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P’tites frappes !

Par Hakim Laâlam  
Email : hlaalam@gmail.com
Algérie ! Retour au calme après plusieurs jours 
d’émeutes à…

… El-Mouradia !

On les voit distinctement sur la vidéo. Des garçons entre deux âges. Mi-ados boutonneux, mi-adultes en hésitation de devenir. Sapés de survêtements de marque. Chaussés de baskets de marque, aussi. Casquettes rivées sur des têtes sans… marque, sauf celle visible à mille lieues à la ronde de l’imbécillité crasse. Ils agressent un ressortissant chinois, le sortent de son véhicule, le tabassent, puis, carrément, volent sa voiture sous les rires et les regards goguenards des complices restés sur le bord de ce bout de trottoir de ce bout de quartier de cette capitale faite de petits bouts de violence cumulée. Alors non ! Aujourd’hui, ici, il n’y aura aucune place pour la rahma et les discours de plus en plus ronflants et gonflants de la «bien-pensance» algéroise qui me sort à chaque fois les litanies du genre «mais tu sais, Hakim, c’est inéluctable. Cette jeunesse, on ne lui a rien offert. Elle n’a aucune perspective devant elle». Basta ! Basta, parce que cette agression donne à voir de manière hideuse le menu, le programme des réjouissances pour les 20, voire pour les 50 années à venir. Des «citoyens» qui attendent que le Chinois, le Turc, l’Espagnol et le «Subsaharien» — comme se plaisent à les labelliser certains de mes chers confrères comme s’il n’existait qu’un peuple, qu’une langue et qu’une nation sur le continent, la Subsaharie ! — leur construisent des cités AADL, LPP, LSP ou autres, et qui, à la moindre occasion, bastonnent justement ceux qui leur bâtissent ces piaules et ces cités au bas desquelles ils s’adosseront au mur, gobelet de café à la main, pilule hallucinogène surnageant dans le breuvage et regard hagard plongé dans rien, ou sous les jupes des filles qui passent. Allah ghaleb !

Mais moi, je n’ai plus la force de ne trouver des explications à ce genre de situations que dans la démission du régime, du pouvoir. Ce matin, ça me paraît un peu court comme justif’. Le genre d’argumentaires bateau qui est en train de nous faire plonger petit à petit dans une société parasitaire, nourrie à l’émeute, calmée au F3 acquis «batel» et gavée, héroïsée à l’oisiveté élevée au rang de doctrine philosophique. Et non ! Ça eut payé. Chez moi, ça ne paie plus. Demain, ou après-demain, peut-être tendrais-je à nouveau une oreille plus ou moins attentive aux sociologues, aux psychologues, aux économistes et aux humanistes de tous bords, et peut-être irais-je même jusqu’à être d’accord avec eux sur la question de la démission du Palais. Mais là, aujourd’hui, en ce moment, je regarde partout, sauf en direction du Palais pour chercher la cause de cette barbarie, et les raisons des larmes de ce ressortissant chinois venu ici, chez nous, construire quelque chose, édifier un truc sérieux, bastonné, humilié, traumatisé à vie. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Tag(s) : #Chroniques du jour

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