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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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Berraf saisit le président de la République


 

©D. R.
 
 
 

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, El-Hadi Ould Ali, n’en démord pas au sujet de la réélection de Mustapha Berraf à la tête du COA (Comité olympique algérien). En dépit de la validation de cette élection par le CIO (Comité international olympique) et le rejet par ricochet du recours formulé par quatre fédérations sportives agissant au nom d’un collectif de fédérations, le MJS ne compte pas abdiquer et continue à soutenir que l’élection de Berraf n’est pas régulière. Après avoir chargé le secrétaire général du ministère et un directeur central de réunir, jeudi,  au Creps de Ben Aknoun (Centre d’éducation physique et du sport), les présidents des fédérations sportives pour leur demander d’introduire un second recours auprès des instances internationales et surtout de faire bloc contre la direction du COA, ce qui correspond à une ingérence flagrante dans le fonctionnement d’organismes relevant d’instances internationales, Ould Ali a envoyé un émissaire à Berraf pour lui demander de se retirer du COA. Contraint de cohabiter avec lui en vertu de la sentence du CIO, Ould Ali cherche donc à faire pression sur Berraf pour l’amener à démissionner de son poste. Le porteur de ce message, en l’occurrence Amar Brahmia, membre du COA, resté fidèle à Berraf, a bien entendu transmis le message, mais sans trop de conviction. En effet, selon une source digne de foi, Berraf, conforté par le CIO, a évidemment refusé de quitter son poste. Estimant que l’affaire est en train de tourner au règlement de comptes personnel, Berraf, selon notre source, a décidé de saisir le président de la République Abdelaziz Bouteflika à travers une lettre ouverte pour lui demander d’intervenir dans ce bras de fer qui risque de coûter cher au sport algérien. Il faut rappeler à ce titre que dans sa dernière lettre envoyée au COA, le CIO indiquait que l’Algérie avait des antécédents en matière d’ingérence des pouvoirs publics avant de terminer sa lettre par des menaces à peine voilées : “Nous en appelons donc aux autorités gouvernementales compétentes, à votre CNO et à l’ensemble des fédérations sportives nationales pour restaurer un climat de confiance et de respect mutuel du rôle et des compétences de chacun, et pour travailler ensemble et de manière constructive dans le seul intérêt du sport et des athlètes algériens. Ceci, conformément à la charte olympique et au document de référence que le CIO a établi à cet effet et a diffusé à tous les CNO en novembre dernier.” Le CIO a tenu également à préciser que le soutien financier accordé aux fédérations ne doit pas constituer un prétexte pour l’ingérence des pouvoirs publics comme précisé dans la charte olympique. “Le soutien financier éventuellement alloué par les pouvoirs publics (dans le cadre de ses missions de service public) aux organisations sportives ne doit pas induire des obligations disproportionnées de la part des bénéficiaires. L’organisation sportive (CNO, fédération nationale, etc.) qui reçoit des fonds publics est tenue, naturellement et de manière légitime, de rendre des comptes sur l’utilisation de ces fonds spécifiques dans le cadre défini au préalable (ex : conventions ou contrats d’objectifs ou autres documents contractuels similaires) et conformément aux procédures applicables de contrôle et d’audit des fonds publics. Il s’agit là d’un principe de base de bonne gouvernance. En revanche, le soutien des pouvoirs publics ne doit pas être utilisé de manière détournée pour justifier des ingérences ou des pressions indues au sein des organisations sportives ni pour se substituer à leurs organes décisionnels”, souligne le CIO. À moins d’une intervention salutaire d’une tierce partie, le sport algérien risque d’en pâtir !

SAMIR LAMARI

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