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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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Ali Benflis : «La France doit entreprendre son examen de conscience»

 

 

le 19.03.17 | 12h00 Réagissez

 
	Ali Benflis, président de Talaie El Houriyet

Ali Benflis, président de Talaie El Houriyet
 

Le président du parti Talaie El Houriyet, Ali Benflis, était hier à Jijel, où il a animé une rencontre avec les militants et les sympathisants de son mouvement, à l’hôtel Emeraudes de Tassoust (8 km à l’est du chef-lieu de wilaya), pour célébrer le 55e anniversaire de la fête de la Victoire, qui coïncide avec le 19 Mars, date de la signature des Accords d’Evian en 1962.

C’était l’occasion pour Ali Benflis de revenir sur le passé glorieux, durant la Révolution, de la région qui a abrité le siège de la Wilaya II historique, de ses chefs, comme Bentobbal, Kafi et Boubnider, ou encore ses martyrs qui ont «rendu possible l’impossible», partis parfois à 20 ans comme Khelifa Oulmane, Youcef Bouchakou et Mouloud Zikara, ou encore des baroudeurs de la trempe de Seddik Bouridah (dit Bachir Lekhal) et Amar Gherfi (Moustache). Plusieurs autres noms ont été cités avec le commandant Hocine Rouibah, avant de nommer les deux emblématiques de la région : Ferhat Abbas et Mohamed Seddik Benyahia.

C’était l’occasion pour Ali Benflis de s’attaquer de front au «système colonial» qui refuse d’admettre le «verdict de l’histoire», soulignant au passage qu’il n’a été pour les Algériens ni lumière, ni progrès, encore moins une mission civilisatrice, mais au contraire «un obscurantisme, une régression et une œuvre de barbarie». Ali Benflis estime que «nous «faillirions au serment fait à Didouche Mourad et aux chouhada si nous laissions dire ou écrire que nos héros se sont opposés au progrès que de généreux bienfaiteurs seraient venus leur apporter alors qu’ils ont combattu une occupation, une oppression et un asservissement».

Il ne manquera pas dans la foulée de revendiquer des excuses, une exigence déjà comprise par de grandes nations qui ont entrepris leur examen de conscience, citant au passage la Hollande avec l’Indonésie (1947), l’Allemagne avec la Namibie (2004), l’Italie et l’Australie en 2008 avec, respectivement, la Libye et les Aborigènes, et enfin la Grande-Bretagne avec le Kenya (2013). M. Benflis s’est étonné qu’après le geste de ces nations, seul le colonialisme français fait exception et «continue à s’enorgueillir d’une tentative de destruction totale d’un peuple et d’une nation». Abordant la situation du pays, il jalonnera son discours du syntagme : «Algérie, qu’est-il advenu de ta victoire ?», répété pour construire son constat peu reluisant d’une Algérie qui «n’est toujours pas démocratique, ni un Etat de droit et une société des droits et des libertés». Il s’offusque qu’il y ait toujours «une citoyenneté relative et une autre absolue», de même qu’une «infra-citoyenneté et une supra-citoyenneté». Et de conclure par une «citoyenneté limitée au côté d’une citoyenneté sans limite». Pour Benflis, l’Etat est aujourd’hui «affaibli, vulnérable et menacé par un système politique qui s’est lui-même mis avec l’Etat national dans une situation de crise profonde sans précédent».

Et de regretter que les Algériens «ne choisissent toujours pas leurs gouvernants et ne les contrôlent pas». Il dénonce «une économie paresseuse, une dépendance de l’étranger» avec en sus «une société émiettée et divisée qui a perdu ses valeurs référentielles et repères moraux». Il résumera les maux dont est atteinte notre société par «la prévalence des intérêts particuliers sur l’intérêt général, les égoïsmes, le repli sur soi, le régionalisme, le clanisme, le népotisme, la marginalisation, l’exclusion, la course à l’argent facile, la dévalorisation de l’effort et la corruption». Evacuant d’un revers de la main les accusations portées à son encontre de «servir des intérêts étrangers en parlant de la sorte et en faisant un tel constat d’échec», il considère qu’il manque aujourd’hui un projet national et une gouvernance politique capable de le porter.

Et de conclure que le courage est «de regarder la réalité en face et de constater que l’heure est à un nouveau projet national inclusif, mobilisateur et rassembleur». Enfin, parlant de la dernière tripartite, il dira qu’il s’agit d’une rencontre «hna fi hna» avec un seul syndicat des travailleurs et un seul syndicat pour le patronat et de regretter qu’en dépit des sommes colossales injectées dans l’agriculture, ce secteur, qui participait dans une proportion de 10 à 12% du produit national brut, ne représente plus que de 8 à 10% du PND !

Fodil S.
 

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