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L’année 2016 qui s’achève, qui précède une année 2017 portant le sceau électoral avec deux élections, les législatives au printemps prochain et locales à l’automne, et à deux ans seulement des prochaines élections présidentielles, a été «riche» politiquement avec nombre d’événements et de «faits» politiques qui l’ont jalonnée.
Et dans cette rétrospective, l’on a préféré malmener quelque peu l’ordre chronologique de ces événements au gré de l’importance de ces derniers. C’est ainsi que le projet de révision constitutionnelle a, enfin, vu le jour avec son adoption, le 7 février dernier, dans sa nouvelle mouture qui introduit de nombreux amendements à la Constitution de 1996. Sauf que ce texte, en gestation depuis 2011 et constituant une promesse faite par le président de la République dans son fameux discours d’avril de l’année 2011 dans le sillage du fameux printemps arabe, continue à susciter la désapprobation de larges pans de la classe politique, associative et syndicale. Car la matérialisation des dispositions d’ouverture sur l’opposition à laquelle la nouvelle loi fondamentale du pays consacre une plus large place attend toujours. Avec, comme ne cessent de le relever les acteurs politiques, syndicaux et associatifs, les atteintes aux libertés et leur rétrécissement. 
Et les nouvelles lois organiques, l’une portant régime électoral et l’autre instituant une haute instance indépendante de surveillance des élections ont fini par avoir raison des ultimes «poches d’illusionnistes» puisque l’opposition y voit une «remise en cause» en bonne et due forme du multipartisme.
Mohamed Kebci

Laborieux héritage au FFS
L’on se rappelle aussi, et au tout premier jour, le jour de l’an 2016, les inédites funérailles populaires du dernier des chefs historiques, fondateur et chef charismatique du FFS, Hocine Aït-Ahmed. Une véritable déferlante humaine a pris d’assaut le petit patelin natal de Dda l’Ho, en pleine montagne du Djurdjura, lui qui a préféré des funérailles dans la pure intimité familiale. 
Sauf que ce départ du chef a, comme il fallait s‘y attendre, engendré une véritable problématique au sein du doyen des partis de l’opposition, le lourd héritage d’Aït-Ahmed avec son inévitable corollaire, la succession. D’où une crise latente qui couvait en sourdine et qui devait un jour ou l’autre remonter à la surface pour relever du domaine public. Ce qui est arrivé dernièrement avec le renvoi d’un membre de l’instance présidentielle et qui fut un des plus proches de feu Aït-Ahmed, Rachid Halet avec la démission de cadres du parti qui soutiennent ne pas cautionner «ce coup de force anti-statutaire», qui signe on ne peut plus amplement le début du «reprofilage» et de la «normalisation» du parti, comme le soutient le député de Tizi-Ouzou.

Retour de l’enfant «prodigue»
A la mi-mars, le 17 plus exactement, et contre toute attente, l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, forcé à l’exil aux Etats-Unis, lui qui a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international rendu public par l’ex-procureur général près la cour d’Alger, cité dans l’affaire Sonatrach, est soudainement rentré au pays.
Déjà que ce comeback est perçu comme une «provocation» par nombre d’acteurs politiques, associatifs et autres, voilà que Khelil entame une virée dans les zaouïas avant de commencer à animer des conférences publiques dans des cercles restreints et des universités avec des auditoires triés sur le volet. Il est même sollicité par des médias pour émettre ses avis sur la crise financière et économique qui frappe de plein fouet le pays. 
Un activisme qui suscite fort légitimement des questionnements quant à ses motivations, lui qui se dit disponible à servir de nouveau le pays, surtout que le concerné ne peut agir de la sorte sans avoir le quitus du haut-lieu.
Et en avril, le geste de Manuel Valls, l’ex-Premier ministre français, qui montrait sur une vidéo balancée sur le net, son entrevue avec le président de la République, à l’issue de sa visite à Alger en avril dernier. Une séquence montrant Abdelaziz Bouteflika considérablement affaibli, avec, notamment, le regard hagard, qui a suscité une vague de désapprobation aussi bien populaire qu’au sein de la classe politique. Ceci même si l’opposition a mis à profit ces désolantes images qui, selon elle, ne font que refléter une réalité qu’elle ne cesse de clamer.

