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« Une crise de gouvernance, pas une lutte de clans »

« Une crise de gouvernance, pas une lutte de clans »

-  La scène publique nationale est agitée par une cascade de scandales liés à la corruption, révélés par la presse à grands coups de manchette. Faut-il y voir la manifestation d’une lutte de clans au sommet de l’Etat ?


C’est une vision réductrice d’un phénomène combien plus complexe. Nous sommes en présence d’une crise chronique de gouvernance, pas d’une querelle à fleurets mouchetés entre protagonistes d’une pièce de théâtre. Mais procédons avec méthode. Vous avez insisté dans nos discussions sur le caractère factuel du phénomène de la corruption, soit. Sur un plan très pratique, nous pouvons distinguer trois protagonistes. En premier lieu le chef de L’Etat reste détenteur de la décision finale, au niveau stratégique. En second lieu, à un niveau tactique, le ministre de l’Energie qui reste, quoi qu’il affirme, le véritable patron de Sonatrach. En troisième lieu, enfin, le Département du renseignement et de la sécurité, dénomination officielle des services de renseignement algériens, instrument d’exécution en la circonstance, en charge, sur ordre, d’une enquête on ne peut plus officielle.

 

Je préfère alors parler de pôles de pouvoir, pas de clans. Ce que je connais du fonctionnement du système politique et administratif en Algérie me conduit à exclure, à cet égard, l’hypothèse que le DRS ait pu entreprendre les enquêtes en cours sans l’aval du président de la République. Le mode de gestion des ressources nationales par Sonatrach – et aussi bien, par ailleurs, les graves dépassements imputés à la réalisation du projet d’autoroute – ont toujours fait l’objet de suivi de la part des services de renseignement. Il en est même résulté, dans l’esprit des cadres du renseignement qui ont eu à connaître le comportement des corrupteurs et des corrompus, un profond ressentiment à l’égard des responsables concernés, ceux de l’énergie, notamment.

Mais il faut raison garder. Ce ressentiment, s’il a incontestablement été conforté par la transformation des actes de corruption en phénomènes structurels, ne peut avoir poussé cependant ces cadres du renseignement jusqu’à s’engager, à l’insu de la tutelle politique, dans un combat qui aurait été forcément donquichottesque. Il suffit simplement de se convaincre, jusqu’à preuve du contraire, que le rôle des services de renseignement se limite à informer l’autorité politique compétente, seule habilitée à autoriser le passage en phase dans les actions à entreprendre. Cette forme d’immobilisme forcé a pu laisser imaginer que les services de renseignement se sont accommodé de dysfonctionnements qui affectent la conscience morale de l’opinion, mais aussi le fonctionnement efficient de l’économie. Naturellement, ce phénomène a nourri, au sein de l’institution sécuritaire, de l’amertume à profusion, mais ne forçons pas trop le trait.

Si vous tenez à voir absolument une lutte entre pôles de pouvoir, je serais tenté d’être provocateur. Si position de défiance il y a, c’est celle du chef de l’Etat vis-à-vis du premier cercle de collaborateurs qu’il a lui-même ramenés. Je note avec insistance que le ministre de l’Energie est le seul responsable à s’efforcer, sans complexe, d’accréditer l’idée que le DRS, excroissance du système institutionnel algérien, se serait, à l’insu de la présidence de la République, autosaisi dans l’affaire Sonatrach.


-  Ce que vous dites semble pourtant invraisemblable…

Invraisemblable, dites-vous ? Lorsque, pour des raisons impérieuses, le chef de l’Etat a abrogé la fameuse loi sur les hydrocarbures, déjugeant son inspirateur, l’actuel ministre de l’Energie, a-t-il pris des gants ? Attention, les chefs d’Etat sont faits de chair et d’os, avec une âme qui leur insuffle des sentiments. Je veux dire qu’ils peuvent être excédés par les frasques récurrentes de leurs proches collaborateurs. Soyons plus sérieux, toutefois. Il faut distinguer entre la démarche du chef de l’Etat lequel, volens nolens, est guidé par un certain sens politique et les motivations de la cour, celle que le ministre de l’Energie affuble de la dénomination explicite de « clan présidentiel » qui cultive plutôt l’instinct de survie. Jusqu’à plus ample informé, le chef de l’Etat, toujours libre de ses mouvements, n’a pas réagi aux enquêtes déclenchées autour de Sonatrach, alors qu’il a toute latitude de la faire. Ce sont les membres de l’entourage présidentiel qui semblent le plus s’agiter…

 

-  Quelle serait la motivation du président Bouteflika ?

