pays le plus ciblé dans leur stratégie est la Syrie. Oui cette Syrie (avec le Liban), dernier front de la résistance au sionisme et pont approprié sur le plan d’agression du puissant et indomptable Iran ; un autre nœud gordien.

Pour ce faire, il a été déployé un monstrueux dispositif médiatique - pour tromper, falsifier, créer de faux événements, diffuser des images truquées, piéger et endoctriner - que mènent de concert des chaînes sataniques des pétromonarchies et de l’Occident.

Pour légitimité leurs actions, ils réussissent à obtenir la caution ‘religieuse’ de Cheikhs ‘réputés’ et à mettre en opération des ‘ouléma’ de ‘pacotilles’ à la ‘solde’, de faux bigots, des frustrés - qui n’ont comme programme que l’abêtissement du peuple avec leurs sempiternels « rôle de la femme », « l’accoutrement », « l’obéissance », « les ablutions et la prière », « la démocratie est ‘kofr’ (hérésie) », « le licite et l’illicite » des choses et des attitudes qui relèvent du Moyen-âge occidental - chargés de codifier et guider nos faits et gestes pour les rendre dociles, amorphes, stupides afin d’en faire des félons, des canailles manipulables à merci, de la chair à canon, des terroristes ! Ils s’emploient à diviser en faisant croire que l’Islam est victime du Chiisme alors que c’est le wahhabisme/salafiste saoudien, un mouvement archaïque, qui le souille. Ils osent jusqu’à rendre licites ou illicites les mêmes choses en fonction des objectifs attendus du pays visé, voire à autoriser les assassinats. En somme, un Islam modulable au gré des intérêts. Même les plus avisés ont été abusés par leur propagande planétaire et par ces diables habillés en Musulmans. Aucun pays arabe musulman, en dehors des valets, n’était préparé pour contrer cette guerre psychologique. Même les ONG et autres institutions dites ‘internationales’ ont été converties en dispositifs de domination au service des lobbies. La Ligue arabe, piratée par le roi d’Arabie Saoudite et l’Émir du Qatari, s’est laissée pervertir pour devenir un allié de taille, leur instrument contre les arabes eux-mêmes. Quand on pense que l’idée de sa création vient avec l’aide des Britanniques lors de la conférence d’Alexandrie en septembre 1944 on reste perplexe !

Les voilà, ces peuples arabes, avec une frange importante de leur jeunesse abrutie, robotisée, ignorante, sans foi ni loi prédisposée à exécuter n’importe quelle action criminelle. Des bandits et des mercenaires musulmans que l’on affuble du titre de « thouar » (révolutionnaires) - pour détruire leur propre pays et tuer leurs « frères » - que dirigent des renégats sans principes qui ont trouvé l’opportunité de faire avancer leurs projets vengeurs de prise de pouvoir quel que soit les moyens, les méthodes et les alliances. « Allah Akbar » devient le credo aussi bien des criminels-sanguinaires-profanateurs que de leurs victimes.

Des criminels détruits sur le plan psychique ; ne contrôlant ni leur pensée ni leur comportement, sans sentiments et sans morale que celle d’être convaincu d’accomplir un acte probe en ne se rendant même pas compte que l’Islam, qu’ils croient respecter, interdit formellement de porter atteinte à la vie et aux biens d’autrui. « Certains traîtres ont une étonnante faculté de se convaincre eux-mêmes de la sainteté de leurs intentions ! » (Charles Hamel). Des scélérats psychopathes ayant acquis un potentiel de violence, de haines, de frustrations, de démence et d’inhumanité qui resteront, pour longtemps, un boulet pour leur pays. Que peut-il bien rester d’honneur et de dignité pour celui qui fait appel à l’étranger pour détruire son pays et tuer ses propres frères. Même cet étranger le méprisera. « Les traîtres sont odieux, même à ceux qui profitent de la trahison » (Citation grecque). La position de l’Algérie vis-à-vis des événements en Syrie n’est pas appréciée par les islamistes syriens qui ont brûlé le drapeau algérien en traitant le président algérien de ‘traitre’ ; « oubliant » qu’eux-mêmes tentent de prendre le pouvoir par la force en tuant leurs frères et détruisant leur pays en se faisant aider par l’Otan ; le Grand marionnettiste.

