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Barack Obama: la verve et le verbeBarack Obama: la verve et le verbe

«La paix n'est pas l'absence de guerre, c'est une vertu, un état d'esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.» Baruch Spinoza, philosophe (1632 - 1677)

Ça y est, le président Obama s'en va laissant Donald Trump prendre en charge le pouvoir! Avant de revenir sur la dernière partie de la présidence, à savoir l'engagement sans retenue de Obama pour l'élection de Hillary Clinton, nous allons à notre façon donner un point de vue parmi tant d'autres de citoyens lambda appartenant à ce continent des ténèbres qu'est l'Afrique et cher à Hegel, mais aussi à cette espérance religieuse diabolisée car instrumentalisée du fait de ses dirigeants complaisants avec l'Empire qui les adoube et d'où ils tirent leurs seules légitimités pour le plus grand malheur de leur peuple.
Souvenons-nous de l'espoir suscité par la candidature de Obama, sa venue était vue comme une bénédiction du ciel après les années de feu, de sang, de malheur des deux mandatures de George Walker Bush. Le discours de rupture d'Obama, et même sa nomination, nous faisait espérer- grands naïfs que nous sommes- le retour de l'american way of life, celle d'Armstrong marchant sur la Lune, celle des pères fondateurs de la démocratie et de la liberté. Cette Amérique qui a pris le pari d'élire un Afro-Américain consacrant ainsi le rêve de Martin Luther King «I have a dream...».
Le capital de confiance et d'espoir des damnés de la Terre était immense, d'autant qu'à tort ou à raison, nous Africains nous nous sentions rétablis dans notre dignité après deux siècles d'esclavage. Ce fut d'autant plus beau que malgré les dénégations d'Obama affirmant qu'il est chrétien, beaucoup d'entre les naïfs que nous sommes pensaient à tort qu'un président qui a dans sa famille des parents musulmans ne peut que développer de l'empathie avec l'Islam.
Ceci nous fut confirmé par le fameux discours du Caire Salem Alikoum. Il parle à cette occasion de «nouveau départ» pour qualifier la relation que l'administration qu'il dirige veut développer entre son pays et le monde arabo-musulman. Le président a su choisir trois bonnes citations du Coran, des allusions à l'âge d'or de l'islam et à sa contribution scientifique dont a pu bénéficier l'Occident; il a réaffirmé très fortement la liberté de conscience en faveur des musulmans aux États-Unis, et plus généralement Obama aura apporté à la sensibilité inquiète du monde musulman, les apaisements que celui-ci attendait depuis longtemps.
Dans ce qui suit nous allons montrer les faits les plus saillants vus encore une fois du Sud, nous survolerons rapidement l'aspect économique et l'obamacare qui est en passe d'être détricoté avant même la fin du mandat d'Obama et les meurtres racistes qui ont augmenté.

Bref inventaire de l'héritage d'Obama ayant consensus en Occident
Obama c'est avant tout le verbe et la verve. Retour sur trois paroles qui ont marqué l'opinion lors des années de présidence de Barack Obama. «Yes we can.» Le slogan choisi pour la campagne de Barack Obama en 2008 est indissociable de sa présidence. Il a eu deux significations: celui d'une Amérique qui veut en finir avec les années Bush et celui d'une communauté afro-américaine qui voit pour la première fois un président métis s'installer à la Maison-Blanche. «L'audace d'espérer.» «L'espoir face aux difficultés, l'espoir face à l'incertitude, avait-il martelé. L'audace d'espérer est le plus grand don que Dieu nous a donné.» «Je parie que demain, vous rejetterez la peur, et choisirez l'espoir.» «L'Amérique que j'aime.» L'Amérique qui se dessine dans les discours de Barack Obama est celle qui aurait assumé ses divergences politiques et assimilé ses différentes communautés. «Il n'y a pas d'Amérique blanche, ou d'Amérique noire, d'Amérique asiatique ou latino. Mais les États-Unis d'Amérique.» (1).
Les avis divergent sur l'héritage de la présidence de Barack Obama. La Tribune de Genève dresse un bilan avec quelques témoignages: «Grâce à l'Obamacare, 20 millions d'Américains qui n'avaient pas d'assurance-maladie ont pu s'en offrir une. Barack Obama n'a toutefois jamais réussi à vendre à ses concitoyens cette réforme qui les oblige à contracter une assurance-maladie, et les républicains ont entamé l'abrogation de la loi la semaine dernière. En matière d'environnement, M. Obama a soutenu l'accord de Paris sur le climat en 2015. Il a aussi protégé 141 millions d'hectares de terres et de mers contre leur exploitation à des fins énergétiques, tout en réduisant de moitié l'importation de pétrole des Etats-Unis.» (2)

