En visite la semaine dernière en Israël et dans tout le Proche-Orient, Laurent Fabius s’est fait assez discret et n’a pas répondu à des dizaines d’interviews. C’est au seul micro de Stéphane Calvo, dans l‘émission Francophone de 90 FM, que l’ancien ministre, que l’on voit déjà futur ministre des affaires étrangères (si la gauche remportait les élections), s’est exprimé. Fuyant les questions sur Martine Aubry et Montebourg et refusant de critiquer Nicolas Sarkozy, il s’est voulu pragmatique et serein. S’en s’écarter d’un pouce de la politique de son parti sur la création d’un État palestinien, Fabius assure être un ami d’Israël et que son candidat le sera tout autant.
Stéphane Calvo – Quel est l’objet de votre visite au Proche-Orient Laurent Fabius ?
Laurent Fabius – François Hollande m’a demandé de me déplacer dans un certain nombre de pays du Proche-Orient, pour y prendre contact avec les autorités locales, y dire notre respect et notre amitié. Mais aussi pour y écouter ce que ces pays ont à dire et sur certains points, préciser nos orientations. J’ai eu le plaisir de rencontrer en Israël le Premier Ministre Nétanyahu, le Président Shimon Pérès et des responsables de l’opposition. Je vois dans ces contacts beaucoup d’intérêt mais aussi le souci que les rapports entre Israël et la France se développent.
Nous sommes tout à fait dans le même esprit donc évidemment, nous avons abordé des sujets qui concernent l’actualité, c’est à dire ce qui concerne la paix, la sécurité, l’Iran, le Printemps arabe.
Stéphane Calvo – Vous sortez à l’instant du bureau du Premier ministre, dans quelle atmosphère s’est déroulée cette rencontre ?
Laurent Fabius – J’en sors à l’instant. La rencontre s’est passée dans une très bonne atmosphère. De plus, le premier ministre vient de gagner les primaires donc il doit être dans un état d’esprit positif.
Stéphane Calvo – L’avez-vous félicité de sa victoire ?
Laurent Fabius – Tout à fait : je sais que gagner des primaires n’est jamais facile, nous en avons l’expérience. Mais nous avons surtout parlé des questions de fond sur les perspectives d’Israël, les méthodes pour la reprise du dialogue avec les palestiniens, l’environnement international, l’Europe. Il m’a interrogé sur la situation politique française.
Stéphane Calvo – Que diriez-vous sur le bilan de Nicolas Sarkozy avec Israël ?
Laurent Fabius – J’ai une règle que vous comprendrez : quand je suis à l’étranger, j’évite de commenter la politique des dirigeants de mon pays.
Stéphane Calvo – Lui se présentait il y a 5 ans comme un grand ami d’Israël, François Hollande se considérera-t-il aussi comme un grand ami d’Israël s’il est élu ?
Laurent Fabius – Je crois que l’amitié se juge sur les actes de manière générale. Et donc il y a des domaines, d’après ce que j’ai compris, dans lesquels les interlocuteurs ont été satisfaits et d’autres beaucoup moins. En ce qui concerne François Hollande, il est évidemment sur une ligne d’amitié et de respect exigeant avec Israël. En même temps, nous n’avons jamais caché que nous souhaitions un dialogue étroit avec les palestiniens et la reconnaissance d’un État palestinien – les socialistes ne l’ont jamais caché. Et puis, nous sommes attentifs à tout ce qui se passe dans la région, en particulier la question nucléaire iranienne. C’est une question qui nous préoccupe tous et pas seulement Israël. Et nous sommes autour de François Hollande pour approuver les sanctions. Nous sommes opposés à ce que l’Iran, qui par ailleurs est un grand pays, possède l’arme nucléaire. Sur ce sujet, il n’y a pas une grande différence entre la majorité et l’opposition en France.
Mais d’une façon générale, nos interlocuteurs de différentes factions politiques étaient très soucieux de l’amitié en Israël et la France et cela me fait particulièrement plaisir puisque c’est la ligne sur laquelle nous sommes.
Stéphane Calvo – En cas de victoire, François Hollande réservera-t-il une visite à Israël assez rapidement ?
Laurent Fabius – Ça, je ne sais pas. Comme nous disons chez nous, « il faut éviter Perette et le pot au lait ». Il faut donc d’abord remporter la victoire, même si François Hollande a la faveur des statistiques. Il faut faire tout ce qu’il faut, sans arrogance, pour mériter cette victoire.
Ensuite, si cette victoire est obtenue, je suis sûr que le moment venu il aura à cœur de faire le déplacement. J’ajoute une phrase de mon ami Shimon Pérès, que je tutoie, qui m’a dit « les sondages, c’est très bien de les respirer, mais il ne faut pas les avaler ».
Stéphane Calvo – Lors des primaires vous avez soutenu Martine Aubry et aujourd’hui il y a une convergence sur François Hollande. Mais y a-t-il des différences sur la politique du Proche-Orient de ces deux personnes ?
Laurent Fabius – Non, je ne crois pas. Une des clefs du succès est l’unité des socialistes. Dans le passé, cette unité n’a pas toujours été respectée. Là, c’est un grand atout de cette campagne, tout le monde est aux côtés de François Hollande.
Stéphane Calvo – Il y a une vision tenace qui colle au Parti Socialiste, qui veut que sa politique vis à vis d’Israël est un peu moins favorable que celle de la majorité, comment l’expliquez-vous ?
