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Misère politique

le 09.10.16 | 10h00 Réagissez

Entre la platitude du discours du RND et l’hystérie qui fuse de la maison FLN, les citoyens désespèrent d’assister à un débat politique pouvant dessiner quelques perspectives pour le pays. Le fait que ces deux organisations politiques constituent l’écrasante majorité au Parlement et l’intégralité du gouvernement explique l’inaptitude du pouvoir en place à gérer les affaires du pays et son échec dans tous les secteurs de la vie nationale. Le plus affligeant dans les sorties médiatiques de Saadani est la présence, au premier rang de l’assistance, de ministres qui sont officiellement investis de missions aussi prenantes que la réforme de la Santé ou le développement des nouvelles technologies. En assumant la misère politique en son sein, le pouvoir est en situation d’organiser l’effondrement économique du pays.

L’Etat civil, selon le chef du FLN, jure avec la paix civile. Pour ce dignitaire du régime, la rentrée politique n’est rien d’autre qu’une nouvelle déclaration de guerre contre des protagonistes pourtant admis à la retraite. Aucun Algérien ne croira que les attaques contre les ex chefs militaires –interdits de réponse par la loi- peuvent constituer un programme politique, encore moins un plan de sortie de la crise économique. L’horizon est trop assombri par les difficultés financières pour engager l’inventaire de la lutte contre le colonialisme ou, plus tard, la résistance à l’insurrection armée de l’ex FIS. Les auditions ou les rapports d’enquête sur ce qui s’est passé ces dernières années à Ghardaïa ne seront d’aucun secours pour les modestes citoyens qui retiennent leur souffle à l’approche des nouvelles factures d’électricité et de gaz. Des universitaires, plus que les magistrats ou les services de contre espionnage, peuvent expliquer la nature des troubles ayant secoué certaines localités et seule une administration forte et compétente peut les prévenir dans le futur.

Le caractère nocif ou anesthésiant de l’action du FLN et du RND n’a pas seulement pour effet de plomber les perspectives politiques mais aussi de fermer quasi totalement le champ aux formations de l’opposition qui essaient de présenter des alternatives, même en rangs dispersés. Dans le schéma de gouvernance actuelle, la prime est donnée à la délinquance politique, réduisant à la marge les quelques initiatives saines qui proviennent de la société civile.

L’affaiblissement orchestré depuis plus d’une décennie au sein de la classe politique est tel que le combat pour le changement, engagé ces dernières années, est en train de se muer en une bataille pour la survie. En quête de visibilité dans la société et de tribunes d’expression dans les institutions, les partis de l’opposition vont se mettre dans les starting-blocs des législatives, comme au temps de l’illusion démocratique. Un nouveau cycle politique va s’ouvrir à un moment où l’ère de l’insouciance économique se referme.

Djaffar Tamani

Tag(s) : #Vie politique

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