31 Mai 2018

le 30.05.18 | 12h00 Réagissez
Dans cette terre que les contrées voisines ont l’habitude de nommer le Pays assis, les sujets se demandent parfois si c’est parce qu’ils sont assis sans rien faire sur une nappe géante d’huile de pierre ou parce que c’est simplement le Pharaon qui est assis. Mais aujourd’hui et contrairement à d’habitude, personne n’est venu assister aux audiences publiques de Khamsès, la foule nombreuse qui venait assister aux malheurs des petits et des vaincus n’est pas venue.
La cause, un match de dmig à côté, jeu traditionnel où deux équipes de 350 joueurs s’affrontent pour la possession d’une balle de chèvre séchée.
Furieux, Khamsès a demandé :
- Qui a programmé ce match le jour de mon audience ?!!!
Quand on lui a expliqué que c’était lui qui avait programmé ce match, finale du championnat, le Pharaon, accompagné de son intelligence suprême, a trouvé la solution. Pour pallier à cette absence, on a choisi l’un des gardes en lui demandant de venir exposer ses problèmes. Comme on ne refuse pas un ordre du Pharaon, le garde s’est agenouillé et a embrassé, comme le veut la coutume, l’image gravée dans le sol de l’illustre Maître.
- Parle, et j’espère que tes problèmes sont sérieux, lui a ordonné Khamsès, quand le garde s’est relevé.
- Seigneur, je suis bien payé, j’ai un logement offert par votre Majesté, une femme qui aime ma mère et un carrosse monté localement. Finalement, je n’ai qu’un seul problème… je frappe les sujets tous les jours et c’en est trop, je ne veux plus frapper tous ces gens qui n’ont rien fait.
Ne s’attendant pas à ce problème, Khamsès s’est tu quelques secondes, puis, grâce à son infinie clairvoyance, a répondu :
- Si j’avais encore de la force, je t’aurais frappé. Mais tu vas te frapper toi-même parce que tu es fort.
Sous la surveillance des autres gardes, le pauvre a dû se résigner à se frapper tout seul pendant une demi-heure. Estimant que la punition était suffisante, Khamsès est rentré chez lui, sous les acclamations du garde cabossé qui a entonné tout seul un chant patriotique : «Gloire au Royaume qui a inventé l’autonomie et la roue.» … A suivre.
le 29.05.18 | 12h00 Réagissez
La question s’est posée mais il y a longtemps, et plus personne ne se demande pourquoi ce royaume est-il appelé la Terre du grand soleil troué. Y a-t-il réellement un trou dans le soleil ou est-ce une image pour caractériser ce royaume si mal dirigé où l’impressionnante corruption qui y sévit a fait fuir les deniers publics et les derniers hommes de compétence.
Malgré ce trou, il fait plus chaud que jamais et le jeûne, qui dure une année pour équilibrer le budget de l’Etat, a affaibli tout le monde. En ce jour d’audience, la foule est pourtant présente, soucieuse de rire un peu du malheur des autres pour oublier le sien. Cette fois, c’est un lettré qui a été reçu, dont la spécialité est de défendre ceux qui ne peuvent pas le faire, emprisonnés pour rien, maltraités par les hommes de la Cour ou les grands riches qui gravitent autour du Palais.
- Il y a tellement d’atteintes aux droits de l’homme que c’est trop de travail, Seigneur, je n’en peux plus.
- Les droits de l’homme ? a demandé le Maître. Tu n’es pas en train de te tromper d’époque ?
- Seigneur, comment peut-on déclarer un «vivre- ensemble», même pour une journée, quand tous ceux qui ne ressemblent pas au Premier vizir sont pourchassés ?
- Tu te plains parce que tu as trop de travail ? Tu devrais être content d’en avoir un. Mais bref, je te propose de me défendre, beaucoup disent du mal de moi, oubliant tout ce que j’ai fait pour le royaume. Tu seras récompensé auprès de Dieu.
- C’est trop de travail, Grand Pharaon de la terre mouillée.
- Tu veux dire que je ne suis pas défendable ?