La «démission» de Saâdani
Le 22 octobre, celui qui, par ses sorties médiatiques tonitruantes, a défrayé, trois ans durant, l’actualité politique nationale, reprend le chemin inverse de celui qui l’a vu propulsé à la tête du principal parti du pouvoir, le FLN. En effet, mettant à profit une session extraordinaire du comité central du vieux front, Ammar Saâdani a annoncé sa démission de la tête du parti pour des «raisons de santé». Ceci non sans qu’il prenne le minutieux soin de se faire, quelques instants auparavant, renouveler la confiance des membres de cette instance, manière de signifier qu’il part de «lui-même» et pas «éjecté» comme son prédécesseur, Abdelaziz Belkhadem. 
Sauf que Saâdani n’aurait jamais agi de la sorte s’il n’avait pas reçu d’ordre, le même qui l’a vu porté à la tête du parti majoritaire pour une feuille de route visiblement plus qu’accomplie avec des écarts dont notamment ses attaques contre l’ancien patron du DRS dissous, Mohamed Médiène, dit Toufik, le qualifiant d’ancien officier à la solde de la France, qui ont certainement dû déplaire à ses mentors. 
Autre fait qui aura marqué l’année qui s’achève, l’opposition qui, dans son écrasante majorité, à l’exception de Jil Jadid et probablement du parti des Avant-gardes des libertés, a décidé de prendre part aux prochaines élections, à commencer par les législatives du printemps 2017. Un engouement qui suscite encore des interrogations, pour certains, estimant contradictoire, cette attitude d’une opposition qui, ces dernières années, n’a pas cessé de dénoncer un pouvoir illégitime, car issu d’élections émaillées de fraudes généralisées. Sauf que pour cette opposition, il est question de «ne pas tomber dans le piège du pouvoir qui, selon elle, «a tout fait, via le projet de loi portant nouveau régime électoral, pour la pousser au boycott».

La transaction avortée de Rebrab
Il y a également le rachat avorté, en avril dernier par l’homme d’affaires Issaad Rebrab, de la quasi-majorité des actions du groupe médiatique El Khabar.
Une procédure qui avait, pour rappel, alimenté la scène politique nationale tant, à travers la transaction purement commerciale, certains y voyaient plus que l’ombre d’une démarche politique. Ce dont s’est défendu le patron du premier groupe privé du pays mais qui n’a pas été jusqu’à faire revenir les pouvoirs publics qui, via le ministère de la Communication, ont annulé ladite transaction sur la base d’une disposition du code de l’information qui récuse le monopole médiatique, l’homme d’affaires possédant déjà un quotidien, il ne pouvait prendre possession d’un autre. 
Un verdict rendu par la seconde Chambre du tribunal administratif de Bir Mourad Raïs. 
M. K.

