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Abdelhamid Mehri : «Je ne perçois aucune volonté de changement chez le régime»

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le 20.08.11 

 Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN  

 

Existe-t-il une réelle volonté de réforme chez les décideurs ? Pas si sûr. Du moins, c’est l’avis de Abdelhamid Mehri.

«Jusqu’à présent, je ne perçois aucune volonté de changement chez le régime qui serait à la hauteur du désir exprimé par tous les Algériens pour des réformes allant dans le sens du changement global du système de pouvoir, car il s’agit de changement et non pas de réforme», a affirmé l’ancien secrétaire général du FLN. Cependant, il a exhorté toutes les catégories sociales «à bouger et rendre le changement inéluctable et de ne plus se contenter de le revendiquer». Abdelhamid Mehri a estimé, lors des débats organisés dans la soirée de jeudi par Algérie News à Alger, que le changement doit être «global et l’œuvre de toutes les forces politiques nationales, sans exclusion».

Certes, «le Président, seul, peut engager des réformes, mais celles exigées par la société consistent à changer tout le système avec ses règles de fonctionnement, une implication de tous les Algériens, car il s’agit de construire la maison commune qui est l’Algérie», a-t-il ajouté.Et si le pouvoir s’obstine à s’opposer à cette aspiration, «il maintiendrait les horizons de l’Algérie bloqués. Le changement est une nécessité et une urgence, car le système du pouvoir actuel s’est avéré incapable de résoudre les problèmes présents et à venir du pays», a estimé A. Mehri.

Pour expliquer cette impasse dans laquelle se trouve l’Algérie, Abdelhamid Mehri remonte dans le passé, la guerre de Libération nationale. «Nous avons un passé très riche que nous n’avons, malheureusement, pas su capitaliser. On passe notre temps à glorifier Novembre, sans donner un sens à la révolution algérienne. Cette œuvre historique n’a pas été suffisamment analysée en tant qu’expérience politique militante pour comprendre les raisons de son triomphe. L’étude de la révolution a été réduite aux itinéraires des personnes, ce qui reviendrait à la minimiser», regrette celui qui fut ministre des Affaires nord-africaines dans le premier gouvernement du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne).

Lucide et perspicace, Abdelhamid Mehri a estimé que la révolution était une expérience rassembleuse de tous les Algériens avec un projet sain traduisant l’aspiration du peuple pour l’instauration d’un Etat démocratique et social. A l’indépendance, nous sommes passés d’une stratégie de rassemblement à celle de la sélection. Depuis 1962, le système est bâti sur cette stratégie. Conséquence : un régime incapable d’ouvrir des perspectives nouvelles pouvant permettre un progrès politique et social.
Au plan politique, «nous ne pouvons pas dire que nous avons un système démocratique. D’apparence, il y a des institutions démocratiques, mais complètement vidées de leur substance, la liberté d’expression n’est qu’une façade», a tonné M. Mehri

Une politique étrangère déphasée

Le blocage politique interne déteint sur la politique étrangère de l’Algérie.Alors que les peuples arabes contrebalancent leurs régimes despotiques et que les rapports internationaux se redessinent, le poids de l’Algérie s’est avéré insignifiant. Avec sa situation actuelle, l’Algérie peut-elle faire face à ces bouleversements ? «Je ne le pense pas», tranche M. Mehri.
«Notre perception de la politique étrangère est fausse. Ce n’est pas le Président qui met en place une politique étrangère, son rôle est de l’exécuter. Elle doit être le fruit d’un consensus qui exprime un sentiment largement partagé par toute la société», a-t-il critiqué. Et d’affirmer que la faiblesse du poids de l’Algérie et le fait qu’elle n’occupe pas une position importante «sont le résultat d’une politique étrangère non étudiée».

L’attitude de l’Algérie officielle vis-à-vis des révoltes arabes est symptomatique de ses errements diplomatiques. «Nous devons soutenir et sans équivoque les mouvements de changement dans le monde arabe, il faut dénoncer l’utilisation des armées. Je ne vois pas comment construire l’Union du grand Maghreb avec El Gueddafi. La position de l’Algérie doit être claire, et si les responsables se sentent gênés, là c’est autre chose», a-t-il encore soutenu. Un révolutionnaire ne peut être que du côté des révolutionnaires.
M. Mehri a critiqué également la manière avec laquelle l’Algérie gère ses relations avec la France. «Nous ne connaissons pas notre politique vis-à-vis de la France. Il ne suffit pas de faire des discours.» Pas que cela.

