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Réseau des Démocrates

Jornane El Gosto de la chaîne privée El Djazaïria Humour, politique et sarcasme

3 Août 2013 , Rédigé par Nour Publié dans #Vie médiatique

 

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le 03.08.13 | 10h00 Réagissez

Il est l’un des rares programmes audiovisuels à marquer ce mois de Ramadhan. Produit par une équipe de jeunes artistes pétris de talents, «Jornane El Gosto» de la chaîne privée El Djazairia marque, pour la deuxième année consécutive, l’actualité audiovisuelle nationale.

Journal satirique qui tourne en dérision toutes les composantes de la société algérienne, le programme sort, une nouvelle fois, du lot. En effet, la deuxième saison du «Jornane El Gosto» est une totale réussite. L’équipe réalisatrice ose et brise des tabous. Tous les thèmes sont traités, sans retenue aucune : politique, culture, société, religion et sport. Tous les épisodes provoquent des éclats de rire et des fous rires chez les téléspectateurs. Les personnages choisis ouvrent la voie à plusieurs lectures. Ainsi «Moul Stah (le propriétaire de la terrasse)», «Kho Moul Stah (le frère du propriétaire de la terrasse)» et Karfas Ben oui-oui qui, connaît le frère de Moul Stah, représentent, pour les téléspectateurs, la composante d’un personnel politique sur lequel sont braqués tous les projecteurs : le président Abdelaziz Bouteflika et sa maladie, son frère Saïd et ses connaissances qui tentent d’imposer leurs lois. «On s’inspire de l’actualité algérienne.

Le rôle de l’artiste est de décrypter sa société. Le premier but de «Jornane El Gosto» est de divertir le public. Mais les lectures concernant Moul Stah, le frère de Moul Stah et Karfas Ben oui-oui sont multiples et nous ne sommes pas responsables des interprétations des uns et des autres. Chacun d’entre nous a un Moul Stah dans sa tête. Les gens pensent directement au président de la République, mais nous, nous voulons juste critiquer un responsable quel que soit son niveau de responsabilité», explique Abdelkader Djeriou, metteur en scène de «Jornane El Gosto».


Critiques sur fond de comédie


La réussite de cette émission réside dans sa manière de traiter l’actualité nationale. Aucun fait n’est ignoré. Aucune personnalité politique n’échappe à ces jeunes Algériens qui éprouvent un besoin de s’exprimer librement. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, plusieurs ministres, des responsables politiques étrangers ainsi des personnalités du monde culturel et artistique ont été représentés et malmenés sur le plateau de «Jornane El Gosto». «Nous sommes de jeunes Algériens et nous critiquons des faits d’actualité dans le respect des règles. Personne ne peut douter de notre nationalisme. Selon des échos qui nous parviennent, des hommes politiques acceptent nos critiques. Ce genre d’émission manque en Algérie. Nous sommes les premiers à produire ce genre de concept en Algérie et cela m’honore», soutient encore Abdelkader Djeriou. Les personnages du journal, ajoute-t-il, représentent toutes les franges de la société.

«Nous avons huit personnages, dont trois féminins. La première fille est hidjabiste, la seconde représente une fille de la haute classe et la troisième est à la garçon manqué. Toutes les femmes qui regardent le programme peuvent s’identifier à l’un des personnages. Pour les garçons, nous avons Bahlito qui représente l’intellectuel qui est le journaliste principal, Madli qui est un chômeur âgé et célibataire. On a aussi le personnage d’un artiste, Mouhoub, qui est un artiste raté qui s’impose sur le stah, Karfas Ben oui-oui qui représente la catégorie des personnes qui sont embauchées grâce à El maârifa (connaissance) parce qu’il connaît le frère de Moul Stah. Il y aussi un autre personnage représentant un faux islamiste qui est Abou Aoubeida», souligne notre interlocuteur. Selon lui, le personnage d’Abou Aoubeida représente des faux dévots qui n’hésitent pas à prêcher des fatwas, sans avoir un minimum de connaissances religieuses. «Il faut préciser que nous ne sommes pas contre les islamistes. Mais nous voulons parler des gens qui utilisent l’islam à des fins personnelles. L’islam n’est pas la barbe et le qamis», précise-t-il.

Madjid Makedhi
 
 
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