Ce qui se déroule en Syrie est la copie conforme de ce qui s’est passé en Algérie, au début des actions terroristes, dans leurs objectifs, moyens, méthodes, tactiques, diversions, tromperies, alliances et soutiens. Malgré les réformes profondes engagées, notamment une nouvelle Constitution démocratique, et l’ouverture au dialogue, malgré aussi le rapport objectif des observateurs de la Ligue que cette dernière a renié et ignoré - confirmant l’existence de groupes armés assassinant les civils, les militaires et détruisant les infrastructures - les terroristes et leurs commanditaires occidentaux persistent dans leurs méfaits en rejetant toute sortie de crise au point de mettre les autorités devant la seule solution de les combattre pour sécuriser leur pays quels que soit les moyens de pression. La Syrie se bat, à bon droit, contre des hordes d’assassins, encadrés par l’Otan, la Cia, le MI5, le Mossad et des larbins arabes. La tromperie qui consiste à imputer à l’armée les massacres de civils par ces terroristes pour justifier une intervention extérieure a échoué, à deux reprises, au Conseil de Sécurité par le double véto sino-russe. Selon P. Dortiguier les russes et les chinois se sentent « directement menacés par l’offensive actuellement menée contre la Syrie … C’est déjà un bras de fer mondial dans la mesure où un recul de chacun des 2 camps sur cette question conditionne l’évolution de la situation géopolitique planétaire ». Dortiguier constate aussi que l’Occident s’est pris dans le « piège syrien » qui l’empêche de toute offensive contre l’Iran et que « … la marche arrière de cette croisade vers Téhéran en passant par Damas, débutée en 2011 dans l’euphorie et la tromperie de la jeunesse musulmane égarée par de faux-prêcheurs qui ont deux mains, une pour prier, l’autre pour s’atteler aux États-Unis, a déjà commencé et sera menée à son terme par le véto agrandi des États indépendants ». Il s’agit donc bien de la même manipulation, réussi en Libye, que l’occident s’efforce à rééditer en Syrie, mais avec des visées géopolitiques plus étendues. Les syriens semblent y faire face méthodiquement et intelligemment avec l’appui politique de ces deux puissances et de l’Iran en particulier. Ces pays défendent mieux les arabes que ne le font les arabes pour eux-mêmes ! On retiendra surtout que cette Syrie ce pays arabe, berceau d’une grande civilisation que des arabes voulaient détruire, a été sauvé par la Russie et Chine.

Voici que l’Union mondiale des oulémas musulmans, qu’actionne le sinistre qataro-égyptien al-Qaradawi, s’y met de la partie en s’alignant sur le projet occidental contre « le régime syrien » ainsi que le pseudo observatoire syrienne des droits de l’homme (OSDH), qui n’existe pas sur wikipédia, créé et basé à Londres, pour la circonstance, que dirige un mystérieux et invisible jordano-suédois Rami Abdel Rahman. On sort la Sud-africaine Navanethem Pillay, Madame “droits de l’Homme” de l’ONU, pour préparer les accusations de “crimes contre l’humanité”. Même Google a été mis à contribution pour changer les rues de Syrie. La France prend le relais pour demander l’ouverture d’un « corridor humanitaire » devant le fiasco de leur stratégie et les coups de boutoir des unités spéciales de sécurités. En fait, pour sauver ce qui reste de leurs terroristes - qui par dépit pièges les immeubles, les rues, les ponts, font sauter les maisons et les pipelines, déraillent les trains, lancent les obus de mortiers sur les quartiers résidentiels, assassinent les gens - d’une éradication certaines et non pour venir en aide aux habitants de Homs « assiégé », « pilonnée » victimes des « snipers » qui « tirent sur tout ce qui bouge » selon leur propagande. Cette propagande qui cache que ce sont les dignitaires, les personnalités et les représentants de la société civile qui ont « exigé » l’intervention de l’armée pour mettre fin aux calvaires que leur infligent les terroristes. Cette propagande qui vous sort, encore une fois, l’alibi al Qaida lorsque leur implication directe dans le terrorisme devenait évidente. L’Occident se ‘fiche’ complètement de la « démocratie », de la « liberté », de la « dignité », des « droits » des pays et des peuples où il trouve des intérêts. Que ces arabo-musulmans restent idiots, archaïques, obscurantistes cela n’est guère son souci tant que ses rentes sont préservés.

Il est instructif de rappeler, toujours, certaines déclarations en l’occurrence celles de ce manipulateur sioniste franco-israélien à l’Université de Tel Aviv « si nous réussissons à faire tomber Kadhafi ce sera un message pour Assad » et celle, par affront, lors d’une réunion du CRIF « c’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques ». En s’attaquant à la Syrie les monarchies du Golfe ont mis en enjeu leur trône ; ils savent qu’un échec compromettra leur dynastie.

