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http://www.lesdebats.com/editions/310711/les%20debats.htm
ahmed halfaoui

 

Quand la «démocratisation» a commencé en Libye on voulait nous faire croire que l'OTAN allait seulement empêcher les avions de combat libyens de voler.  On parlait de «no fly zone». Et puis on a été surpris quand on s'est aperçu  qu'il s'agissait en fait d'une «no walk zone». On nous a expliqué que la résolution  1973, l'acte notarié  onusien, autorise de tout faire pour «protéger les civils».

 

On a vu des civils par millions refuser cette «protection», surtout que c'était sur leur tête que les bombes tombaient. Comme sa «révolution» tardait, l'OTAN a continué  de bombarder. Cinq mois après, plus quelques milliers de civils morts pour avoir été «protégés», comme Aïcha Chlih cette jeune Marocaine et ses trois enfants. On commençait  à se demander ce que pouvaient bien cibler les Rafale et les Tornade, on s'était habitué aux «bavures», mais elles devenaient systématiques. Alors l'OTAN vient de trouver autre chose.

 

Loin, très  loin de la «no fly zone». D'ailleurs, qui s'en souvient ? Elle menace de bombarder les habitations, en disant qu'elles servent de casernes. Avant, elle les bombardait sans rien, maintenant elle va le faire avec une raison bien à elle. Qui va pouvoir prouver le contraire ? Même la presse  qui occupe l'espace ne voit rien et n'entend rien d'autre que ce que la «communauté internationale» veut qu'elle voit et qu'elle entende. Et quand la vérité force le passage et elle va le forcer, cette même presse trouvera toujours le moyen de se sortir de son monceau de mensonges.

 

On a un avant-goût  du comment avec la mise au jour sanglante de la nature du gang de Benghazi. La liquidation par ses pairs du général Abdel Fatah Younès, cet ex-ministre de l'Intérieur de l'Etat libyen qui vient de payer de sa vie son aventure avec le CNT-OTAN, est une épreuve de taille pour les médias thuriféraires de cette «révolution» atypique pour les sains d'esprit. La méthode, tant s'en faut, ne cadrant pas du tout avec les mœurs démocratiques, suscite déjà des fissures dans le mur de la désinformation. On sent toutefois la difficulté de se dédire et la recherche de solutions qui sauvent la face. On a comme exemple un éditorial de l'un des plus respectables quotidiens français. Le Monde, dans son édition du 29 juillet dernier, donne le ton. On y décèle cette inquiétude devant l'image hideuse de cette rébellion qui    «concerne la France au premier chef» après qu'elle a «la première, reconnu et assuré la promotion du CNT».

Elle a en outre «poussé à l'intervention militaire». Ce qui la  «rend comptable… du comportement du CNT» et l'«implique dans l'avenir de la Libye».

 

A lire ces mots qui interpellent, parce que «mieux vaut le savoir et le dire» écrit l'éditorialiste, on sent la détresse devant la victoire annoncée de la réalité sur la duplicité d'une équipée colonialiste en pleine déconfiture. Etre «comptable du comportement du CNT», on se demande comment. Sauf recruter d'autres «révolutionnaires» mieux choisis, ce qui est un peu tard aujourd'hui, ou  faire le travail directement sans la médiation d'une structure fantoche.

  

Par Ahmed Halfaoui 


 

Tag(s) : #Maghreb et Moyen Orient

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