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le 29.09.12 | 

 

La contribution, pertinente à plus d’un titre, du professeur Nasser Djidjelli, m’a encouragé  à intervenir - modestement, n’étant ni philosophe et encore moins critique littéraire - sur le débat qui oppose les anti-Camus et le philosophe français Michel Onfray.

De manière mesurée et sans tomber dans la cécité idéologique caractéristique des militants de la pensée unique de triste mémoire - mais qui demeurent actifs sous tous les cieux, y compris en Algérie - notre professeur a vertement tancé le philosophe français. Il débusque «la mauvaise foi et l’absence d’objectivité avec lesquelles Onfray prend la défense de Camus», allant même à «s’interroger sur les véritables raisons d’une telle attitude». Tout est dit quant à la manipulation faite de l’héritage intellectuel de Camus par ses thuriféraires. «Qui trop embrasse mal étreint», dit l’adage populaire. Onfray a trouvé en Camus le prétexte pour régler ses comptes avec les partisans de l’existentialisme dont Jean-Paul Sartre est le pionnier.

Dans son interview à El Watan, il a commis une faute impardonnable pour un philosophe. Il a touché à la dignité d’un peuple et au sacro-saint devoir patriotique que la révolution française de 1789 a pourtant sanctifié en délogeant l’absolutisme royal de son piédestal. Toutefois, une question s’impose : est-ce que les Camusiens intégristes par opportunisme (il existe des Camusiens modérés et réalistes) sont les seuls à brandir le nom de l’écrivain à des fins autres que littéraires - à l’instar de Michel Onfrey ? Sûrement pas. Sur l’autre versant de ce conflit d’idées, le Nobel de littérature 1957 constitue une belle proie pour d’autres fanatiques afin de faire avancer des idées politiques qui servent à maquiller l’histoire du pays.

En effet, les prises de position reprochées à Albert Camus autour de la nation algérienne de la lutte armée pour l’indépendance ne diffèrent en rien de celles  revendiquées publiquement par des personnalités prestigieuses du mouvement national. Dans la logique des détenteurs du label  du patriotisme, ces personnalités doivent être destinataires du même sort - l’accusation d’antipatriotisme - réservé au célèbre écrivain. Et dire que des fanatiques de la pensée unique sont allés jusqu’à se fourvoyer dans  cette excommunication, leur sport favori!


Les reproches  à Camus


D’abord sur la lutte armée pour l’indépendance. Que Camus ne se soit pas affiché avec enthousiasme pour la lutte armée contre le colonisateur est une réalité. Peut-on exiger d’un écrivain humaniste ayant «une vision puérile des réalités historiques de l’Algérie» (Pr Djidjelli) d’afficher un engagement militant à la hauteur d’un Didouche Mourad ou d’un Mohamed Belouizdad ? Camus rejetait la violence d’où qu’elle vienne, c’est peut-être une erreur ; encore qu’il rêvait d’une Algérie plurielle avec un statut particulier à l’instar des assimilationnistes de souche musulmane, mais que l’on ne saurait accuser d’antipatriotisme. Une idée que les Algériens rejetaient à l’époque.

Mais cinquante après l’indépendance, cette idée d’Algérie plurielle prend forme, puisque de nos jours, des centaines de milliers d’Algériens (et la saignée continue de plus belle, jusqu’à quand ?) traversent la Méditerranée pour adopter la binationalité et faire allégeance au drapeau français. La majorité appartient à l’élite du pays – universitaires, médecins, ingénieurs et autres cadres de talents. Certains d’entre eux sont d’authentiques anciens moudjahidine ou fils et filles de chouhada, pour ne pas dire plus. Ses détracteurs peuvent-ils cacher ou gommer ses idées progressistes ? En toute conscience, Camus les a transcrites en noir et blanc. Nous citerons sa dénonciation des massacres du 8 Mai 1945 en tant qu’envoyé spécial - sur sa demande expresse - du journal Combat. Ce sont ses articles qui ont alerté l’opinion internationale. Par la suite, au début des années 1950, en qualité de journaliste à Alger Républicain en reportage en Kabylie, il a donné à voir et à ressentir la misère imposée aux populations «indigènes».