C’est, de mon point de vue, la question essentielle dans ce débat. Pourquoi, en laissant ses proches s’embourber, le président de la République se résout-il à cette solution extrême ? Je n’ai pas de réponse convaincante. J’imagine que, tenant compte des rapports et des informations qu’il reçoit, il a pris la mesure de l’étendue du mal de la corruption qui a gangrené tous les secteurs d’activité économique. Peut-être a-t-il compris aussi la relation dialectique qui rattache l’aggravation de la corruption au bouillonnement social, prélude de soubresauts à l’issue incertaine ? Peut-être, soucieux de son empreinte sur l’histoire, veut-il laisser une marque dépouillée d’aspects bien contestables ?

 

-  La responsabilité du ministre de l’Energie vous semble engagée dans les enquêtes en cours. Est-ce que le président de la République le sait ?

Loin de moi la prétention de me substituer à la justice ou de percer, à ce point, l’esprit du chef de l’Etat. Laissons faire la justice en souhaitant qu’elle accomplisse totalement sa mission. Accordons au président de la République le répit nécessaire pour qu’il éclaire le peuple algérien sur ses intentions et ses projets. Laissons donc la justice suivre son cours et le chef de l’Etat préparer ses déclarations. Cela ne m’interdit pas, pour autant, de développer un avis sur le bilan de ce ministre et de relever l’image que retient de lui l’opinion nationale. 

 

Parlons stratégie pétrolière en premier lieu. Je ne suis pas expert en la matière, mais les relations que j’entretiens dans le secteur me permettent d’affirmer que, par delà la mauvaise gestion, le ministre actuel du secteur n’a cessé de faire des choix de stratégie erronés. Qu’en est-il des investissements inconsidérés effectués à l’étranger, au Pérou en particulier ? Qu’en est-il du regain de production d’hydrocarbures claironné alors qu’il s’agit de découvertes intervenues dans les années 1990 ? Qu’en est-il des contrats d’exploration signés sous l’autorité de l’actuel ministre de l’Energie et dont pas un seul n’a donné lieu à une mise en exploitation ?

Abordons la question du management du secteur de manière générale. Qui, au sein de Sonatrach, pouvait ignorer que le véritable patron de l’entreprise, loin d’être le président-directeur général nommé, était son propre chef de cabinet, un cadre subalterne lié par des relations de parenté avec le ministre de l’Energie ? Une personne disposant, de plus, de peu de qualifications pour la fonction occupée et installée en dépit de l’avis défavorable des services de sécurité. Comment justifier le choix de l’encadrement supérieur de Sonatrach effectué sur la base de l’acceptation d’une docilité totale au ministre du secteur via le chef de cabinet précédemment évoqué ? Le fameux Baosem (bulletin d’annonces des appels d’offres) censé introduire la transparence dans la gestion, me diriez-vous ? C’est, en l’occurrence, une invention géniale car les spécialistes de marchés publics savent que c’est en agissant, en amont, sur la définition des spécifications techniques – pointues en la matière – que l’on force déjà le choix.

Sur un plan moral et politique, l’opinion nationale a le droit, également, de nourrir un état d’esprit vis-à-vis de responsables éminents qui ont en charge l’essentiel des richesses du pays. Il existe de par le monde un code de déontologie pour les responsables publics. Combien de ministres de premier plan, notamment durant la première période de la présidence de Chadli Bendjedid, sous l’ère du parti unique, dans des circonstances bien moins contraignantes, ont démissionné de leurs fonctions ? Combien d’autres ministres, assumant leurs responsabilités sans faux- fuyant, sont venus témoigner, avec détermination, en faveur de leurs collaborateurs déférés à la justice pour des accusations de malversation plus ou moins établies ? Il existe, hélas, chez certains responsables de l’heure, se réclamant précisément de ce fameux « clan présidentiel », un sentiment de grave mépris pour le peuple algérien, considéré comme un sujet mineur congénital.

