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Art. 19 Déclaration universelle

des droits de l’homme


§ 8 Convention
créant l'UNESCO

§ 1 Préambule de la Constitution :
Art. 5 Préambule de 1946 
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25 Jul 2007 - Hamid Oussedik - Le Quotidien d'Oran (Algérie).

La création de l’Union Africaine (UA) constitue une étape majeure dans l’évolution politique et institutionnelle du continent.

UN NÉCESSAIRE RAPPEL

L’Union Africaine fournit un forum continental permettant à tous ses États membres d’adopter, particulièrement au niveau des instances internationales, des positions coordonnées sur des questions d’intérêt commun concernant l’Afrique. déployant des efforts pour résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques multiformes auxquels elle est confrontée». La Déclaration de Syrte, souligne que l’UA est basée sur une vision partagée d’une Afrique unie et forte, et sur la nécessité de bâtir un partenariat entre gouvernements, société civile et secteur privé avec une attention particulière en ce qui concerne les femmes et les jeunes. Il s’agit entre autres, de : 
• renforcer la solidarité et la cohésion entre les peuples africains ; 
• Promouvoir et défendre les positions africaines communes sur les questions d’intérêt au bénéfice du continent et des peuples; 
• Créer les conditions appropriées permettant au continent de jouer un rôle actif dans l’économie mondiale et les négociations internationales; 
• Favoriser la coopération internationale, en tenant compte de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».

L’Union Africaine fournit un forum continental permettant à tous ses Etats membres d’adopter, particulièrement au niveau des instances internationales, des positions coordonnées sur des questions d’intérêt commun concernant l’Afrique. 
La réalisation de ces objectifs est confiée, au sein de l’U.A, à huit commissaires dont celui des Affaires sociales dont relèvent les sports.

L’ U.A peut constituer, à ce titre, un irremplaçable forum de discussion, ouvert aussi bien aux instances gouvernementales qu’aux organisations sportives non gouvernementales. Un forum capable de contribuer, également, au renforcement et au développement de l’esprit continental par le sport. Le rôle de L’U.A serait sans équivalent dans la définition des objectifs et du développement du sport scolaire et universitaire, de la promotion du sport pour tous, des progrès des disciplines scientifiques liées au sport, de la diffusion et de l’échange des informations sportives, de la protection des valeurs éthiques ainsi que des problèmes liés à la mondialisation du sport et à la place de l’Afrique. 
La nécessité de repenser, rénover et adapter les politiques et programmes d’éducation physique implique une adéquation avec l’évolution du monde : les doctrines des politiques et programmes de l’éducation physique et du sport conçues pour la plupart comme des modèles au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sont inopérantes au regard du contexte culturel moderne dans lequel les différences culturelles affectant les valeurs, les attitudes et les comportements, ne peuvent être occultées.

L’effondrement des valeurs éthiques et morales du sport, perçues comme des valeurs universelles, ne peut isolément servir à expliquer dans l’ensemble, ni les préoccupations soulevées par la pratique sportive ni la désuétude des politiques et programmes d’éducation physique et du sport dans et hors le système éducatif.

L’une des problématiques récurrentes depuis plus de deux décennies repose sur l’urgence qu’eut été d’analyser à tous les niveaux de responsabilité des instances sportives la portée de la reconfiguration des politiques et programmes d’éducation physique et du sport dans le cadre d’une stratégie à long terme.

Cette quasi absence de vision stratégique, sans affaiblir le rôle des pouvoirs publics dans la promotion et l’organisation de l’éducation physique et du sport (soit décentralisé, soit déconcentré), a conduit progressivement, par la force des choses, le mouvement sportif à se substituer à ceux-ci. La démultiplication de la création de clubs sportifs et d’associations sportives (par l’effet de la démocratisation du sport) a implicitement entraîné les pouvoirs publics à privilégier cette approche sans rechercher à créer un équilibre avec le système éducatif qui, par son potentiel, demeure un vivier de premier ordre.

La place, le rôle et l’importance du sport dans le monde et en Afrique militent pour la création, au sein de l’UA, d’un véritable Département du sport qui aura à coopérer avec les organisations gouvernementales et non gouvernementales avec, pour principales missions, la mise en place d’initiatives devant assurer le renforcement et le développement du sport africain. 
L’on peut citer à titre indicatif : 
• La bonne gouvernance dans le sport, 
• La coopération intergouvernementale, 
• L’harmonisation des textes législatifs et réglementaires, 
• Le développement de l’Éducation physique et le sport, 
• La femme et le sport, 
• La préparation, l’organisation et l’évaluation des conférences des ministres africains du sport.

