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Averroès, ou Ibn Rochd de Cordoue, de son nom complet Abu al-Walid Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Aḥmad ibn Rošd, est un médecin, juriste et philosophe arabe, né à Cordoue en Espagne en 1126. La ville est alors un lieu d’intense activité intellectuelle. Sa famille était connue et respectée; son grand-père et son père avaient été grands qaadi (magistrat) à Cordoue. Ibn Rochd acquit une formation solide, par des maîtres particuliers.

 Il commence par l’étude du Coran, de la grammaire, de la poésie, de l’écriture et des rudiments de calcul. Il est initié par son père qui était lui-même juge à Cordoue, à la jurisprudence musulmane, selon laquelle le religieux et le juridique ne se dissocient pas. Après une bonne formation religieuse il étudia d’autres branches du savoir, la physique, l’astronomie, la médecine, les mathématiques. Il apprit la philosophie et le droit sous la direction d’Abu J’afar Haroon et d’In Bajja, et la médecine sous celle d’Avenzoar.

Il devient par la suite, grand Cadi à Séville, écrit des livres de droit et devient Médecin de l’émir Almohade à Marrakech en 1182. Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. Il consacre toute sa vie à l’oeuvre du philosophe grec. Il cherche à en retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes les interprétations faites jusque-là.

Ibn Rochd tenta d’assurer, une fois pour toutes, l’indépendance de la philosophie vis-à-vis de la théologie islamique, notamment en réfutant les thèses d’Al-Ghazämi. Sa doctrine, si elle s’efforçait de ne pas entrer en conflit direct avec la théologie orthodoxe, tentait de situer le dogme religieux et la philosophie sur deux plans différents. Selon lui, la « révélation » coranique  pouvait s’expliquer de deux façons différentes, l’une purement religieuse, l’autre de nature philosophique et presque psychanalytique. Il en arrivait, de la sorte, à créer l’équivoque de la « double vérité ».

Ses doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien et trouveront presque autant de disciples que d’opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée. Les principes d’Averroès
considérés comme dangereux seront finalement condamnés par l’Église en 1240, puis en 1513. C’est dire l’influence considérable du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales.

Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi, Averroès doit fuir, se cacher, vivre dans la clandestinité, jusqu’à ce qu’il soit rappelé à Marrakech, où il meurt, réhabilité, en 1198.

Un examen attentif de ses travaux médicaux et philosophiques montre qu’Averroes était un homme profondément religieux ayant une bonne connaissance du Coran et des traditions enseignées par le Prophète auxquelles il fait souvent référence. Ainsi on trouve dans ses écrits cette phrase: « Quiconque étudie l’anatomie augmente sa foi dans l’omnipotence et l’unité de Dieu Tout Puissant ».

Bien qu’il eut été condamné par les musulmans et les chrétiens, ses « Commentaires » furent traduits en hébreu puis en latin (aux XIIIe et XIVe siècle). Ils auront un grand retentissement jusqu’à la Renaissance.

Ibn Rochd tenta surtout de démontrer l’accord de la foi et du savoir en élaborant une hiérarchie fonctionnelle des différents arguments. Loin d’être antinomiques, les discours exhortatifs pour la population, pour les interprètes du Livre et les savants, pourront se concilier dans un but commun : la connaissance.

 

Sources :

  1. Site de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) classes.bnf.fr/dossitsm/b-averro.htm
  2.  R.Arnaldez, Averroes, un rationaliste en Islam, Balland, coll « Le Nadir », Paris, 1998 (2e édition), 237 pages.
  3. Illustration :  gravure représentant Ibn Rochd de Cordoue, répondant calmement à ses détracteurs dans une mosuquée
Tag(s) : #Histoire

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