Education
Retour sur une année mouvementée

Le secteur de l’éducation devait voir le lancement des réformes du système éducatif au cours de l’année écoulée. A défaut, le secteur a connu plusieurs revirements et scandales.
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Les premières perturbations sont intervenues le mois d’avril avec le lancement du concours de 28 000 enseignants. La ministre de l’Education a fait face à la colère des contractuels qui ont revendiqué un recrutement sans condition. Pour faire pression «la marche de la dignité» a été organisée de la ville de Béjaïa vers la capitale. 
Les protestataires, interdits de rejoindre Alger et bloqués à la ville de Boudouaou, ont décidé de camper des jours durant sur place. Nouria Benghabrit tient tête et refuse de céder à cette revendication, attestant que le secteur a besoin des meilleurs et ils doivent donc passer par le concours pour mériter leurs postes. Elle joue, cependant, les intermédiaires auprès du gouvernement et réussit à arracher le principe des années d’expérience dans la notation des contractuels et clôt en même temps le dossier. Mais la série des protestations reprend et c’est parmi les rangs des élèves que ça s’agite. Les candidats au bac de la session 2015/2016 refusent de passer les épreuves pendant le mois de Ramadhan. Ils protestent et finissent par avoir gain de cause. Les épreuves sont avancées au mois de mai. 
Cette session du bac fera couler beaucoup d’encre par la suite. Une fuite dans les sujets du bac scandalise au deuxième jour des épreuves. La fuite est tellement massive que l’on parle de l’annulation des épreuves et l’organisation d’une deuxième session. Le gouvernement a finalement décidé d’organiser une deuxième session pour les matières fuitées. 
L’enquête révèle que des membres de l’Onec seraient derrière cette cabale. Benghabrit n’aura pas le temps de se reposer. En septembre, ce sont les manuels scolaires avec une erreur dans le livre de géographie de deuxième génération qui gâchent la rentrée scolaire. Les livres sont retirés pour être corrigés et l’établissement d’impression reconnaît «une simple erreur d’impression». 
En octobre, le ministre de l’Education annonce officiellement le début de la réforme du bac pour la session 2016/2017. Les épreuves étaient censées se dérouler en quatre jours au lieu de cinq jours. En novembre, le nouveau calendrier des examens du bac de la session 2016-2017 est affiché. Une session qui devait marquer le début du lancement des réformes mais le changement ne plaira pas aux candidats qui décident de le faire savoir. Des mouvements de grève éclatent un peu partout dans plusieurs wilayas. 
Mi-novembre, la ministre de l’Education qui a rencontré des lycéens annonce sur-le-champ le retour à l’ancien calendrier des examens. Le bac se déroulera comme auparavant en cinq jours et la réforme est reportée même si le département de l’éducation estime avoir ouvert ce chantier avec un simple allégement dans le volume horaire des matières et des sujets de composition. 
En décembre, c’est le calendrier des vacances d’hiver qui ne sera pas non plus apprécié par les lycéens. Le ministère de l’Education a décidé de réduire les jours de vacances à dix jours au lieu de quinze jours dans le souci d’atteindre les 32 semaines de cours durant l’année scolaire. Les lycéens protestent et font grève. Dans certaines wilayas, la protestation se transforme en émeutes avec des affrontements entre les élèves et les forces de l’ordre. Encore une fois, le ministère de l’Education qui, pourtant, la veille affirmait le maintien du nouveau calendrier des vacances, prend tout le monde au dépourvu en ce mardi 20 décembre et annonce un réaménagement dans le calendrier. 
Les élèves ne profiteront pas de quinze jours de repos mais de dix-huit jours à compter de ce jour où l’annonce a été faite. 2016 a donc marqué le système éducatif non pas par une quelconque réforme qui tarde à pointer le bout de son nez mais par de nombreux chamboulements. 
Pour 2017, le secteur de l’éducation devra en principe mettre en place cette réforme notamment pour l’examen du bac. Pour les autres cycles, rien n’est encore en vue.
S. A.

Front social
Une fin d’année… pénible

C’est une année 2016 très agitée sur le front social que les Algériens ont vécue, notamment durant son second semestre. Et pourtant, tout a commencé par l’annonce de mesures d’apaisement, que le gouvernement avait évoquées lors de la tripartite tenue en mars de l’année 2016 dans la wilaya de Biskra. Sur le terrain, la réalité était tout autre : grèves et large mobilisation ouvrière. Décryptage.

