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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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Retour du festival sur le site archéologique de Djemila Mihoubi sait-il ce qu’il fait ?

 

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le 26.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	L’aménagement du site a été pris en charge par les services de la wilaya de Sétif, qui a mobilisé les moyens et des centaines de travailleurs des communes de Djemila, El Eulma, Beni Fouda, Sétif et Aïn Arnat

 

L’aménagement du site a été pris en charge par les services de la wilaya de Sétif, qui a mobilisé les moyens et des centaines de travailleurs des communes de Djemila, El Eulma, Beni Fouda, Sétif et Aïn Arnat

Afin de préserver la cité archéologique de Cuicul, un site historique classé patrimoine mondial, l’ex-ministre de la Culture, KhalidaToumi, décide à partir de 2012 et sur recommandation des experts en la matière d’organiser le Festival de Djemila dans un terrain jouxtant le lieu historique.

Cinq ans après, et contre l’avis des experts, on revient à la case  départ. L’avis des gardiens du temple, des défenseurs du patrimoine et de certains spécialistes algériens, connus et reconnus sous des cieux où la société savante est non seulement consultée mais écoutée,devient soudain négligeable. «Le site de Cuicuil a connu, ces dernières années, une certaine dégradation, notamment au centre du forum de Septime Sévère, où était accueilli le public.

Sous le poids des équipements lourds de la Télévision, d’autres coins du site regorgeant de vestiges d’une inestimable valeur historique ont été endommagés. La puissance de la sonorisation, ainsi que les supports de fixation des tentes, installées à l’occasion du festival, ont abîmé de nombreux vestiges anciens.

On n’est pas contre l’organisation du festival, qui démontre que l’Algérie est un pays qui hume l’art, la musique, la danse, la joie tout court, mais on doit expertiser ce bijou, un patrimoine de l’humanité toute entière, faut-il le rappeler», soulignent sous le sceau de l’anonymat des archéologues outrés. En  connaissance de cause, le directeur du site, Mosbah Bouhzam, a signifié son refus d’accueillir le festival sans l’accord préalable d’experts. Afin d’avoir de plus amples informations, on a essayé de joindre le premier responsable du site, mais en vain. Interrogés sur la question, des citoyens anonymes sont du même avis :

«On n’a pas le droit de souiller ce site archéologique de renommée mondiale classé au patrimoine mondial et protégé par l’Unesco. Ce bien d’une incommensurable valeur est un pan de l’histoire de l’Algérie éternelle. On interpelle le ministre de la Culture pour préserver et sauvegarder ce patrimoine.»

Pour l’histoire, l’ancienne cité est fondée en 96-97 après J.-C., sous l’empereur Nerva, en même temps que Sitifis. Il faut souligner que Djemila, ex-Cuicul,  qui n’a pas courbé l’échine durant les années de braise, est un trésor à ciel ouvert. S’étendant sur plus de 42 ha, le site regorge de bon nombre de merveilles. Avant de faire un tour au niveau de la cité païenne et chrétienne, un détour par le musée, qui renferme une incommensurable richesse, surtout les panneaux de mosaïque et la maquette d’une ville parfaitement reproduite, est recommandé.

Une fois sur les lieux, le visiteur est subjugué par l’architecture des civilisations anciennes qui attirent les visiteurs de tous bords. Il faut des heures pour contempler et admirer le baptistère, les deux basiliques, les grandes thermes, le théâtre, l’arc de Caracalla, le temple de Septime Sévère, le marché de Cosinus, le forum et les luxueuses maisons de Bacchus Cresconius, etc.

L’ex-Cuicul, qui ne cesse d’apprivoiser les adeptes et férus des vestiges, envoûte les diplomates, les chercheurs, les historiens et les citoyens, de plus en plus nombreux à venir visiter les ruines, témoins de temps anciens. Avant d’atteindre ce site mondialement connu, il est recommandé de faire une halte au niveau des sites de Mons, lieu appelé Henchir El Ksar. L’espace occupant une grande superficie est situé sur l’ancien itinéraire entre Sétif et l’ex-Cuicul.

 

Les restes archéologiques dans ce site se limitent au tracé de la forteresse byzantine et les ruines visibles d’un temple. En cet endroit, l’on a trouvé la plus ancienne inscription latine datée de l’an 157. Pour ces trésors, et beaucoup d’autres, devant être exploités dans le cadre d’une véritable industrie touristique, le ministère de la Culture doit, en ce temps de vaches maigres, revoir sa copie.

Kamel Beniaiche

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