Laurent Fabius – Oui mais… Écoutez, je ne crois pas que cette image corresponde à la réalité. C’est une image qui peut exister mais… Pourquoi ? Il y a eu un reproche qui nous a été fait dans le passé de ne pas être aussi déterminé dans la condamnation de l’antisémitisme que les forces de droite. Un reproche tout à fait injustifié à mes yeux mais c’est un reproche qui a existé.
Stéphane Calvo – Cela ne peut-il pas venir également des déclarations politiques de quelques amis de votre camp, je pense à Arnaud Montebourg ou aux Verts…
Laurent Fabius – Oui, mais les Verts c’est un autre parti. Et puis je vous répète que, ce qui est décisif, c’est la ligne choisie par le candidat. Il est évident que nous ne devons laisser passer aucun geste, aucun acte, et que les actes antisémites doivent être condamnés avec énormément de fermeté. Mais vous parliez des différences entre les uns et les autres. J’ai été assez frappé de voir dans le programme de l’extrême droite de Madame Le Pen et dans celui de tel ou tel membre de l’UMP, qu’ils veulent supprimer la bi-nationalité. Je m’en suis entretenu ce matin avec des amis franco-israéliens qui m’ont dit qu’il s’agirait d’une monstruosité. En ce qui concerne François Hollande, il n’en est évidemment pas question.
Stéphane Calvo – Les Français d’Israël on gardé un lien très fort avec la France, également en ce qui concerne les élections présidentielles et législatives. Et justement, la candidate socialiste aux élections législatives de la 8ème circonscription des français de l’étranger est Daphna Poznanski. Pensez-vous crédible de mobiliser ici des électeurs qui ont voté en très grande majorité pour Nicolas Sarkozy lors des dernières élections ?
Laurent Fabius – Je pense que oui. D’abord à cause de la personnalité de la candidate : une femme avec une grande expérience, connue pour défendre ses positions avec beaucoup de conviction. Une candidate compétente. Et puis, il y a parmi les personnes qui ont voté pour Nicolas Sarkozy, un certain nombre de gens qui sont, comment dire, déçus de ce qu’il s’est passé. Et puis il y a un vote plus général. Beaucoup de gens, je crois, veulent que les choses changent. Mais je ne veux pas m’immiscer dans ce débat. Je peux juste vous dire que notre candidate est très compétente et que quand elle défend un dossier ou des personnes, elle le fait fort bien.
Stéphane Calvo – On parle de 700.000 francophones israéliens et toujours pas de bureau israélien à la francophonie. Si vous êtes aux affaires, pensez-vous pouvoir rétablir cette injustice ?
Laurent Fabius – C’est une question qu’il faudra reprendre car ce nombre est très important et nous attachons beaucoup d’importance à la pratique et à la propagation de notre langue. Et puisque vous parlez de la langue, les relations entre la langue et l’éducation, voilà une différence de plus entre ce qui existe et ce que nous voulons faire. Nous souhaiterions que les couches moyennes de l’étranger puissent bénéficier de bourses pour envoyer leurs enfants dans des écoles françaises. C’est une question importante et très concrète à laquelle, je crois, nos amis français de l’étranger sont très attachés.
Stéphane Calvo – Seriez-vous heureux d’obtenir le portefeuille des Affaires Étrangères dans un gouvernement de gauche ?
Laurent Fabius – (rires) Je ne sais pas pourquoi mais on me pose beaucoup cette question en ce moment. Mais j’ai une règle simple : ces questions-là, je préfère les aborder après avoir gagné qu’avant. Souvenez-vous de la fable de Perette et du pot au lait.
Stéphane Calvo – Mais la géopolitique vous intéresse ?
Laurent Fabius – Cela ne m’est pas totalement étranger, je présenterais les choses comme cela.



Assurément en mission, pour appeler les plus racistes à voter pour son bord, Guéant a contrôlé son dérapage : il ne dit pas que les musulmans sont nuls, ni que les africains ne sont pas entrés dans l'histoire, ni même que les autres civilisations sont inférieures à la sienne... Mais il insinue tout ça à la fois (inattaquable en justice?), devant un auditoire réceptif.
Et il pourrit un peu plus l'ambiance islamophobe, au moment où le patron s'est ridiculisé à l'ONU avec un lamentable commentaire contre la Russie, arguant que :
"le Conseil de sécurité des Nations unies a une responsabilité politique et morale concernant la situation en Syrie, celle de ne pas «tolérer l'intolérable» et de refuser l'horreur".
Qui peut prendre cela au sérieux ?
Ils donnent des leçons alors que l'histoire et l'actualité (notamment syrienne), ont vu mille "horreurs intolérables" du fait de la France : honte à ces "responsables" menteurs et cyniques.
Monsieur Guéant oublie sans doute que la civilisation mondiale actuelle, occidentale, basée sur le profit, qui donne des milliards aux saoudiens et a fait de ces dictateurs les plus solides richesses du monde, qui de plus base son profit sur la mort par la faim de millions d'êtres humains, qui soutient les pires régimes, corrompus et tortionnaires, est cette civilisation dont il parle.
Il fait peut etre meilleur vivre en France que dans d'autres pays, mais n'oublions pas ce que soutient la France à l'extérieur de ses frontières. N'oublions pas le soutient de la pollution, du non respect des droits de l'homme, de la spoliation de terres par les multinationales. Voilà notre civilisation, qui a bcp de sang sur les mains et ferait mieux de regarder ce qui cloche chez elle que de s'autocongratuler