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De la nécessité du changement, la nécessité de la mobilisation d’une avant-garde citoyenne.

La question centrale : comment mobiliser une avant-garde citoyenne dans un climat de démobilisation généralisée, de défaitisme et surtout de méfiance?

Le pays fait face à une situation critique : politique, économique et sociale le menant vers un chaos dont les conséquences seront fatalement incontrôlables. 
Et comme à l’accoutumée des solutions miraculeuses, sectorielles et ponctuelles fusent çà et là comme si nous étions encore à croire aux solutions providentielles alors qu’il s’agit d’impulser une dynamique de fond pour sortir le pays de sa léthargie et de sa dérive.

L’Algérie n’arrive pas à renouveler ni dans la forme et ni dans le fond sa classe politique. Elle est gouvernée par les mêmes aux grés des rapports de forces comme un bien privé, au nom de la légitimité historique, au nom d’une légitimité liée à la rente pétrolière et depuis quelques années au nom d’une prédation violente et sauvage inédite qui fragilise la souveraineté du pays.

Les partis politiques traditionnels dans l’allégeance ou dans l’opposition fonctionnent, hélas, pour la plupart de la même manière que le pouvoir et n’arrivent pas à faire une véritable mue, ne séduisant que des opportunistes carriéristes sans vergogne.

Economiquement il n’est pas besoin d’être un expert pour dire l’échec d’un pays qui a vécu sous perfusion avec une gouvernance incapable, refusant d’anticiper et de prévoir. Bref incapable d’avoir une vision. Un pays tributaire, pour sa consommation, exclusivement de ses importations allant de sa nourriture jusqu’à l’aiguille à coudre en passant par la colle et la gomme des écoliers.

Des richesses fabuleuses et fulgurantes ont vu le jour pour la plupart grâce à la commande publique dans des proportions inimaginables et cette génération spontanée de Nababs n’a pas créé de valeur ajoutée à l’économie nationale dans un pays où tout est encore à faire. La petite et moyenne entreprise, quant à elle, reste embryonnaire.

Le gâteau se restreint et les parts aussi, la guerre sera féroce. Elle l’est déjà.

Secteur public et fonction publique ont des budgets de fonctionnement hallucinants sans aucune volonté ni obligation d’efficience. Ils sont mis à mal par une gestion désastreuse, pyramidale sclérosante, paralysante, castratrice des compétences. 
 On continue à y recruter les amis et les enfants des amis ou ceux des potentats sans véritable compétence, alors qu’on nous annonce une austérité finalement à géométrie variable sous le regard impuissant de jeunes universitaires complètement perdus dans la nébuleuse du « béniamisme » et qui finissent rapidement à ne rêver que de partir.

Secteur public et fonction publique mis à mal également par un manque de conscience et d’engagement professionnel généralisés, marginalisent ainsi ceux qui en ont, laissant place à un folklore bigot qui n’a rien à faire sur un lieu de travail. Un système verrouillé par la magouille et excluant la notion de « mérite ». Les moins compétents dirigent les plus compétents avec cette jouissance hargneuse des moins « sachants ».

Socialement les inégalités se creusent et nous payons l’impéritie et la concussion d’un système de gouvernance qui n’a que trop duré. La classe moyenne se paupérise, les pauvres le sont encore plus et les diplômés se retrouvent en bas de l’échelle sociale. 
 L’accès à la santé n’est pas le même pour tous , que l’on soit dans les hôpitaux, les centres de santé de proximités ou dans les centres de santé des mutuelles la seule question est la suivante : de qu’elle médecine gratuite parlez-vous alors qu’en réalité elle ne l’a jamais été ; où est donc l’argent des cotisations qui participe en grande partie au budget de la santé? 
 Un autre secteur sinistré celui de l’éducation et de l’université qui au fil des décennies ont tué tout esprit critique et toute rationalité. Ainsi l’espace du savoir est devenu le vivier de générations de décérébrés prosélytes de façon multiples et diverses avec la complicité du pouvoir et d’une pseudo élite diplômée médiocre comme en témoigne les injonctions placardées sur les murs de l’école normale incitant les jeunes femmes à porter le voile.

Socialement nous sommes aussi dans la haine du « soi collectif » totale et profonde avec paradoxalement un surdimensionnement du « moi individuel » stigmates d’une perte de repères et de référents au point de renier notre histoire plurimillénaire, de renier la pratique religieuse apaisée et sécularisée de nos ancêtres traités aujourd’hui d’ignorants au profit des vociférations de la secte Wahabite qui n’a de cesse que de disloquer notre identité.

Comment avons-nous pu vaincre l’islamisme terroriste le plus féroce et laisser la société se wahabiser de la sorte ? De la forme la plus soft a la plus abrupte et accepter ce faux concept d’islamisme modéré aujourd’hui dangereusement banalisé dans notre société au détriment des savoirs qui nous sortiraient de la dépendance technique et technologique sans se renier aucunement?

Les charlatans de toutes sortes poussent comme de la mauvaise herbe et corrompent par la culpabilisation via les nouvelles mosquées, via l’école et des chaines de télévisions infâmes et inquisitrices. L’ignoble canular dont a été victime l’écrivain Boujedra en est la caricature la plus abjecte.

Les algériens de bonne volonté et honnêtes ne manquent pas. Ce qu’il manque c’est une action fédératrice loin des egos et des calculs. Ce qu’il manque c’est de recréer un climat de confiance et de solidarité entre nous. L’élite qui ne s’est pas compromise en légitimant le pouvoir pour quelques bribes de privilèges doit se manifester fermement. L’intelligence et les compétences algériennes doivent aussi prendre leurs responsabilités face à la situation critique actuelle et s’engager.

Pour toutes ces raisons et pour d’autres encore :

Osons dans l’intérêt supérieur de l’Algérie avoir les rêves et la volonté de ceux qui l’ont libérée et lui ont rendu sa dignité

Osons et ce n’est pas facile, par-dessus les décades donner la main à ceux qui sont morts pour transmettre leur serment à nos enfants : « Et nous avons prêté serment pour que vive l'Algérie »

Osons un projet de société républicain avec séparation réelle des pouvoirs, osons une révolution culturelle,

Osons un autre développement dans lequel les valeurs travail et mérite auraient un sens, un développement qui valoriserait les richesses et les spécificités des régions sans exclusive. Finalement un développement qui ferait de nous une nation réellement indépendante.

Osons, nous réapproprier notre histoire et notre culture qui seront enseignées dans une école enfin libérée, école qui formera le citoyen de demain car sanctuarisée de toutes les idéologies,

Osons faire barrage à l’obscurantisme, à la corruption, aux compromissions et au chaos annoncé, 
Osons sortir de nos querelles intestines et repenser l’Algérie dans toute sa diversité et toutes ses dimensions,

Osons ouvrir des perspectives heureuses à nos enfants pour un vivre ensemble dans la tolérance et l’ouverture à l’Autre. Réussissons à les convaincre qu’il n y a plus d’homme providence et qu’ils peuvent être la providence de ce pays a conditions que nous le voulions tous,
Osons concrétiser une Afrique du Nord apaisée et réconciliée

Osons nous rassembler dans un mouvement citoyen non partisan et mettre l’avant-garde de ce pays, bafouée, aux commandes pour nous faire sortir de l’impasse dans laquelle nous avons été délibérément jetés.

Ne soyons pas lâches et soyons conscients que nous pouvons être une majorité!!!

Osons recréer l’espoir…..

Oui OSONS !!!!!!

Alger le 2 juin 2017 
Dr Sabrina Rahmani 
Observatoire Citoyen Algérien

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