Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

Ainsi, Nordine Aït-Hamouda va remettre son costume de député pour un mandat acquis, dit-il, grâce au choix du cœur et de la raison de ceux qui l’ont élu. Ceci, tout en étant convaincu que la nouvelle Assemblée nationale ne résoudra rien. Plus qu’une certitude, une conviction.
Le nouvel élu, indépendant et chef de file d’Alternative citoyenne, n’a pas manqué, en effet, de dire d’entrée ce qu’il pense de cette institution qu’il ne connaît que trop bien. «Depuis les élections législatives de 1997, la légitimité et la crédibilité de l’Assemblée nationale ont connu une physique dégressive au détriment de la stabilité des institutions de la République», assène-t-il pour ensuite expliquer que «ce déclin politiquement suicidaire est délibérément orchestré aux fins de pérennité dans le pouvoir dont l’alternance est devenue chimérique» en mettant en avant le taux de participation et le nombre de votes blancs qui ne peuvent permettre au pouvoir de se targuer d’une bonne gouvernance. 
Puis, au nouveau député de rappeler l’institution d’une commission parlementaire chargée de se pencher sur la «fraude», commission qui «par injonction politique» n’a jamais exercé son droit. Ce à quoi ont abouti les élections du 4 mai dernier, c’est «un deal politique stratégique entre les tenants du pouvoir incarnés par les partis majoritaires et le segment islamiste domestiqué». 
En fait, pour Nordine Aït Hamouda, ces élections ont abouti à ce qu’il appelle un rapprochement bâti sur les intérêts de la rente et de l’argent sale, d’une part, et la logique des quotas et le bourrage des urnes ont produit, d’autre part, des groupements politiques émiettés, satellites des partis éternellement dominants en prévision des futures batailles électorales à l’orée de 2019, c'est-à-dire l’élection présidentielle.
Des partis dits démocrates ont signé un net recul, et ce, pour n’avoir pas su tirer les leçons des différentes expériences. «Les ambitions démesurées, les arbitraires exclusions, l’extinction et l’isolement des intelligences, les logiques d’appareils, les choix des profils de candidats et leur parachutage, la promotion de malfrats et des cercles mafieux ont trahi l’espoir et l’espérance», estime le fils du colonel Amirouche qui dit avoir décelé un «sentiment de déliquescence de la classe politique, par son discours avilissant et vexatoire» comme c’est le cas du RCD et du RND, qu’il citera nommément, pour n’avoir ménagé aucun effort pour l’avoir mis, lui, dans leur viseur. 
Quoi qu’il en soit, le siège décroché par la liste qu’il pilotait «témoigne d’abord de la fin de règne des partis classiques qui n’ont pu récolter que 40 mille voix sur les 700 mille inscrits dans la wilaya de Tizi-Ouzou». Un renouveau qui s’instaure dans le microcosme politique local, conclut-il, et une dynamique mise en branle dans la perspective de création d’un large rassemblement des femmes et des hommes de tous bords, les déçus des partis traditionnels, les laissés-pour-compte politiques et d’autres encore. 
«Le verdict de l’Histoire tombera pour situer les responsabilités du chaos dans notre région, en matière de déclin culturel, social, identitaire, politique et surtout la défaillance citoyenne et les récurrentes répercussions qui ont discrédité le politique dans sa forme la plus noble», juge Nordine Aït-Hamouda pour conclure sa déclaration avant le jeu des questions-réponses avec les journalistes, n’éludant aucun sujet comme lorsqu’il a jugé de «faute politique grave» le fait que les militaires aient décidé, du moins dans la wilaya de Tizi-Ouzou, de voter blanc, ou encore lorsqu’il a dit regretter «la décadence du RCD et du FFS, mais ils l’ont cherchée», ou lorsqu’il fera état de sa crainte qu’il n’y ait que des perdants si la conjoncture difficile qui se profile aboutit à une explosion. 
M. Azedine

Partager cet article

Repost 0