En 1936, il a été l’une des rares personnalités à avoir défendu cheikh El Okbi accusé d’avoir participé au meurtre du mufti d’Alger alors que des personnalités musulmanes se muraient dans le silence. Il est aussi connu pour sa lutte contre la torture et la peine de mort à l’encontre des militants du FLN historique, comme l’a rappelé si justement le Pr N. Djidjelli. Ne reconnaissant pas la réalité d’une nation algérienne, Camus ne fait que reprendre une thèse défendue en son temps par Ferhat Abbas, un homme qui l’a marqué politiquement (pendant les années 1930) et des militants du PCA, musulmans de souche. Cette idée a évolué avec le temps, et personne aujourd’hui ne peut retirer au pharmacien de Sétif et aux communistes algériens la reconnaissance méritée du peuple pour leur apport à la lutte anticoloniale.Dans leur haine aveugle de Camus, ses détracteurs tentent de cacher des vérités historiques qui nous apprennent que seule une poignée de jeunes militants - parmi les plus politisés, anciens de l’OS - ont osé planifier et lancer la grandiose épopée de la lutte armée.

Grâce soit rendue aux 22 historiques et au groupe des Six qui ont coordonné le mouvement. Au même moment, le PPA-MTLD en ses deux fractions - les légalistes de Messali et les Centralistes (dont Benkhedda, Yazid, Mehri) - l’UDMA de Ferhat Abbas, le Parti communiste algérien et les oulémas de Cheikh El Ibrahimi, Larbi Tebessi étaient loin de souscrire à cet élan révolutionnaire. Aucun d’entre eux n’a soutenu ouvertement l’Appel du 1er Novembre à son lancement. Dans leurs déclarations publiques, aucun d’entre eux n’a soutenu les premiers attentats de la Toussaint. Ces partis respectables et patriotes n’ont rejoint le FLN historique et le combat libérateur qu’en 1956 après l’inlassable travail de fond réalisé par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi. Mais l’histoire retiendra qu’ils ont participé avec cœur à la lutte pour l’indépendance.

A l’exception des messalistes, dont le cas pose encore problème. Ces derniers sont-ils pour autant dépourvus du sentiment patriotique ? Un rapport établi par le Congrès de la Soummam en 1956 nous donne une idée précise du nombre d’Algériens qui ont répondu à l’appel de la patrie. Sur une population de 9 millions de musulmans, seule une infime minorité a pris le chemin du maquis ou de la clandestinité. Au 1er Novembre 1954, ils étaient 1010 combattants face à des dizaines de milliers de soldats français. Deux ans après le déclenchement la guerre de Libération, en 1956,  le nombre a augmenté pour atteindre les 8000 moudjahidine. Nous l’avons vu que la tiédeur des idées pour la lutte armée et l’indépendance peuvent se muer en ferveur. Chez tout patriote doté du sens critique,  d’intelligence et de courage, la mentalité est sujette à évolution positive.

Camus est mort en 1960. Qui dit qu’il n’aurait pas évolué lui aussi et rejoint Sartre et ses amis dans l’Appel des 120 et manifester avec eux à Paris contre l’oppression coloniale ? Avant de mourir, Sartre avait évoqué cette possibilité en rendant hommage au défunt. La liste est longue des écrits d’Albert Camus qui viennent tempérer un tant soit peu la fameuse phrase : «Entre ma mère et la justice, je choisis ma mère.» Il faudrait chercher à connaître sa version qui existe dans une intervention télévisée donnée de son vivant. Il a replacé cette phrase dans son vrai contexte, une suite d’idées qu’il avait développées. Ses détracteurs se sont contentés de ce morceau décontextualisé, pour tenter de  le démolir.  Cette phrase justifie-t-elle la vaine tentative - vaine au regard de l’histoire - pour le classer dans le camp des ultras de l’Algérie française ;  lui qui a souffert de leur haine ?  En 1956, à Alger, lors d’une conférence de presse publique destinée à lancer son appel pour une paix civile, Camus a été la cible de violences verbales de la part de ces mêmes  intégristes.