A moyen et long terme, l’action de ce Département devrait s’appuyer sur un certain nombre de textes normatifs tels que : 
• Une Charte africaine du sport, 
• Une convention africaine contre le dopage, 
• Un code d’éthique sportive, 
• Une base de données au niveau africain et international,

De même, l’U A apparaît comme l’Organisation la plus apte pour agir efficacement au service des États africains, en coopération avec, par exemple, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et d’autres Agences internationales et régionales. Une coopération pouvant contribuer, en Afrique, au financement et au développement de l’éducation physique et du sport, précieux facteurs du progrès économique, social et culturel.

Il en va également de l’aspect politique dont il ne faut pas en feindre l’importance. Lors du congrès de Neuchâtel, en novembre 1975, le président du Comité international olympique (CIO), Juan Antonio Samaranch, déclarait lui-même : « Nul doute que les compétitions sportives, et en particulier les Jeux Olympiques, reflètent la réalité du monde et constituent un microcosme des relations internationales». Ce point de vue s’est largement répandu chez les observateurs politiques depuis avril 1971, date à laquelle une équipe américaine de ping-pong est allé en Chine alors que ce pays n’entretenait pas de relations diplomatiques avec les États-Unis. Cette page apparemment banale, de l’histoire des sports, est pourtant célébrée comme césure historique et se retrouve même dans les encyclopédies en tant que « diplomatie du ping-pong ». Plus de doute : il y a un rapport immédiat entre le sport et les problèmes internationaux. Le président Nixon n’avait-il pas déclaré qu’« en jouant au ping-pong, nos deux pays ont effacé les incompréhensions du passé»?

Il est difficile d’être plus explicite dans la description des rapports entre le Comité Olympique International et les pouvoirs politiques que ne le fut en juillet 2005 la 117ème session du CIO à Singapour.

LE RÔLE HISTORIQUE DE L’AFRIQUE t attribué l’organisation des Jeux olympiques d’été 2012 à Londres après que Tony Blair, Jacques Chirac, Bertrand Delanoë et tant d’autres dirigeants et élus politiques internationaux ou nationaux se soient soumis à un travail de coulisses et au «grand oral» devant l’assemblée du CIO. De fait, il est indéniable que le Comité International Olympique et plus largement l’ensemble des composantes du Mouvement olympique, en particulier les Comités nationaux olympiques et les Fédérations internationales de sport, mais aussi certaines des organisations reconnues par le CIO telles que l’Agence Mondiale Anti-dopage, développent une activité qui les met en rapport direct et régulier avec les acteurs politiques et pas des moindres. Tout en affirmant son indépendance et en précisant que seule la préoccupation olympique motive les actions de ses membres, le CIO, soucieux de pérenniser son existence, a toujours coopté une large représentation politique.

LE RÔLE HISTORIQUE DE L’AFRIQUE

S’agissant de l’Afrique, le sport a joué un rôle actif en faveur du continent durant la colonisation et dès les débuts des indépendances en 1960. Le sport est vite apparu comme un moyen de forger le sentiment national dans le sillon des luttes pour l’indépendance. L’équipe de football du FLN reste le meilleur exemple de la diplomatie sportive à travers ses prestations historiques dans les pays de l’Est et les États arabes.

Le Président Senghor déclarait en 1961 : « Dans la considération dont [les peuples] jouissent à l’étranger, les performances sportives entrent pour une proportion non négligeable ».

Le ministre ivoirien de la Jeunesse et des Sports sera encore plus précis en mars 1966 : « Nous devons construire la Nation; oui, par-dessus tout, il faut d’abord la Nation. Et une nation, ce n’est pas un État, c’est plus qu’un État, c’est la fusion de toutes les tribus, c’est une manière commune de penser… Donc, tout au long de ma gestion, je prendrai un soin jaloux à faire en sorte que tout parte du sport». C’est ainsi que parmi les premières démarches des nouveaux États africains, figure la demande d’adhésion au CIO et surtout à la FIFA. L’on estime que l’indépendance trouve dans ce cadre un moyen très rapide de s’afficher au plan international. Dès les premiers instants, le sport a occupé une place de choix dans le panafricanisme. Il est vite apparu comme un outil efficace d’une volonté politique visant à affirmer une identité africaine à partir d’une collaboration sportive institutionnalisée entre États. Des dirigeants historiques tels que les Présidents Nasser et Nkrumah ont tenté de créer des équipes de football capables de rivaliser avec celles de l’Europe de l’Ouest.