Le lynchage d'El Gueddafi
A la suite des printemps arabes mis en oeuvre par les officines occidentales, les pays occidentaux pensaient rechaper le Monde arabe à moindre frais d'une façon soft. Ainsi, le président Obama a laissé faire Hillary Clinton en l'occurrence dans cette mise à mort voulue par Sarkozy conseillé par Bernard-Henry Lévy et Cameron. Pour Hillary Clinton, l'élimination du «dictateur» El Gueddafi qui eut pour épitaphe - Je suis venu, j'ai vu, il est mort» fut son plus grand succès et devait la qualifier pour la présidence grâce au succès de sa «stratégie de changement de régime». Ses emails révélés par le FBI sont la preuve de cette attente. Hillary avait adopté avec enthousiasme la politique des néoconservateurs et des interventionnistes libéraux prônant le renversement de gouvernements qui manquaient de respect pour la seule superpuissance, nation exceptionnelle, indispensable et unique leader du monde.

La mort de Ben Laden: la promesse tenue, gage de la réélection
Une autre prouesse à l'actif d'Obama, le meurtre en direct de Ben Laden à la télévision américaine et sous les yeux ravis du président des Etats-Unis et des principaux membres de son gouvernement tombés en extase a été un «bon point» pour le deuxième mandat. la traque d'Oussama Ben Laden a été autant une mission des différents présidents de Bill Clinton en passant par George W. Bush «Je veux Ben Laden mort ou vif» jusqu'à Barack Obama.Annonçant la mort de l'ennemi numéro un des Etats-Unis, il déclare: «Peu de temps après ma prise de fonction, j'ai demandé au directeur de la CIA de faire de la mort ou de l'appréhension de Ben Laden notre première priorité dans la lutte contre Al Qaïda.» Obama clamera qu'il est celui qui a éliminé la menace. Ben Laden sera jeté à la mer.

Politique étrangère: Syrie, Libye
«Le récent déplacement du président américain à La Havane lit-on sur cette contribution de Ouest France a bien sûr couronné de succès l'ouverture des États-Unis vers Cuba. Obama peut également s'attribuer une partie du mérite quant à l'accord nucléaire avec l'Iran. Pourtant, le bilan d'Obama en matière de politique étrangère est loin de faire l'unanimité. En atteste le débat suscité par le très long entretien accordé par le président à la revue The Atlantic dans son édition de mars. Concernant la Syrie, le fait marquant reste la décision de la Maison-Blanche de ne pas intervenir militairement en août 2013. Obama revendique cette décision, au prétexte que «les États-Unis ne peuvent pas tout». Revenant en détail sur l'intervention en Libye en 2011, Obama déclare «qu'il faisait peut-être trop confiance aux Européens «pour faire le suivi de cette intervention». Et de mentionner la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012. Bref, un fiasco qui fait aujourd'hui de la Libye l'un des terreaux du djihadisme salafiste. Barack Obama accuse les Européens et les pays arabes d'être des free-riders (profiteurs), relayant hélas le discours de certains candidats républicains, comme Donald Trump qui appelle au désengagement de l'Amérique face aux «coûts énormes» de l'Alliance transatlantique. Très critique vis-à-vis de l'Arabie saoudite, Obama demande à celle-ci de «partager le Moyen-Orient» avec son ennemi iranien. (..) Barack Obama témoigne d'un grand intérêt pour l'Asie-Pacifique depuis l'invention du terme «pivot asiatique» au début de sa présidence. Selon lui, c'est dans cette région que se trouvent les intérêts des États-Unis, et c'est là que se trouve le concurrent - ou partenaire? - principal: la Chine.» (3)