A Paris, il avait essuyé les sarcasmes des intellectuels parisiens jaloux de son statut d’auteur à succès et auréolé du Nobel de littérature. Des quolibets lui sont adressés dans la presse acquise au colonialisme. Ils lui reprochaient ses origines modestes, lui le fils d’une famille pauvre, tôt orphelin de père avec une mère sourde et muette pour laquelle il vouait un amour profond. Devant ce déferlement de haine intégriste des ultras de l’Algérie française,  il avait pensé au suicide. C’est dire la fragilité émotionnelle de l’écrivain. Au lieu de focaliser uniquement sur ce choix cornélien, la mère ou la justice, il serait judicieux de connaître son appréciation du personnel politique du FLN de l’époque. Pourquoi ses détracteurs n’ont-ils pas rapporté son témoignage délivré vers les années 1957/58 concernant les orientations idéologiques du FLN historique qui étaient loin d’être homogènes. Un témoignage édifiant !


Camus et l’Algérie


Dans sa contribution, le Pr Djidjelli a eu la bonne idée de reprendre des déclarations concernant Albert Camus. Il a cité Kateb Yacine et Edward Saïd qui n’ont pas été tendres avec l’écrivain. Dommage que d’autres témoignages de personnes illustres soient oubliés. En voici quelques-uns.
Dans une émission radiophonique, Mohamed Dib disait : «L’œuvre de Camus a toutes les caractéristiques des œuvres algériennes. Camus est un écrivain algérien.»

Dans ses Carnets -Paris 1955/56, le poète et militant nationaliste Jean Sénac dit Omar El Wahrani témoigne : «Après une longue discussion que j’ai eue avec lui, Camus accepte de rentrer publiquement et de façon précise dans le combat algérien en manifestant sa solidarité avec Ferhat Abbas. Joie la plus noble de ma vie !» En mai 2012, sur un plateau d’une chaîne de télévision française, Malek Chebel rendait un hommage appuyé à Albert Camus.Dans l’une de ses correspondance avec Camus, suite à son reportage sur la misère en Kabylie, Mouloud Feraoun écrit : «A cette époque, nous avions conscience de notre condition de vaincus et d’humiliés.

Lorsque vous vous en êtes rendu compte, vous, Albert Camus, le cri pathétique que vous avez poussé et qui vous honore à jamais n’a pas été entendu. Non seulement on a rien voulu entendre, mais on vous a chassé du pays qui est le vôtre, parce que vous étiez devenu dangereux. Plus dangereux que les vaincus.» Ses écrits démontrent le contraire de ce qu’affirment ses détracteurs. La place de son pays natal dans l’éveil à sa vocation, il la confirme dans un écrit datant de 1956 :  

«L’Algérie est pour moi la terre du bonheur, de l’énergie et de la création. Je n’ai jamais rien écrit qui ne se rattache de près ou de loin à la terre où je suis né. En Algérie, il y a la beauté et les humiliés. Quelle que soient les difficultés de l’entreprise, je voudrais n’être jamais infidèle ni à l’une ni aux autres.»

Dns un article paru en mai 1945, dans le journal anticolonialiste Combat, l’enfant de Belcourt dénonce : «Il convient d’abord de rappeler aux Français que l’Algérie existe. Je veux dire par là qu’elle existe en dehors de la France. Le peuple algérien n’est pas cette foule anonyme et misérable où l’Occident ne voit rien à respecter ou à défendre. Il s’agit au contraire d’un peuple de grandes traditions et dont les vertus sont parmi les premières.» A-t-on le droit d’affirmer que Camus n’aimait pas l’Algérie ? Pour paraphraser Sacha Guitry, on doit dire qu’il n’y pas de patriotisme de la salive mais seulement des preuves tangibles de patriotisme. En cette période cruciale dans la vie des deux peuples, algérien et français, il y a lieu de penser à la paix des mémoires.

Cela passe évidemment par une position courageuse de l’Etat français pour reconnaître les crimes commis par la colonisation avant de déboucher sur une réconciliation apaisée par le biais de l’interculturalité. Camus et bien d’autres natifs d’Algérie de souche européenne ou musulmans nés et/ou résidant en France constituent des vecteurs tout indiqués pour pacifier les mémoires et construire cette réconciliation. Pour plus d’objectivité, il nous faut revisiter avec un regard neuf l’œuvre et le parcours intellectuel d’Albert Camus, et ce, à la lumière de ce qu’a vécu notre pays depuis 1962. N’en déplaise aux fanatiques des deux bords, le prix Nobel de littérature 1957 mérite d’être partagé entre les deux pays chers à Albert Camus.

