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le 21.08.17 | 12h00 Réagissez

On sait que les Al Saoud ont privatisé La Mecque, violant gravement l’un des cinq principes de l’islam. Avec le temps, ils en ont fait un instrument de chantage et de pression sur tous les musulmans de la planète.

La preuve vient d’être faite une nouvelle fois par les dirigeants de Riyad. On sait qu’ils ont créé de toutes pièces il y a de cela quelques semaines une crise avec le Qatar, leur complice d’hier dans le soutien et le financement du terrorisme et dans la création de Daech. Pointés du doigt par les Occidentaux, ils ont cherché à se refaire une virginité et ont cru trouver une parade en accusant les Qataris d’appuyer le terrorisme, entraînant dans leur aventure quelques monarchies et l’Egypte, un pays à la recherche désespérément de financements.
Après avoir rompu toutes ses relations avec Doha le 5 juin dernier et cherché à l’asphyxier économiquement, voilà que l’Arabie Saoudite veut faire croire qu’elle renoue avec la voie de Dieu en annonçant un assouplissement pour les Qataris désireux de faire le pèlerinage de La Mecque, un geste fait «à grands renforts de publicité», comme l’a souligné l’AFP.

L’émirat s’est contenté de «saluer la décision» des Saoudiens, sans plus. C’est qu’il avait des raisons de réagir froidement devant cette entourloupe saoudienne. Il s’avère en effet que Riyad a traité secrètement de cette histoire de hadj avec un cheikh, Abdallah Ben Ali Al Thani, un membre de la famille royale qatarie, mais qui n’appartient pas au premier cercle du pouvoir. D’ailleurs, Doha s’est empressée de préciser qu’il s’agit d’une «initiative personnelle». Effectivement, il avait rencontré successivement le prince hérité Mohamed Ben Salmane à Djeddah, puis le roi Salmane «en vacances» au Maroc.

En fin de compte, les Saoudiens se sont livrés à une nouvelle manœuvre pour espérer affaiblir et humilier le prince qatari dans son propre pays. Ce n’est pas la première fois que l’Arabie Saoudite utilise le chantage du pèlerinage dans ses relations avec le reste du monde musulman. Sa principale cible a été l’Iran depuis la chute du Shah qui, comme la famille saoudienne, était sous la protection du parapluie américain. Craignant le pire pour elle-même, elle s’était livrée à une campagne féroce contre les nouveaux maîtres de Téhéran, imposant notamment des conditions draconiennes à l’entrée des pèlerins iraniens à La Mecque. Depuis, la tension n’a pas baissé entre les deux capitales.

Au point qu’une révolte avait éclaté à La Mecque, attribuée par Riyad aux Iraniens et qui avait été matée par les gendarmes français envoyés en catastrophe sur place. Une opération vue par bon nombre de musulmans comme une violation de la Ville sainte par «les infidèles» parce qu'interdite d’accès à ces derniers.

L’arrogance des Saoudiens est telle qu’elle révolte souvent les musulmans. Au point que Mouammar El Gueddafi n’a pas hésité, dans les années 1980, à demander à ce que la gestion de La Mecque soit confiée à un organisme représentant tous les musulmans. Depuis, il était devenu l’ennemi n°1 des wahhabites.

 

L’épisode néfaste à l’égard du Qatar n’est qu’un parmi d’autres des Saoudiens qui, il ne faut pas l’oublier, sont les chefs d’orchestre du terrorisme islamiste et que s’ils ne sont pas encore jugés et condamnés par la communauté internationale, ils le doivent surtout à leur pétrole et leur pétrodollars qui font les beaux jours des banques occidentales.

Tayeb Belghiche

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