Ce n’est nullement par hasard que les premières manifestations panafricaines ont vu le jour à travers le football. Pour reprendre un mot du Président Blatter « dans le monde, le football est la première religion.. dans le sport ». La Confédération africaine du football (CAF), voulue et soutenue par le Président Nasser, est créée en 1959 lors du Congrès de la FIFA à Lisbonne, à l’initiative tripartite de l’Égypte, du Soudan et de l’Éthiopie. Lui reprochant sa décision d’écarter l’Afrique du Sud des compétitions africaines de football, la FIFA n’enregistrera officiellement l’adhésion de la CAF qu’en 1961. L’échec des tentatives d’organisation, à l’initiative du comité olympique, des Jeux africains à Alger, en 1925, et à Alexandrie en 1929, procède du même esprit de racisme et d’exclusion. Dans ses mémoires, Pierre de Coubertin note : « Au fond des choses, il y avait le conflit essentiel, la lutte de l’esprit colonial contre la tendance à émanciper l’indigène, tendance pleine de périls au regard des états-majors de la métropole ».

La lutte contre l’apartheid sert de ciment unificateur de la diplomatie africaine. Envisagé dès 1960, notamment pour les Jeux olympiques de Tokyo en 1964 et de Mexico en 1968, l’isolement sportif de l’Afrique du Sud se concrétise en 1970 à Amsterdam, lorsque, grâce à la fermeté des Africains, le CIO cesse de reconnaître le Comité national olympique du régime de l’apartheid. La même détermination planera sur les Jeux de Montréal en 1976. Le CIO ayant refusé d’en exclure la Nouvelle-Zélande, coupable d’avoir rencontré l’équipe de rugby Sud-africaine, après les massacres de Soweto, les délégations africaines se retirent. La FIFA, sous la présidence du très complaisant Stanley Rouss, refuse de suivre le CIO. Stanley Rouss sera battu aux élections de 1974 par le Brésilien João Havelange, candidat des Africains. Deux ans plus tard, la FIFA exclut la fédération sud-africaine.

Au début des années 1960, le continent africain connait une vie politique active qui débouche en 1963 sur la conférence d’Addis-Abeba donnant naissance à l’OUA. Le succès des Jeux de Brazzaville en 1965, soutenus par la France, favorise la concertation et la collaboration entre États africains. Cette concertation se traduira par la création, en 1966 à Bamako, du Conseil Supérieur du Sport en Afrique (CSSA) qui reste, à ce jour, la plus grande structure sportive panafricaine. Ce Conseil devait contribuer à l’essor du sport dans le cadre d’un découpage du continent en sept zones. Une évaluation lucide et responsable de son activité ne manquera pas d’aider à la définition d’une nouvelle approche, plus opérationnelle et efficace dans la résolution des multiples problèmes auxquels sont confrontés l’éducation physique et le sport au niveau continental. En 1977, le CSSA devient un organe technique de l’OUA tandis que l’UNESCO lui accorde le statut d’organisation non gouvernementale (ONG).

A la fin des années 80, signalons de façon anecdotique, que je fus de ceux qui ont réagi fermement contre un responsable de l’ACNOA qui a tenté de déstabiliser le CSSA et l’organisation des Jeux africains en se réclamant du soutien d’un Président d’une illustre organisation sportive mondiale.

Si les événements sportifs organisés en Afrique connaissent un succès grandissant, ils restent cependant mineurs en comparaison des grandes compétitions des pays occidentaux, en particulier des Jeux olympiques. L’olympisme s’est imposé, en un peu plus d’un demi-siècle, à la fois comme l’organisation internationale rassemblant le plus grand nombre de pays, la première entreprise de spectacle du monde, avec les jeux d’été et d’hiver alternés tous les deux ans, et porteur d’une puissante mythologie contemporaine, capable de cristalliser une charge symbolique universelle.

QU’EN EST-IL DE LA RÉALITÉ MONDIALE ?

