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Voici le texte que nous envoie notre ami Chadli Benguesmia.

Chers (es) Amis (es)

 

je vous prie de trouver ci- dessous la déclaration du MDS d’Oran  qui assimile la mémoire du mouvement national à DAECH. C'est extrêmement dangereux d'autant plus qu'ils s'attaquent au socle de la religion en tant que foi des Algériens et à la langue en tant que socle linguistique. ce texte est l'archétype du révisionnisme, du négationnisme et de la collaboration avec le néo colonialisme. Ceci ne peut nullement nous laisser indifférents et c’est pour cela que nous avons rédiger une réponse appropriée qui si elle vous agréera pourrait faire l’objet de votre signature en vue d’une pétition pour la  constitution d'un tribunal populaire pour ces gens là.

Bien vous ;

H. Benguesmia Chadly Med

 

Abdelkrim Haouari  Oran le 04 Juillet 2017

Je vous invite mes ami-e-s à lire cette déclaration du MDS Oran à l'occasion de la célébration du 55e anniversaire de l'indépendance de notre pays dans l'espoir qu'elle suscite un débat sur cette question de la préservation de notre mémoire dans toute sa richesse et sa diversité,

FAIRE DE CE 5 JUILLET UN MOMENT FORT DE LUTTE CONTRE LES MANIPULATIONS DE L’HISTOIRE DE LA GUERRE DE LIBERATION ET L’AMPUTATION DE NOTRE MEMOIRE.

"Constatant la gravité de la situation de l’époque, « une équipe de jeunes responsables et militants conscients », « plaçant l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et prestige », « ralliant autour d’elle la majorité des éléments encore sains et décidés », « a jugé le moment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’influence, pour le lancer aux côtés des frères marocains et tunisiens dans la véritable lutte révolutionnaire ». Une lutte « dirigée uniquement contre le colonialisme » et dont « le but est l’indépendance nationale par La restauration de l’état algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques et le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions ».
(Extraits de la Déclaration du 1er Novembre 1954)

Telle que caractérisée par le Congrès de la Soummam tenu le 20 août 1956, notre guerre de libération nationale a été « une lutte nationale pour détruire le régime anarchique de la colonisation et non une guerre religieuse …. Une marche en avant dans le sens historique de l'humanité … [une] lutte pour la renaissance d'un Etat Algérien sous la forme d'une république démocratique et sociale et non la restauration d'une monarchie ou d'une théocratie révolue »
(Extraits de la Plateforme de la Soummam)

Cinquante-cinq ans après l’indépendance, notre pays est installé dans une crise générale et profonde. Au point où notre souveraineté nationale chèrement acquise s’y trouve largement compromise et l’idéal du 1er Novembre 54 d’une Algérie Démocratique et Sociale remis en cause et ébranlé dans ses fondements, notamment par les manipulations de l’Histoire et une véritable amputation de la mémoire du combat libérateur.

« UN PEUPLE SANS MEMOIRE EST UN PEUPLE SANS AVENIR » (AIME CESAIRE)

Qui se souvient de cette lettre d’Henri Maillot dans laquelle il expliquait sa désertion avec un camion rempli d’armes et de munitions au profit de la Révolution – en déclarant : « je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien d'origine européenne. … l'Algérie [est] ma patrie [et] ma place … aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur » ? 
Qui se souvient de ces milliers d’Algériens/nes d’origine étrangère (maghrébine, africaine, européenne, …), de confessions religieuses diverses (musulmane, chrétienne et juive) ou tout simplement agnostiques ou athées qui n’ont pas hésité, parce que nés/es (pour la plupart) en Algérie, à s’engager avec leurs frères et sœurs pour libérer leur “pays à tous” du joug colonial ? 
Qui a recensé pour la mémoire ces milliers d’Algériens/ennes qui ont milité pour notre indépendance et qui sont en train de nous quitter l’un après l’autre dans l’anonymat le plus complet ? Et ce, sans parler de la non reconnaissance qui a frappé ou frappe toujours nombre de chouhada/chahidate et de moudjahidine/moudjahidate toujours en vie ou décédés/es après 1962

C’est à ces oubliés/es de l’Histoire de la lutte des Algériens/ennes pour leur indépendance que le MDS-Oran dédie, cette année, sa déclaration à l’occasion de ce 5 Juillet.
Et pour cause !