Ahmed Tessa. Pédagogue
 
 
Vos réactions 11

Qibu   le 29.09.12 | 12h51

Non ce n'est pas terminé

Je me disais que le roman c’est tout sauf du didactisme prétentieux, mais nous on y échappe pas. On ne peut rien lire qui nous sorte de la culture réactive. A-t-on un Dali et sa paranoïa critique un canard enchainé, ou même un Michel Onfray qui méritât qu’on le trucide juste parce qu’il a blasphémé ? Vous avez vu le style châtié, j’aurais dit châtré, de nos écrivains ? On disait à une certaine époque qu’ on pouvait se battre contre Bigeard et Massu mais contre Descartes ou Voltaire. On a eu Bigeard mais Voltaire et Descartes nous ont eus.
Je me disais au fond de ma parano : Putain ! Pourquoi dans cette noria fielleuse il ne se trouve aucun intellectuel qui sorte de son godet pour crier même à tort : « non, Onfray et Camus ne sont pas ceux que vous nous décrivez ». Que puis-je faire ya boureb avec mes pseudos dondaine avec mes pseudos ? Donnez-moi donc un nom et une profession qui chient aux yeux, genre Professeur Shkoupisky , Procto-Ophtalmologiste, CHU de Guezgata pour passer dans « Contribution » et je me fais damner pour racheter vos âmes. Ayant déjà versé ce que j’ai pu à la polémique je ne devrais avoir à rajouter, mais comme vous ne pouviez pas rester tranquilles vous m’avez sorti de l’abysse profonde où vous me faisiez désespérer. Mais comme je ne suis ni idolâtre ni maso, je ne vous dirais pas ici toute l’admiration que je voue aux pédagogues aux linguistes et au psys. Et je ne parle pas des risques que j’ai pris à circonlocutionner à travers « leur butin de guerre » sans licence de langage, avec ma comorbidité multiple : une allergie syntaxique, une néologite chronique et une orthographobie. Et pour couronner le tout, n’ayant jamais acquis de technique d’écriture je ne suis pas un textostéroné de l’écrit.
Mais bon, on est des algériens kamim !

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h31

voila c'est terminé!

Ah, non de Dieu si j’étais capable d’écrire et si j’avais de l’imagination, comme il a dit lui. J’écrirais un livre complètement déjanté anhistorique sur l’Algérie et je n’y mettrai aucun algérien. Ih, si vous aimez ldzayer, vous n’aurez qu’à faire des hargas à l’envers. Ou de rentrer par effraction dans mon roman.
Ou si, j’y mettrai des algériens, pour leur en faire baver, mais comme l’écrivait Fanon dans" les damnés de la terre ». J’y figurerai un algérien qui a chassé un colon de « son panorama » et qui s’est « vautré a sa place » pour faire des misères à ses compatriotes et qui boit de l’anisette à la terrasse de son bar jadis ta3 lkouloun et qui donne des ordres à des compatriotes qui triment et en chient. Tandis que des hordes d’envieux rêvent de l’imiter. Et ouais et ouais, l’histoire ne fait que recommencer.
Pardon, Da Cha3vane, ne me regarde pas comme ça, ow !

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h29

.......