La manipulation notamment ‘mentale’ est un élément fondamental dans l’art de la guerre pour mettre en déroute l’adversaire. Elle consiste, selon Steven Hassan, dans (Combatting Cult Mind Control) en un contrôle du comportement, de l’information, de la faculté de réflexion, de l’émotion des individus en suscitant chez eux le manque de confiance, le sentiment de culpabilité et d’infériorité, la peur, le choc traumatique, ainsi que certains rêves afin de les rendre vulnérables. Certains auteurs la décrivent comme étant « une corruption de la raison humaine, un minage de l’intellect, une désintégration du moral et de la vie spirituelle d’une nation par la volonté d’une autre ». 

Diverses techniques et méthodes de manipulation sont utilisées. Cela va des réflexes conditionnés à la méthode dite PDH (douleur-drogue-hypnose), utilisée en Corée, en passant par ce que l’on appelle la liste « MISE » qui signifie Money, Ideology, Sex et Ego. Il y a aussi la méthode basée sur l’insertion d’un message subversif dans des images (messages subliminaux), la méthode par l’angoisse et la violence, la méthode utilisant les drogues et bien d’autres formes extrêmes.

Ce qui intéresse les manipulateurs c’est d’atteindre leurs objectifs égoïstes. Ils n’ont ni scrupules ni remords. C’est ce que fait l’Occident, à sa tête les américano-sionistes, avec ses alliés arabes, ses médias « mainstream », ses organisations satellites y compris des droits de l’homme, ses guerres préventives, ses ingérences, sa « protection des civils » sous les fallacieux prétextes : démocratie, droits de l’homme, liberté et tutti quanti.

Ces lobbies, avec leurs stratèges, s’appuient sur cinq types de techniques pour un contrôle global des individus et de la société : techniques de planification, psychologiques, de propagande, de désinformation, d’actions ciblées. Les moyens les plus efficaces utilisés sont surtout les médias audio-visuels et le net qui touche directement la cellule familiale. On peut consulter la “stratégie des maîtres du monde” de Sylvain Timsit qui définit 10 points pour la manipulation et le conditionnement des masses.

Chaque État se trouve donc dans l’obligation de se prémunir et de protéger ses citoyens en se dotant des moyens adéquats pour contrer ou faire face à la manipulation et à la subversion. En étudiant et comprenant les stratégies du manipulateur, il est facile de développer des stratégies de « contre-manipulation ». L’information diversifiées et de qualité ainsi que l’utilisation rationnelle des compétences sont fondamentales. « Bien informés les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets » (Alfred Sauvy). Le but étant de briser cette propagande par la vérité et la réalité des choses tout en éveillant l’esprit critique.

Notre jeunesse, nos enfants, doivent être protégés – car ce sont eux qui sont visés – de ces manipulations et des conséquences qui en résultent. Beaucoup, malheureusement, sont devenus des « marionnettes » en se laissant duper par n’importe quel manipulateur ou chant de sirène par faute d’une protection adéquate due sûrement à notre ignorance de ces choses, mais aussi à notre laisser-aller et fatalisme.

Lorsqu’on aura d’abord admis et fait admettre que la manipulation se fait aussi et surtout par la religion quand elle devient un moyen de prise de pouvoir ou de domination, on aura fait la moitié du chemin. On doit convaincre que le sacré n’est pas forcément un domaine ‘inviolable’ par tous. Beaucoup de faux bigots et de manipulateurs s’en servent pour abuser, escroquer, divertir afin d’accéder à des privilèges, dominer, s’emparer du pouvoir ou s’y maintenir. On doit aussi persuader que se déclarer croyant n’est pas suffisant pour une assurance vers la voie au bien-être prescrit. Beaucoup l’affiche par l’apparence et la tartuferie. La vérité est que cela exige d’autres valeurs. Le bien-être s’acquière par la véritable foi, la vertu, les principes, les bonnes actions, l’engagement, les sacrifices et la sincérité qui font souvent défaut. Dieu n’aide pas les hypocrites, les obscurantistes, les extrémistes, les ignorants, les paresseux, les débauchés, les voleurs, les renégats, les criminels, quelle que soit leur foi.

