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Par Dr B. Chachoua (*)
b.chachoua@hotmail.fr


Tout le milieu sportif est aujourd’hui offusqué et sonné par l’élimination de l’équipe nationale de football des qualifications pour la Coupe du monde de football 2018.
Ceci est la conséquence d’une mauvaise gestion de la période d’euphorie suite à deux qualifications successives. 
J’ai, dans une contribution parue dans le Soir d’Algérie du 17 octobre 2016, intitulée «Réflexion sur la participation algérienne aux JO de Rio», tenté d’instaurer un débat sur la descente aux enfers du sport algérien, avec, à l’appui, une analyse chiffrée et sans complaisance des résultats obtenus par le sport algérien aux différentes échéances auxquelles nous avons pris part sur pratiquement une décennie.
J’avais même fait certaines propositions pouvant sortir le sport algérien du marasme dans lequel il baigne et de sa léthargie.
Il y a en Algérie suffisamment de patriotes (cadres et entraîneurs) pouvant relever le défi pour peu qu’on leur fasse confiance.
Le milieu sportif est actuellement envahi par des opportunistes et des prédateurs faisant que lorsqu’une personne vient uniquement pour servir et non se servir, elle apparaît à leurs yeux comme suspecte.
Ils feront tout pour la pousser vers la sortie, avec souvent la complicité de «décideurs».
L’élimination de l’équipe nationale de football, de même que les résultats obtenus aux derniers championnats du monde d’athlétisme ne sont que la résultante de l’absence d’une politique sportive.
Pour ce qui est des derniers résultats de l’équipe nationale de football, il faut vraiment être malhonnête pour en faire porter la responsabilité au bureau fédéral actuel.
Le bon sens aurait voulu que pendant que notre équipe nationale était au sommet et vu que les clubs ne forment plus de joueurs performants, la manne financière récupérée et avec l’aide du ministère de tutelle aurait dû être investie dans des centres de formation, au moins régionaux.
Nous aurions eu aujourd’hui des dizaines de joueurs, pur produit de l’école algérienne.
Au lieu de cela, il a été «créé» un championnat professionnel à 32 clubs mettant ainsi pratiquement tous les clubs face à des difficultés financières insurmontables. 
Le moment est venu de faire une pause, avec une analyse sereine de la situation du sport algérien en général.
Des assises nationales du sport sous l’égide du ministère de la Jeunesse et des Sports sont une urgence, sans exclusion aucune.
Le rassemblement de toutes les compétences nationales est une nécessité.
Au cours de ces assises seront traités par ateliers :
- Sport algérien : état des lieux.
- Education physique et sportive.
- Sport de masse.
- Sport de performance.
- Sport professionnel.
- Infrastructures.
- Formation de cadres : cadres formateurs, cadres d’animation, cadres d’encadrement, cadres gestionnaires journalistes et reporters sportifs.
- Médecine du sport.
- Sport algérien : perspectives. 
Ces assises du sport pourront être couplées à des assises de la jeunesse car celles-ci ne peuvent être dissociées de celles du sport car elles s’adressent à une même frange de la population.
La pratique sportive doit faire partie du projet de société, car la santé physique ne peut être dissociée de la santé mentale.
Le sport doit être un facteur de rassemblement, les terrains des aires de convivialité et non pas de débordements et de violence.
Les aires de jeux sont aujourd’hui des lieux d’affrontement et de règlement de comptes entre les jeunes.
Des dirigeants de clubs huppés affirment en direct avoir acheté des rencontres sans que personne les rappelle à l’ordre.
Le ministère de la Jeunesse et des Sports doit s’impliquer pleinement dans la lutte contre tous les fléaux sociaux : violence, drogue et même échec scolaire 
Les maisons de jeunes doivent être ouvertes de 8h à 23h sans interruption, organisant des ateliers : musique, théâtre, sensibilisation contre les fléaux sociaux.
Elles doivent aider les enfants ayant des difficultés scolaires, à la récupération des exclus de l’école, en organisant des formations en informatique, en gestion, en comptabilité, etc.
Elles doivent être des lieux de convivialité pour apprendre aux jeunes «le vivre ensemble» en organisant par exemple des sorties de tourisme intérieur et pouvant même être d’utilité publique : exemple reboisement.
Le jeune, ne se sentant pas marginalisé, n’aimera que plus son pays.
En conclusion, des assises du sport et de la jeunesse sont une urgence, c’est le seul moyen pour ne pas connaître d’autres désillusions.
Un rassemblement de toutes les compétences nationales et une réconciliation dans la famille sportive est une nécessité et une urgence car de nouvelles échéances attendent le sport algérien : JO 2020, Jeux méditerranéens d’Oran 2021, Coupe du monde de football 2022 et nous sommes déjà en retard.
Pour terminer, je pourrais dire que si un bon examen est fait, un bon diagnostic sera fait et ne restera que la bonne thérapie.
Tahia El Djazaïr !
B. C.
(*) Spécialiste en ophtalmologie, ancien international de basket-ball, ancien président de la FABB

 

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