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Le 3 juin le monde célébre la journée de la Liberté de la presse. C'est pour sa liberté d'écrire que Abdelhai a bu sa cigûe, lui dont ne parle presque jamis.

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Abdelhai

 

1

                                                                  Abdelhai est mort

Il n’écrira plus

Il ne peindra plus

Nous n’entendrons plus

que le silence

froid

de ses paroles scalpel.

 

Dis

 parle moi des nuages

toi qui n’a plus d’âge

Est-ce qu’on envoie des messages

De là où on ne revient plus ?

 

2

 

Gare boue scie

les jantes

De notre monde bleu

Et Graboussis engraissés

gribouilles grasses

gras- double crapuleux

à la panse repue

danse et joue

du karka’boue

sur la tombe du Juste

Gare aux bouts de scie….

 

3

 

Abdelhai est parti

il ne reviendra plus

il a rangé ses toiles aquarelles

ses pinceaux et ses feutres

ses fleurs

de papier rouge

et ses crayons ailés

pour une éternité

 

Dis

cela vaut-il la peine

Et d’écrire et de peindre

Lorsque tout un pays

Est en train de pourrir

De la tête

jusqu’ aux pieds.

 

4

 

Tous les Graboussis engraissent

Les gribouilles à l’échine courbeuse

Les juges et les magouilles

De leurs prisons bourbeuses

Et le Gars-boue- scie

crapuleux

Fait braire

sa grosse caisse

Sur la tombe du Juste.

 

5

 

Abdelhai

s’est tu

Il ne dira plus rien

Il est sorti

faire un tour

Lui

qui aime tout simplement

la vie

Pour boire le silence

Comme l’autre avale la ciguë

Face à sa vérité

Pour se taire à jamais.

 

Ecoute…

Il raconte aux enfants

des histoires de peintre

Peignant avec des mots

Qui volent de sa toile

 

Regarde

Il peint

tous nos mensonges

et nos lâches sermons

Nos courages ébréchés

Endormis à jamais

Vieilles lames souillées

Au musée des ancêtres.

 

6

 

Grabaudruche

Cigare ventriloque

Rires gros et gras

Des huiles interlopes

Gravelle le Bettou

Le Ministre parrain

Lave blanc les ordures

Et fusille les justes !

 

La foire est sans pareille

A la cour des miracles

Où les gnomes se terrent

se bousculent

pour traire d’indécentes affaires

Et abattre en public

Tayeb El Watani.

 

7

 

Abdelhai est entré dans un monde

Qui n’est plus de ce temps

Où l’accueille Boudiaf

La main toujours tendue

En fraternelle offrande

Attendant en silence

De Dieu seul

La sentence.

 

Si Mohamed Baghdadi

In Diwan Boudiaf, à paraître.

Tag(s) : #Vie Culturelle

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