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le 31.08.12 | 10h00 1 réaction

Le Lac des oiseaux, un petit étang de 40 ha en bordure de la RN44, à 20 km à l’ouest d’El Tarf, s’assèche.

Selon les riverains qui se plaignent des odeurs nauséabondes des cadavres de dizaines de poissons, des barbeaux et des carpes, qui se sont échoués sur le bord, asphyxiés par le manque d’eau, le lac est en train de disparaître à cause des grosses chaleurs. Mais ce ne serait pas la seule explication, car chacun sait ici que malgré son statut de zone protégée, les eaux du village éponyme qui bordent le lac s’y déversent et les agriculteurs n’hésitent à s’y servir. Les services de l’APC, des forêts et de l’environnement ont déclaré être incompétents devant cette situation qui pourtant n’est pas inédite.

En effet, en 1990, le lac s’était complètement asséché pour les mêmes raisons, mais le secrétaire général de la wilaya, sensible à l’importance de cet inestimable patrimoine national, avait discrètement donné instruction d’ouvrir les vannes de la conduite qui alimentait la métropole de Annaba, qui souffrait alors d’une cruelle pénurie du liquide, pour rétablir en partie le plan d’eau. Un geste qui a permis de sauver l’érismature à tête blanche, une espèce en voie d’extinction à l’époque qui ne comptait plus que quelques individus et qui aujourd’hui se compte en centaines de couples. Il semble que cette solution préconisée par les riverains qui s’en souviennent n’a pas retenu l’attention des responsables d’aujourd’hui, bien que les réserves en eau soient 10 fois supérieures à celles de 1990, selon des cadres de l’hydraulique.


Zone classée


Le Lac des oiseaux est pourtant une merveille de la nature. C’est la troisième région algérienne à avoir été classée en 1999 sur la liste de Ramsar relative aux zones humides d’importance internationale. Elle accueille une bonne trentaine d’espèces d’oiseaux d’eau toutes portées sur la dernière version de la liste algérienne des espèces protégées. Deux d’entre elles, l’érismature à tête blanche et le fuligule nyroca, sont inscrites sur la liste rouge de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN).

Le lac des oiseaux a encore cette particularité de se prêter facilement aux observations ornithologiques et surtout à l’éducation environnementale. En effet, pour avoir de tout temps été soustrait aux activités de chasse, les oiseaux s’y sentent un peu plus en sécurité et se laissent admirer dans leur évolution. Le terrain dégagé, ouvert, permet ainsi aux enfants des classes vertes de voir de plus près les oiseaux et leurs activités. Pour les écologistes, c’est un haut lieu d’éducation et de formation.

Slim Sadki
 
 
Vos réactions 1

kada1111   le 31.08.12 | 13h52

Situation critique de toutes les zh dz

Beaucoup de zones humides algériennes classées Ramsar sont menacées de disparition, je cite à titre d'exemple Aïn El Beïda et Sidi Slimane (Ouargla); la grande sebkha d'oran; Tilamine (Arzew); Nchiha (Béchar); Tinsilt (Oum El Bouaghi), etc.
Si on ne prends pas des mesures urgentes pour redresser la situation, on va assister à un désastre écologique irréversible et nous allons refaire les mêmes gaffes que lors de la période coloniale visant à assécher les plans d'eau pour construire des agglomérations en place.

Tag(s) : #Vie Scientifique

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