Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Par Hakim Laâlam 
 Email : hlaalam@gmail.com


Après Macron, c’est au tour de Hamon de promettre aux
Algériens des excuses s’il est élu Président. Eh ! Oh !
Doucement les gars. Pas de bousculades. En rang …

…l’un derrière l’autre, chacun son tour !

Désolé, mais je reviens dessus. Et reviendrais encore à chaque fois que je le jugerais nécessaire. Mon baromètre, c’est vous, amies lectrices et amis lecteurs. Et surtout pas certains «salons». Et justement, c’est de ces salons-là que j’ai entendu monter ces dernières heures cette «p’tite musique» que je connais bien. Ce refrain susurré par une chorale dormante, mais en mode veille permanente. Et que nous chantonne cette chorale maintenant que le bip du réveil lui aura été envoyé, impulsé ? J’ouvre les guillemets pour vous restituer le plus fidèlement possible les paroles de cette chanson : «Il faut savoir tourner la page des 132 ans d’occupation française et passer à autre chose. Les jeunes générations qui n’ont pas connu cette guerre ont besoin d’apaisement.»

Et ben non ! Je ne vois pas pourquoi partout dans le monde, et encore il y a quelques semaines seulement, des musées et des mémoriaux de la Shoa ouvrent un peu partout à travers la planète, et moi et mes enfants devrions tourner la page du massacre de nos mères, de nos pères, de nos frères, de nos sœurs et de nos familles, parfois entières.

Je ne comprends pas l’indulgence et l’admiration que le monde éprouve pour les «justiciers» israéliens qui traquent les survivances nazies jusqu’aux confins du Groenland, et la répulsion que ce même monde occidental éprouve à notre encontre parce que nous revendiquons la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis chez nous par la France.

Des couples de vieillards ayant subi les camps allemands sont célébrés comme des héros tous les jours, des «travailleurs infatigables de la mémoire», et nous, lorsqu’on se rappelle un p’tit chouia à la mémoire, nous irritons, nous dérangeons, et c’est limite si on ne nous traite pas de minables fouilleurs de m…!

Aujourd’hui, c’est plus fort que moi, ce premier et second collège dans la gestion des mémoires des peuples me rend encore plus tenace et plus rageur à exiger le pardon, l’officialisation, la «labélisation» en crime contre l’humanité des exactions commises par la France officielle dans mon pays occupé.

Mes doigts, mes mains, ma pôv’ cervelle rabougrie m’interdisent de tourner cette page-là. Et tant qu’un souffle, juste un souffle agitera encore ma glotte, je transmettrais à mes enfants cette intransigeance. Tout en fumant du thé pour rester éveillé à mon cauchemar qui continue.

Tag(s) : #Vie politique, #Histoire

Partager cet article

Repost 0