Trois bombes par heure dans le monde en 2016
Pour un président de paix, il y eut plus de guerres plus d'armes vendues.Un rapport du Council on Foreign Relations (CFR) a montré que Washington a bombardé la Syrie, le Pakistan, l'Afghanistan, la Libye, le Yémen ainsi que la Somalie en 2016. Pas moins de 26 171 bombes ont été larguées. 72 par jour. Trois par heure. Les frappes militaires américaines ont été nombreuses en 2016. Très nombreuses. Le toujours président des Etats-Unis avait fait du désengagement militaire de son pays une promesse de campagne, pourtant, le think tank basé à New York nous apprend que Washington a bombardé au moins sept nations en 2016: la Syrie, l'Irak, le Pakistan, l'Afghanistan, la Libye, le Yémen et la Somalie. Sans surprise, la très grande majorité des bombardements américains ont concerné la Syrie et l'Irak. 24 287 bombes y ont été larguées selon les comptes du CFR. (...) En 2008, alors qu'il menait campagne il avait assuré que lorsqu'il deviendrait commandant en chef des forces armées, il «fixerait un nouvel objectif dès le premier jour»: la fin de la guerre en Irak. «Je mettrai un terme à cette guerre en Irak de manière responsable et terminerai la lutte contre al-Qaïda et les Taliban en Afghanistan.» (4)
S'agissant du carburant des guerres, la fabrication et la vente des armes, tout va bien. Là encore, il y eut un désenchantement des partisans de la paix. Un seul président, ce fut Eisenhower, il eut le mérite d'avertir le peuple américain contre le danger de la mainmise sur le pouvoir du complexe militaro-industriel. Nadia Prupis parlant du marché de la mort écrit: «Les États-Unis ont vendu plus d'armes que n'importe quel autre pays en 2015, malgré une baisse du commerce mondial des armes, selon un nouveau rapport du Congrès. Avec 40 milliards de dollars, les États-Unis ont signé plus de la moitié de tous les accords d'armement l'an dernier et plus du double du pays en deuxième place, la France, à 15 milliards de dollars. Les ventes d'armes américaines comprenaient des bombes, des missiles, des chars blindés, des hélicoptères d'attaque Apache, des chasseurs
F-15 et autres articles (...). Les principaux acheteurs, quant à eux, étaient le Qatar, l'Égypte, et l'Arabie saoudite, Beaucoup de ces armes ont été utilisées pour aider la coalition menée par l'Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis à combattre les rebelles au Yémen, entraînant des pertes civiles élevées. Le Guardian note que les résultats concordent avec une autre étude récente, qui concluait que l'administration Obama avait approuvé pour plus de 278 milliards de dollars de vente d'armes en huit ans, soit plus du double de l'administration Bush, 128,6 milliards de dollars.» (5)
La journaliste bien connue, Diana Johnstone décrit la paranoïa qui sévit à la fois dans le parti démocrate, mais aussi au sein de l'Administration actuelle qui accélère les mesures de rétorsion contre la Russie pour les rendre irréversibles, tels que l'expulsion de 35 diplomates fin décembre et l'accélération du déploiement des troupes américaines en Pologne à la frontière avec la Russie. «L'impertinence de Vladimir Poutine, écrit-elle, ouvertement en faveur d'un «monde multipolaire», l'a hissé à la première place dans la liste des méchants. Il est promu «dictateur» et «menace existentielle» aux yeux de la nation exceptionnelle, cible numéro un du changement de régime. Hillary Clinton et ses partisans politiques et médiatiques s'accordent pour attribuer sa défaite à un complot mené par Vladimir Poutine visant à changer le régime aux Etats-Unis. Jamais à Washington n'a-t-on vu un parti au pouvoir si incapable d'accepter l'alternance, si vindicatif, si avide de trouver des boucs émissaires, si prêt à violer toutes les bienséances démocratiques et diplomatiques, si prêt à pratiquer la politique de la terre brûlée, même aux dépens de ces «valeurs» dont il se proclame le défenseur indispensable, à commencer par la liberté d'expression?» (6)