Pour revenir à Onfray, il faut vraiment avoir l’orgueil mas placé pour chercher à lui répondre. Nous ne sommes que des victimes collatérales de son raid anti sartrien. On pourrait à peine lui reprocher de ne pas nous avoir mis au centre de ses préoccupations philosophiques et de n’avoir parlé de nous qu’accessoirement. Lui au moins il n’a fait que nous snober, alors que, grâce à nos grands dévots de la pensée unique apôtres du ma3zaïsme woualaw taret, c’est la planète tout entière qui nous hait. Tandis que Camus lui-même n’est qu’un prétexte et les aspects coloniaux secondaires. Et si vous voulez savoir, ya les élites autoproclamées intellos tiers-mondistes snobinards de pacotille, c’est à la gauche française boboïsante, qui se gargarise au sartrisme, qu’il s’en prend et pas à vous. N’étant pas philosophe, b3id echar a3liya, ni encore moins littéreux, je n'ai pas vu entre la philosophie de Sartre où l’homme erre dans un néant et le concept d’étrangeté cher à Camus où l’homme est étranger au monde, y compris à lui-même, une grande opposition. D’ailleurs ma belle-mère, authentique ancienne fausse moudjahida, je vous le rappelle, qui est une sartrienne et une existentialiste zizilhoucienne invétérée admet, parfois seulement, au plus fort de ses extases onanistes, que la philosophie camusienne de l’absurde n’est autre que de l’existentialisme sartrien ramolli pour ménagères frustrées - Elle, dit mal b… quand elle est vénère. Bien sûr, comme je suis un grand timide, je n’ai pas poussé jusqu'à chercher dans les poils de la raie de l’univers philosophique toutes les nuances et les dégradés, car à l’époque je ne vous connaissais pas et je n’avais aucune envie de me pourrir la vie avec des lectures qui m’en dégouteraient. Mais si j’avais su que vous alliez vous en charger, je ne serais pas là à me venger.

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h27

"Amrouche, français de cœur et de sang"

Kheliwni d'abord nendeb.

Wahed l’intellectuel ? Pourtant ancien un révolutionnaire oukda a écrit, dans un journal dont je tairai le nom parce que ce n’est pas dans mon genre de faire de la délation et que comme c’est El Watan je n'ai pas envie de lui faire du tort, ces mots " Amrouche français de cœur et de ‘’ SANG". Wa3lech de sang ? Parce que sa mère Fadma Ath Mansour Amrouche était chrétienne ? Il est né en Kabylie et tous ses ascendants sont kabyles. Wa3lech de cœur ? Il n’a écrit quasiment que sur la Kabylie. Et c’est lui qui disait « je peux faire tout en français, sauf pleurer, je ne sais le faire qu’en kabyle ».
Pour sortir de votre kharyanisme vous n’hésitez pas à vous approprier le moindre de nos parias pourtant acculturé. Et c’est qui que vous choisissez pour montrer votre non violence ? Hein c’est qui ? Ihemala dites nous pourquoi en guise de circonstances atténuant votre arabo-islamisme vous n’hésitez pas à invoquer la kharyano-berberocité de Saint Augustin, ce fils de Rome et grande muse de l’inquisition ? Dites-moi trane wa3lech ? « En effet, que trouve-t-on à blâmer dans la guerre ? Est-ce parce qu'on y tue des hommes qui doivent mourir un jour, pour en soumettre qui doivent ensuite vivre en paix? Faire à la guerre de semblables reproches serait le propre d'hommes pusillanimes, non point d'hommes religieux." Ce n’est pas de Goering qui ne sort son flingue que lorsqu’il entend parler de culture, c’est de Saint Augustin, votre compatriote la3ziz. Des fois je me dis que c’est pour nous faire braire que djabtouna l’indépendance.
Alors pourquoi cette acharnement sur Camus ? Vous croyez que si jean Amrouche vous lisait là, il ne dirait pas : « entre vos qamum ga3 kima rakoum et ma mère, ya pas photo, je choisirai ma mère la3ziza?

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h23

Il n'y pas que les érudits et les pédago

Trop francophone à leur gout, comme Feraoun et d’autres : des harkis pour elwihda el watania et à notre arabo-islamité. Leurs disciples ont flingué Djaout après sa mort. Ce qui m’autorise une transition vers Onfray qui avec une condescendance méprisante égratigne nos intellos qui seraient au service de l’idéologie officielle. « Dire que Camus a dit «oui à l’ordre colonial» est une ineptie, une bêtise, une contrevérité que la pure et simple lecture de son œuvre complète dément... Il faut que ces gens cessent de croire le catéchisme rabâché sur Camus et lisent son œuvre s’ils veulent la juger... » .
Moi aussi j’ai le déshonneur de ne pas être mort au champ d’honneur, mais je ne m’en sens pas frustré.
Et pour enfoncer le clou et solder le reste de sa bile, Onfray la crache comme une refda ta3 chemma devenue inactive dans la bouche d’un chemmiste. « Je ne suis pas bien sûr que cette servitude contemporaine montre que le demi-siècle écoulé ait été employé à bon escient en matière de promotion de l’exercice critique et de l’intelligence ». Ouille ouille ouille ! Pour recopier ces mots j’ai dû réprimer un orgasme.
Woulah ya Si !