Les musulmans et particulièrement les arabes - qui vivent actuellement des bouleversements faits de crimes et de destructions - doivent se défaire au plus vite de leur système de gouvernance actuel construit sur le népotisme, l’autoritarisme et l’injustice ou l’améliorer pour certains. Ils doivent s’interroger sur le pourquoi de leur sort, de leur situation - souvent misérable ou perverse, faite de sous-développement, d’ignorance, de persécutions et d’infidélité - en remettant en question leur morale, leur comportement et leur vision du monde en relation, au moins, avec la vraie foi. Avec l’Islam authentique et non celui que nous impose, depuis des lustres, sous peine d’hérésie ou d’excommunication, la dialectique morbide et amorale - qui pervertie les consciences - des monarques corrupteurs et imposteurs et leurs funestes suppôts. « La religion sans la conscience morale n’est qu’un culte superstitieux » selon E. Kant. Ils doivent, à notre sens, s’organiser autrement qu’ils ne le sont présentement sur d’autres critères, d’autres objectifs, d’autres principes avec d’autres règles en modifiant tout ce qui est injuste dans leur système de gouvernance ; ne laissant aucune faille pouvant servir d’argument aux propagandistes. La justice étant un des piliers de l’équilibre et de la foi qui permet son enracinement dans l’homme. Un proverbe Turc dit en substance que « La justice est la moitié de la religion  ». La volonté politique, la participation de toutes les forces vives et surtout la sincérité sont les conditions sine qua non, pour réussir les changements. Sinon, il ne peut s’agir que de mimétisme, de rafistolage, d’activisme sans avenir, qui n’assurent jamais le progrès, l’indépendance et la souveraineté d’un pays.

Sur un autre plan, la Ligue « arabe » dans sa forme actuelle - qui devient plus un attrape-nigaud qu’un bouclier de protection, incapable d’embrasser les enjeux de cette géopolitique occidentale - doit être dissoute pour d’autres formes de regroupement. Il est plus avantageux et sécurisant de se regrouper sur des bases concrètes - économiques, culturelles et de défense dans le respect mutuel et du droit - que sur une base « identitaire » chimérique, contre-productive en s’appuyant sur l’axe Russie-Chine-Iran et les autres États du « BRICS », qui représentent déjà la moitié de l’humanité, pour mettre en échec ce projet de « Nouvel Ordre Mondial » que les américano-sionistes voulaient ériger en paradigme intangible.

Il y a une vérité éternelle. Le monde ne se construit que sur le Bien qui est déterminant. C’est une loi de la nature ; de Dieu qui nous recommande de s’éloigner du Mal. Y dévier conduit au Mal. Si le monde est dans le Mal c’est donc à cause de la mauvaise foi et de l’égoïsme de l’homme à vouloir atteindre le bien-être personnel en usant du mal contre les autres. Le mal-être est bien l’effet d’une mauvaise volonté humaine, une malédiction dont l’homme est le seul responsable. « Toute la morale est dans ce vieux proverbe : Qui mal veut, mal lui arrive » (de Jean-Baptiste Say)

Concluons nos propos par deux citations du Coran « …Tout bien qui t’atteint vient d’Allah et tout mal qui t’atteint vient de toi-même… » ; « …Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis…. ».

Sur le changement dans notre quotidien ou de notre vie qui doit d’abord venir de nous-mêmes, le Coran explique « … En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes… ».

Amar DJERRAD

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Par Nour - Publié dans : Vie politique
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Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 06:28
Jean BRICMONT

 

Une journaliste (dont je ne mentionnerai ni le nom ni le journal pour lequel elle travaille) m’a posé une question à propos de mon « soutien aux dictateurs » (en particulier Assad), de l’ingérence dans les affaires intérieures de pays comme la Syrie que ce soutien représenterait, de mes liens avec l’extrême droite ainsi qu’avec des sites « conspirationnistes » et de la « caution » rationaliste et progressiste que je leur apporterais.

Voici ma réponse :



Vous soulevez deux questions importantes : mon « soutien aux dictateurs » et mes « liens avec l’extrême droite ». Ces questions sont importantes, non parce qu’elle seraient pertinentes (elles ne le sont pas), mais parce qu’elles sont au coeur de la stratégie de diabolisation des modestes formes de résistance à la guerre et à l’impérialisme qui existent en France. C’est grâce à ce genre d’amalgames que mon ami Michel Collon a été interdit de parole à la Bourse du travail à Paris, suite à une campagne menée par de soi-disant anarchistes.