- Non, Seigneur, je veux dire que j’ai vraiment trop de travail à défendre les opprimés, les parleurs, chanteurs, troubadours, scribes, fidèles de sectes diverses…
En un mot, le lettré fut saisi et mis en prison, le verdict fut bref :
- Comme ça tu pourras te défendre tout seul, ça te fera moins de travail puisque tu te connais bien.
Sous les rires de la foule, Khamsès est rentré chez lui, non sans avoir entendu un chant patriotique : «Gloire au Royaume qui a inventé la matraque et la roue.» … A suivre.
le 28.05.18 | 12h00 Réagissez
Sur cette terre étrange comprise entre les marais diaboliques de Djobi et les premiers contreforts de la chaîne du Tfou, le jeûne dure une année, ainsi en a décidé le Maître des lieux, Khamsès 5, qui lui ne peut pas jeûner pour des raisons strictement médicales. Aujourd’hui et en guise de bilan pour tous les bienfaits qu’il a apportés, le Pharaon reçoit ses sujets pour une audience publique, ou du moins l’un d’entre eux, trié par les gardes.
En réalité c’est une femme, elle s’est agenouillée pour embrasser l’image sculptée dans le marbre du sol, puis le Pharaon lui a ordonné de se lever, et humblement a exposé son problème :
- J’ai un salaire minimum en tant qu’aide-guérisseuse depuis 20 ans et on m’exige maintenant pour le renouvellement de mon dossier une carte d’identité qui coûte 15% de mon salaire, du jamais vu dans aucun royaume, Maître des soins et des maladies.
Khamsès, qui était dans une bonne humeur comme on ne l’a jamais vu depuis 20 ans, ne s’est pas énervé. Gentiment, il a demandé :
- Avez-vous vu d’autres royaumes pour ainsi comparer la générosité du mien ?
- J’aimerais bien, Seigneur des villes et des montagnes, mais le passeport coûte plus de 50% de mon salaire.
- Donc vous ne pouvez pas comparer si vous n’avez jamais voyagé…
- Si, Maître des océans et des lacs, on m’a dit qu’ailleurs, les cartes d’identité étaient gratuites.
Le Maître a réfléchi, puis dans son infinie sagesse, a trouvé la solution :
- Comme je suis de bonne humeur aujourd’hui, je ne vais pas te jeter aux chiens errants mais te faire l’honneur de fabriquer une barque et t’envoyer par la mer en clandestine pour que tu puisses comparer ta terre avec celles des autres.
Sitôt dit, les gardes ont jeté la femme dehors avec l’ordre de se fabriquer une barque, même si comme elle l’a poliment souligné, il n’y a plus de bois dans le pays depuis la généralisation des grillades de chat dans les quartiers. Mais sous les acclamations de la foule, Khamsès 5 est rentré chez lui avec des chants patriotiques : «Gloire au Royaume qui a inventé la flouka et la roue.»
…A suivre
le 27.05.18 | 12h00 Réagissez
Sur cette Grande Terre terrassée par le soleil, c’est toujours la longue année du jeûne, mais malgré sa fatigue chronique et sa mollesse du mollet, la foule a l’air enthousiaste en ce jour. Car après l’audience annulée, les autorités ont promis que cette fois ce serait le Pharaon lui-même qui viendra exposer ses doléances aux sujets.
Curieux de savoir quelles pourraient être les doléances d’un Pharaon qui a tout ce qu’il désire, les sujets se sont massés devant l’enceinte en marbre du Palais. Hélas, le Royaume des promesses de vent n’a pas daigné respecter sa parole et la foule a été surprise de voir Khamsès 5 de nouveau sur son trône en or, cadeau d’un lointain sultanat des déserts de sable du Grand Est. En colère, Khamsès 5 a invité la foule à s’approcher plus près de lui. Timidement, celle-ci s’est avancée et a embrassé l’image du Pharaon posée par terre. Ils sont restés courbés, pendant que Khamsès criait :
- J’ai appris que des sujets ont rédigé une lettre pour me demander de ne plus être Pharaon, moi le Pharaon !
Les sujets à plat ventre, Khamsès a poursuivi :
- Qui sont-ils ? Qui sont ces traîtres à la nation ?!
Bien que la foule eût aussi appris que ces signataires avaient déclaré que 5 c’était trop, même pour un Khamsès, elle est restée silencieuse.