Pour nous résumer, il manque indubitablement au ministre de l’Energie ce courage politique qui caractérise les hommes de conviction. Il aurait été inspiré, par égard pour son ami d’enfance, de se démettre de ses responsabilités, au moins le temps que s’achève l’enquête. Laissez-moi, de grâce, m’exprimer comme un simple citoyen : « Un peu de pudeur, Grand Dieu ! »


-  Vous n’évoquez pas la proximité de Chakib Khelil avec les USA et son incidence sur les enquêtes en cours…

Je préfère me garder des jugements abusifs. Qu’entendez-vous par proximité ? Que l’actuel ministre de l’Energie possède une habitation sur le Potomac ou qu’il cultive des liens d’amitié avec Abraham Spencer, l’ancien secrétaire américain à l’Energie ne sont pas des éléments probants pour donner de la consistance à la piste que vous suggérez. Pour être sérieux, il eut fallu identifier les objectifs stratégiques des USA dans le domaine puis voir si, depuis 1999, c’est une politique conforme qui a été menée. Plus concrètement, il eut fallu s’assurer que dans le même temps, en volume et en genre, les parts de marché consenties aux compagnies pétrolières américaines sont prédominantes. Les spécialistes du secteur contredisent votre jugement. Ce sont, pour l’essentiel, des compagnies à capitaux arabes, sans grande notoriété internationale, qui ont eu la préférence chez Sonatrach. Quels rapports entre ces compagnies à capitaux arabes et les intérêts américains ? Cela n’apparaît pas pour le moment. Pour le moment, l’enquête se situe à un niveau de gestion d’entreprise plutôt qu’à l’échelle macro-économique et ses prolongements politiques subséquents.


-  Vous n’essayez pas, au total, de dégager ainsi la responsabilité des services de renseignement suggérant implicitement qu’ils ne sont pas complices des atteintes à l’économie nationale sur lesquelles ils enquêtent ?

Si le processus en cours venait à être reconstitué depuis son origine, il apparaîtrait clairement que le suivi opérationnel des cas d’atteinte à l’économie nationale que nous évoquons n’a jamais fait défaut, donnant lieu à une actualisation permanente du fonds documentaire relatif. Certes, au plus fort de la violence terroriste, la priorité était ailleurs. Sitôt la stabilisation de la situation sécuritaire devenue suffisamment substantielle, les services de renseignement se sont recentrés, sans paraître, sur un domaine de compétences qui est au cœur de leur vocation. Atteintes à l’économie nationale et intelligence avec des puissances étrangères, c’est presque un même lot. C’est la capacité à agir, c’est-à-dire à transformer l’enquête préliminaire en procédure judiciaire qui a posé problème. Même pour combattre le terrorisme, il a fallu, rappelez-vous, que les services concernés s’appuient sur des dispositifs juridiques appropriés. Aujourd’hui, le chef de l’Etat semble autoriser le DRS à franchir le cap pour saisir la justice, ce qui lève l’obstacle qui empêchait la finalisation des enquêtes. Rassurez-vous, votre consœur d’El Watan a bien raison, c’est le DRS qui est à l’origine des informations qui ont servi de base préliminaire aux enquêtes en cours.


-  Cela ne nous éclaire pas plus sur les buts visés par le président de la République…

Je vous propose une lecture politique – basée sur l’analyse –, pas un survol d’inspiration politicienne fondé sur des scoops. Il est possible que le chef de l’Etat, comme je le disais, après avoir pris conscience de la gravité de la crise qui affecte le système, ait décidé de réagir. Imaginons, en effet, qu’il ait identifié comme source essentielle de la crise la qualité médiocre de la gouvernance, le dysfonctionnent de l’économie et, enfin, pour corollaire, la généralisation endémique de la corruption. Va-t-il se limiter au registre tactique où il excelle et procéder à un contournement de la crise en livrant en pâture quelques têtes ? Va-t-il, sur un registre stratégique cette fois, aller au cœur de la crise et provoquer, au forceps, la transformation d’un système désuet ? Dans quel but, en effet, le chef de l’Etat ouvre-t-il ce front périlleux ? Je n’ai pas de réponse convaincante à votre question, même si je suis enclin à privilégier la première hypothèse.

