Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


 

De jeunes citoyens au secours d’une famille totalement démunie. ©D. R.
 
 
 

Touchés par le cas de la famille de M. Lakhdar, qui n’a ni toit, ni habits, ni de quoi se nourrir ou se soigner, des citoyens algériens de tous les horizons et régions du pays et même ceux vivant à l’étranger, se sont mobilisés pour venir en aide à cette famille en détresse.

À Bordj Bou-Arréridj et ailleurs, les différentes recherches ont démontré l’inefficacité du système de services devant la détresse sociale des familles. Devant cette contre-performance, des jeunes des réseaux sociaux ont financé, encadré et mené des opérations d’aide à des familles en détresse. Ces groupes sont devenus très efficaces par leur rapidité et leur présence sur le terrain. Ils ciblent le manque et agissent sans attendre. Ainsi, touchés par le cas de la famille de M. Lakhdar, qui n’a ni toit, ni habits ni de quoi se nourrir ou se soigner, des citoyens algériens de tous les horizons et régions du pays et même ceux vivant à l’étranger, se sont mobilisés pour sauver cette famille en détresse, composée de 7 personnes : le père Lakhdar, la mère Oum El Khaïr et leurs cinq enfants dont quatre filles (Saïda 14 ans, Hada 11 ans, Besma 7 ans et Messouada 1 an)  et un garçon, Messaoud âgé de 3 ans. Ils sont tous analphabètes. Les trois grandes filles ne sont jamais allées à l’école. Les deux petits ont peur des visiteurs. Le père, en plus de cette situation, est atteint de plusieurs maladies. La mère, quant à elle, tente de survivre et faire survivre sa famille.
Actuellement, la famille est hébergée temporairement, depuis 13 ans, dans un taudis situé à l’écart des agglomérations mais vit avec la peur de se retrouver à la rue un jour. Ce gourbi est une ruine qui ne protège ni du froid, ni de la chaleur ni de l’humidité. À l’intérieur, tout est noir du sol au plafond. Les murs laissent le vent s’engouffrer par des ouvertures béantes. La porte n’existe pas. “À quoi servirait-elle ?”, dira un jeune internaute. Ils se chauffent à l’aide d’un fourneau à bois de fabrication artisanale “qui dégage de la fumée plus que de la chaleur”, nous dit la mère.
Par ailleurs, aucune commodité n’existe, pas même les toilettes. “Tous les membres de la famille, de jour comme de nuit, hiver comme été, sont obligés de faire leurs besoins en plein air”, précise un autre jeune bénévole.
À notre arrivée sur les lieux, il était 11 heures. Après une heure de discussion avec la famille, nous avons remarqué que la maman n’avait rien préparé pour le déjeuner. Il n’y a que de la fumée ! Nous avons posé la question à Hada, la fille cadette qui a répondu après une longue hésitation et d’une voix basse : “Nous n’avons pas mangé”. La maman nous dira qu’elle a réservé un peu de farine pour le soir et elle saute le repas de midi parce qu’ils ont bu du lait le matin. “Le soir, il fait très froid et les nuits sont longues, alors je garde le peu de farine qui me reste pour le dîner”, a-t-elle ajouté. Le groupe de jeunes gens que nous avons rencontrés sur les lieux et qui se sont mobilisés en nombre pour aider cette famille, a essayé de trouver des explications à ce cas qui, force est de le constater, n’est pas isolé, mais la seule réponse a été clairement dite par des plus jeunes : “On parle beaucoup de solidarité mais pour qui et pourquoi ? Pour ceux qui trichent, qui volent, pour les professionnels de la vie d’assisté, pour tous ceux dont nous n’avons aucunement besoin. Trop souvent, nous oublions ce que nous avons et nous nous concentrons sur ce que nous n’avons pas. Ce qui est un objet sans valeur pour une personne est une richesse inestimable pour une autre. C’est entièrement basé sur le point de vue où on se place”.

Chabane BOUARISSA

Tag(s) : #Vie Sociale, #Droits humains

Partager cet article

Repost 0