Ontar nous, ontar nous kane, ceci n’est pas totalement vrai, car la moitié seulement de nos intellos se nourrit de l’idéologie officielle quand il s’agit de ce qui a trait à la France coloniale. L’autre est prisonnière de sa société totalitaire arc-boutée sur ses archaïsmes. Onfray n’a nullement offensé les algériens dont il dit : « Pour ma part, j’ai vu dans la rue d’Alger des gens francophiles et francophones qui m’arrêtaient dans la rue et avec lesquels j‘ai pu parler librement. Auprès de ce petit peuple que j’ai aimé immédiatement, je n’ai pas retrouvé le langage de la classe dominante au pouvoir ou le ton de vos imprécations contre Camus. Bien au contraire ! »
Et vlan pour les qamums de nos intellos ! Chah fikoum ya les snobinards aliénés à la culture dominante et à l’arabo-islamofièrisme. On s’occupera des brobroïstes plus tard, ce n’est pas le sujet ici. Un nanogramme d’autocritique vous tuerait.
Je me sens flatté, pour le coup je vais boire une bière.
Sartre était totalitaire et a chassé Camus, meskine, de la philosophie, Wagner était hitlérien, Aragon stalinien, Nietzche a inspiré le nazisme, Heidegger un facho, et entouma ? Entouma vous êtes beaux ! Et si on leur disait que ces Messieurs étaient des grands maitres dans leurs disciplines, on est des harkis et des wled Jules Ferry. Ya thakhna, ya takhna !

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h20

On ne lit pas qu'avec vos yeux

Il faut tout d’abord rappeler que je ne suis ni un harki ni un révolutionnaire ni un traitre ni un héros, bien au contraire, et que je pense qu’il n’y avait pas d’autres réponses au colonialisme que la guerre et que, malgré cette évidence, elle ne fut pour les algériens qu’un ultime recours après bien des sollicitudes. Cette guerre et l’indépendance étaient censées nous guérir de tout ressentiment, mais apparemment il y a un lézard. Je n’en veux pour témoignage que ces mots célèbres de Ferhat Abbas qui a fini, la mort dans l’âme, par rejoindre les révolutionnaires et qui fut premier président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). « Si j'avais découvert la ”nation algérienne”, je serais nationaliste et je n'en rougirais pas comme d'un crime. Les hommes morts pour l'idéal national sont journellement honorés et respectés. Ma vie ne vaut pas plus que la leur. Et cependant, je ne ferai pas ce sacrifice. L'ALGERIE EN TANT QUE PATRIE EST UN MYTHE. Je ne l'ai pas découverte. J'ai interrogé l'histoire ; j'ai interrogé les morts et les vivants ; j'ai visité les cimetières, personne ne m'en a parlé. »
Et concernant les mots de Camus que d’aucuns de par chez nous considèrent comme le clou de sa philosophie « entre la justice et ma mère, je choisis ma mère », Quelle abomination ! Certains d’entre nous ont fini par admettre que ce n'est qu'une "phrase malheureuse" ou une "connerie" comme l’avouent certains de ses amis. Yakhi eldjenatou tahta aqdam el oumahate, non ? Alors wa3lech les lui broutez-vous avec vos reproches .Wa hel taraw ipitite que c’est œdipien ? Vous vous êtes inattaquable yek ? Et hadek « Ma3ek ya Falastine DHALEM oula madhloum » ? Matchi kifkif, yek ? Un proverbe kabyle ne dit-il pas : assa3dik avava ketch wlach wa kyewthène = Tmenyek ya baba ou zid, enta wahed ma idharbek.

Je considère pour ma part que Camus est un produit de la société coloniale où « arabes » et pieds-noirs vivaient ensemble mais parallèlement et où l’arabe est hanté par le rêve d’ « expulser le colon de son panorama », Il n’y pas à s’étonner des positions qu’occupent les arabes dans les romans de Camus, c’est le contraire qui eut été surprenant. Wech, vous voulez que dans « l’étranger » Meursault invite l’arabe à boire l’apéro chez lui ou quoi ? Je dirais que les romans de Camus sont d’un frappant réalisme et d’une cinglante topicité. Nonobstant qu’ils illustrent allégrement sa philosophie de l’absurde.

