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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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Pourquoi je n’ai pas compris Boumediene

 
Boumediene l'incompris
 
par Guit Mohamed avec Nadia Boudjenah et 73 autres personnes.


Boumediene Je ne pouvais pas le comprendre, car toutes les décisions qu’il prenait étaient tenues secrètes et je ne connaissais ni les tenants ni les aboutissants et encore moins les raisons qui l’ont poussé à les prendre. J’affirme et je tiens mes propos en tant que simple citoyen, comme lui, j’aime aussi mon pays et j’ai les mêmes droits que lui C’est un homme presque seul, austère, autoritaire et très secret. Il ne faisait confiance à personne et c’était comme s’il connaissait parfaitement les mentalités de ceux qui collaboraient avec lui. Je savais aussi que le peuple était tenu à l’écart et les voies de la démocratie étaient toutes bouclées.
Issu d’un milieu pauvre et paysan, cet homme ne vivait que pour satisfaire l’écrasante majorité des Algériens en instaurant la révolution agraire pour appliquer une formule qui lui était très chère : la terre à celui qui la travaille.

Ceux, qui comme moi, était d’accord avec cette décision, lui reprochait d’avoir pris cette décision, en ne préparant que le côté financier et le côté matériel. L’homme qui allait bénéficier de cette grande décision était ignoré et négligé. Boumediene allait rendre le paysan pauvre heureux malgré lui. Comment celui qui allait prendre sa vie en mains, ne pouvait comprendre le côté politique, financier, économique et les enjeux de cette grande décision. Il pensait qu’une simple campagne de sensibilisation suffisait. Le apaysan par essence méfiant, ne pensait pas que la terre était son bien. Il aurait fallu qu’on leur offre officiellement les terres avec des actes notariés en leur interdisant de les revendre. Le paysan ne pouvait pas comprendre que l’Etat pouvait s’approprier des biens et devient simplement un beylik. 
Je n’étais pas d’accord avec la formation des clans, au lendemain de l’indépendance. Ce n’était pas le résultat attendu d’une grande révolution du vingtième siècle. D’une coté le clan de Oujda avec l’armée des frontières dirigée par Boumediene et de l’autre côté le clan de l’intérieur qui représentait la légitimité qui avait signé avec l’ennemi les accords d’Evian, avec le soutien des wilayets de d’intérieur faiblement armées et qui avaient supporté le lourd fardeau de la guerre de libération nationale. Je n’avais pas accepté également le fait qu’il ait pris Ben Bella en otage pendant deux ans pour se faire connaitre et être accepté par le peuple et l’ôter aussi facilement et l’écarter sans explications. 
Mais il avait la forme et le fond d’un grand homme d’Etat. Je pouvais le comparer à Abdelmoumen, le fondateur des Almohades. Il était le digne dirigeant de l’Emir, de Bouamama et de Haddad. C’était un dirigeant qui avait pris le pouvoir pour appliquer une politique du 1er Novembre, or la manière n’était pas digne de cette grande date historique. 
Boumediene a fait de son peuple un peuple libre à l’extérieur et respecté, mais emprisonné à l’intérieur en le privant de s’ouvrir vers l’extérieur. Il s’était fait respecté par De gaule à qui il avait donné bien des tourments et fait vivre bien des cauchemars. Il avait enlevé le pain de la bouche à Pompidou pour l’offrir fièrement à son peuple en nationalisant le pétrole en février 1971. Il avait minimisé Giscard en lui répondant que l’histoire n’était pas simplement Française. Il était fier comme un Aguelid et cette fierté lui allait comme un costume à sa mesure.
En l’an 2016, j’ai su malgré moi, malheureusement que mon peuple et moi-même avions mangé notre pain blanc avant notre pain noir.

Quand je compare ce grand homme qui est parti avec les mains propres, sans un compte en banque à l’Etranger et sans avoir laissé aux siens la plus petite demeure, avec ceux qui sont venus après lui, j’ai les larmes aux yeux. Il avait de la prestance, le charisme et lorsqu’il prenait la parole dans les arènes internationales, il était fier de parler aux noms de ceux qui avaient donné leur vie pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Il était Ben Mhidi, Didouche, Zighout, Abane, Ben Khedda et les autres. J’ai peur que nous ayons puisé dans le puits des hommes, le dernier HOMME. Or je sais, qu’un grand barrage est instauré pour barrer le chemin aux hommes. Faut-il des barricades pour briser le barrage inhumain et incertain ?

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