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Par LEXPRESS.fr, publié le 28/05/2013 à 00:05, mis à jour à 09:40

Réunis à Bruxelles lundi soir, les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d'une "levée théorique" de cet embargo. Mais il n'y aura "pas de décision de livraison avant au minimum le premier août". 


Syrie: l'Union européenne lève l'embargo sur les armes livrées aux rebelles

William Hague (à gauche) et son homologue belge Didier Reynders lors de la réunion sur la Syrie.

afp.com/Georges Gobet

L'embargo est levé, mais les livraisons d'armes ne sont pas encore prévues. Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé, lundi soir à Bruxelles lors d'une réunion marathon, de lever l'embargo sur les armes pour les rebelles syriens, tout en maintenant l'ensemble des sanctions prises depuis deux ans contre le régime de Bachar al-Assad. 

"C'est une levée théorique de l'embargo [et] concrètement, il n'y aura pas de décision de livraison avant au minimum le 1er août", a de son côté indiqué un haut responsable français, ayant requis l'anonymat. 

Cette décision va dans le sens de la Grande-Bretagne et de la France, les deux seuls pays de l'UE qui réclamaient depuis plusieurs mois la possibilité de fournir des armes aux forces de l'opposition modérée. 

"Ce soir, l'UE a décidé de mettre fin à l'embargo sur les armes pour l'opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien", a déclaré le ministre britannique William Hague à l'issue de la réunion, en milieu de nuit. "C'est le résultat que souhaitait la Grande-Bretagne". Il s'agit "de la bonne décision" car elle "envoie un message très fort de l'Europe au régime d'Assad". 

Pas d'armes "dans l'immédiat"

William Hague a cependant affirmé que son pays n'avait pas l'intention d'envoyer "dans l'immédiat" des armes aux rebelles. La levée de l'embargo "nous donne la possibilité de le faire si la situation se détériore", selon lui. 

La décision a été prise au cours d'une réunion de douze heures, qui a duré bien plus longtemps que prévu en raison des "discussions difficiles" entre ministres, selon des diplomates. Plusieurs pays, dont l'Autriche et la République tchèque, étaient fortement opposés à une levée de l'embargo. 

Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l'UE, a souligné que la fourniture d'armes était "destinée à la protection des civils" et soumise à un certain nombre de conditions, notamment en terme de contrôles sur leurs destinataires, afin qu'elles ne puissent tomber entre les mains de groupes radicaux. 

L'UE "réexaminera sa position avant le 1er août", à la lumière notamment des résultats de la conférence Genève-2 initiée par les Etats-Unis et la Russie. Le reste des sanctions, qui vise des personnalités et des entités du régime, et comprend aussi une série de mesures commerciales et financières, a été prolongé pour une durée de douze mois, a précisé Catherine Ashton. 

Conférence de paix sur la Syrie : "pas une mince affaire"

L'organisation d'une conférence de paix sur la Syrie ne sera "pas une mince affaire", a prévenu de son côté lundi soir le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, à l'issue d'un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry. Lavrov et Kerry, dont c'est la 6e rencontre depuis la prise de fonction de John Kerry en février, venaient de s'entretenir dans un grand hôtel parisien pour discuter de la date d'une conférence de paix et des représentants de l'opposition syrienne et du régime du président Bachar al-Assad qui y participeraient. 

Si Damas a donné son "accord de principe" pour participer à cette conférence, dite Genève 2, l'opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée et ne s'est pas encore prononcé sur sa présence. Les négociations se poursuivaient lundi soir sans signe de progrès, selon un membre de la Coalition syrienne. 

Le ministre russe des Affaires étrangères a souligné que la conférence de paix pourrait être "élargie pour inclure tous les acteurs clefs", dans la région. Moscou souhaite de longue date que l'Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent. 