La mondialisation du CIO et de la FIFA est aujourd’hui une réalité incontournable ; leurs présidents sont reçus à travers le monde comme des chefs d’État. En 1992, Juan Antonio Samaranch a été invité à prononcer un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU d’où il proposa la trêve olympique à l’occasion des Jeux comme dans l’Antiquité. Cet universalisme de façade ne peut, cependant, cacher que l’Olympisme est plus que jamais dominé, tant sur les plans politique et économique que sur celui des résultats, par les pays les plus riches ; comme nous savons également à quel point les instances internationales du sport peinent à sauvegarder la neutralité dont elles se réclament pour conserver leur influence planétaire. Diverses analyses montrent, de nos jours, une réelle «crise de la solidarité continentale et internationale» dans la sphère sportive. Si cette expression est parfois utilisée par commodité comme raccourci, elle est souvent le reflet, en grande partie, de la réalité, l’expression de sentiments divers, parfois contradictoires, mais toujours riches d’enseignements. Face aux bouleversements induits par la mondialisation, de nouvelles formes d’expression de solidarité émergent, qui témoignent d’une prise de conscience de l’interdépendance à un niveau national, continental et mondial. Il importe donc d’être prudent quant au constat d’une démobilisation des Africains sur ce thème. On peut même avancer l’idée selon laquelle il y aurait non pas une rupture de solidarité mais une «demande de solidarité», plus qu’une «perte de sens», une «demande de sens», liée à l’évolution des repères et au refus du « prêt à penser ».

Dans le nouveau contexte de la mondialisation, la coopération africaine est en crise, non seulement par manque de moyens mais aussi en raison de l’absence, au niveau des sphères de responsabilités sportives africaines, de vision adaptée à ces changements. A cela, s’ajoute une crise des concepts : les concepts de «tiers-monde», de «solidarité africaine» ont pris de l’âge. Ceux « d’équilibre », « d’égalité », « de justice » « de droits » apparaissent souvent comme dérangeants au niveau de ceux-là mêmes qui devraient en être les défenseurs naturels auprès des instances internationales. Les concepts, «d’interdépendance « et de « mondialisation « eux, sont apparus récemment. Ils demandent encore à être mis en perspective.

Nonobstant ce qui précède, s’ajoute un décalage de perception entre le Sud et le Nord : les représentations que les peuples du Nord se font du Sud sont biaisées. Plusieurs facteurs y contribuent : colonisation, ignorance de l’histoire, préjugés culturels, méconnaissance mutuelle, mauvaise image politique des Etats et de la gouvernance...). Dans ce sens, il est loisible de constater combien les grands médias véhiculent massivement des clichés négatifs sur le Sud et focalisent l’attention simplement sur « les scandales », les crises et les aspects «urgentistes» de l’aide ou de l’assistance du Nord. Les chaînes de télé et les agences de presse nous y apprennent beaucoup !

L’Afrique, ce n’est pas que la misère et la violence, loin s’en faut. Il y a multitude d’aspects positifs qui méritent d’être connus. Le monde doit regarder l’Afrique autrement et changer sa vision des rapports Nord/Sud. La solidarité ne recouvre tout son sens que lorsqu’elle inclut une démarche politique pour un changement réel. L’effondrement des idéologies, les changements non maîtrisés, l’affaiblissement des États (on parle de plus en plus d’États fragiles), la course effrénée vers le gigantisme des monopoles, la puissance de la haute technologie (y compris militaire).. donnent de la mondialisation une perception de danger et font de l’espace international une zone d’inquiétudes. 
LA LECTURE GÉOPOLITIQUE QUI S’IMPOSE EST QUE L’AFRIQUE EST EN GRANDE PARTIE SUR LA TOUCHE les pays, à la qualité de l’encadrement, à l’importance des infrastructures et à la professionnalisation du sport. Dans tous ces registres, les pays africains n’ont pas de tels atouts et ne réussissent que dans quelques disciplines à faible exigence technico-financière, comme la boxe, la lutte, le judo, le demi-fond et le football. L’Afrique est le seul continent à n’avoir jamais obtenu l’autorisation d’accueillir les J.O. Ce n’est qu’à l’échéance de 2010 que le continent a été retenu par la Fifa pour organiser, en Afrique du Sud, la Coupe du monde de football. it pour un meilleur équilibre des forces, facteur de paix et de compréhension mutuelle ». Qu’en est-il aujourd’hui ? A-t-il était relayé ? Écouté ? Pour y remédier, a-t-on sérieusement commencé, sur le continent, à mener une réflexion et tenter d’apporter des réponses ? Ou faut-il croire que la réflexion sur l’avenir du sport et la place de l’Afrique dans ce monde globalisé ne peut être que l’apanage de cercles et d’intérêts extra-africains et de leurs relais habituels ? Un cercle de globalisateurs et une masse de globalisés ? Il est du devoir de l’U.A de se saisir de l’ensemble de ces problèmes afin que le sport, comme les pratiques qui lui sont liées soient un levier de développement et non un facteur de domination politique, sociale et culturelle.

