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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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A Guelma, Kateb Yacine commence une seconde vie

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le 21.10.11 | 01h00 Réagissez

 

Ils viennent de France, de Belgique et même d’Autriche pour parler de lui. Du mardi 25 au vendredi 28, Guelma accueille le 3e Colloque international sur Kateb Yacine. Une façon d’ancrer la mémoire de l’enfant du pays dans sa terre ancestrale.

Hammam N’bails (Guelma).                                   

Ali Abassi. Commissaire du colloque : La pensée katébienne restera toujours une énigme


-Si Kateb Yacine écrivait toujours, en quelle langue écrirait-il ? En français ou en arabe ?

En 2011, Kateb continuerait, de temps à autre, à écrire en français, tout en usant de l’arabe dialectal, l’arabe populaire dont il se voulait un peu le chantre. Pour l’avoir bien côtoyé durant ma jeunesse, je ne l’ai jamais vu écrire en arabe même s’il en avait une très bonne maîtrise. N’oublions pas qu’il a fréquenté l’école coranique. Sa famille, issue de la tribu Kablouti, était réputée pour être plutôt conservatrice. Ses pensées, son idéologie, voire son mode de vie, et surtout le fait qu’il s’exprimait en français lui ont valu malheureusement d’être considéré comme un mécréant.

-Selon vous, l’ «être social» si cher à Kateb Yacine, a-t-il évolué dans l’Algérie de 2011 ?

Bien sûr qu’il a évolué. Il y a une évolution des figures et des convictions. J’aimerais bien rappeler que le système, tel qu’il a été élaboré en Algérie, a marginalisé Kateb Yacine. J’ai une petite révélation à vous faire dans ce sens-là : le président Boumediène appréciait beaucoup Kateb Yacine, mais il lui disait ceci : «Yacine, écris, mais ne parle pas.» Rien d’étonnant à ce que beaucoup de nos jeunes compatriotes le méconnaissent aujourd’hui. Je le répète, le système l’a marginalisé. Nous, Algériens, et plus particulièrement, nous, Guelmois, nous nous devons de réhabiliter l’homme dans tout l’universalisme qu’il soit littéraire ou théâtral qu’il professait. Aujourd’hui, beaucoup d’écrivains arabophones se reconnaissent en Kateb Yacine, même si ses œuvres littéraires ont surtout été écrites en français. Kateb Yacine se voulait, avant d’être «Arabe» ou autre chose, Algérien. L’être social, dans la pensée katébienne, bien que différent aujourd’hui, reste profondément ancré au cœur de cette pensée.

-Les nouveaux auteurs algériens, qu’ils soient arabophones ou francophones, ne devraient-ils pas «couper le cordon» avec lui ?

A mon avis, ils ne peuvent pas. La pensée katébienne restera toujours une énigme. D’ailleurs, il suffit de voir combien Nedjma a toujours constitué un problème d’interprétation auprès de différents auteurs. Kateb Yacine influencera toujours la nouvelle génération d’écrivains algériens, qu’ils soient arabophones ou francophones. La littérature moderne algérienne est ainsi. Le théâtre, lui, est perçu différemment, mais n’a plus cette verve qu’il avait avec Kateb, et je trouve ça vraiment dommage. Beaucoup veulent cependant copier le modèle théâtral de Kateb, mais ils ne nous offrent que des œuvres sans aucune similitude avec ce que nous voyions et apprécions avec la troupe de Kateb.

Noël Boussaha
 
 
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