Abder Bettache - Alger (Le Soir) - La crise sociale qu’a connue la fin de l’année 2016 est quelque peu identique à celle qu’avait connue le pays au début de l’année 1991. 
En 2016, le gouvernement Sellal était contraint, sous la pression de la rue, de faire une concession de taille : revenir à l’ancien système des vacances scolaires, alors que le département de l’éducation les avait fixées à une semaine. Il est vrai que des lycéens avaient manifesté leur colère, mais il n’en demeure qu’à l’origine de la «décision» gouvernementale, il y avait les différents «signaux» et autres «rapports» faisant état d’un véritable malaise social. 
Un malaise dont les gens du «terrain» avaient mesuré l’ampleur. Retombées socio-économiques de la chute du prix du baril, révision des dispositifs de retraite, appréhension du nouveau code du travail, «menace» de remise en cause des acquis sociaux, augmentation «inattendue» des prix de large consommation, alarmiste projet de loi de finances 2017 et grève cyclique de l’Intersyndicale, soutenue pour la première fois par des structures syndicales affiliées à l’UGTA. Il s’agit d’autant de facteurs et de signes avant-coureurs d’une «réelle explosion sociale», qui ont précipité «l’intervention» du chef du gouvernement. 
La «soupape de sécurité» est enclenchée. Rallonge des vacances scolaires. «Le chaos est évité de justesse», commentent des analystes. 
Remake de 1991, mais…
La situation vécue sur le plan social durant l’année 2016 est quelque peu identique à celle de 1990. La chute du gouvernement de feu Kasdi Merbah et l’arrivée du «réformiste» Hamrouche sont intervenues dans un contexte socio-économique des plus difficiles. Poursuite de la chute du prix du pétrole et entame des premières réformes économiques. Le FMI entre en scène. La scène sociale s’enflamme. 
Le monde du travail est en ébullition. «Non-respect des engagements du gouvernement contractés en octobre 1990», principal argument de la centrale syndicale. L’UGTA affûte ses armes et menace. Le gouvernement Hamrouche «s’entête» et campe sur sa position. 
Menace d’explosion sociale : conséquence : l’UGTA opte pour une grève générale de deux jours. Paralysie totale du pays. 
Le chef du gouvernement de l’époque fait marche arrière et ouvre les négociations. Quelques mois après, le gouvernement Hamrouche tombe... Vingt ans après, le même scénario se répète. Mais pour cette fois-ci, le Premier ministre Abdelmalek Sellal anticipe et évite une fin d’année «explosive» Le dossier de retraite certes a été validé par les deux Chambres, mais «des concessions ont été faites pour le monde du travail» : réflexion sur les métiers pénibles et «reconnaissance» implicite de la lutte syndicale incarnée par le combat «mené» par les syndicats autonomes. 

Une année 2016… pénible !
Question : Que faut-il, dès lors, retenir de l’année 2016 ? Tous les observateurs s’accordent à dire que l’année qui s’achève était laborieuse. Le monde du travail a connu des moments forts en contestation sociale. La palme revient en premier lieu aux différentes organisations syndicales dites «autonomes» fédérées au sein de l’Intersyndicale. 
Le dossier de réforme du système de retraite a réussi une large mobilisation du monde du travail, y compris les structures syndicales affiliées à l’UGTA, à l’image du syndicat du groupe SNVI. Ce dernier, à l’origine de plusieurs mouvements de contestation observés au niveau de la névralgique zone industrielle de Rouiba, n’a pas tardé à avoir gain de cause. 
Le changement opéré à la tête du groupe SNVI, considéré comme l’une des principales revendications des représentants des travailleurs, intervenu à trois jours de la fin de l’année 2016, est considéré comme une grande «victoire» pour les représentants des travailleurs. 
L’année 2016, qualifiée de «pénible», s’achève avec son lot de «colère sociale» et de «revendications à moitié concrétisées», dont certaines ne sont, selon des spécialistes, que «reportées» pour l’année 2017. 
A. B.