- Je veux des noms !!!!!
Alors que tous les noms des signataires étaient bien apposés au bas de cette lettre, le Seigneur a continué à demander les noms des renégats. Puis, furieux, il a ordonné aux gardes de se saisir des 10 premiers sujets et de les jeter dans la fosse aux crocodiles, bien qu’il n’y en ait plus, pas plus que de lions. Mais une fois dans la fosse, le reste de la foule a entendu d’étranges bruits carnivores. Le Pharaon a opéré un demi-tour et avant de disparaître, a tenu à préciser :
- J’ai ramassé quelques chiens errants affamés. Eux au moins me sont reconnaissants pour tout ce que j’ai fait.
Sous les acclamations de la foule, Khamsès 5 est rentré chez lui sous les chants patriotiques de la Cour : «Gloire au Royaume qui a inventé les promesses et la roue.»
… A suivre
le 24.05.18 | 12h00 Réagissez
Au Royaume infini de la pierre sèche et des yeux mouillés, c’est la longue année du jeûne qui s’étale de la première lune d’hiver à la dernière orange cueillie sur le plus haut pic des monts du Douji.
Les sujets, trop faibles pour se mettre en colère, ont quand même assez de force pour être curieux de la vie des petites gens. Car c’est le jour de réception de Khamsès 5, Maître sans égal du Temps, de l’Espace et des crêpes, et aujourd'hui encore, quelqu'un va venir exposer ses doléances au Seigneur de la Gravitation et des Forces électromagnétiques.
La foule oisive s’est massée devant le Palais en marbre, mais la rumeur a rapidement fait le tour de la population ; pas d’audience aujourd’hui, le Maître est fatigué et a préféré aller se reposer dans une lointaine contrée où le chocolat est fabriqué à base de vache. A la place de l'Audience, il fut décidé de lire à la foule un long poème de Khamsès qu’il avait écrit lors sa traversée du désert de Toum, il y a 1300 ans. Etonnée, la foule est restée silencieuse au début, écoutant religieusement les mots sacrés du Seigneur de la parole et de la cabriole, puis un murmure de plus en plus fort s’est élevé. Les sujets, n'aimant pas plus la poésie que le jeûne forcé, se sont mis à s'agiter. L'un des gardes du Palais a immédiatement décapité l'un des énervés, ce qui a eu pour effet contraire de mettre encore plus en colère la foule.
Pour la calmer, le chef du protocole a proposé d'exposer les doléances de la population au frère de Khamsès, ce que tout le monde a refusé, et la situation a rapidement dégénéré, la foule tentant de casser le Palais.
Peine perdue, il avait récemment été renforcé par une couche de tungstène et les gardes ayant ensuite massacré ce qu'ils ont pu massacrer, ont offert, dans un geste d'apaisement, des boureks aux cailles à tous les survivants. Avec en plus la promesse arrivée par fax à l'instant, celle d'une audience royale plus grande pour les jours prochains et une surprise de taille : c'est le Pharaon lui-même, Khamsès 5, qui va venir se plaindre devant des citoyens choisis au hasard. … A suivre
le 23.05.18 | 12h00 Réagissez
Se traînant l’estomac dans les talons et les épaules au niveau du bassin, les sujets du Royaume sont toujours en période de jeûne prolongé, ce qui a fait dire que c’était juste un stratagème pour que le Palais dépense moins et que les manifestations soient impossibles par manque d’énergie. Mais les sujets se sont quand même pressés devant le Palais en marbre pour assister aux audiences royales. Aujourd’hui c’est un imam d’un lointain village desséché de l’Ouest, il s’est agenouillé pour embrasser l’image de Khamsès posée par terre, puis le Pharaon l’a relevé :
- Parle ! lui a ordonné le Gardien des lumières clignotantes.
- Au nom de Dieu le Clément, je suis là, Maître, pour dire qu’il n’y a pas que Dieu dans la vie et que je souffre. Personne ne pense à nous, on se lève avant tout le monde et se couche après tout le monde. Je voudrais un carrosse, plus d’argent et des primes de risques, surtout qu’on tue des imams dans les mosquées.