QUELLE PLACE POUR L’AFRIQUE ?

Lors des jeux olympiques d’Athènes de 2004 les discours de célébration n’ont pu cacher les enjeux géopolitiques. L’Afrique certes largement représentée, par plus d’une cinquantaine de comités nationaux olympiques (CNO) sur les 200 présents à Athènes, n’a eu au final que des résultats très limités comparés aux autres parties du monde. 9 pays africains seulement sur 53 ont eu accès au podium. Par rapport aux jeux précédents de Sydney (Australie), ce fut un recul pour le continent. Les 35 médailles récoltées par l’Afrique à Athènes (9 or, 13 bronze et 13 argent), sur les 903 distribuées en tout, ne représentent que 3,8 % du total mondial !…

L’AFRIQUE PEUT MIEUX FAIRE

Les raisons de cette domination sont connues. Elles sont liées aux moyens mis en œuvre par les pays, à la qualité de l’encadrement, à l’importance des infrastructures et à la professionnalisation du sport. Dans tous ces registres, les pays africains n’ont pas de tels atouts et ne réussissent que dans quelques disciplines à faible exigence technico-financière, comme la boxe, la lutte, le judo, le demi-fond et le football. L’Afrique est le seul continent à n’avoir jamais obtenu l’autorisation d’accueillir les J.O. Ce n’est qu’à l’échéance de 2010 que le continent a été retenu par la Fifa pour organiser, en Afrique du Sud, la Coupe du monde de football. 
Mais, Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le sport confère à l’Afrique une audience internationale qu’elle ne peut encore acquérir dans d’autres domaines. Les interprétations de ce phénomène restent très divergentes. 
Pour les uns, les relations dans le domaine sportif renforcent, au-delà de certaines apparences, la domination des pays riches. Pour d’autres, ces relations laissent une marge de manœuvre non-négligeable que les États peuvent utiliser. Les centaines de compétitions internationales qui sont organisées chaque année intéressent majoritairement les pays développés. Une étude de l’université de Besançon, montre que 96 % des rencontres s’effectuent dans les 30 pays les plus riches, les 10 premiers organisant 63 % des épreuves. C’est tout dire !

LA LECTURE GÉOPOLITIQUE QUI S’IMPOSE EST QUE L’AFRIQUE EST EN GRANDE PARTIE SUR LA TOUCHE

Ce constat s’explique certes par l’apparition tardive du sport en Afrique mais aussi par l’état de sous-développement. L’analyse des résultats montre, à l’évidence, que les États africains restent dominés et sous-équipés, évoluant dans la pratique quasi exclusive de certains sports - football et athlétisme -, dépendants vis-à-vis des firmes occidentales, dépossédés de leurs ressources par un marché d’athlètes à sens unique. Ce sous-développement sportif est à la fois le résultat et la conséquence du sous-développement socioéconomique lui-même. Après une longue période de mise à l’écart, les indépendances ont donné aux Africains, anciennement soumis au code de l’indigénat, l’occasion de s’épanouir et d’utiliser le sport pour affirmer leurs identités nationales. Depuis les années 1960, la place du sport en Afrique n’a cessé de s’affirmer.

Cependant, les pays en développement ont d’abord l’urgente obligation de répondre en priorité aux besoins fondamentaux de leur population. Est-il rentable pour ces pays d’investir dans le spectacle sportif et le sport de haut niveau qui coûtent chers et dont les coûts augmentent plus rapidement que le nombre d’athlètes ?

