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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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PALESTINE :Un silence pesant

 

le 17.04.17 | 12h00 Réagissez

 Plus personne n'évoque la question palestinienne. Peut-être y a-t-il plus urgent, comme toutes ces guerres qui ont lieu dans un espace géographique bien précis s’agissant du monde arabe. Et dire que certains se sont laissés aller jusqu’à parler de printemps. Ce sont plutôt de sombres desseins auxquels ces pays font face, avec un démembrement total mené par des forces aussi nombreuses que difficilement identifiables.

Cela suffit-il pour marginaliser, sinon imposer un total black-out sur d’autres conflits et autant de crimes ? La question palestinienne est un exemple caractéristique de ce silence qui intrigue. Depuis bientôt 70 années, ce conflit est totalement ignoré, sinon traité pendant des dizaines d'années sous l’angle humanitaire. Il a fallu des décennies de lutte armée et une Intifadha pour que cette erreur soit corrigée, et l’existence du peuple palestinien pleinement reconnue.

L’on croyait que la paix n’était plus aussi éloignée et que le peuple palestinien allait enfin être rétabli dans ses droits nationaux. C’était en 1993, mais la suite, les Palestiniens la décriront à travers quelques chiffres liés à l’occupation et la colonisation israéliennes. Les colons israéliens y étaient environ 100 000 après les Accords d’Oslo conclus en 1993. Ils y sont désormais plus de 400 000. Depuis 1995, la Cisjordanie est mitée, dépecée, divisée en trois zones enclavées. Un analyste palestinien bien connu souligne, quant à lui, qu’«il ne reste aux Palestiniens que 250 îlots de terre séparés, encerclés par des colonies, des zones de contrôle militaire, des quartiers de prison et un ''mur'' de 800 km de long, deux fois plus haut que le mur de Berlin, qui coupe des villages entiers, des terres d’élevage et de culture.

 

Israël est furieux quand on emploie ce mot, mais c’est bien une situation d’apartheid qui règne ici». Autant dire qu'Israël a été bien au-delà du simple blocage du processus d’Oslo, amenant un éminent spécialiste des relations internationales à considérer que la politique israélienne, après l’accord conclu avec les Palestiniens, consistait en un «démantèlement lent d’une solution possible et connue de tous par le seul jeu de la passivité et de l’inaction choisies».

On finit donc par constater que le cœur du processus de paix n’est pas la fin de l’occupation israélienne, mais bel et bien sa réorganisation. Pas besoin donc de conclaves consistant essentiellement en l’énoncé de la question, ou encore «les paramètres de la négociation», une réelle aberration, au moment où l’on considère aussi que la période qui a suivi l’accord en question a permis «une réorganisation du dispositif d’occupation israélienne». Pourtant, de nombreux pays et organisations internationales relèvent cette situation qu’ils qualifient de grave, la considérant même, ce qui est tout de même nouveau, comme une menace pour leur sécurité nationale. Il était attendu, et ce qui est logique, une réaction aussi prompte que vigoureuse, mais rien cependant n’a été entrepris. Pourtant, le danger est réel.

Mohammed Larbi

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