Partager l'article ! Centre dédié à l’enfance assistée d’El Biar. Au-delà du refuge, la tendresse et l’amour retrouvés: le 05. ...
le 05.02.12 | 01h00 Réagissez
Le centre pour enfance assistée d’El Biar offre plus qu’un refuge, un foyer à de nombreux enfants abandonnés, ou encore à ceux qui, pour une raison ou une autre, sont privés de la chaleur familiale.
Les 96 pensionnaires du centre sont en effet pris en charge par des mères «de substitution», des femmes qui ont choisi de les materner, de leur donner un peu de tendresse et de chaleur et essayer, autant qu’elles peuvent, de dessiner la joie et le sourire sur des visages qui dégagent déjà beaucoup de tristesse. «Le centre n’accueille pas uniquement des orphelins, mais également des enfants nés sous x, des victimes de divorces, ceux dont la mère est incarcérée et bien d’autres cas», a révélé la directrice du centre, Mme Fatma Zohra Kerradja. «Même si nous veillons à satisfaire tous leurs besoins et leur confort, ils sont toujours en manque d’amour et d’affection», a ajouté Mme Kerradja.
Une éducatrice spécialisée cite le drame de deux fillettes du centre dont le père a fait une dépression nerveuse en découvrant qu’il n’était pas leur géniteur. «Les deux fillettes ne sont pas parvenues à s’adapter à leur nouvelle vie, particulièrement la plus âgée qui, à huit ans, rêve de retrouver un jour la chaleur familiale», confie-t-elle. Une autre éducatrice et mère de substitution, qui s’affairait à donner à manger à «ses protégés», joue ce rôle depuis une trentaine d’années. Kheira, qui déclare avoir pris en charge plusieurs de ces enfants, fait part de son immense bonheur de les revoir adultes, à l’occasion des visites dont ils la gratifient.
«Je les considère comme mes propres enfants», a insisté Kheira, qui a à sa charge huit bambins, à l’instar des autres éducatrices. Samia, âgée de 44 ans, a rejoint le centre alors qu’elle avait à peine 19 ans. En dépit de son jeune âge et de son manque d’expérience, elle a pu s’intégrer et s’acquitter avec mérite de cette tâche. Victimes d’un destin cruel et trop jeunes pour comprendre les aléas de la vie, la majorité des enfants rencontrés au centre semblent fuir par leur timidité le regard austère et parfois même réprobateur de la société.
Certains se sont toutefois exprimés avec cette ingénuité enfantine, comme Dounia (7 ans) qui dit «se plaire au centre et trouver en la directrice une deuxième maman, sans renoncer néanmoins à l’espoir de voir sa véritable mère venir la chercher un jour». Victime d’un divorce, Selma dont le père s’est remarié, a été placée au centre par sa mère, incapable de subvenir à ses besoins. La dure réalité n’a pas altéré son rêve d’enfant de devenir médecin. Dassin et Mick, deux enfants nigérians âgés respectivement de 7 et 5 ans, ont intégré le centre le temps de la libération de leur mère emprisonnée.
Une autre histoire marquante, celle de Meriem qui travaille au centre depuis près de 6 ans et qui, face à l’attachement que lui montrait le petit Nawfel n’a pas hésité à l’adopter. Si Meriem, déjà maman, a adopté Nawfel, d’autres recourent à cette démarche parce qu’elles sont privées des joies de la maternité, à l’instar de Salima, médecin de son état et qui a adopté des jumeaux. Aussi grand que peut être le bonheur que procure cette noble mission à laquelle elle se vouent, ces mères de substitution sont parfois confrontées à des situations pour le moins pénibles, tels les moments de séparation le soir venu, ou encore à la vue des enfants s’accrocher désespérément aux âmes charitables venues leur rendre visite.
L'auteure de l'article est une journaliste d'El Watan. Livrez nous votre version. Elle sera publiée et transmise.