Santé
Une année de polémiques

Départ à la retraite des professeurs chefs de service âgés de plus de 65 ans, scandale du vaccin pour nourrisson, Pentavalent, polémique sur le médicament contre le cancer du sein ou encore l’affaire RHB (Rahmat Rabi), ce sont là les principaux sujets ayant marqué le secteur de la santé l’année écoulée. 2016 s’achève aussi sans que la nouvelle loi sanitaire voie le jour. 
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Retour sur une année très controversée pour le département de Abdelmalek Boudiaf. Les premiers maux ont commencé le mois de mars suite à la décision du gouvernement de mettre à la retraite les professeurs hospitalo-universitaires âgés de 70 ans et plus et de la mise de fin de fonction des chefs de service hospitaliers ayant atteint l’âge de 65 ans. Une instruction qui vient en réponse à la demande du Syndicat national des professeurs chercheurs hospitalo-universitaires qui revendique le droit à l’évolution de carrière pour la jeune génération. 
Les concernés, eux, refusent de partir. Pendant deux mois, les deux générations se sont affrontées par médias interposés. Chacun ses arguments pour défendre sa position. Or, au moment où l’on commence à se préparer à l’organisation du concours de chefferies de service pour pourvoir les postes à libérer, le Premier ministre surprendra avec une nouvelle instruction. 
Il reporte la mise de fin de fonction de chefferie de service à 67 ans et les hospitalo-universitaires ne sont plus dans l’obligation de partir à la retraite à 70 ans. Gain de cause pour les uns et revirement de situation pour les autres. Les deux parties se sont affrontées lors d’une assemblée générale durant laquelle une entente à été au final trouvée. 
Début juillet, deux nourrissons de deux mois décèdent dans une clinique à Rouiba après avoir été vaccinés au Pentavalent, nouveau vaccin introduit dans le calendrier de vaccinations lancé en avril. Le ministère de la Santé décide du retrait du lot de vaccin incriminé et une enquête a été lancée pour détecter les causes exactes des décès. 
Le ministère de la Santé rassure et refuse de remettre en cause le vaccin. Il serait, cependant, contraint de suspendre la vaccination au Pentavalent devant le refus du corps médical de prendre le risque et la crainte des parents. Cafouillage et désarroi. Un nouvel appel d’offres a été lancé en octobre pour chercher un nouveau fournisseur. 
Novembre, l’appel d’offres de l’Institut Pasteur se révèle infructueux. La date limite permettant un rattrapage de vaccination ayant été atteinte, le ministère de la Santé décide de revenir à l’ancien calendrier de vaccinations en ce mois de décembre et de suspendre le Pentavalent. Six mois après, les résultats de l’enquête ne sont toujours pas rendus publics. Entre-temps, c’est un traitement destiné pour le cancer du sein qui fait la Une des journaux et des médias en général pendant plusieurs jours. 
L’oncologue Kamel Bouzid, du CPMC, lance les hostilités contre la PCH en l’accusant de refuser d’honorer la totalité de sa commande en traitement contre le cancer du sein et son remplacement par un biosimilaire. Le PCH rétorque pour démentir l’information et le problème de l’interchangeabilité et de l’utilisation de médicaments biosimilaires éclate.
C’est la Direction de la pharmacie auprès du ministère de la Santé qui intervient pour trancher. Les nouvelles maladies seront traitées par le produit biosimilaire et les anciennes resteront sur le traitement issu de la biotechnologie. 
En novembre, une nouvelle histoire défraye la chronique. L’affaire Rahmat Rabi est sur toutes les lèvres. Une télévision privée consacre un reportage à Toufik Zaïbet et le présente comme étant l’inventeur d’un médicament miracle contre le diabète. On parle de Zaïbet et de son médicament partout. Le ministre de la Santé s’affiche avec ce «chercheur». 
Les malades s’impatientent de voir le médicament sur le marché et les officines de le commercialiser. Devant tant d’engouement et pour accélérer sa mise sur le marché, le RHB voit le jour sous forme d’un complément alimentaire. 
Les officines font face à des files de patients, heureux de se procurer le produit miracle qui mettra fin au diabète. Certains sont allé jusqu’à arrêter leur traitement médicamenteux. La corporation médicale monte au créneau pour alerter sur la situation et dénonce une mise sur le marché d’un produit qui n’a pas respecté le processus d’analyse. Aucune réaction officielle, et le RHB connaît un succès jusqu’à ce qu’un patient décède, après avoir arrêté son traitement au profit de ce complément alimentaire.
Le ministère du Commerce était contraint de réagir et fait retirer le produit du marché. Zaïbet s’avère n’avoir jamais poursuivi des études en médecine à l’Université de Genève ni avoir travaillé au sein du groupe Saidal. 
L’affaire RHB qui est incontestablement l’arnaque de 2016, donne, cependant, l’occasion au charlatanisme de se proliférer. 
Un certain Belahmer annonce, quelques jours après le retrait de Rahmat Rabi, toujours sur les écrans de télévision, l’ouverture d’une clinique pour la roquia. Cette fois, les autorités réagissent vite et décident de sa fermeture. 
Par ailleurs, l’année 2016 est censée voir la mise sur le terrain de la nouvelle loi sanitaire. Après des mois de retard, ce projet de loi passe en Conseil des ministres en octobre. Cependant, sa discussion au niveau des deux Chambres du Parlement est visiblement bloquée. 
Annoncé pour le 19 décembre, le projet est une nouvelle fois reporté pour ce mois de janvier. Cependant, l’application de la nouvelle loi sanitaire au courant 2017 n’est pas encore sûre même si le département de la santé a déjà finalisé les textes d’application. 
La volonté politique ne semble pas partager l’engouement de la corporation médicale qui veut voir le lancement de la modernisation d’un secteur qui va toujours mal.
S. A.