Chaque fois qu’elles ont été soulevées, ces questions ont donné lieu à des échanges passionnés. Le spectacle sportif, forme moderne des jeux, est devenu par ailleurs avec l’internationalisation des médias l’un des moyens dominants de la communication de masse. Il contribue à façonner l’opinion publique mondiale. Cet enjeu ne peut s’analyser qu’en tenant compte des relations complexes unissant le sport, les médias et les firmes multinationales. Le débat autour de ce point fait ressortir principalement deux logiques : l’une purement économique, l’autre d’inspiration politique, et sans doute faut-il chercher ailleurs que dans l’économique les motivations de dirigeants de plus en plus nombreux, rêvant d’accueillir les jeux modernes. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander une limitation du gigantisme et de la sophistication des installations et des équipements. Une délocalisation plus systématique des grandes manifestations, une représentation plus équitable au sein des instances sportives mondiales. Le Conseil Supérieur du Sport en Afrique (CSSA), les Confédérations sportives africaines, les Fédérations Sportives Internationales et le Comité International Olympique, constituent néanmoins des points de passage incontournables pour le sport africain. Malheureusement, il convient de souligner, que certains dirigeants sportifs africains, sont parfois « phagocytés » par le C.I.O ou les Fédérations internationales dont ils deviennent, par moment, des serviteurs zélés au détriment des intérêts de l’Afrique.

Le « Mouvement sportif africain » risque, si l’on n’y prend garde, de se voir cantonner dans le rôle de simple relais quasiment supplétif et de se retrouver, au fil du temps, comme appendice de seconde zone, gardien d’un temple dont il ne partagera jamais les clés ».

Le temps est venu, pour l’Afrique, de formuler des propositions réalistes et de prendre des mesures concrètes afin de promouvoir des traditions aux doubles plans nationaux et régionaux. Il s’agit de dépasser les déclarations de principe et les simples vœux pieux en proposant des actions concrètes, un mécanisme de suivi et de nouvelles modalités de concertation et de coopération. Face aux nouveaux défis de l’éducation physique et du sport, il y a désormais exigence d’une nouvelle dynamique et d’une politique cohérente de concertation et d’action avec tous les partenaires, dans le respect de leur diversité et de leurs mandats spécifiques. L’U.A se doit d’influer et de renforcer la représentation africaine dans les instances mondiales. Une représentation à la mesure des enjeux du continent et non de personnes. L’exemple de l’Union Européenne, dans ce domaine, que j’ai eu à pratiquer dans le cadre de plusieurs missions pour l’UNESCO, m’apparaît digne d’attention et d’inspiration pour les gouvernements africains. La coopération mutuelle de cet espace régional s’est enrichie en qualité et en notoriété. Des structures supra-régionales telles que la Conférence européenne des ministres de la Jeunesse et des sports, les Comités Olympiques Européens (48 CNO), l’UEFA (58 fédérations nationales de football), la conférence permanente du basket-ball (50 fédérations nationales)… permettent d’asseoir par l’effort concerté et la programmation, une plateforme d’action identitaire et de solidarité et renforcent le rôle de l’Europe au niveau du CIO, de l’AMA, des Fédérations internationales et des conférences internationales, de tracer un cadre commun de promotion et de développement de l’éducation physique et du sport au niveau européen et mondial.

A titre d’exemple soulignant que les cinq représentants de l’Europe auprès de l’AMA sont désignés par le Conseil de l’Europe (2) et par l’Union Européenne (3).

Il importe de soutenir les jeux olympiques et les grandes manifestations sportives internationales. Il n’est pas de meilleur moyen de le faire que de veiller à ce que ces manifestations demeurent fidèles dans leur préparation, leur organisation et leur déroulement aux principes de la Charte Olympique. Il est indispensable d’enrayer les phénomènes négatifs tels que la commercialisation abusive, le dopage, la violence et parfois des manifestations de chauvinisme d’un autre temps.

A la différence des pays européens où le mouvement sportif s’est d’abord développé à l’initiative de la société civile, l’État est omniprésent dans les pays africains. Si l’on convient que le sport est un élément participant à l’insertion sociale, à l’aménagement des villes et des sociétés, et que de surcroît la révolution médiatique en fait un spectacle mondial porteur d’enjeux économiques et géopolitiques, il appartient, en priorité au niveau continental, à l’U.A de s’investir d’avantage pour combler rapidement un déficit certain dans ce domaine…

LA COOPÉRATION NORD-SUD : 
QUEL MODÈLE ? QUELS OBJECTIFS ?

