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Présentation de mon livre “Va de l’Avant !” (2ème édition, 622 pages,  Ed. INGESE, Alger), version courte.

1) Présentation Générale

Présenter mon livre, en quelques pages, et déjà j’ai peur d’en écrire plus que le livre lui-même. Le projet trottait dans ma tête dès 1994, alors que la menace des islamistes terroristes me força à l’exil, alors que les idées se bousculaient dans mon cerveau, mais la contrainte du ventre repoussait, d’une année à l’autre, d’un pays à l’autre, …, jusqu’au jour où en septembre 2011, les idées coulaient en courant continu vers le clavier, en anglais en premier lieu et finalement en français, pour l’enrichir avec les expressions fortes en arabe, en anglais et en extra, les préfaces.

En quelque sorte se présenter soi-même ! Du bout de mes racines profondes ce holà d’humilité ressurgit, (a3oudhou billah man gal anna ! أعوذ بالله من قال أنا) que je traduis par “Dieu préserve-moi de me vanter en disant moi !”. “Fanfaron” comme on disait du temps des pieds-noirs.

Immédiatement ces valeurs se retrouvent écrasées par une autre récente, acquise au cours de mes 2 dernières décennies de consultant constamment à la recherche de projet d’études dans le monde global des hydrocarbures. Valeur basée sur la compétition qui clame, haut et fort, de face, dans les yeux “Sellyourself !”, que je traduis par “Montre-nous ce que tu sais faire !” Je n’ose pas la traduire littéralement en arabe (bi3 rohak !بيع روحك), car elle déclenche en moi un recul, faisant jaillir une autre valeur d’un autre étage (âge !) de mes strates que le temps a empilées, la Guerre d’Indépendance, où on chuchotait “Hadak biya3 (هذاك بياع) celui-là est un dénonciateur”.

C’est ce fil, parmi d’autres, qui traverse ce livre de part en part, ce chemin “De La Tribu A La Culture Globale”, pas à pas, “…Quitter ma tribu pour m’insérer dans d’autres et progresser encore plus loin…”.

Car nous y sommes dans cette ère globale, la mondialisation…mais mes racines n’y sont pas !

Pour saisir pleinement ce message, il est important de passer par les étapes de la lecture méthodique !

Je dirais qu’il y a 3 façons de lire ce livre et 6 étapes de lecture.

Aussi la première approche consiste à parcourir le titre, le nom des parties, des chapitres et sous-chapitres, mis intentionnellement.

La 2ème approche, répondant à votre désir bourgeonnant, vous poussera certainement à lire ce qui vous attire. C’est cette lecture rapide de quelques lignes, par-ci et par-là, qui va clôturer votre décision.

Et finalement la 3ème méthode, c’est la lecture systématique. Les chapitres et sous-chapitres vous aideront à avoir des tranches de lectures complètes, “In one go!(D’un trait)”

Les 6 étapes de lecture ne chevauchent pas complètement les 4 parties de ce livre.

1) La partie I décrit la vie à la campagne, la ferme Casimir pendant les années 1940 et 1950.

2) La partie II est consacrée à la vie au village de Ain Tolba

3) La 3èmerelate la vie dans la ville de Ain Temouchent

4) La partie IV est dédiée à la période 1961-1962 d’Oran à Tlemcen : Année de l’Indépendance

5) La 5ème étape recouvre le chap. 6 (Il manque une dimension à mon récit) de la partie IV, je pointe du doigt les dimensions qui traversent ce récit, et celle à laquelle j’y consacre le chapitre suivant.

6) La 6ème étape de lecture couvre le Chapitre 7 : Qu’est-ce qu’il y avait derrière la scène ?

En supplément, il a des vidéos pour lesquelles vous trouvez les liens dans la page, http://saadgeo.com/va-de-lavant/

 

2) Partie I du livre : La Ferme de Ould Kazmir

La Partie I est consacrée à la vie dans la ferme coloniale avec deux aspects. Les rapports sociaux au sein de la famille tribale, la dislocation du système tribal dès la fin du 19ème siècle suite à la confiscation de la terre, la base économique tribale. La résurgence de la même structure sociale, la tribu, sur une autre base économique, la ferme Casimir, construite sur les anciennes terres des Benkrich, là où la vieille maison tribale était encore intacte, Edar El Kbira (la Grande Maison), HaouchBenkrich (حوش بن قريش).

