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L’évolution du sport et son impact au niveau de la société, grâce notamment à sa médiatisation, asuscité un intérêt de plus en plus prononcé des entreprises économiques mondiales. Cet intérêt semanifeste à travers le sponsoring qui permet à ces dernières de promouvoir leurs produits et aux institutions sportives de bénéficier de moyens financiers de plus en plus importants. Cette disponibilité d’argent offerte par les sponsors, a encouragé les instances dirigeantes du sport à se défaire de leurs dépendances à l’égard des pouvoirs publics. L’argument avancé pour justifier l’autonomie de la gestion du sport, est de l’extraire de toute ingérence politique.

C’est ainsi, par exemple, que la charte olympique interdit toute discrimination, lors des compétitions internationales, menaçant de suspension tout pays qui serait tenté de rejeter une confrontationsportive, pour des motifs politiques. Cette situation imposée par les instances sportives internationales à leurs démembrements nationaux, est à l’origine de nombreux conflits, car les conditions d’évolution des fédérations sportives et comités olympiques au niveau des pays émergents, ne sont pas identiques à celles des nations développées où la gestion du sport est soumise à des règles de fonctionnement professionnelles. Ces dernières permettent aux instances dirigeantes d’être autonomes au plan matériel et plus à l’aise pour respecter les nouvelles modalités de gestion imposées par les chartes et statuts internationaux. La spécificité des nations émergentes où le sport continue de dépendre essentiellement des pouvoirs publics pour son financement d’une part, et le poids du politique d’autre part, n’a malheureusement pas été prise en compte par les instances internationales, mettant les fédérations et comités olympiques concernés dans des situations de fonctionnement extrêmement difficiles.

L’autonomie exigée par les tutelles sportives internationales n’est pas facilement acceptée par les états qui assurent le financement, et les instances sportives nationales sont constamment soumises aux menaces de suspension à la participation aux compétitions internationales. Ce nouveau mode de fonctionnement met les dirigeants nationaux face à une situation complexe, pris en étau entre le chantage financier des gouvernements et la menace de suspension internationale. L’absence d’approche rationnelle de la part des uns et des autres, se répercute sur les conditions de préparation des athlètes qui subissent souvent les contrecoups de prérogatives, expliquant en partie les crises de résultats manifestées au niveau de certains pays, dont l’Algérie. Il est vrai que les dirigeants du sport, du côté des pouvoirs publics comme des associations sportives n’ont pas su adapter leurs relations pour assurer une complémentarité intelligente, garantissant à la fois le respect des exigences internationales et ledroit légitime des Etats de s’impliquer dans ce qui représente le drapeau et les couleurs du pays.

Certains dirigeants d’associations profitent de « l’immunité sportive internationale » pour rejeter

toute ingérence des pouvoirs publics, surtout lorsqu’elles disposent suffisamment de moyens

financiers (sponsoring) pour imposer l’autonomie, oubliant que sur les compétitions internationales, l’athlète, en individuel ou en collectif, représente la nation, avec son peuple et son Etat et non la fédération sportive concernée. Par ailleurs, des responsables au niveau de l’administration publique, jaloux de leurs pouvoirs budgétaires, imposent parfois un véritable chantage aux associations sportives nationales, pour s’ingérer dans des affaires banales telles que la désignation du personnel de logistique par exemple, suscitant des réactions compréhensibles de dirigeants qui estiment leur autorité au sein de l’association, bafouée.

La nécessaire collaboration, dans le cadre du respect des prérogatives définies pour les uns et des droits légitimes de regard pour les autres, doit constituer le souci majeur des responsables concernés, afin de garantir aux athlètes sélectionnés, les meilleures conditions possibles de préparation aux compétitions internationales où la représentation du pays est engagée. L’autonomie exigée par les instances sportives mondiales ne signifie aucunement une

indépendance des associations nationales par rapport à leurs Etats respectifs. La charte olympique et les statuts internationaux évoquent la bonne gouvernance, le respect des lois nationales et des règles de fonctionnement universelles du sport, ce qui suppose un partenariat intelligent et responsable.

Les dirigeants des deux bords concernés doivent adapter leurs droits et prérogatives, pour permettre

une gestion assouplie des associations et la préservation de ce qui relève de la souveraineté du pays.

A ce titre, j’avais suggéré en tant que Président du COA, lors de l’assemblée générale du CIO au Mexique, de nouvelles rencontres entre les représentants des instances internationales (CIO

notamment) et des gouvernements, au niveau continental, afin de mieux expliquer les nouvelles

règles de gestion du sport, de tenir compte des spécificités et contraintes particulières (dépendances financières) et prévoir des chartes de partenariat adaptées. Les dirigeants du sport au niveau du continent africain, devraient s’entendre sur la nécessité de revoir, avec les instances internationales, les modalités d’application des règles de gestion au sein des associations nationales, en tenant compte des contraintes budgétaires et politiques propres à chaque nation. La raison doit privilégier le droit des athlètes de se confronter au niveau international. Le sport ne doit pas être pris en otage entre le chantage financier des gouvernements et le diktat autonomiste des tutelles internationales

Pr. Rachid Hanifi

Ex Président du Comité Olympique Algérien

Tag(s) : #Vie Sportive, #Olympisme

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