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 » A les en croire, la lucidité, ou le pouvoir de jugement, du président aurait été défaillant sur ce coup. Sans s’en rendre compte, ils attaquent, réduisent, un président qu’ils prétendent défendre, et qu’ils avaient déjà trahi, combattu farouchement en 2003-2004, quand on leur faisait miroiter à l’époque la victoire imminente du looser Ali Benflis. Bien sûr, le choix du président est particulièrement lucide, éclairé et judicieux. Tebboune est l’homme de la situation « .

Par Mohamed Abdoun :

Kundera est un auteur difficile. L’accès à son oeuvre nécessite moult efforts tant il est difficile de savoir avec exactitude quand est-ce qu’il ironise, balaie d’un trait de plume cette risible vie qui nous emprisonne et nous gêne aux entournures, et quand est-ce que ses accents tragiques se font sincères, en deviennent autant de sanglots qui, sans le moindre écho, vont se perdre dans les profondeurs abyssales de cette inaccessible éternité. Son livre  » L’immortalité  » a tenté de cerner cette quête, ce besoin, et comment, avec plus ou moins de succès, certains de nos prédécesseurs, y ont eu accès. Certains par la voie la plus facile, et la plus sûre aussi, celle du ridicule. Un de ses héros anonymes, dont je ne me souviens pas du nom, se demandant quelle vocation professionnelle il allait bien pouvoir embrasser, n’a pas eu longtemps à chercher lorsqu’en lisant un article relatant le crash d’un avion, faisait état de je ne sais combien de mort, dont un… journaliste. Ce dernier sort du lot. Rejoint, à sa manière, une (autre forme) d’immortalité. Quand ce n’est pas, aussi, de l’immoralité. Le formidable pouvoir entre les mains du journaliste peut en effet être utilisé à très mauvais escient. L’art de tromper l’opinion, de la mener en bateau est aussi vieux que le journalisme lui-même. Ici, pour ne pas être en reste, les  » feuilletons de l’été  » ont tendance à se suivre, sans jamais vraiment se ressembler. En une sorte de jeu de chaises musicales où celui qui perd gagne, l’autel des sacrifices, jamais, ne désemplit.

Cette fois-ci on tenté de faire passer à la trappe Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre. Ce faisant, on n’hésite pas à recourir aux stratagèmes les plus iniques et les plus immoraux qui soient. Il lui est reproché, en vrac, son trop plein de dynamisme, son entrée en guerre contre des oligarques qui ont saigné à blanc les finances publiques sans jamais avoir rien apporté à l’économie nationale, ses choix stratégiques en matière de commerce extérieur, à cause des quels on risque de manger moins de moutarde de Dijon et de Caprice des Dieux. Tout cela se déguste à une sauce piquante, dedans laquelle beaucoup d’ingrédients se bousculent, histoire de la rendre floue, plus épaisse qu’un brouillard à couper au couteau. Comment nager en eaux troubles sans cela ! Tebboune a dérangé tellement d’intérêts, a provoqué une telle panique chez les tenants de la mafia politico-financière, et leurs multiples complices et relais, qu’en l’attaquant, qu’en lui cherchant des poux sur la tête, on en arrive à développer des arguments oiseux, carrément surréalistes. A les en croire, la lucidité, ou le pouvoir de jugement, du président aurait été défaillant sur ce coup. Sans s’en rendre compte, ils attaquent, réduisent, un président qu’ils prétendent défendre, et qu’ils avaient déjà trahi, combattu farouchement en 2003- 2004, quand on leur faisait miroiter à l’époque la victoire imminente du looser Ali Benflis.

Bien sûr, le choix du président est particulièrement lucide, éclairé et judicieux. Tebboune est l’homme de la situation. Pour survivre, à les en croire, le Premier ministre doit peut-être laisser faire, fermer les yeux, faire comme si… Après tout, l’argent qu’ils prennent  » taâ el-baylek « . La fraude aux voitures  » montées  » ici est une preuve de l’imagination débordante de ceux qui n’en ont jamais assez. L’appétit venant toujours en mangeant. Le peuple, qui paie la facture au finish, y est habitué depuis le temps. Qui s’en soucie, après tout. Que nenni. Cette fois-ci, les choses ne se passeront pas comme ça. Les signes de panique que je décèle chez certains ne trompent pas ma vigilance et mon expérience. Un  » feuilleton de l’été  » qui finit bien, ça existe, non…
M. A.

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