«L’Algérie doit clarifier sa position par rapport à la question palestinienne, elle doit avoir une politique audacieuse vis-à-vis de l’Union du Maghreb. Toutes ces questions nécessitent un débat national et doivent rassembler tout le monde autour des grandes lignes. Les discours ne suffisent plus», a martelé celui qui était ambassadeur de l’Algérie en France ensuite au Maroc.
A 85 ans, l’ancien centraliste n’a rien perdu de sa fougue révolutionnaire et ne désespère pas de voir se réaliser le rêve pour lequel sa génération s’est battue. Il appelle de ses vœux à la réappropriation des valeurs de Novembre. La construction d’un véritable Etat démocratique et social.  

Hacen Ouali
 
 
Vos réactions 6

souasoua   le 20.08.11 | 12h41

changement de veste

hier ct le mutisme total et la complicité avec le régime 50 50,aujourd'hui l'heure des dénonciation et de la critique à sonner!!

 

khaliomar   le 20.08.11 | 11h54

changement vous dites!

je n'arrive pas à comprendre comment des hommes politiques de votre trempe prenne aujourd'hui des gants pour parler du systéme en place alors que la situation économique, politique, social, culturel, etc.. ... la suite

 

Mohammed MADJOUR   le 20.08.11 | 11h30

DONNEZ L’EXEMPLE,

MONSIEUR MEHRI EN VOUS LIBÉRANT DES AMARRES…

Le changement que le système peut tolérer est déjà fait : il a consisté en la distribution des sacs d’argent, gratuitement ou sous forme de crédits sans ...
la suite

 

T.riche?   le 20.08.11 | 02h08

Vous n'avez pas la consience tranquille

A votre place je dois écrire l'histoire du pays et ses vampires. Pour ce qui est de l'avenir de l'Algerie ce n'est plus votre affaire.

 

ag56   le 20.08.11 | 00h27

Quel changement ?

Vous faites partis du régime monsieur Mehri ou bien vous avez retourné votre veste? Bientôt 2012 et beaucoup de choses et de gens qui vont changer!!!!!

 

ténira   le 20.08.11 | 00h25

Affaires étrangères et tourisme !

Le ministère des affaires étrangères se confond aujourd'hui au secteur du tourisme. Nos diplomates qui sont livrés à eux-mêmes, qui ne reçoivent aucune formation ou recyclage au regard des évolutions que ... la suite

 
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I
<br /> La Corde Nationale...<br /> <br /> Oui, celle-là qui nous pendra, comme de vulgaires voleurs de chevaux. Au temps des cow-boys.<br /> <br /> Voyez-vous, nous mîmes de nombreuses années à nous débarrasser des loups aux yeux de braise qui pullulaient dans nos maquis. Cet animal, qui ne trouvait plus sa place dans la chaîne alimentaire,<br /> méritait d’être écarté.<br /> <br /> Nous fîmes tant et si bien que nos contrées, riantes, ne tardèrent pas à retrouver leur quiétude. La vie reprit ses droits, les saisons entrèrent dans l’ordre, la nature souriante, murmurait aux<br /> oreilles de nos chères têtes brunes et blondes qu’ils pouvaient, à nouveau rire, gambader dans les bois, cueillir des fleurs et se gaver de fruits sauvages . Jusqu’aux moineaux qui se permirent<br /> quelques timides cui-cui.<br /> <br /> Cette félicitée n’allait pas durer.<br /> <br /> Des gens instruits, portant col et cravate, ont décidé que cette manière de faire n’était pas écologiquement compatible et que les loups sont nécessaires à l’équilibre écolo-z…i. Et que par<br /> conséquent, il convenait de ré-introdruire la bête féroce aux abords de nos villages.<br /> <br /> « Comprenez-vous, nous expliquèrent-ils, c’est une nécessité. Il en va de la Corde Nationale. Bien entendu, cela n’est pas sans risque et quelques unes de vos brebis seront égorgées. Il ne faut pas<br /> affamer le loup mais il ne faut pas, non plus faire pleurer le berger».<br /> <br /> Aujourd’hui, je porte de graves accusations. Oui, j’accuse les urnes. Lorsque cette Loi a été votée, le Petit Chaperon Rouge n’a pas pu voter.<br /> <br /> Et pourtant : Le Petit Chaperon Rouge faisait-il de la politique ? Etait-il séparatiste ?<br /> <br /> Non, répondirent les accusés. L’un d’entre eux se leva et s’exclama : «Le Petit Chaperon Rouge, cette petite fille qui enchantait vos rêves d’enfants n’est qu’une sale gamine. Elle le savait que sa<br /> grand-mère avait du cholestérol, et, cependant elle lui portait une livre de beurre !...Cette enfant est une criminelle !...Elle méritait d’être dévorée».<br /> <br /> De remords. http://ahfe.unblog.fr/<br /> <br /> <br />
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