Déjà irrité, Khamsès a jeté un œil à la fosse aux crocodiles, où il n’y a plus de crocodiles, tout comme il n’y a plus de lions.
- Tu veux qu’on te paye pour apporter de la sagesse ?
- Un peu quand même, a timidement répondu l’imam, on ne vit pas que de zlabiya et d’eau dessalée…
- Tu sais que les caisses du Palais sont vides parce que vous ne travaillez par assez ?!
- Je suis au courant, Maître des mondes parallèles et perpendiculaires… mais nous sommes vraiment pauvres par rapport à tout notre travail de bien.
- Tu ne voudrais pas un bateau avec piscine ?
- Pourquoi pas, Seigneur, même si je ne sais pas nager…
C’était un piège, et le Seigneur a immédiatement ordonné son exécution. Comme la dernière a eu pour fâcheuse conséquence de rayer le carrelage du Palais, l’imam a eu simplement la tête et les membres coupés.
- Gardez les restes quand même, a averti Khamsès, si j’arrive à nous procurer de nouveaux crocodiles, on aura quand même de quoi les nourrir.
Le Pharaon a opéré un demi-tour sous les acclamations de la foule qui a entonné un chant patriotique : «Gloire au Royaume qui a inventé les claquettes et la roue.»
…A suivre
le 22.05.18 | 12h00 Réagissez
Dans ce grand royaume qui s’étend des plaines oranges du Goulougoul aux limites de la Grande Mer de la Colère, le jeûne s’étale toute l’année, ainsi en a décidé celui qui tient d’une main de zinc galvanisé cette terre si généreuse. Résultat provisoire, des citoyens en manque d’énergie mais encore assez vivants pour assister aux audiences royales. Une fois de plus, une foule curieuse s’est massée devant le Palais en marbre où Khamsès reçoit les doléances des sujets. Après les fouilles et les vérifications d’usage, c’est un jeune guérisseur résidant dans les montagnes du Nord qui est passé. Il s’est bien sûr prosterné devant le poster du Pharaon et l’a embrassé. Sitôt relevé, il a expliqué son problème :
- Seigneur des marécages et du ramage, cela fait des mois qu’on n’est pas payés.
Le ton haut, Khamsès a montré qu’il suivait les affaires de près :
- Je suis au courant, guérisseur. Vous n’êtes pas payés parce que vous êtes en grève.
- Oui Maître des 7 calamars, mais on est en grève parce qu’on est mal payés.
Khamsès, détestant autant la mauvaise foi que la chorba aux olives, a été bref :
- Jetez-moi ça aux crocodiles !!
S’avançant à petits pas timides, le chef du protocole est confus :
- Il n’y a plus de crocodiles, Seigneur de la Pensée, le Premier vizir les a tous vendus…
- Le Premier vizir ?! Où est-il ? J’espère que vous l’avez jeté aux crocodiles ?!!
- On y a pensé, Maître, mais il a vendu les crocodiles…
- Alors jetez ce guérisseur et le Premier vizir aux lions !!
Le chef du protocole s’est prosterné.
- Les lions sont partis, Notre Lumière Dorée, en mer.
Khamsès a poussé un soupir :
- Des lions qui savent nager, qu’ai-je fait pour mériter ce Royaume ? Faites le disparaître ! Soyez créatif !
Après d’intenses consultations avec les responsables de la sécurité royale, les gardes ont pris le guérisseur et l’ont frotté contre le rugueux carrelage jusqu’à ce qu’il disparaisse. Satisfait, Khamsès 5 a opéré un demi-tour sous les acclamations des gens de la Cour qui ont entonné d’un chant patriotique : «Gloire au Royaume qui a inventé la roqia et la roue.»…A suivre
le 21.05.18 | 12h00 Réagissez
C’est l’année du jeune sur la Grande Terre du Bourek où les gens sont trop faibles pour protester mais encore avec assez d’énergie pour se moquer de celui qui n’a rien. Car c’est le jour de réception du grand Khamsès 5, Maître incontesté des hommes et des pommes, des confins du désert Talak aux grands fleuves des Couleuvres, et la foule oisive s’est massée devant le Palais en marbre où Khamsès reçoit les doléances des sujets du Royaume.
