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Avertissement du blog master


Le blog Réseau des Démocrates est ouvert à tous les démocrates, quelle que soit leur sensibilité. Y seront édités toutes les contributions allant dans le sens de l'unification des rangs de la mouvance démocratique
Nous avons pensé que le Manifeste du CIVIC d'Oran, apporte quelques réponses aux questions esquissées par le Dr. Ahmed Benbitour. C'est la raison pour laquelle nous le publions de nouveau.

 

L’élection présidentielle du 09 avril 2009 n’a été qu’une parodie de plus pour parachever les objectifs de celles qui l’ont précédé. De tels objectifs sont la ré-institutionnalisation du contrôle total du système de répartition des richesses de la Nation algérienne par un seul groupe social, à travers une mise sous séquestre du régime politique et juridique mis en place, dans notre pays, au lendemain des tristes évènements d’octobre 1988.


Un contrôle, monopolisé par un seul groupe social, de cette répartition des richesses, par laquelle les employés et les fonctionnaires reçoivent leurs salaires, les entrepreneurs leurs profits et la société algérienne ses impôts. Un contrôle absolu des richesses de notre Nation, vu que tous les leviers de cette répartition sont entre les seules mains de ce groupe social, alors que c’est grâce à elle que les salariés peuvent mieux vivre, les entrepreneurs mieux se réaliser et notre société mieux prendre en charge ses chômeurs, ses retraités, ses handicapés et ses plus démunis. Un contrôle total qui ne laisse aucune place aux autres groupes sociaux pour participer dans l’organisation de cette répartition.


Les résultats maquillés de cette élection et le déroulement de sa compagne, tout en étant une réplique des élections législatives et locales passées, n’ont fait que réitérer une nouvelle fois la position de la majorité silencieuse, mais consciente du peuple algérien. Cette position qui consiste à mettre à chaque rendez vous électoral plus de distance entre la majorité silencieuse consciente et le pouvoir en place. La distance qui exprime ouvertement et pacifiquement la rupture totale de confiance avec tous ceux qui servent, animent et dirigent cet ordre institutionnel, malléable et corvéable, au service de ce groupe social et de ses princes du moment.


Une telle rupture de confiance, un tel gouffre qui ne cesse de se creuser, est le produit de toutes ces vaines espérances, reportées sans cesse de résistances en résistances, de luttes en luttes, de plans en plans, de programmes en programmes, de promesses en promesses, d’élections en élections, depuis ce triste 05 juillet 1830 à ce jour.

Elle est le fruit de ce rêve confisqué, de ce rêve de citoyenneté, de liberté et démocratie interdit. De ce rêve tant voulu, tant recherché, tant attendu depuis cet aube, qui avait porté au firmament l’Etoile Nord Africaine, jusqu’au cette fracture de ce 05 octobre 1988, qui avait endeuillé tant d’Algériens. Elle est la retombée de ces viols, répétés les uns après les autres, des principes de la déclaration du 1er novembre 1954 depuis ce fameux 05 juillet 1962 à aujourd’hui. Elle est la conséquence de ces mille et une déceptions que les Algériens n’ont cessé de supporter depuis leur victoire sur le colonialisme jusqu’à ces dernières élections.

 

L’interdit, la confiscation et la mise sous séquestre ont été les instruments privilégiés de ce groupe social pour bloquer l’émergence de tout projet politique, économique, social et culturel alternatif, fondé sur la citoyenneté, la démocratie et les libertés. Ils ont été leurs outils préférés, avec leurs coups de forces, pour s’imposer aux autres groupes sociaux. Ils ont été leurs politiques favorites, avec celle de la prébende, pour maintenir indéfiniment en vie cet ordre institutionnel inique, géniteur de la « hoggra », du « hétisme » et de la « hargua ». Leur régime politique et juridique injuste, protecteur du clientélisme, du régionalisme, du clanisme et du népotisme. Leur ordre politique et institutionnel arbitraire, qui produit l’autoritarisme, l’exclusion et la marginalisation. Leur régime politique et administratif attentatoire, qui cultive la bureaucratie, la corruption et les passe-droits.

Pour remédier à cet état des choses malsain qui cause la mal-vie des Algériens, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, d’une part et, pour bannir à jamais ces maux abjectes qui génèrent des inégalités monstrueuses sur les plans social, économique et politique au sein de notre société, d’autre part, ce présent manifeste revendique une refondation de l’ordre institutionnel, grâce à un changement du régime politique, juridique et administratif.


Ce changement et cette refondation n’ont pas pour but de remplacer des hommes par d’autres hommes à la tête des institutions de l’Etat ou de substituer aux institutions actuelles des institutions nouvelles pour que d’autres hommes se retrouvent aux commandes de celles-ci, sans que rien ne change. Non, cela n’est pas et ne doit pas être la finalité de ce manifeste.