Notre mémoire collective ne cesse, depuis 1962, d’être régulièrement violentée par les choix politico-idéologiques conscients du système, aggravés par l’inculture et l’ignorance qui dominent parmi ses démembrements. 
Des choix politiquement sectaires et négateurs du caractère multidimensionnel de notre Algérianité du fait de leur aveuglement par l’idéologie pan-arabiste qui les sous-tend et qui se dilue progressivement dans le fondamentalisme religieux organisé avec lequel elle s’est alliée au fil du temps. Des choix aux visions étroitement et faussement ethniques qui poussent à vouloir faire gommer la réalité historique de la diversité et du pluralisme des Algériens/ennes qui ont pris les armes à l’appel du 1er novembre 1954.

La guerre de libération nationale n’a été en effet ni une guerre religieuse, ni une guerre inter-ethnique. Et si le courant pan-arabiste étroit et l’islamisme font tout pour faire croire le contraire, c’est pour leur besoin de justifier et légitimer aux yeux de la société – notamment en enfermant la lutte de libération dans une interprétation intégriste du ’’djihad’’ au détriment du projet moderniste d’une Algérie Démocratique et Social qu’elle portait – leur projet d’Etat islamique et L’Islamisme comme projet de société. Et de couvrir, par ailleurs, ceux de leurs partisans qui ne résistent pas à la tentation de s’approprier cette lutte de façon rentière et affairiste, voire mafieuse.

Ce sont ces choix, qui s’imposèrent dès l’indépendance et que renforça par la suite le courant islamiste ascendant avec le gros mensonge historique qu’il a concocté pour s’approprier l’initiative de la libération nationale – qui se déclinèrent en un processus de formatage de la conscience historique et identitaire des Algériens/ennes. Un processus qui a fini par dévoyer les institutions publiques, dont l’école qui a été particulièrement mise au service de l’amputation de la mémoire des nouvelles générations, les empêchant ainsi de construire leur identité algérienne riche et plurielle et d’en avoir une projection moderne, démocratique et universaliste.

Cette logique d’amputation de la mémoire s’exprime également à travers les incessantes opérations de débaptisations de rues et d’édifices publics qui sont souvent utilisées comme moyen de règlements de compte entre clans ou à caractère politico-idéologique. Tel le cas de la débaptisation de la clinique Larribère à Oran aujourd’hui, telles toutes les débaptisations injustes que les citoyens arrivent à conjurer quand ils sont en alerte et telles celles, nombreuses, qui se déroulent certainement en catimini dans diverses communes du pays.

Ces débaptisations ne pouvaient pas ne pas constituer un enjeu dans les luttes entre les Algériens tenant à la réhabilitation sereine de notre Algérianité dans toute sa diversité et ceux, au pouvoir et dans ses démembrements, voulant faire coûte que coûte de notre Algérie un pays exclusivement arabo-islamique au risque de taire, voire falsifier des pans entiers de son histoire.

Conscients de ce que la lutte contre l’oubli et pour la réhabilitation de notre mémoire et de notre histoire demeurera à l’ordre du jour tant que notre pays demeure régenté tel qu’il est, nous, militants du MDS-Oran, tenons en cette circonstance du 55ème anniversaire de la proclamation de notre Indépendance :

– A appeler l’ensemble des patriotes à la nécessaire poursuite du combat unitaire pour la sauvegarde de tous les éléments constitutifs de notre histoire et notre mémoire collective.
– A prendre toutes les initiatives possibles dans ce domaine et à tous les niveaux dans un processus de luttes pour la réhabilitation de notre mémoire et de notre histoire. Dont la lutte pour la révision de l’enseignement de l’Histoire dans nos écoles et universités.
– A faire preuve de plus de vigilance et de réactivité sur le terrain des débaptisations et, à ce sujet et pour l’immédiat :
– à joindre nos voix à toutes celles qui s’élèvent en cette période pour :
la reconnaissance d’Henri Maillot en tant qu’algérien tombé au champ d’honneur et non plus comme simple “ami de la Révolution algérienne
L’officialisation de la dénomination de la clinique du Docteur Jean Marie Larribère d’Oran.

Autant “la grandeur et la noblesse de notre Révolution est d’avoir été portée et défendue par des femmes et des hommes de différentes origines raciales, religieuses et culturelles” et autant elle nécessite de nous de la grandeur et de la noblesse dans la défense de leur/notre mémoire ! Gloire à nos Martyrs !
Vive l’Algérie démocratique et sociale !

Le MDS-Oran

Tag(s) : #Vie politique, #Histoire

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