Le sport de performance ne peut s’importer comme une banale marchandise. Dans les pays occidentaux, il a participé directement ou a été le fruit de l’évolution de l’ensemble de la société. Les dirigeants du mouvement olympique ont longtemps cherché à faire croire que le sport était au-dessus de la politique, de la religion et pouvait se concevoir hors des contraintes économiques et sociales. Accepter une telle vision, c’est admettre une démarche simpliste qui traite le sport en dehors de ses dimensions sociologiques, historiques, économiques, culturelles et politiques. C’est également s’interdire la réalité du coût financier qu’exige la diffusion d’une pratique de plus en plus sophistiquée: installations, matériels, recherches, entrainements, alimentation, soins… et de prendre garde aux évolutions sociales que la recherche de Performance, accompagnée d’une planification de l’entrainement peut impliquer pour les pays en développement. 
En Afrique, l’organisation et le développement du sport ont été le fait de la diffusion et non de l’invention. Le modèle sportif s’est déplacé de l’Europe vers nos sociétés avec les autres variables de la culture occidentale que sont les connaissances techniques, les modèles politiques, les modes de pensées… 
Si le sport a été, en Occident, le fait de l’invention corrélée au développement de la révolution industrielle, en Afrique, il est d’abord, le résultat d’une politique « d’importation ». Dans l’ensemble des pays africains ce sont les élites nationales qui se sont emparées des règles du sport occidental, comme de la culture moderne, pour tenter de l’enraciner dans les structures sociales locales. Les incessantes « chicayates » entre des réseaux informels constitués autour des responsables politiques, de potentats locaux, de divers clans… ne s’entendent qu’à travers une approche réductrice du sport de performance. 
La mondialisation des événements sportifs est bien antérieure à celle de l’économie. Mais, depuis le début des années 1980, sous la pression d’enjeux commerciaux de plus en plus élevés et de lobbies des plus actifs, cette mondialisation est devenue synonyme de multiples dérives. Argent, corruption, dopage, commerce des jeunes talents, sur-compétitions, déréglementation… autant de phénomènes qui atteignent progressivement l’ensemble des niveaux et des pratiques, mettant gravement en danger l’éthique sportive. Comment stopper une telle dérive ? Peut-on imaginer une mondialisation du sport qui échappe aux logiques de la concurrence économique ? Doit-on se doter de nouvelles règles internationales pour préserver l’éthique sportive ? Quelles relations doivent guider sport et politique ? 
A mon sens les États membres de l’UA devraient axer leurs efforts et leur coopération sur des priorités à même d’atténuer les inégalités majeures, particulièrement manifestes dans les domaines de la formation et le perfectionnement du personnel d’encadrement spécialisé, les échanges d’entraîneurs, la normalisation des équipements, la construction d’unités de fabrication de matériels sportifs et didactiques, la suppression ou la réduction des droits et taxes perçues à l’importation d’équipements collectifs, l’identification des disciplines sportives exigeant des investissements raisonnables. Cette coopération devrait favoriser les échanges d’idées, de données, d’expériences et d’expertise. 
Sur la «planète sport», les talents naissent au Sud et les médailles vont au Nord ! Cette boutade souligne les inégalités criantes entre pays riches et pays pauvres sur tous les plans. Pourtant, là où des aides et des coopérations intelligentes sont mises en place, elles montrent leur efficacité. En Afrique, certains choix ont permis d’éviter le pillage systématique et la fuite des jeunes talents. L’UNESCO a été la première organisation internationale à souligner ce point, à signaler son importance et à sonner l’alarme lors de la Table ronde des ministres des Sports, organisée en janvier 2005. 
Si des mesures correctives ne sont pas rapidement adoptées, le sport sera, également et de plus en plus, un facteur de distanciation entre pays voire entre continents en dépit de résultats obtenus ici et là par quelques pays africains. 
La coopération régionale et internationale est considérée actuellement, dans ce domaine, quantitativement et qualitativement insuffisante. Elle est jugée parfois mal orientée, trop dispersée, axée trop souvent sur le sport de compétition, concentrée sur un nombre trop restreint de pays et en voie de réduction progressive durant cette dernière décennie. Lors de la conférence des ministres des Sports organisée par l’Unesco à Punta Del Este (Uruguay) en 1999, la Déclaration finale a été claire. Tous les participants ont noté « En cette période de mondialisation, la nécessité d’intensifier les efforts en faveur du dialogue et de la coopération Nord-Sud et invitent instamment les pays donateurs et les organismes financiers internationaux à reconnaître que le sport et l’éducation physique constituent de puissants instruments de développement tendant à réduire l’écart entre les pays développés et les pays en développement, et à leur allouer des ressources en conséquence dans le cadre des programmes d’assistance au développement. Ils estiment également nécessaire - et sollicitent l’appui de l’UNESCO à cette fin - que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) prenne en compte l’éducation physique et le sport dans les indicateurs du développement humain au même titre que l’éducation, la santé et l’environnement». 
Une autre anomalie résulte de la constatation que le Mouvement Olympique et le mouvement sportif de compétition - dans la mesure où le premier est extérieur au second-, entreprennent avec des moyens significatifs et constamment renforcés, des actions et des programmes systématiques en faveur de la promotion des activités sportives de haut niveau dans les pays en développement y compris les moins avancés d’entre eux.