Le but de ce manifeste est de mobiliser, autour de lui, tous les Algériens conscients mais silencieux pour revendiquer et pour œuvrer à la démonopolisation du système de répartition des richesses de notre Nation, afin que chaque Algérienne et chaque Algérien, quelque soit leur appartenance politique, sociale et économique, puissent :

·         prendre part effectivement dans le processus de définition de cette répartition ;

·         exprimer librement leurs attentes de cette répartition.

Pour cela, ce manifeste pour la citoyenneté et la démocratie considère que seule la promotion de la citoyenneté, en tant que valeur sociétale, et la démocratie, en tant que manifestation de celle-ci, est en mesure non seulement de conduire à cette démonopolisation mais aussi de protéger la société algérienne de nouvelles tentatives de contrôle de ce processus.


Car, l’enjeu vital pour la société algérienne est d’assurer, aujourd’hui et demain, une répartition équitable de toutes les richesses produites entre tous ses membres, entre tous ses groupes sociaux, entre toutes les générations qui la composent et entre toutes les régions qui forment son territoire, sans compromettre en aucune manière les intérêts des générations à venir. Une répartition équitable qui permet à tout Algérien, quelque soit sa condition sociale et quelque soit son époque future, non seulement de mieux vivre dans son pays mais aussi de mieux vivre son pays.


Cet enjeu n’est pas celui de ceux qui ont maintenant les règnes de notre pays. La création de ces milliers d’emplois, dont la plus grande proportion sont des emplois temporaires et précaires, la construction de ces logements, ces universités, ces écoles, ces hôpitaux, ces autoroutes, ces ponts, ces ports, ces voies ferrées, ces barrages et autres infrastructures, avec les revenus tirés des richesses de la collectivité nationale, n’ont pas pour but de donner les moyens à nos concitoyens pour mieux vivre dans leur pays et pour mieux vivre leur pays. La finalité de ces constructions et cette création d’emplois précaires est que le groupe social, qui contrôle cette répartition, se donne les moyens de pérenniser son contrôle, en pérennisant l’immuabilité de ce système inique de répartition des richesses.

 

L’enjeu pour les uns et pour les autres n’est pas le même.

L’enjeu pour le groupe social, qui monopolise les leviers de contrôle du système de répartition des richesses, est à l’antipode de l’enjeu pour la majorité de la société algérienne. De ce fait, seule l’édification d’un régime politique, juridique et administratif, fondé sur la citoyenneté et la démocratie, peut mettre l’ordre institutionnel au service de l’enjeu sociétal, à savoir : mieux vivre en Algérie et mieux vivre l’Algérie.


Aussi la citoyenneté doit être le premier fondement sur lequel doit être assis l’Etat démocratique et social de cette Algérie, voulue par l’appel du 1er novembre 1954. Elle doit être le premier fondement, parce que la citoyenneté est le principal lien qui unit tous les Algériens quelque soit leur appartenance, leur origine, leur région ou leur religion.

La citoyenneté est ce liant qui unit les Algériens qui possèdent et ceux qui sont démunis ; ceux qui emploient et ceux qui sont employés ; ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés ; ceux qui administrent et ceux qui sont administrés. Elle est ce liant qui unit tous les Algériens qu’ils soient Touaregs, Mozabites, Kabyles, Chaouis, ou Arabes. Elle est ce liant qui unit les Algériens de l’Est, du Sud, de l’Ouest, du Centre, d’ici ou de là bas. Elle est ce principal lien qui unit les Algériens, majoritaires ou minoritaires, qu’ils aient ou non de confession.


Elle est ce liant qui fait notre union, car elle est l’expression et la manifestation de l’égalité des droits et des devoirs pour chacun de nous. C’est elle qui fait notre algériannité, car elle est ce ciment qui fait que nous appartenant tous à cette seule et unique Algérie.


La citoyenneté doit être le premier fondement de l’ordre institutionnel démocratique qui doit prévaloir dans notre pays, parce que c’est à travers elle que chacun de nous exerce ses droits :

·         son droit d’être Algérien à part entière ;

·         son droit au respect et à la dignité ;

·         son droit au mieux être et au bien être ;

·         son droit au travail, à la sécurité sociale et à la retraite ;

·         son droit à l’instruction, à la formation et à la culture ;

·         son droit à la santé et à un environnement propre et sain ;

·         son droit à la sécurité et à la protection de sa personne et de ses biens ;

·         son droit à la propriété privée et à la libre entreprise ;

·         son droit à la liberté d’opinion et à la liberté d’expression ;

·         son droit de choisir librement celle ou celui qui défend ses intérêts au mieux ;

Et c’est à cause d’elle que chacun de nous doit accomplir ses devoirs :

·         son devoir de respecter la dignité de tout Algérien 

·         son devoir de montrer le respect à tout Algérien ;

·         son devoir de respecter le libre choix de tout Algérien ;

·         son devoir de défendre l’Algérie en tout lieu et en toute circonstance ;

·         son devoir de payer ses impôts à la société algérienne ;

·         son devoir de se conformer aux lois et règlements qui régissent la société et l'État algériens ;

·         son devoir de contribuer à l’essor économique, social et culturel de l’Algérie.