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h17

..../....

Ça a commencé dès l’aube à l’heure où blanchi la campagne. Je me suis d’abord trompé de pied gauche pour me réveiller et ça m'a foutu en rogne. Ensuite, en arrivant au bord d’Oued-lakhra pour prendre la barge qui allait me faire traverser pour venir ici sans me salir, elle n’était pas là. J’ai dû rentrer à la maison chausser mes bottes pour traverser à pied. Et pour prendre ma mikhrayeuse au cas où les snipers du temple sortiraient de leurs terriers. Mais rassurez vous, Monsieur le Modéro, en passant par l’arabe du coin- Vous voyez, je ne suis pas Camus, moi je mets des arabes dans mes écrits- J’ai acheté une bombe fly-tox et un after-Mayloz, parce que vous le valez bien et que je sais que je ne manquerai pas d’attirer les mouches. Pourtant, woulah que j’ai pris mes précautions, vu que j’étais vénère, je ne pouvais pas m’offrir le luxe de les laisser me mettre en colère. Ça n’a pas raté, ya boureb !
Et c’est donc comme une mouche sur une vitre que j’ai percuté cet article auquel on me demande de réagir à chaud mais en pondérant mes instincts et en rentrant mes griffes. Je ne peux pas Messieurs, je ne peux pas. Ana thani maneqra’a illa bedjnouni ! Et je vous épargne un lapsus avec le « q » de neqra’a. Voila pourquoi, faute d’esprit, je m’écharpe les burnes pour aligner quelques mots sans esprit ni aucun style. Ce salaud de Balzac m’a fait renoncer à l’écriture qui vous fait vous faussement modestes et moi complexé. C’est donc sans gène que je passe par les égouts pour écrire et pour réagir ici. Je dirais les mots comme ils viennent par fragments comme Nietzsche, ou par spasmes plutôt, en haletant. Merde à la méthodologie. Au diable thèse antithèse et synthèse et la règle des trois unités.

Wama ba3d.

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h16

......

J’ai assez lu au sujet de Camus et Onfray ces derniers temps pour que tout ce qui a trait à eux me sorte par les narines Le sujet de la violence étant par ailleurs épuisé et ce n’est pas sur ce thème qu’il eut fallu faire à Onfray un procès. Lui qui pense que le sport est déjà une torture, une violence contre soit. On ne va pas lui dire, qu’en la matière, la France est plus médaillée que nous et que les champions du monde c’est eux. Et puis, je ne suis pas suffisamment méchant pour lui rappeler toutes leur Saintes Barthélémy de leur histoire et ces mots de leur plus grand historien : Yves Duteil :
« La glorieuse histoire de France
Est truffée d'assassinats,
De massacres et de violences
Et autres coups d'état.
Après tout, quand on y pense,
Bonaparte et Attila
Ont plus d'morts sur la conscience
Que Landru et Borgia. »
Mais avec toutes les gentillesses que Monsieur Maschino a versées à sa décharge il y a déjà de quoi l’acquitter.
Sauf que je viens d’apprendre que c’est un sioniste. Dans ce cas, nous les algériens, nous sommes les premiers concernés, car plus arabes que les arabes, et plus palestiniens que les palestiniens. Lapidons-le, ici et maintenant.


Allez savoir pourquoi, quand je lis certains de mes compatriotes, ils me donnent envie de penser de travers, sans que je puisse réprimer un braiement. Ils n’écrivent que pour forcer les convictions, alors qu’il s’agit de faire réfléchir. Je suis mal luné, ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit à la lecture de cet article.
Je suis dans un brouillard cornélien dantesque, ya boureb ! Il me faut choisir entre l’analyse et le sentiment. Pour l’analyse je ne suis pas compétent, mais je suis un sentimental, c’est tout moi.

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h15

.......