Aujourd’hui, c’est une femme, la trentaine, que la garde a laissée passer après un tri sévère et la promesse écrite de ne pas parler aux journaux. Mère de famille, elle a 4 emplois, boulangère, chauffeur de carrosse, bouchère et coiffeuse, mais elle n’arrive pas à boucler ses fins de mois. Après s’être prosternée selon l’usage et embrassé 5 fois un dessin de Khamsès 5 posé par terre, le Pharaon lui a ordonné de se lever :
- Parle, quel est ton problème ?
La femme s’est relevée :
- Seigneur des cieux et des minarets, voilà, nous avons déjà du mal à vivre et avec ces dernières augmentations, de 2500% pour la carte d’identité, à 15 000 DA pour le permis et 10 000 pour le passeport, ça devient impossible. Je ne voyage plus, mais j’ai besoin de renouveler mon permis de conduire, Maître.
- Pourquoi vouloir conduire alors que je suis le Guide suprême ? Veux-tu m’offenser ?
- Non, Pharaon des eaux douces et salées, mais le baril d’huile de pierre est au plus haut en ce moment et vous imprimez des billets, pourquoi nous prendre le peu d’argent qu’il nous reste ?
- Je t’ai dit que je vous conduirais vers le paradis, pas besoin de permis.
- Oui, mais la carte d’identité ?
Khamsès s’est énervé :
- Quelle identité ? Le peuple est 1 et indivisible, héros et victime. L’individualisme ne nous mènera pas loin.
Puis, regardant l’assistance :
- Qu’on la jette aux crocodiles !!
Sans voir la suite, déjà fatigué, Khamsès a fait signe que c’était fini. Il a opéré un demi-tour sous les acclamations des gens de la Cour qui ont entonné un chant patriotique : «Gloire au Royaume du blé subventionné qui a inventé la joie et la roue.»
…A suivre
le 20.05.18 | 12h00 Réagissez
C’est l’année du jeûne et dans cette terre maltraitée par le Soleil, les gens s’ennuient, trop faibles pour protester mais encore assez vaillants pour se moquer du pauvre et s’enquérir des commérages en cours. Car c’est le jour de réception du grand Khamsès 5, maître incontesté des matières et des terres, des rivages de la mer malade aux montagnes du Gouf, et une foule curieuse s’est massée devant le Palais en marbre offert par une lointaine contrée du Soleil Levant. Assis sur son trône en or, Khamsès 5 est comme souvent de marbre, comme son Palais, et un léopard édenté à ses pieds est en train de manger une souris d’ordinateur. A l’entrée de la salle d’audience, les gardes font le tri et viennent de laisser passer un homme d’une cinquantaine d’années, le visage fatigué par l’abus de tranquillisants. Après s’être prosterné selon l’usage et embrassé 5 fois un dessin de Khamsès 5 posé par terre, le pharaon lui a ordonné de se lever :
- Parle, quel est ton problème ?
L’homme s’est relevé :
- J’ai demandé un logement il y a 35 ans et j’attends toujours. J’ai 8 enfants et ma femme m’a menacé d’en faire un autre. J’implore votre miséricorde, Majesté dorée de l’Univers.
Khamsès 5 a répondu sèchement à l’imprudent :
- J’ai fait construire 1 milliard de logements, pourquoi n’en as-tu pas eu ?
- J’étais à l’hôpital lors de la distribution, Ô Energie durable.
- J’ai fait construire 1 milliards d’hôpitaux, pourquoi n’en n’as-tu pas eu ?
Khamsès 5 a réfléchi quelques secondes à sa dernière phrase, réalisant que c’était la même que la première. Il a fait un geste et 3 gardes se sont saisis de l’homme pour le jeter dans la fosse aux crocodiles, sous les applaudissements de la foule.
- Pas d’hôpital avant le logement, a conclu Khamsès 5, au moment où un signe de fatigue apparaissait sur son visage.
- Ce sera tout pour aujourd’hui, a annoncé le maître de cérémonie.
La journée terminée, Khamsès 5 a opéré un demi-tour sous les acclamations des gens de la cour qui ont entonné d’un chant patriotique : «Gloire à la Terre du grand soleil troué qui a inventé la roue !»
… A suivre