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Habituées qu’elles sont aux mauvaises appréciations des ONG, nos autorités se montrent d’une grande discrétion quand il s’agit de l’évaluation de leurs pratiques en matière de libertés, de droits de l’Homme, de démocratie, de corruption… C’est avec le même silence qu’elles ont donc réagi au dernier rapport de Freedom House qui classe cent quatre-vingt-quinze États dans le monde en fonction du niveau de liberté qu’ils entretiennent.
Dans ce classement, notre pays se situe dans la catégorie inférieure des quarante-neuf pays “pays non libres” alors que nos voisins se logent parmi les “pays partiellement libres” (Maroc) ou caracolent avec les “pays libres” (Tunisie).
De fait, nos autorités ne considèrent que l’avis de leurs homologues, particulièrement quand il s’agit de puissances libérales. Celles-ci ont la particularité d’être sélectivement chatouilleuses sur l’état de la démocratie chez leurs partenaires du tiers-monde. Elles ne regardent pas avec les mêmes yeux le retard politique infligé aux Cubains par la dictature castriste et la fossilisation institutionnelle et doctrinale imposées aux sujets des despotes wahhabites, par exemple. Mais leurs “bons points” sont toujours les bienvenus quand elles encensent nos autoritarismes en mal de popularité. Ceux-ci croient dispenser leur déficit de légitimité démocratique par les témoignages de vertu des grands partenaires internationaux.
Ces jours-ci, la communication officielle ne boude pas son plaisir à relayer les louanges de Washington en faveur de la gestion politique de notre pays. On ne sait si ces positives appréciations récentes viennent exprimer un sentiment favorable du nouveau président des États-Unis ou s’il s’agit d’une coïncidence chronologique dans la publication de rapports préalablement établis. Mais, même tout pays se doit de prendre en considération les observations de la première puissance mondiale à son sujet, il n’est pas normal de trouver motif à pavoiser dans le jugement d’un Donald Trump. Il a largement donné les preuves de son mépris pour les “autres” cultures et de son arrogant irrespect pour les pays et communautés qui ne satisfont pas aux critères d’une politique favorable à l’intérêt de l’Amérique tel qu’il le conçoit. Cette morgue et cette agressivité, il les a exprimées avec franchise durant la campagne et il les traduit quotidiennement et avec frénésie et conséquence. Cette attitude annoncée et confirmée de Trump rend, d’ailleurs, inexplicable les termes du message que notre Président lui a adressé au lendemain de la sa victoire électorale.
Le constat d’une “stabilité” nationale qui concourt à la “sécurité” régionale, est traduit en compliments justifiant le statu quo politique qui hypothèque la perspective démocratique. Dans ce tri qui rejette les opinions défavorables pour ne considérer que les lauriers d’où qu’ils viennent, tout se passe comme si les palmes diplomatiques priment sur les considérations de gestion interne.

Tag(s) : #Politique internationale

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