 

-  Pourquoi, cependant, le président de la République aurait-il confié ces enquêtes spécialement au DRS ?

D’abord parce que c’est le DRS qui a initié ces dossiers, c’est une question de bon sens. Nonobstant cependant toutes les discussions byzantines, le pouvoir du chef de l’Etat repose sur un pilier principal, le DRS, dont il cultive volontiers la force de dissuasion. Il le prouve allégrement, dirais-je, en lui confiant ces enquêtes particulièrement sensibles. Malgré la traversée tumultueuse de la période du terrorisme, les services de renseignement algériens ont par ailleurs conservé, comme accumulation d’expériences, un potentiel appréciable lié à leurs domaines de compétence traditionnels : lutte contre les atteintes à l’économie nationale, avec pour corollaire la lutte contre les activités d’intelligence étrangère. Ils disposent d’un savoir-faire utile en la circonstance. Il est possible enfin que le DRS – corporation fortement soudée, s’il en fut – a été choisi parce qu’il est, de tous les services de sécurité et de renseignement, celui qui peut le mieux résister aux pressions des pôles de pouvoir et des lobbies.

 

-  Il se dit, à ce propos, que ce sont des structures nouvelles, tout à fait nouvelles, que le DRS a mises sur pied pour exécuter les enquêtes en cours…

Les structures internes du DRS sont couvertes par le secret-défense, je n’ai pas de commentaire à faire sur la question. Je vous invite à méditer plutôt le phénomène d’accumulation d’expériences engrangées par les services de renseignement, un patrimoine irremplaçable. Le recentrement actuel des missions du DRS s’apparente à un ressourcement qui, opportunément, permet à l’institution de renouer avec sa vocation : préserver la sécurité interne et externe de l’Etat.


-  Ce ressourcement, comme vous dites, vous semble être un signe positif...

L’expérience m’a appris à ne pas me départir de la vigilance, mais je ne cède pas systématiquement au pessimisme. Lorsqu’une lueur d’espoir illumine notre horizon, pourquoi l’étouffer inconsidérément ?

 

-  A propos de questions organiques, toutefois, il semblerait que le projet prêté au président de la République de rassembler tous les services de sécurité et de renseignement sous une tutelle unique, un grand ministère de la sécurité, aurait précipité le déclenchement des enquêtes actuelles par le DRS…

Ce projet est récurent depuis la fin du règne du président Boumediène, où il était question d’instituer une direction générale de la sécurité d’Etat. La restructuration des services de renseignement, qui est une contrainte objective, se déroulera forcément en temps opportun. Pas nécessairement dans le sens du regroupement organique. Un système démocratique est antinomique avec l’existence de pôles de pouvoir hégémoniques, à l’image de celui qui regrouperait sous une seule autorité les services de renseignement et de sécurité. Je ne crois pas, au demeurant, que le projet de restructuration suscite autant que vous ne l’imaginez l’inquiétude au sein des services de renseignement. Cela relève de l’ingénuité politique que de supposer que le chef de l’Etat, dans sa position actuelle, songe à couper la branche sur laquelle il est assis.

 

-  Parlons alors de la prochaine élection présidentielle. Le microcosme bruisse de rumeurs sur une guerre de succession qui serait déjà ouverte...