Tout d’abord, puisque vous parlez de rationalisme, pensons au plus grand philosophe rationaliste du 20ème siècle : Bertrand Russell. Que lui est-il arrivé lors de la Première Guerre mondiale, à laquelle il était opposé : on lui a reproché de soutenir le Kaiser évidemment. L’astuce qui consiste à dénoncer les opposants aux guerres comme soutenant la partie à laquelle on fait la guerre est vieille comme la propagande de guerre. Dans les dernières décennies, j’ai ainsi « soutenu » Milosevic, Saddam Hussein, les talibans, Kadhafi, Assad et peut-être demain Ahmadinedjad.

En réalité, je ne soutiens aucun régime-je soutiens une politique de non ingérence, c’est-à-dire que non seulement je rejette les guerres humanitaires, mais aussi les élections achetées, les révolutions colorées, les coups d’état organisés par l’Occident etc. ; je propose que l’Occident fasse sienne la politique du mouvement des pays non alignés, qui, en 2003, peu avant l’invasion de l’Irak, souhaitait « renforcer la coopération internationale afin de résoudre les problèmes internationaux ayant un caractère humanitaire en respectant pleinement la Charte des Nations Unies » et réitéraient « le rejet par le mouvement des non alignés du soi-disant droit d’intervention humanitaire qui n’a aucune base dans la Charte des Nations Unies ou dans le droit international. » C’est la position constante de la majorité de l’humanité, de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Amérique Latine, de l’Union africaine. Quoi que vous en pensiez, cette position n’est pas d’extrême droite.

Comme j’ai écrit un livre sur ce sujet (Impérialisme humanitaire Aden, Bruxelles), je ne vais pas expliquer en détail mes raisons ; je noterai simplement que si les Occidentaux sont tellement capables de résoudre les problèmes de la Syrie, pourquoi ne résolvent-ils pas d’abord ceux de l’Irak, de l’Afghanistan ou de la Somalie ? Je ferai également remarquer qu’il y a un principe moral élémentaire qu’il faudrait respecter quand on s’ingère dans les affaires intérieures des autres pays-en subir les conséquences soi-même. Les Occidentaux évidemment pensent qu’ils font le bien partout, mais les millions de victimes causées par les guerres d’Indochine, d’Afrique australe, d’Amérique centrale et du Moyen-Orient voient sans doute les choses différemment.

Pour ce qui est de mes liens avec l’extrême droite, il y a deux questions distinctes : que veut-on dire par liens et que veut dire extrême droite ? Je ne demanderais pas mieux que de manifester avec toute la gauche contre la politique d’ingérence, comme je pense qu’elle devrait le faire. Mais la gauche occidentale a été complètement convaincue par les arguments en faveur de l’ingérence humanitaire et, en fait, critique très souvent les gouvernements occidentaux parce qu’ils ne s’ingèrent pas assez à leur goût. Donc, les rares fois où je manifeste, je le fais avec ceux qui sont d’accord pour le faire, qui ne sont pas tous d’extrême droite, loin de là (à moins évidemment de définir comme étant d’extrême droite le fait de s’opposer aux guerres humanitaires), mais qui ne sont pas non plus de gauche au sens usuel du terme, vu que le gros de la gauche appuie la politique d’ingérence. Au mieux, une partie de la gauche se réfugie dans le « ni-ni » : ni l’Otan, ni le pays attaqué au moment donné. Personnellement, je considère que notre devoir est de lutter contre le militarisme et l’impérialisme de nos propres pays, pas de critiquer ceux qui se défendent par rapport à eux, et que notre position n’a rien de neutre ni de symétrique, contrairement à ce que suggère le slogan « ni-ni ».

Par ailleurs, j’estime avoir le droit de rencontrer et de parler avec qui je veux : il m’arrive de parler avec des gens que vous qualifieriez comme étant d’extrême droite (même si je ne suis, dans la plupart des cas, pas d’accord avec cette qualification), mais bien plus souvent avec des gens d’extrême gauche et plus souvent encore avec des gens qui ne sont ni l’un ni l’autre. Je m’intéresse aux Syriens qui sont opposés à la politique d’ingérence, parce qu’ils peuvent me fournir éventuellement des informations sur leur pays allant à l’encontre du discours dominant, alors que je connais évidemment, à travers les médias, le discours des Syriens pro-ingérence.

