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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontrent au G20: comment la lune de miel a tourné court

 

Si les deux présidents ont pu apparaître comme des alliés, ils ont en fait montré qu'ils pouvaient se défier l'un l'autre.

 07/07/2017 04:50 CEST | Actualisé il y a 10 heures
AFP
Une fresque peinte sur le mur d'un restaurant de Vilnius, en Lituanie, représentant Vladimir Poutine et Donald Trump en train de s'embrasser.

INTERNATIONAL - Leurs noms sont régulièrement associés dans les médias et leur relation fait même l'objet d'une enquête du FBI. Pourtant, c'est bien la première fois que Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontrent ce vendredi 7 juillet à Hambourg, en Allemagne, en marge du sommet du G20. Un tête-à-tête marqué par des "échanges très vigoureux" et une "alchimie positive" à en croire le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson à l'issue de cette rencontre.

 

Le général américain H.R. McMaster, conseiller à la Sécurité nationale, a fait savoir que le président des États-Unis souhaitait une relation "plus constructive" avec son homologue russe et qu'il comptait "répondre au comportement déstabilisateur" de Moscou. Cette position de défiance augure une rencontre délicate, à rebours de la bienveillance affichée par l'un et par l'autre pendant la campagne présidentielle.

 

"L'objectif de la Russie" au départ: "aider Trump à être élu"

"Nous allons avoir une formidable relation avec (Vladimir) Poutine et la Russie", disait alors Donald Trump. De l'avis de certains, il était même l'homme de Moscou, poussé à la présidence grâce à l'intervention de la Russie.

 

En octobre 2016, toutes les agences du renseignement américain avaient fait état publiquement d'une intervention de Moscou dans le piratage des boîtes mail du parti démocrate pour décrédibiliser Hillary Clinton. En janvier 2017, elles précisaient que Vladimir Poutine en avait lui-même donné l'ordre. "La communauté du renseignement estime que l'objectif de la Russie était de favoriser un candidat par rapport à un autre, d'aider Trump à être élu", explique une source au Washington Post.

 

Les relations qu'entretiennent certains hommes forts du gouvernement formé par Donald Trump avec la Russie de Poutine ravivent encore les soupçons de collusion et laissent penser que l'axe États-Unis-Russie ne sera que renforcé dans les prochaines années: le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a négocié de gros contrats pétroliers avec Poutine lorsqu'il était à la tête d'ExxonMobil; l'ancien conseiller de Trump à la sécurité Michael Flyyn a dû démissionner après trois semaines de mandat pour avoir eu des discussions potentiellement illégales avec la Russie, et a été rémunéré plus de 50.000 dollars en 2015 par trois entreprises russes ou liées à la Russie; Carter Page, conseiller aux affaires internationales, a épaulé le géant pétrolier Gazprom dans une grosse opération financière en 2007.

Une sextape et une attaque de missiles en guise de "billes"

Mais Trump et Poutine ont en fait très vite suscité les interrogations sur leurs intentions l'un à l'égard de l'autre. Les médias américains ont ainsi dévoilé début janvier une liste d'informations issues d'un dossier explosif sur la vie intime et les finances de Donald Trump, accumulées par des sources russes. On y apprend, pêle-mêle, que Moscou soutient le magnat depuis 5 ans dans le but de semer la discorde aux États-Unis et dans le monde occidental, et l'existence d'une vidéo à caractère sexuel filmée clandestinement par les services russes lors d'une visite du milliardaire à Moscou en 2013.

Alors que les deux présidents sont en pleine lune de miel, l'existence d'un tel dossier (niée par Poutine) étonne. Et pourtant, les spécialistes voient dans ces informations, si elles sont avérées, la preuve que le président russe, ancien directeur du FSB, accumule "des billes" sur son homologue américain. "Si Poutine est aussi heureux de l'élection de Donald Trump, c'est parce qu'il pense le manœuvrer", estimait déjà l'historien Thomas Snégaroff en décembre, avant l'affaire.

LIRE AUSSI: La sextape, un classique des renseignements russes pour déstabiliser leurs ennemis

Donald Trump a lui aussi montré qu'il pouvait défier Vladimir Poutine et prendre ses distances. Il a même surpris le président russe sur son propre terrain, la Syrie, où il était le maître du jeu depuis 2015. Le 6 avril, le président américain a approuvé une attaque importante sur une base aérienne de l'armée syrienne du sud-est de Homs, en réponse à l'attaque chimique présumée contre Khan Cheikhoun.

Vu de Moscou, Donald Trump devait être plus facile à gérer que Barack Obama, surtout dans le dossier syrien. Mais voilà Vladimir Poutine, allié du régime syrien, forcé de dénoncer une "agression contre un État souverain" causant "un préjudice considérable aux relations russo-américaines".

LIRE AUSSI: Les 7 bénéfices que va tirer Donald Trump des frappes en Syrie

L'attaque "porte un coup considérable aux relations entre la Russie et les États-Unis, déjà en mauvais état", met aussi en garde Dmitri Peskov, un des porte-paroles de Vladimir Poutine. La Russie interrompt brièvement la coordination militaire avec les États-Unis en Syrie pour éviter des incidents entre les forces des deux pays.

"Avec cette réaction symbolique, Donald Trump veut se laver de tout soupçon d'être une marionnette de Poutine" comme a pu le dire Hillary Clinton, analysait Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine interrogé par Le HuffPost.

Des sujets délicats au programme de leur discussion

Les échanges des présidents ce vendredi pourraient donc être plus tendus que ceux que les observateurs auraient pu imaginer il y a encore quelques mois. D'autant plus que les sujets qu'ils devraient aborder sont tous plus délicats les uns que les autres.

Sur l'Ukraine, en proie à un conflit armé entre des séparatistes pro-russes et les forces de Kiev, le renforcement des sanctions de Washington contre Moscou a provoqué la colère du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov qui est allé jusqu'à dénoncer l'"obsession russophobe" des États-Unis.

La Syrie, on l'a dit, est aussi un sujet sensible. Les mois écoulés ont donné lieu à de vifs échanges, Moscou jugeant, entre autres, "inadmissibles" les menaces de représailles lancées par la Maison Blanche contre le régime syrien accusé de préparer une attaque chimique.

Mais en dépit des tensions avec Moscou, le président américain a toujours semblé retenir ses critiques à l'encontre du président russe. Tient-il toujours à réaliser ce "truc fantastique" qu'il espérait il y a six mois, nouer le contact avec la Russie?

Donald Trump peut encore, dans ce cas, faire un geste envers Moscou: revenir sur une partie des sanctions contre les services de renseignement russes annoncées par Barack Obama peu avant son départ du pouvoir. Parmi les pistes: la restitution de deux sites, à New York et dans le Maryland, saisis par les autorités américaines.

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