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Réseau des Démocrates

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Le gouvernement saoudien enlève discrètement les princes qui critiquent le régime à l’étranger

 

Publié par Gilles Munier sur 21 Août 2017, 06:46am

Catégories : #Arabie, #Proche-Orient, #Yémen

Mohammed bin Salman, dit "MBS", prince héritier de Saoudie

Mohammed bin Salman, dit "MBS", prince héritier de Saoudie

Par Joseph Fitsanakis (revue de presse : Intelnews.org – 17/8/17)*

Au moins, trois dissidents d’importance, vivant en Europe, ouvertement critiques du système de gouvernement saoudien ont été enlevés par la monarchie saoudienne au cours des deux dernières années, selon un rapport de la BBC. Tous les trois étaient des membres de la famille royale et on pense qu’ils sont morts, ou sont détenus contre leur volonté en Arabie saoudite. Cependant le gouvernement refuse de se livrer à des commentaires sur leur sort.

Selon la BBC World Service, l’un des dissidents est le prince Turki bin Bandar, ancien officier des forces de police du royaume. En 2010, le prince a eu des démêlés avec la famille royale à propos d’un héritage. Il a été arrêté et jeté en prison. Remis en liberté en 2012, il s’installa en France où il commença à critiquer le gouvernement de son pays par des vidéos et des messages sur les réseaux sociaux. Mais ses messages pour des réformes politiques, dont la fin de la corruption, cessèrent de paraître dès l’été 2013 quand, selon des amis, il disparut. L’un d’eux, le bloggeur Wael al-Khalaf déclara à la BBC que le prince Bandar visitait le Maroc, quand il fut détenu suite à une requête déposée par le gouvernement saoudien. On pense qu’il a été envoyé en Arabie saoudite où il y est toujours, certainement contre sa volonté.

Un autre prince, basé en Europe, le prince Saud bin Saif al-Nasr a disparu depuis 2015 après une campagne d’une année sur les réseaux sociaux dans laquelle il demandait des poursuites contre de hauts officiels saoudiens qui avaient soutenu le renversement du président élu, aujourd’hui déchu, Mohamed Morsi. En septembre 2015, peu avant sa disparition, il avait publiquement appuyé deux lettres ouvertes anonymes, supposées rédigées par un prince saoudien, demandant le renversement violent de la monarchie. Selon le média britannique, le prince Nasr a été le seul a publiquement et ouvertement soutenir ces documents. Il disparut peu après et est semble-t-il en Arabie saoudite.

Le troisième cas, celui du prince Khaled bin Farhan est plus complexe. Le prince vivait en Suisse et était une figure connue parmi les exilés saoudiens, réclamant des réformes politiques dans leur pays. En 2003, il s’envola pour Rome depuis Milan dans un jet privé qui, selon la BBC, lui avait été fourni par une compagnie russo-italienne désireuse de faire affaire avec lui. Mais le prince assure que le vol n’était qu’une ruse et que l’avion se dirigea vers l’Arabie saoudite où il fut emprisonné. Sept ans plus tard, le gouvernement saoudien lui permit de se rendre aux Etats-Unis pour un traitement médical. Dès son arrivée à Boston, il porta plainte immédiatement devant les tribunaux suisses contre ses abducteurs. Mais en 2016, le gouvernement saoudien le convainquit d’embarquer, depuis Paris où il résidait, sur un avion saoudien pour rendre visite à son père malade, en Egypte. Mais, comme il fallait s’y attendre, le vol l’emmena lui et les 18 membres de son entourage, dont des non-Saoudiens, à Ryad. Il fut « trainé hors de l’avion » par des gardes lourdement armés alors « qu’il criait à son équipe d’appeler l’ambassade US », selon deux membres de son entourage demeurant anonymes. Ces deux sources ont précisé à la BBC que leurs passeports furent saisis par les autorités saoudiennes, qu’ils furent enfermés dans un hôtel pendant trois jours sans pouvoir contacter ni leur ambassade ni leurs familles. Ils furent ensuite autorisés à se rendre dans un pays de leur choix, les frais étant déboursés par le gouvernement. La BBC a tenté d’obtenir des informations sur les trois princes disparus mais le gouvernement saoudien a décliné de répondre aux questions.

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