Les travaux agricoles se succédaient et très tôt, je les admirais car toujours sollicité pour aller chercher l’eau fraîche à la source Benkrich, “…porte la galette d’orge et le pot de petit-lait à ton oncle Elhadj qui laboure là en face !...”. Je les ai vus ces ouvriers, comment ils se protégeaient les jambes avec des bandes de sacs de jute de blé usés, comment ils s’essuyaient les filets de sueur de leur front en faisant tourner leur hawag (turban). Celui qui a dit ou écrit que les colons faisaient suer le burnous n’a jamais vu une scène de travail, ils ne portaient pas de burnous, ce n’était pas une tenue de labeur, mais le turban oui. “… faire suer le turban !”. Et plein d’autres images queje vous laisse découvrir dans le livre. 

La culture tribale de base, dont ma mère, TaliaBentBenkrich, en était l’image la plus marquante, était la survie ! Par la résistance sous forme apparente de résignation. Elle se complétait avec celle de mon père, Tayeb Ould Si Bouziane Saadallah, le légendaire survivor, depuis qu’il avait été trouvé tout bébé en train de téter le sein de sa mère morte. Cette force de survie allait être trempée, comme l’acier, par 3 années, manu militarien tant que tirailleur dans la Grande Guerre, où il découvrit et appris du monde moderne, la leçon qu’il allait imposer à ses garçons.

“Vous irez à l’école quel que soit le prix, pour vous et pour moi !”. Je l’ai payé ce prix dès mes premiers pas, dans ce chemin boueux en hiver et poussiéreux en été !

J’étais très loin de me douter que j’acquérais une force de propulsion vers le savoir pour toute ma vie, en passant du qualam…auclavier, en passant par l’arabe, le français, l’anglais et le norvégien.

Cette dualité, l’enveloppe tribale versus l’organisation moderne du travail agricole, se prolongeait par l’obligation de l’école coranique d’une part et l’école primaire coloniale avec son apport moderne et rationnel, mais sous deux angles antagonistes. Alors que nous rejetions l’école coranique avec tous les dires et idées qui gravitaient autour et de par ses méthodes archaïques et répressives, incompatibles avec la réalité. L’école primaire nous attirait par la connaissance rigoureuse, objective et scientifique, mais où en même temps, on sentait qu’elle nous (indigènes) repoussait.

Cette partie de l’histoire rurale se termine par l’éclatement de la famille tribale pour diverses raisons apparentes mais la réalité était que chaque famille voulait être indépendante de cette lourdeur tribale, pesante, obsolète. Cependant, tous les membres allaient en hériter sous forme d’un lien très fort d’appartenance à un groupe social. Finalement, cette structure sociale, la tribu, est dans la tête, que l’on véhicule dans le temps et l’espace.

Cela avait coïncidé avec l’éclatement de la Guerre d’Indépendance, nous devenions villageois. J’en rêvais ! Sans regret, je quittais cette terre, sans savoir qu’elle habitait déjà chaque cellule de mon corps.

Terre de la Tribu des Benkrich, depuis la nuit des temps, que des mécanismes, basés sur le système capitaliste, en avaient fait une propriété cadastrée appartenantà une seule personne, Zenagui Ould Benkrich.

Tout un processus en découla devenant, en partie, la terre de Casimir, et finalement de son fils Ould Kazmir.Dans la réalité, elle était la terre des Saadallah Oulad Si Bouziane, “…ce sont les Saadallah qui ont bonifié cette terre de leur sueur !”

Lors de la nationalisation des terres au début de l’Algérie Indépendante, Ould Kazmir avait sorti du   plus profond de son cœur “…Tout le reste je m’en fous, mais celle-là, c’est la mienne, c’est ma terre ! ”. Il pointait du doigt une parcelle où seuls les tufs volcaniques jaunâtres durs comme les basaltes noirs   affleuraient, il en avait fait émerger de magnifiques vignobles.

Les systèmes de gestion depuis l’Indépendance avaient conduit à la disparition des Saadallah pour que finalement, ces dernières années, les derniers survivants enracinés sur elle, Seif et ses garçons y résistent encore.

A suivre....

Tag(s) : #Vie Culturelle

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