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Quels sont les problèmes rencontrés par la discipline et  quels sont les moyens  mis en œuvre au cours du cycle olympique écoulé ?  Quelles sont les solutions préconisées pour booster davantage la pratique les années à venir, sachant que le spectre de l’austérité impose une autre façon d’entreprendre? Des questions puis d’autres  qui n’ont malheureusement pas trouvées de réponses dans les bilans présentés à l’AGO samedi dernier.

 

Par Mustapha Mabed

 

Les bilans présentés au cours de la dernière  assemblée générale ordinaire de la Fédération algérienne de judo (FAJ) tenue samedi dernier au siège du Comité olympique algérien (COA) n’ont rien révélé de sérieux. Dans les documents –bilans, transmis dans les délais requis aux membres mais dont une partie a été remise sur place, n’est mentionné aucun écart, comme si dans cette discipline tout va au mieux. La contre performance des derniers JO de Rio au Brésil en 2016 à titre d’exemple  a été crédité de bon résultat, alors que tout le monde sait que nos capés sont passés a côté de leur sujet. Avec cinq chances de medailles, l’Algérie n’a rien obtenue. Pourtant, ils étaient grands, très grands mêmes, les moyens  que l’Etat a consenti pour la préparation des athlètes et leur participation a un grand nombre de compétitions internationales. En effet, si l’Algérie est parvenue à qualifier 5 judokas aux JO c’est en grande partie en  raison des moyens mis en œuvre.

 

Des sujets importants occultés

 

Sur ce sujet important de la participation aux JO de Rio, rien n’est mentionné dans les bilans. On n’a pas évoqué comment ont été sélectionnés les athlètes et les entraîneurs et comment leur instabilité s’est installée tout le long de la préparation. Les problèmes de la gestion de groupe et de la discipline dans les équipes nationales n’ont pas également été  mentionnés. Comme aussi  les compétitions internationales  ratées.  Pour la FAJ qui a axé toute son énergie sur les équipes nationales, délaissant le développement de la pratique, c’est un échec que l’on ne veut pas avouer.

Et que dire de la planification qui n’existe pas donnant une gestion au  jour le jour. Pourtant dans le cercle international de la discipline et depuis maintenant des années, les indicateurs de programmation sont connus. Il suffit seulement de consulter le site de la Fédération internationale de judo (FIJ) pour s’en rendre compte.

 

Gérer, c’est prévoir

 

Gérer, c’est prévoir et prévoir n’est pas le fort de la FAJ qui croule sous une grosse ardoise de dettes qui a engendré une trésorerie déficitaire en fin de cycle.

Les inventaires complets  des biens de la FAJ ne sont pas mentionnés non plus dans les bilans desquels on ne ressort que les rares satisfactions de nos  cadets et juniors mais on ne dit pas que ces derniers,  faute de planification, ne sont pas encore prêts  à reprendre le flambeau des aînés pour jouer les échéances internationales qui pointent à l’horizon.

Combien compte le judo national de clubs, de ligues, de licenciés et d’entraîneurs et quelle est la courbe d’évolution d’année en année durant le mandat. Là aussi rien n’est indiqué.

Il en est de même pour les contrats programmes qui normalisent les rapports entre les pouvoirs publics et la fédération. On ne donne aucun commentaire.

 

Quelle est la situation des dojos d’Alger et d’Oran ?

 

La situation problématique des dojos d’Alger et  d’Oran, outils essentiels pour le développement de la discipline et pour qui il faut trouver une solution n’a pas été commentée.

On ne dit pas également  pourquoi  le lycée sportif national d’Alger, ses annexes et les classes sport études ne drainent pas les meilleurs de  l’élite juvénile nationale et  que ce ne sont pas les meilleurs entraîneurs qui sont en fonction.

Les bilans de fin de cycle présentés par la FAJ  ne font pas ressortir la régression inquiétante du judo féminin algerien régulier pourvoyeur de satisfactions. On a de moins en moins de filles dans les clubs et dans les compétitions nationales de judo. On ne dit pas par ailleurs pourquoi on délivre des grades seulement la veille des élections. Un grade ça se mérite. Sa délivrance doit obéir à des critères d’accès. Plus grave encore, la délivrance des grades de haut niveau n’a pas tenu compte de la  nécessite pour le postulant d’avoir la compétence requise, de la maturité dans la pratique, un sans reproche dans le comportement de tous les jours  et une grande connaissance de la discipline à tous points de vue.

 

Pas une ligne sur le judo scolaire et universitaire

 

Tous ces écarts ne sont pas transcrits dans les documents –bilan qui doivent constituer en principe un support clé de soutien aux futurs programmes de l’essor de la discipline.

Enfin, les bilans ne parlent pas  des clubs et des ligues, les piliers sur lesquels repose la pratique. Ces structures d’organisation et d’animation  ont énormément de problèmes de moyens. Ils ne fonctionnent pas comme il se doit. Comment la FAJ première responsable va-t- elle venir à leur aide et régler les problèmes de gestion et surtout de l’enseignement du judo.

Comment relancer la pratique du judo en milieu scolaire et universitaire ?

 

Un système de compétitions qui fait défaut

 

Pourquoi la FAJ n’organise plus de compétitions internationales en Algérie ? Pourquoi l’absence d’un  système de compétition ouvert à tous les types de pratiques, éducative, formatrice, de performance et de loisir ? Depuis 2008 avec la transformation qu’a connue la discipline dans le monde, beaucoup de retard est accusé alors que l’on se doit de se mettre a niveau de ce qui se fait de bien et de mieux à l’échelle internationale. Là aussi motus et bouche cousue.

 

Le besoin d’une révision profonde

 

Cette discipline a besoin d’un projet, d’une stratégie et de règles admises et connues de tous. Mais aussi d’un large programme de formation de la ressource humaine d’encadrement. La dernière AGO l’a montré clairement. Discipline sportive classée parmi les sports nationaux de premier ordre, elle a besoin d’une révision profonde.  Les pouvoirs publics sont interpellés. Leur apport ne doit pas être compris comme une ingérence mais comme garant de l’intérêt général et public.

Tag(s) : #Vie Sportive

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