Pour ce qui est des sites, je m’exprime là où je peux — de nouveau, si le NPA, le Front de gauche ou le PCF veulent m’écouter ou même débattre de façon contradictoire avec moi sur la politique d’ingérence, je suis prêt à le faire. Mais ce n’est pas le cas. Je note que les sites « conspirationnistes » comme vous dites, sont bien plus ouverts puisqu’ils savent en général que je ne partage pas leurs analyses, en particulier sur le 11 septembre, et m’acceptent quand même. Par ailleurs, les individus que je connais et qui publient sur ces sites ne sont nullement d’extrême droite et le simple fait d’être sceptique par rapport au récit officiel sur le 11 septembre n’a rien, en soi, d’extrême droite.

Le monde est bien trop compliqué pour garder une attitude « pure », où l’on ne rencontre et parle qu’avec des gens de « notre bord ». N’oublions pas qu’en France c’est la Chambre élue lors du Front populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain (après l’exclusion des députés communistes, et avec le concours des sénateurs). Et l’opposition à la collaboration réunissait les staliniens (à l’époque les communistes l’étaient vraiment) et les gaullistes, dont beaucoup étaient, avant guerre, très à droite. La même chose se produisait pendant la guerre d’Algérie ou du Vietnam, l’opposition à celles-ci rassemblant, entre autres, communistes, trotskistes, maoïstes, chrétiens de gauche, pacifistes-à propos, est-ce que Staline, le FLN algérien et Ho Chi Minh étaient démocrates ? Avait-on tort de les « soutenir », c’est-à-dire de s’opposer avec eux au nazisme ou au colonialisme ? Et dans les campagnes anticommunistes des années 80, la gauche des droits-de-l’homme ne faisait-elle pas cause commune avec toute une série de nationalistes extrêmes ou d’antisémites (Soljenitsyne par exemple) ? Et aujourd’hui, les partisans de l’ingérence en Libye et en Syrie ne font-ils pas cause commune avec le Qatar, l’Arabie Saoudite et une série de mouvements salafistes ?

Ensuite, j’ai un problème avec la définition « d’extrême droite ». Je sais bien ce que vous entendez par là, mais pour moi ce qui compte, ce sont les idées, pas les étiquettes. Agresser des pays qui ne vous menacent pas (ce qui est l’essence du droit d’ingérence) pour moi c’est une idée d’extrême droite. Punir des gens à cause de leurs opinions (comme le fait la loi Gayssot), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Enlever à des pays leur souveraineté et par conséquent le fondement de la démocratie, comme le fait de plus en plus la « construction européenne », pour moi c’est une idée d’extrême droite. Dire « qu’Israël est très critiqué parce que c’est une grande démocratie », comme s’il n’y avait pas d’autre raison de critiquer Israël, pour citer celui pour qui presque toute la gauche votera au 2ème tour (François Hollande), pour moi c’est une idée d’extrême droite. Opposer de façon simpliste l’Occident au reste du monde, en particulier à la Russie et à la Chine (comme une bonne partie de la gauche le fait aujourd’hui au nom de la démocratie et des droits de l’homme), pour moi c’est une idée d’extrême droite.

Si vous voulez trouver un endroit où je serais sans hésitation en accord avec la « gauche », voyagez un peu, et allez en Amérique latine. Là vous verrez toute une gauche qui est anti-impérialiste, populaire, souverainiste et démocratique : des dirigeants comme Chavez, Ortega et Kirchner sont élus et réélus avec des scores impensables ici, y compris pour la « gauche démocratique », et ils font face à une opposition médiatique bien plus dangereuse qu’un simple Faurisson (cette opposition va jusqu’à appuyer des coups d’état), mais qu’ils ne penseraient jamais interdire.

Malheureusement, en Europe et surtout en France, la gauche a capitulé sur beaucoup de choses, la paix, le droit international, la souveraineté, la liberté d’expression, le peuple, et le contrôle social de l’économie. Cette gauche a remplacé la politique par la morale : elle décide, dans le monde entier, qui est démocrate et qui ne l’est pas, qui est d’extrême droite et qui est fréquentable ou non. Elle passe son temps à bomber le torse en « dénonçant » les dictateurs, leurs complices, les phrases politiquement incorrectes, ou les antisémites, mais elle n’a en réalité aucune proposition concrète à faire qui puisse rencontrer les préoccupations des populations qu’elle prétend représenter.

Ces abandons multiples de causes progressistes ouvrent effectivement un boulevard à une certaine extrême droite, mais la faute en incombe à ceux qui ont accompli et accepté ces changements, pas à ceux qui tentent modestement de résister à l’ordre du monde.

Jean Bricmont

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Par Nour - Publié dans : Politique internationale
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