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Par Albert Zennou

Mis à jour le 10/04/2017 à 07:49

 

Publié le 09/04/2017 à 18:00

 

INFOGRAPHIE - Grâce à une forte poussée, Jean-Luc Mélenchon (+6 points par rapport à mars) dépasse pour la première fois François Fillon dans les intentions de vote, tandis que la poursuite du resserrement des écarts au sein du quatuor de tête renforce l'incertitude avant le premier tour.

Un match à quatre. Le resserrement commencé depuis quelques semaines est toujours en vigueur. Aujourd'hui, la victoire finale semble plus que jamais se jouer entre Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, selon une étude de Kantar Sofres OnePoint pour LCI, le Figaro et RTL. Si la tendance devait se confirmer dans les deux semaines qui restent avant le premier tour, il est désormais envisageable de voir ces quatre candidats recueillir autour de 20 % des voix. Et avec un écart aussi faible entre eux, tout devient possible le jour du scrutin.

Une chose est sûre: le candidat de La France insoumise profite d'une véritable dynamique avec un bond de 6 points, passant de 12 à 18 % d'intentions de vote. À l'inverse, la présidente du FN et le candidat d'En marche! baissent tous les deux de 2 points et restent à égalité à 24 %. De son côté, Fillon est stable à 17 % mais voit désormais Mélenchon lui passer devant. Un croisement des courbes symbolique.

«Ce qui est frappant, c'est la fluidité des électorats, qui peuvent passer d'un candidat à l'autre assez rapidement»

Emmanuel Rivière, directeur du pôle Opinion de Kantar Sofres

L'essentiel des gains enregistrés par Mélenchon est obtenu en siphonnant les voix de Benoît Hamon, qui, avec 9 %, est durablement enkysté sous la barre des 10 %. Et la dynamique est sans doute loin d'être achevée. Mélenchon est parvenu à convaincre une partie de l'électorat PS en rupture avec le quinquennat de François Hollande. Ainsi, ce sont maintenant 26 % des sympathisants socialistes qui votent Mélenchon contre plus que seulement 32 % pour Hamon. Un chiffre qui donne la mesure du problème Hamon qui ne parvient même pas conserver ses électeurs naturels. «Ce qui est frappant, c'est la fluidité des électorats, qui peuvent passer d'un candidat à l'autre assez rapidement», analyse Emmanuel Rivière, directeur du pôle Opinion de Kantar Sofres.

Autre indicateur essentiel: la certitude du choix qui donne à Le Pen et Fillon un avantage non négligeable. En effet, les deux affichent les plus forts taux d'électeurs certains de voter pour eux: 76 % pour Marine Le Pen, 75 % pour François Fillon. À l'inverse, Macron figure toujours parmi les plus friables avec seulement un électeur sur deux qui est absolument certain de glisser un bulletin Macron dans l'urne. Cette détermination moins forte explique en partie sa chute régulière dans les sondages depuis plusieurs semaines. Si Fillon peut s'enorgueillir d'avoir une certitude élevée de la part de ses électeurs, son problème réside dans sa base électorale plus étriquée. «On le sait, les électeurs Fillon sont aujourd'hui très déterminés. Ils ne changeront pas leur vote. Tout l'enjeu pour l'ex-premier ministre est de convaincre une partie de l'électorat de droite qui s'est déporté vers d'autres candidats», explique Emmanuel Rivière. Dans ce contexte, un électorat aussi déterminé et mobilisé présente un atout majeur en cas de forte abstention, ce qui pourrait arriver cette année. À ce stade, Kantar Sofres estime la participation à 72 % quand elle a frôlé les 80 % en 2012. À ce compte, la mobilisation différentielle peut faire approcher Fillon du duo de tête. Car dans le même temps, Macron endosse le rôle pas toujours avantageux du favori. Or, les dernières élections ont rarement souri aux favoris. Car plus un candidat est donné gagnant, plus les électeurs ont tendance à favoriser un vote de passion et à délaisser le vote raisonné. Le favori a paradoxalement parfois plus de mal à mobiliser que les challengers. Pas étonnant qu'Emmanuel Macron réfute son statut de favori.

 

Enquête réalisée par Kantar Sofres-OnePoint pour Le Figaro, RTL et LCI. Échantillon de 1515 personnes inscrites sur les listes électorales représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par régions et catégories d'agglomération. Enquête réalisée en ligne, du 5 au 7 avril 2017.

Tag(s) : #Politique internationale

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