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Pour cette nouvelle édition du baccalauréat, qui débute dans quelques jours la lutte  contre les tricheurs a déjà commencé et expérimenté au niveau de l'examen de la sixième année primaire, pardon la cinquième où une armada d'enseignants, de surveillants, de policiers, de gendarmes a été alerté pour de pauvres enfants de 10 et 11 ans beaucoup plus  ébahis et traumatisés par cet arsenal déployé afin de les empêcher de frauder.

 

Mais combattre ce phénomène répandu de la première année du primaire jusqu'au futur doctorant mais aussi dans la vie courante de la société, doit demander réflexion et réprimande dès la première année du primaire et condamnation lorsque cela atteint notre système social. Car toute la société triche que ce soit dans l'éducation ou dans l'université ou dans la vie courante de l'algérien. On la retrouve dans la société par la corruption généralisée, le scan de document, par les détournements financiers ou de matériels en toute impunité. Au niveau de l'éducation, la tricherie s'est répandue par le fait qu'on a privé l'enseignant de l'autorité pédagogique à telle point que pour empêcher de tricher vingt candidat dans une salle, il faut faire appel au minimum à trois surveillants; cela montre que même les responsables savent qu'un enseignant seul n'a plus d'autorité pédagogique.

Les méthodes de triche aux examens sont devenues traditionnelles et connues à savoir: les antisèches, la calculatrice, l'aide par sms, corrigés disponibles sur Smartphone, usurpation d'identité, cours cachés dans les toilettes, les montres connectées, le copiage, les tatouages, les oreillettes, les lunettes  mais copier sur le voisin reste le moyen le plus répandu dans les salles d'examen au baccalauréat.

Pour faire face à la tricherie moderne via les réseaux sociaux, le ministère a opté pour la solution radicale d'arrêter  pendant le déroulement des épreuves sans tenir  des fuites et du sabotage jusqu'à ce jour non éclairci. Des millions de dinars furent perdus à cause de ces coupures qui s'avèrent insuffisantes. Est ce que traumatisés des candidats, ou bien les empêcher d'utiliser des moyens technologiques ou avoir une surveillance stricte et sévère mettra fin à la tricherie.

Le mal se trouve plus profondément dans la société où l'impunité se trouve à grande échelle. L'enfant est témoin quotidiennement depuis son enfance à la tricherie dans la société, certains parents mêmes lui apprennent les bienfaits de celle-ci en se vantant de connaitre x pour régler un problème ou bien qu'il a utilisé des moyens financés, si ce n'est pas les parents qui en parlent c'est le camarade de classe. Donc le gain facile dans la société, pousse ce gamin à utiliser la réussite facile soit par des cours particuliers chez son propre enseignant, soit par la tricherie généralement impunie au niveau de l'éducation pour les raisons d'autorité signalé plus haut, soit par l'intervention des parents pour faire réussir leur progénitures par tous les moyens même en sachant que leurs niveau est bas. La société essaie de combattre un phénomène qu'elle a elle-même créée.

L'enfant est beaucoup plus une victime d'un système bâti sur la tricherie et l'impunité qu'un accusé.. Aujourd'hui l'enfant triche malgré lui, il le fait même lorsqu'il est excellent car il refuse dans son profond l'échec qu'il n'a jamais connu et dans son éducation en général, on lui a toujours appris à réussir même lorsqu'il ne le mérite pas. On ne lui a pas appris quel est le prix de l'effort car celui-ci  a été traduit par un prix matériel.

Aujourd'hui arrêter ce phénomène, ne doit pas concerner uniquement pas que les examens du  baccalauréat ou du  BEM ou de la CINQUIEME car ce phénomène est beaucoup plus répandu à l'université. La tricherie n'est propre à l'Algérie mais cela ne doit pas nous empêcher de le limiter chez nous car il a dépassé toutes les normes et est devenu le secret de toute réussite. Notre système éducatif a été miné par ce fléau qui a été encouragé par la reforme qui fait beaucoup appel à l'internet. L'internet est devenu un moyen de tricherie qu'un moyen de connaissance, il est devenu incontrôlable.

Chacun de nous pense avoir la baguette magique pour y mettre fin mais chacun y emploie le mauvais moyen. Pour mettre fin à une  gangrène, il faut la couper à sa racine pour éviter que ça se propage. Pour la tricherie c'est la même chose, il faut aller à la racine c'est à dire les parents à partir de leur foyer et le système éducatif dès les premiers pas de l'enfant à l'école.

Comment  peut-on être fièr de réussir en trichant?

Comment un parent peut-il défendre son enfant lorsqu'il a triché?

Comment peut-on entrainer son enfant à tricher?

Comment accepte-t-on la réussite de son enfant par la tricherie?

Pourquoi refuse-t-on l'échec de son enfant?

Comment peut-on payer des cours particuliers à son enfants chez son enseignant pour que ce dernier lui donne une bonne note?

Comment accepte-t-on de pratiquer la corruption dans l'éducation pour la réussite de son enfant?

Pourquoi le système éducatif refuse de sanctionner le tricheur sévèrement dès le primaire?

Pourquoi ne pas redonner l'autorité pédagogique d'avant à l'enseignant?

Pourquoi refuse-t-on le redoublement de son enfant?

Comment accepte-t-on de faire appel à l'intervention d'une connaissance pour changer les notes d'un enfants?

Donc lorsqu'on aura répondu à ces questions on pourra alors penser à combattre la tricherie car l'enfant est une victime et nous sommes tous responsables de ce fait. Tant que le parent sera là pour défendre toutes les erreurs et les gaffes de son enfant ce dernier refusera de faire l'effort pour réussir ou d'obéir  et violera toutes les lois pour son succès quelque soit le moyen. Le résultat est là c'est la tricherie vulgarisé, les enfants sont incontrôlables et la violence est de plus en plus croissante chaque année. Ce mal s'est répandu dans toute  la société par le racket, la fraude, la corruption, les détournements, la falsification, l'escroquerie et l'agression. Donc on est responsable aussi bien de la tricherie que des maux qui rongent notre société. On récolte ce qu'on a semé.

Et la lutte contre la tricherie si elle s'arrête uniquement aux examens scolaires, cela se répètera l'année prochaine et les années qui suivront sans avoir mis terme à ce phénomène.

Donc la solution est de combattre ce mal à sa racine en sanctionnant sévèrement les parents ainsi que tous les complices y compris les encadreurs responsables.

L'école est un domaine noble et son rôle est d'instruire et non d'éduquer. L'éducation de l'enfant  appartient au parent. On est loin du temps où le père disait à l'enseignant "toi tu frappes et moi j'épluche". C'est vrai que ce temps est révolu, mais le parent n'accompagne plus l'enseignant dans sa tâche, il vient soit pour défendre son enfant ou pour réprimander l'enseignant au lieu d'obliger son enfant à obéir à son instructeur.

HAKEM BACHIR PROFESSEUR DE MATHEMATIQUES AU LYCEE COLONEL LOTFI D'ORAN

 

 

 

Tag(s) : #Vie Educative

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