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Il estime que le dossier des disparus est clos



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Cette année marque le septième anniversaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Quel bilan faites‑vous de l’application de ce projet politique ?

Le bilan est extrêmement positif parce que les objectifs du projet ont été atteints dans des proportions, à mon avis, qui égalent ou qui excèdent les 95 %. Et puis finalement, il faut se rendre à l’évidence : grâce à la réconciliation nationale, nous avons vécu le retour de la paix et de la sécurité. Un événement extrêmement important qui, faut-il rappeler, a été initié et conduit par le président de la République lui‑même.
 
Je ne peux donc, que me réjouir de cet anniversaire. Cela étant, il reste peut‑être des dispositions complémentaires à prendre. Cela relève de l’initiative du président de la République comme le prévoit la Charte elle‑même. Nous attendons peut‑être les dispositions complémentaire du président de façon à ce que personne ne reste au bord du chemin. C’est toute la philosophie de la Charte.
 
 
Vous avez parlé de dispositions complémentaires. Votre Commission a‑t‑elle des propositions en ce sens ?
 
Ce sont des dispositions d’ordre matériel dans la mesure où il y a des catégories qui n’ont pas été concernées directement par la Charte. Je pense aux citoyens qui ont subi des dommages matériels dans leurs biens – maison, terrains agricoles, etc. – suite à des actes terroristes. Il y a aussi les déportés du Sud (1992‑1995), libérés sans jugement. Ces personnes ont subi un préjudice qu’il faut réparer, même symboliquement.
 
Je citerai aussi les enfants nés dans les maquis : on n’a pas encore mis en place les textes nécessaires pour assurer leur filiation et légitimer leur état civil. Toutes ces dispositions ne sont peut‑être pas prioritaires mais elles sont nécessaires.
 
 
La question des disparus reste au cœur d’une polémique. Quel avis portez‑vous sur le traitement réservé  par l’État à ce dossier ?
 
Si l’on s’en tient à la Charte, la question des disparus est un dossier clos pour l’État algérien. Parce que cette catégorie a été intégrée à celle des victimes de la tragédie nationale. Elle a été indemnisée à ce titre là. La loi est formelle : n’oublions pas que la Charte pour la réconciliation a été plébiscitée à  plus de 90 % lors d'un référendum.
 
Maintenant l’État est souverain, s’il veut prendre d’autres dispositions qui lui semblent nécessaires à l’égard des disparus sur le plan humain, je n’y vois aucun inconvénient. Moi, en tant que juriste, je suis obligé de m’en tenir à la loi. Si l’État ne veut pas prendre d’autres dispositions, il  y a la loi. Il faut l’observer et la respecter.
 
 
Le 25 septembre, le Premier ministre a appelé les terroristes à déposer les armes. Quel est, selon vous l’intérêt de cet énième appel ?
  
Le terrorisme, il faut le démoraliser et le démobiliser par des appels de ce genre. C’est de bonne guerre. Moi, personnellement, cela ne m'a pas étonné du tout. M. Sellal était dans son rôle
 
 
Le retour des dirigeants de l’ex‑Fis à la politique est‑il une éventualité à envisager, selon vous ?
 
La vie est faite ainsi. Les choses peuvent changer au fur et à mesure que le temps passe. Je pense que les points de vue peuvent être modifiés. Tout peut faire l’objet de révision. Moi, personnellement, je pense que le texte de la Charte ne visait que les chefs de l’ex‑FIS. Il ne visait pas les troupes, c’est à dire les adhérents du parti. Il ne faut jamais oublier que c’était un parti légal. On ne peut pas reprocher à quelqu'un d’avoir adhéré à un parti légal.
 
En ce qui concerne les chefs de l’ex‑FIS, la question est tout autre. Je pense que les positions peuvent être révisées si eux‑mêmes révisent leurs positions et reviennent à de meilleurs sentiments. Vous savez, il faut toujours placer les intérêts supérieurs de la nation au dessus de tout. 

 

 
Tag(s) : #Vie politique

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