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le 14.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	Au premier jour de cette session spéciale, nombreux étaient les candidats portés absents

 
Au premier jour de cette session spéciale, nombreux étaient...

 

Largement contestée, la session spéciale du bac a cependant bel et bien débuté hier. Répartis sur 299 centres d’examen à travers le pays, retardataires et absents du bac 2017 étaient attendus pour retenter leur chance. Il faut croire qu’ils ne sont pas nombreux à avoir saisi cette opportunité…

Pour la deuxième session du bac, 104 036 candidats étaient attendus hier. Alors que cette seconde session avait suscité une large polémique quant à sa tenue ou pas, il a été arrêté, par décision présidentielle, qu’elle aura bel et bien lieu afin de «donner la chance à tous les candidats de passer leur examen».

N’empêche, il semblerait que les candidats retardataires et absents n’ont pas mesuré cette opportunité et ont «boycotté» l’examen une nouvelle fois. En effet, «plus de 80% des candidats attendus ont répondu absents, soit plus de 80 000 absents», assure l’activiste Kamel Nouari. «C’est un vrai scandale.

On devrait couper court à cette mascarade dès maintenant, d’autant plus que vendredi est un jour de repos. On devrait s’attendre à un plus grand taux d’absentéisme dès samedi», assure-t-il. Alors que de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer une seconde session, comment explique-t-on ce large taux d’absentéisme ? Pour Bachir Hakem du CLA, l’explication est simple : «Sur les 104 036 candidats attendus, 94 000 sont des candidats libres.

Il faut savoir qu’il y a eu plus de 90 000 absents au baccalauréat de la session de juin. Ces candidats avaient décidé de ne pas subir les épreuves du  bac la première fois, ce n’est pas maintenant qu’ils vont se décider à le passer. En plus, les 90 000 candidats libres cherchent uniquement à améliorer leurs résultats, car la majorité d’entre eux sont des universitaires et s’ils ratent une des épreuves, ils abandonneront.»

Boycott

Pis encore, le syndicaliste prévoit un taux d’absentéisme encore plus grand lors des prochains jours : «Si on se retrouve avec 15 000  candidats qui repassent l’examen, c’est déjà énorme. Pour ma part, je pense que d’ici la fin de cette session, il n’y aura pas plus de 1000 candidats.» Pour cette raison, Bachir Hakem estime que cette session est «une “ânerie’’ sans aucune étude scientifique». Pourtant, des moyens astronomiques ont été déployés pour cette seconde session, qui  a été organisée dans les mêmes conditions d’un bac ordinaire.

A cet effet, Meziane Meriane assure : «Comme cela se fait pour le bac ordinaire, une commission est en charge de choisir trois sujets. Ces derniers sont tirés soit de la banque des sujets de l’ONEC, soit élaborés par la commission. Suite à cela, un tirage au sort est effectué.» De son côté, Kamel Nouari confie : «Une nouvelle commission a été mise en place pour l’occasion.

De nouveaux sujets ont aussi été élaborés pour cette seconde session, étant donné que les précédents ont été dévoilés à l’ancienne commission.» Par ailleurs, Meziane Meriane assure que les membres de la commission ainsi que les responsables de l’ONEC sont en quarantaine jusqu’à la fin des épreuves, soit jusqu’au 18 juillet. Autres moyens déployés : la mise en place d’équipements de brouillage et de détection d’utilisation de smartphones pour l’envoi de sujets ou la réception de réponses au niveau des centres d’examen.

A noter aussi que des équipements de vidéosurveillance seront installés au niveau des centres. Finalement, si les soupçons se confirment et que cette seconde session enregistre un large taux de «boycottage», on aura fait tout ça pour rien. Par ailleurs, l’un des premiers maillons pénalisés par cette seconde session est sans  aucun doute les enseignants. «C’est vrai que les professeurs ont des devoirs, mais ils ont aussi leurs droits ! Ils y a ceux qui ont des réservations pour leurs vacances qu’ils ne peuvent pas annuler», soutient Meziane Meriane.

«Qui va payer mes pertes ?», s’interroge un enseignant. Pour M. Meriane, le ministère doit être indulgent pour ceux qui présentent un justificatif et doit bien récompenser ceux qui vont participer à cette session, que ce soit la surveillance ou la correction. Cependant, Kamel Nouari ne partage pas cette opinion, estimant que les professeurs ont largement le temps de se reposer.

L’autre maillon pénalisé est bien entendu les élèves, particulièrement ceux qui ont fait des préinscriptions pour partir étudier à l’étranger, notamment ceux qui ont fait des démarches pour la France, étant donné que le dernier délai pour le campus est le 25 juillet. Concernant la correction, celle-ci devrait aussi se dérouler dans les mêmes conditions que la première fois.

 

«Seul changement, elle devrait se faire en trois jours seulement, vu le nombre d’absents afin qu’on ait les résultats vers le 25 juillet», confie Kamel Nouari. Par ailleurs, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, a affirmé hier que les résultats du baccalauréat seront annoncés le 25 juillet sur le site de l’Office national des examens et des concours (ONEC). Les inscriptions universitaires, quant à elles, sont prévues du 1 au 16 août prochain. «L’annonce des résultats du baccalauréat pour l’année scolaire 2016-2017 sera unifiée pour les deux sessions et aura lieu 25 juillet en cours», a indiqué Mme Benghabrit dans un message adressé aux candidats de la session spéciale du baccalauréat.

Sofia Ouahib
Tag(s) : #Vie politique, #Vie Educative

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