Microcosme et rumeurs, comme vous dites. Vous voulez m’entraîner sur le terrain de l’état de santé du président de la République ? Nous ne disposons pas d’information précise sur la question. C’est par ailleurs un sujet sur lequel, par morale, les Algériens ne veulent pas s’étendre. Je ne veux pas déroger à la règle. Nous en sommes réduits à de pures spéculations, ce qui n’est pas sérieux pour l’analyse. Il faut focaliser, par conséquent, son intérêt sur des phénomènes observables et mesurables. Je veux évoquer notamment l’efficacité de la gouvernance publique. Nous sommes incontestablement en présence d’un phénomène de dilution de l’autorité qui fait, par exemple, que le pouvoir n’est plus exercé avec la même fermeté qu’au début du premier mandat de l’actuel chef de l’Etat. Il n’existe plus de centre d’impulsion stratégique, alors que les grands ministères, à l’instar de pôles de pouvoir, fonctionnent dans une autonomie plus ou moins large. C’est incontestable, il existe un problème de gouvernance en Algérie.

 

-  Bref, le DRS ne nourrit donc pas de visées politiques et va laisser la succession se dérouler sans interférer ?

A nous en tenir expressément aux enquêtes en cours sur la corruption, je ne crois pas que les responsables des services du DRS s’acquittent d’une tâche qui est au cœur de leur vocation et qu’ils ne nourrissent pas les desseins politiques que vous leur prêtez. De manière plus générale, il est révolu, à mon avis, le temps des pronunciamientos, sous quelque forme que ce soit. Contrairement aux idées reçues, je crois en particulier que les services de renseignement algériens ne sont plus en mesure de jouer un rôle politique hégémonique dans le dénouement de la crise qui perdure en Algérie.

Pour dénouer cette crise, l’efficacité technique n’est pas un gage de réussite absolu. Le véritable gage de réussite est la démarche d’essence politique.

Une démarche fondée sur un projet national – disons le mot, de rédemption – qui puiserait sa sève de l’adhésion des forces vives du pays et qui aurait à se dérouler de manière pacifique. Prenez le cas de l’ex-Union soviétique, lorsque les conditions d’une telle évolution ont été réunies, Youri Andropov, chef du KGB, véritable inspirateur du processus de réformes qui a sauvé la Russie d’un affaissement qui lui aurait été fatal, avait troqué son statut de chef d’appareil administratif au profit de celui d’homme d’Etat. Il avait investi une fonction éminemment politique : le poste de Premier secrétaire du PCUS, c’est-à-dire de chef de l’Etat. Nous sommes loin de ce scénario, comme vous pouvez le constater.

 

Revenons à l’objet des enquêtes qui ciblent Sonatrach. Pensez-vous que l’essentiel a été dévoilé ?

Il faut accorder de l’intérêt aux déclarations de Hocine Malti, qui a été directeur de la production de l’entreprise à son heure de gloire et même son vice-président hydrocarbures. Même s’il n’est plus, au plan des données techniques, à niveau d’information sur ce qui se déroule à Sonatrach, les pistes de recherche qu’il propose restent pertinentes. La dilapidation des deniers publics est probablement plus grave que ce qui a été découvert. Si l’enquête prenait une tournure résolue, je suppose que le DRS devrait se faire assister par des structures plus spécialisées. Exigence politique et technique, un audit des comptes de la nation est indispensable.

 

-  S’agissant de l’hypothèse de lutte de clans. Vos propos qui récusent cette approche comportent une part de contradiction. Vous excluez, en effet, que l’ouverture de procédures judiciaires contre les dirigeants de Sonatrach comportent des visées politiques, mais vous admettez que ces scandales vont disqualifier des membres de l’entourage présidentiel…

J’admets cette part de contradiction. Si les enquêtes actuelles prenaient la tournure approfondie qu’il se doit, il n’est pas exclu, en effet, que les responsables politiques du secteur soient éclaboussés. Je considère, à cet égard, devoir être interpellé plus par la nature de la motivation qui aurait conduit le président de la République à faire le ménage dans sa cour interne que par la satisfaction que tirerait, certainement, le DRS dans sa nouvelle croisade. Je concède volontiers que les enquêtes en cours ont permis au DRS de réussir une démarche de réhabilitation des plus originales. C’est un effet collatéral, suis-je tenté de dire. L’analyse ne permet pas, en l’instant, d’accéder à la teneur de la démarche ouverte par le DRS avec l’assentiment du président de la République.



Par Mohand Aziri

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