 

Pour qu’elle soit l’un des deux fondements du régime politique, juridique, administratif et institutionnel de notre pays, ce manifeste considère qu’il est impératif d’ériger la citoyenneté en valeur sociétale, en norme au sein de la société algérienne. Seul l’affermissement du sentiment de citoyenneté peut aiguiser le sentiment d’appartenance à la patrie et à la société, pour tous ces Algériens désabuser, déçus, marginalisés, délaissés sans horizon ni repères.


Cependant, ce sentiment de citoyenneté ne peut être une valeur sociétale que si les droits de l’Homme, dans notre pays, sont portés au cœur des actions politiques, administratives, économiques, sociales, culturelles et éducatives. Ce sentiment ne peut être une norme, dans notre société, que lorsque les droits de l’Homme sont portés au cœur des relations : gouvernants – gouvernés ; administrations – administrés ; élus – électeurs ; gouvernants – élus ; administrations – élus et citoyens – citoyens.


Ils doivent être mis au cœur de toutes ces actions et relations, car les droits de l’Homme sont la source de toutes les libertés ainsi que le fondement de toutes les règles juridiques. Ils doivent être mis au cœur de nos actions et de nos relations, parce qu’ils sont le creuset dans lequel se forge notre citoyenneté. Ils doivent être au cœur de nos actes, car ils sont l’un des plus puissants instruments pour éradication la « hoggra », les passe-droits, la corruption, le régionalisme, le népotisme, l’autoritarisme, la marginalisation et l’exclusion. Ils doivent être au cœur de toutes nos actions, nos relations et nos actes, parce qu’ils sont l’un des indicateurs du bien-être des Algériens.


La citoyenneté ne peut être l’expression effective et la manifestation véritable de l’égalité des droits et des devoirs que si elle s’exerce au sein d’un ordre institutionnel démocratique et républicain.

Pour cela, ce manifeste considère que la démocratie est le deuxième fondement sur lequel doit être édifié le régime politique, juridique, administratif républicain dans notre pays.. Cette république Algérienne démocratique et sociale, tant rêvée par ces générations, qui, tout en luttant inlassablement pour la survie de cette Algérie martyre, avaient payé les prix les plus forts. Cette république démocratique et sociale confisquée, prise en otage, alors qu’elle était l’espérance, durant ces longues nuits de la colonisation, pour ces millions d'algériens.


La démocratie doit être ce deuxième fondement, car elle permet l’alternance dans la gestion des affaires de la société, aux niveaux local et national. Une alternance dans la gestion des affaires publiques locales et nationales basée sur le libre choix des citoyens. Ce libre choix, qui permet à chaque citoyen de défendre ses intérêts sans les imposer aux autres. Ce choix libre qui se fonde sur le libre arbitrage des Algériens entre les programmes, les idées, les courants, les hommes et les groupes sociaux.


La démocratie doit être ce second fondement, parce qu’elle donne à chaque citoyen algérien l’opportunité de s’impliquer ouvertement dans la gestion de sa cité et de son pays. Elle lui donne l’opportunité de définir librement son devenir, sans qu’aucun groupe social ne lui impose sa vision, ses intérêts, son idéologie et sa doctrine. Elle lui donne les moyens d’exercer sa citoyenneté, sans qu’aucun groupe social ne monopolise les espaces, les mécanismes et les procédures d’expression et d’application des droits politiques, économiques, sociaux et culturels.


Elle doit être le second pilier sur lequel doit être assis le régime politique, juridique, administratif et institutionnel, car elle ouvre aux minorités algériennes des fenêtres pour respirer, des portes pour vivre sans se cacher. Elle doit être se second pilier pour protéger ce qui est sacré. Car, c’est par la démocratie que la religion doit être préservée. C’est par la démocratie que notre identité, notre personnalité, notre héritage et nos traditions doivent être sauvegardés, cultivés et valorisés. C’est par la démocratie que la violence doit être bannie. Et c’est à travers la démocratie que l’autoritarisme, le népotisme, la bureaucratie, le clientélisme et le clanisme doivent être combattus.

Sans ces deux fondements, le régime politique, juridique, administratif et institutionnel ne peut que faciliter la monopolisation du système de répartition par un seul groupe social. Il ne peut que favoriser la soumission à un groupe social de tous les autres groupes, qui composent notre société. Aussi, la citoyenneté sans la démocratie n’est que fatuité et la démocratie sans la citoyenneté n’est que vanité..

Afin que ces deux fondements ne soient plus de vains mots en Algérie, des mots sans consonance pour nos concitoyens, tous ceux qui adhèrent à ce manifeste s’engagent pour que la citoyenneté, la démocratie et les libertés deviennent la réalité quotidienne de chaque Algérien.

Oran le 25 mai 2009

                                                                    Le CIVIC d’Oran

Tag(s) : #Vie politique

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