La folie de fin de règne à Washington: la phobie de Poutine
S'agissant de la comédie visant à impliquer Poutine dans l'ingérence dans les élections, les Etats-Unis qui ont déclenché 200 guerres en 240 ans d'existence n'ont jamais cessé d'interférer quand leurs intérêts étaient en jeu.: «Tout Washington est scandalisé, tandis que les membres du Congrès rivalisent entre eux pour diaboliser la Russie à cause de sa supposée ingérence dans la récente élection présidentielle américaine. «Toute intervention étrangère dans nos élections est absolument inacceptable», a déclaré Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants. Cet éclat de vertueuse indignation serait plus facile à gober si les Etats-Unis n'avaient pas eux-mêmes pris l'habitude chronique d'intervenir dans les élections à l'étranger. Sur une période d'un peu plus d'un siècle, les leaders américains ont utilisé toute une variété d'outils pour influencer les électeurs dans des pays étrangers. Nous avons choisi des candidats, les avons conseillés, financé leurs partis, conçu leurs campagnes, corrompu les médias pour les soutenir et menacé ou calomnié leurs rivaux».(7)
Une appréciation rendant compte de ce désamour graduel nous est donné par une diplomate russe: «La politique étrangère de l'administration Barack Obama au cours des huit années de la présidence d'Obama «suscite l'aversion du monde entier», a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zaéskharova. «Je pense que cet homme [Obama] et son équipe - naturellement, parlant de l'homme, nous entendons l'équipe qui s'est révélée mauvaise pour tous sur la scène mondiale», Selon la diplomate russe, du point de vue moral, on peut blâmer l'équipe d'Obama d'avoir commis un «crime» car il a démontré que «le plus fort a des droits illimités à faire le mal». (8)
En définitive rien de nouveau sous le soleil! A deux petits «détails», l'Occident s'est empressé de lui décerner le prix Nobel de la paix qui n'est jamais arrivée. Peut-être que le Comité Nobel ne sera plus aussi chaud pour l'octroi de ce prix? De plus s'agissant justement de la paix du monde, les années Bush ont traumatisé le monde, mais on ne s'attendait à rien de bon. Avec Obama nous avons cru à ses promesses qui comme dit Jacques Chirac n'engagent que les naïfs que nous sommes. A la place nous découvrons en fait «l'american way of war»... 

1.http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Trois-grandes-paroles-Barack-Obama-2017-01-15-1200817339
2.http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/16/bilan-d-obama-le-paradoxe-americain_5063393_3222.html#ShE0hJ4U2o3afToz.99
3.http://www.ouest-france.fr/debats/point-de-vue/politique-etrangere-le-bilan-discute-dobama-4149159
3.http://www.ouest-france.fr/debats/point-de-vue/politique-etrangere-le-bilan-discute-dobama-4149159
4.http://reseauinternational.net/les-etats-unis-ont-largue-lequivalent-de-trois-bombes-par-heure-dans-le-monde-en-2016/#EYWYhUfTrZXxOtOX.995.
5.Nadia Prupis http://lesakerfrancophone.fr/alors-que-le-commerce-mondial-declinait-la-vente-darmes-etasuniennes-a-bondi-en-2015
6.https://francais.rt.com/opinions/31994-folie-fin-regne-washington
7.http://www.mondialisation.ca/usa-nous-intervenons-dans-les-elections-dautres-pays-depuis-plus-dun-siecle/5568909
8.http://lesakerfrancophone.fr/le-monde-entier-est-degoute-par-la-politique-etrangere-de-ladministration-obama

Tag(s) : #Politique internationale

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