Je vous jure, que quand je vous lis c’est une lettre d’amour que j’ai envie d’écrire à Onfray et à Camus. Sauf que pour Camus je ne suis pas nécrophile et Onfray n’est pas mon genre. Avec sa philosophie Taïwan pour abrutis il ne m’a jamais séduit. Je n’aurai donc jamais la chance de connaitre la rage des amoureux déçus. Il n’y pas un seul intellectuel pour prendre le contrepied pour l’antithèse ou la pour le plaisir de vous contredire ya Sidi. Tous derrière l’imam, nous sommes offensés.
C’est comme si vous ne prêchez qu’à des convertis. J’ai une envie irrépressible de commettre l’irréparable. Vous avez réactivé en moi le démon du satyre que j’avé chopé dans ma jeunesse. Il faut que je me défoule sur quelque chose pour compenser ; Woulah que vais vous dézinguer votre « butin de guerre », pour me sustenter. Pourtant avec l’âge j’en étais guéri. Sauf quand certains comme vous le réactive. J’étais tranquille ya boureb car j’étais intellectuellement andropausé, mais voila, à cause de ce que je lis, j’ai des bouffées de chaleur ; j’ai donc posé mon clavier par terre et je vous écris en faisant le poirier pour amener du sang au cerveau.
Basta ya Sidi, cessez de forcer nos enfants à ne regarder le monde qu’à travers les prismes du colonialisme. Tab djnankoum, comme il a dit lui. Let them free, lâchez-leur la grappe. Laissez –les voir le monde avec leurs propres yeux ! Vous gagnez quoi à leur faire porter vos propres stigmates ? 50 ans barakat. Barakat non de Dieu, qui que vous soyez : français oula algérien oula arbitre ga3 ! Matla3bouhalnach à chaque fois sur les sentiments. La guerre est finie bessah vous vous avez gardé des chiots à l’intention de Fafa. A cause de vous j’ai du lire l’étranger deux fois : une fois comme vous en faisant le nègre et en écrivant sur chaque page le réquisitoire que je réservais à Meursault que Camus avait épargné ; c’était pendant mon adolescence. La deuxième fois, ce fut après avoir liquidé mon œdipe nationalo-anticolonialiste. J’ai relu « l’étranger » libre de tout atavisme, demyati : j’ai tout inversé, Meursault à la place de l’arabe, l’arabe à la place de Meursault, et j’ai exclu la société coloniale du roman pour y inviter la tribu de Guezgata s’offusquer de se voir complice d’un simulacre de procès où on doute de l’innocence du coupable. Quelle foire ! C’est là que j’ai compris Camus : Koulchi tmenyik !

 

Qibu   le 29.09.12 | 12h13

...

Quelques instants plus tard, du coté de Notre Dame de Lorette, une charmante Dame m’interpela: " tu viens chéri", me dit-elle ? J’y suis allé. Ça manquait de tendresse et de romantisme, mais ça m’a déniaisé. Depuis, je suis attendri par la moindre des sollicitudes, même quand elle me gratouille l’écorchure ou qu’elle remue le couteau dans la raie : ana djnouni c’est vous. Oui, vous qui radinez dès qu’une inadvertance malencontreuse ou une glissade rhétorique fait parler de vous. Un rien vous fait sortir de vos cantonnements. A la moindre ripade vous êtes outragés. Ca m’énerve, ça m’énerve!


Encore qu’on essuyât les salves et les tirs de sommation des commandos de l’avant-garde, passe, mais qu’on se fasse canarder par les tirailleurs retardés, non, non, et non ! Nous ne sommes pas des canards sauvages. Nous aussi, nous avions été à l’école de Pavlov, et comme vous elle nous a forgé des atavismes et des reflexes conditionnés. Nous sommes réfractaires à tout reconditionnement! Merde à Skinner, son conditionnement opérant !
J’avais déjà envoyé mes gratitudes à ce sujet mais je ne crois pas qu’on ait daigné les insérer. Et comme vous êtes rédhibitoires à tout amendement et que de toute façon la soupe est froide je vous la ressers telle quelle, sans réaménagement.
Wa si l’modéro, je n’écris pas pour les archives oula pour la notoriété, mais pour être lu. De préférence à chaud. Yakhi cheft, même dans l’anonymat j’ai pris un faux pseudo. Ihi khelini kane n’retartini ! Alors s’il vous plait, rimiti tout, même si c’est trop. Pour la gueule de bois je fourni les cachets. Et des antiémétiques, pour ceux d’en face oui ! A3lakhatar c’est nous qui buvons et ce sont eux qui ont la nausée.

Tag(s) : #Vie Culturelle

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