RAFISTOLAGE
Le «S» de Ben Aknoun, l’exemple phare de l’année 2016

Sur l’autoroute reliant Dar El Beïda à Zeralda, le tronçon de Ben Aknoun dit le «S» a subi de graves dégâts au point de bloquer la circulation à deux reprises en cette fin d’année en l’espace d’un mois seulement suite à quelques averses.
Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Le désastre est survenu suite à des intempéries le soir du 18 novembre dernier au niveau de l’axe autoroutier Ben Aknoun-Dar El Beïda, près de la cité Sahraoui, où cinq véhicules se sont retrouvés dans une grande fosse causant onze blessés. Il ne s’agissait pas d’un léger affaissement mais d’un abîme de quatre mètres de longueur, de six mètres de largeur et d’une profondeur de quatre mètres. Cet «incident» a eu lieu exactement au même endroit où quelques mois auparavant, en mai précisément, l’affaissement d’un collecteur d’eaux usées a engendré deux jours de travaux et un énorme ralentissement du trafic routier.
Revenant sur le drame de novembre, «la fosse a été provoquée par la saturation du réseau unitaire qui draine les eaux usées et pluviales de la commune de Ben Aknoun. Il date de l’époque coloniale et il s’est considérablement dégradé», selon la Seaal. C’est effectivement à ce niveau que celle-ci avait réalisé un nouveau collecteur lors de son intervention en mai dernier mais il semblerait que cela n’a rien arrangé. 
Ce 19 novembre, soit le lendemain de l’incident, après la fermeture du tronçon concerné, à savoir l’axe Ouest du «S», des équipes de la Seaal, des travaux publics, de la Protection civile et de la police s’y retrouvent sur place. Les unes pour dévier les eaux, réparer la chaussée et rouvrir l’autoroute ; et les autres mobilisées afin de gérer au mieux la circulation routière et éviter que les curieux bloquent davantage l’autoroute déjà embouteillée par la fermeture du «S» côté Ben Aknoun-Dar El Beïda. Si les conducteurs se montraient plutôt fureteurs lors de leur passage à côté de la zone des travaux, d’autres citoyens n’hésitaient pas à se déplacer jusqu’à l’endroit pour voir de plus près «le fameux trou» et prendre des photos pour alimenter les réseaux sociaux et la curiosité des internautes.
En effet, le chantier s’est transformé en une scène de spectacle pour les curieux et faisait office d’un studio de tournage en live pour certaines chaînes de télévision privées tout au long des 36 heures de travaux de réhabilitation. Un délai qui a d’ailleurs fait la fierté du ministère des Travaux publics l’ayant qualifié d’un temps «record». Il faut savoir que cette «réparation express» s’explique par le fait que l’affaissement ait touché un axe autoroutier névralgique pour Alger. Surtout qu’il s’agit d’un tronçon de l’autoroute reliant la résidence d’Etat de Club-des-Pins au centre de la capitale, d’où cet empressement.
Question de rafistolage ou de performance ? Près d’un mois plus tard, c’est au tour de l’axe Est du «S» de Ben Aknoun d’être détérioré. Au soir du 21 décembre dernier c’est ce tronçon qui est inondé au même endroit où la chaussée s’est affaissée quelques semaines auparavant. Même si l’autoroute n’a pas été fermée à ce niveau, il n’en demeure pas moins que la circulation y était impossible et que le trafic routier a été considérablement ralenti des heures durant. 
En effet, avec une inondation qui dépasse les 50 centimètres, quelques voitures ont même été emportées par les courants d’eau. Visiblement, l’efficacité des travaux de raccommodage effectués novembre dernier n’a certainement pas égalé leur rapidité.
N. B.

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Tag(s) : #Vie politique

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