Des échantillons rapportés par des journalistes du Monde

Lavrov et Kerry devaient ensuite dîner dans un restaurant parisien avec leur homologue Laurent Fabius, de retour de Bruxelles. A l'issue de la réunion des ministres des affaires étrangères européens, le chef du Quai d'Orsay a affirmé qu'il y avait "des présomptions de plus en plus fortes, de plus en plus étayées, d'usage localisé d'armes chimiques" en Syrie, avant d'ajouter que ces informations faisaient l'objet de "vérifications très précises". 

Un haut responsable français a d'ailleurs annoncé mardi, sous couvert d'anonymat, que la France allait analyser les échantillons de potentielles armes chimiques rapportés de Syrie par des journalistes du quotidien Le Monde. Il a ajouté que le gouvernement français avait par ailleurs, comme les Etats-Unis et les Grande-Bretagne, analysé ses propres échantillons et conclu à des "indices mais pas de preuve formelle de l'utilisation de gaz de combats" en Syrie. 

John McCain rencontre des rebelles syriens

Le sénateur américain républicain John McCain a quant à lui traversé lundi la frontière entre la Turquie et la Syrie pour rencontrer des chefs rebelles syriens, a indiqué le porte-parole de cet ancien candidat à la Maison Blanche qui milite pour armer l'opposition syrienne.  

Le sénateur McCain est l'un des critiques les plus durs contre la politique du président Barack Obama en Syrie, réclamant que Washington fournisse des armements à la rébellion et pas seulement l'aide non létale et humanitaire que l'administration américaine lui apporte. 

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Commentaires (7)

- 28/05/2013 09:53:11

L'Union Européenne devrait s'abstenir de trop s'immiscer dans ce conflit qui est un nouvel affrontement religieux entre les sunnites et les chiites, autrement dit une réplique de la guerre entre l'Irak et l'Iran au temps de Saddam Hussein ou tout simplement, une rivalité hégémonique entre l'Iran et les monarchies du Golfe. Depuis le départ des américains d'Irak il s'y passe le même conflit sous forme d'attentats très meurtriers entre ces frères ennemis de l'Islam.

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- 28/05/2013 09:33:20

On pourrait demander directement a AQMI d'en assurer les livraisons sur le stock qu'ils ont constitue pendant l'intervention en Lybie.......

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- 28/05/2013 09:27:08

L'Europe met le doigt dans un engrenage qui va devenir un guêpier. La France doit rester en dehors. Le Hezzbollah libanais soutient le régime Syrien, et nous le fera payer; oublie-t-on l'attentat du Drakkar à Beyrouth en 1983? La chute de Bachar va ensuite plonger la Syrie dans le chaos avec des attentas de plus en plus meurtriers, ce qui est maintenant le quotidien en Irak: plus de 70 morts dans la seule journée d'hier!!! Ceux qui se frottent les mains, à part les fanatiques guerriers, ce sont les marchands d'armes!

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- 28/05/2013 07:45:24

l'exemple de ce qu'est devenu l'Irak devrait donner à réfléchir !

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- 28/05/2013 07:24:30

@mirondella : ne t inqiete pas la france c est exactement qui sont les insurger et pourquoi la revolte a eclater laurent fabuis lui meme a voulu mettre un des insurger dans les pourparler entre les rebelles des agent francais sont sur place frontieres turcosyrienne et liban tu prend l etat pour des idiot

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- 28/05/2013 07:18:15

bonjour et bien c etait pas trop tot la france et la grande bretagne annonce que si la situation ce deteriore il livreront des armes mais a quousseir la situation et plus que critique et l asl n a pas compris qu il fallait ce replier et attendre des renfort avant pareille batailleau MCain la compris lui mais c vrai l occident elle meme et les moyen orient sont tout aussi diviser j avais oublier

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- 28/05/2013 07:17:19

On ne se pose pas assez la question: pourquoi cette "révolte" contre le régime ? Que sont réellement les insurgés ? Assad est sans doute un dernier rempart contre l'islamisme dans le secteur. C'est jouer avec le feu que de soutenir les insurgés.

Tag(s) : #Politique internationale

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