Parallèlement, les organisations internationales non gouvernementales s’intéressant à la généralisation de la pratique sportive dans le cadre de programmes de sport pour tous n’ont pas conclu, sans doute faute de moyens, d’accords de coopération avec les pays du Sud. Une telle situation entretient et aggrave les déséquilibres entre sport pour tous et sport de haut niveau. 
Ce phénomène risque de s’amplifier par la complexité croissante des techniques d’entraînement qui amènent les sportifs des pays du Sud à parfaire leur formation au Nord. Déplacer les meilleures potentialités vers des lieux privilégiés est sans doute une solution attirante, à court terme, mais n’a jamais suscité un travail en profondeur dans les pays d’origine et n’a entraîné ni la création ni l’animation d’un large et réel mouvement sportif au plan national. Une réponse appropriée à certaines faiblesses peut être partiellement apportée par la création d’un Fonds Africain pour le Développement de l’Éducation Physique et du Sport (FADEPS). 
Il faudrait pour cela que ce Fonds soit en mesure d’adapter sa structure et ses méthodes aux exigences nouvelles de la coopération internationale et de pouvoir mobiliser des ressources extra budgétaires additionnelles grâce à une meilleure information de l’opinion publique sur le rôle et l’action de l’UA dans ce domaine. 
Ce fonds pourrait faire l’objet de contributions tant des États membres, du mouvement olympique que de toutes autres organisations gouvernementales, non-gouvernementales intéressées avec un mandat précis : soutenir les priorités et les décisions retenues par l’UA et faire preuve d’une gestion rigoureuse de ce fonds. 
L’Assemblée générale des Nations Unies, en novembre 2005, et l’Appel lancé à Magglingen, en décembre 2005 », avait insisté par la voix de l’ancien Secrétaire général des N.U, M. Kofi Annan, sur la nécessité « de passer à l’étape suivante et donner au sport une place centrale dans les efforts déployés pour atteindre les objectifs mondiaux de développement. Il faut pour cela que les États et les organismes des Nations Unies appuient sans réserve des programmes qui fassent du sport un outil de développement et de paix, au service de la lutte contre le Sida, de l’autonomisation des femmes et des filles, de l’action anti-mines ou encore de la reconstruction des sociétés qui sortent d’un conflit », a-t-il ajouté. L’ancien Secrétaire général des N.U avait enfin souhaité que tous les partenaires, des organismes de développement à la société civile en passant par le secteur privé, les institutions de recherche, l’armée et les médias, exploitent pleinement l’extraordinaire potentiel du sport ». 
Le sport est sans frontières. Il réunit les pays et les régions dans ce qui est magnifiquement incarné et conçu par les principes olympiques. Le sport promeut, par la coopération internationale, les valeurs de la dignité humaine, l’égalité et la non-discrimination. 
Quand on parle des diverses façons dont le sport peut contribuer à promouvoir les principes et les normes prescrites par les droit humains, nous devons également nous souvenir que le sport peut être parfois dévoyé par des objectifs politiques, obscurantistes, discriminatoires et mercantilistes. La dignité humaine peut en pâtir si la pratique sportive n’est pas libérée ou si les principes d’égalité, de solidarité et de fair-play ne sont pas, comme il se doit, respectés. S’agissant de l’Afrique, il appartient et il revient en toute souveraineté à l’U.A, de donner au sport la place qu’il mérite, en droit et en devoir.

Hamid Oussedik (Expert International et Responsable durant plusieurs années de l’Éducation Préventive et du Sport de l’UNESCO)

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