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La conséquence, des ponctions qui ont été faites sur les salaires de la plupart des enseignants, pour le compte de ce de mois janvier 2017, au prorata du nombre de jours d’arrêt de travail a diminué le pouvoir d’achat du travailleur de l’éducation déjà faible de plus de 20%. Au moment où les pouvoirs publics cherchent la paix sociale, une telle décision porte atteinte à celle-ci, et augmentera le mépris réciproque entre le ministère de l’éducation et ses travailleurs. Certains ont perdu 10 000 DA et d’autres, 20 000 DA qui dépasse le SMIG  algérien car il y a eu aussi ponction sur leur prime de rendement.

« C’est une mesure d’intimidation qui a fait de l’enseignant un smicard. La grève a été largement suivie en novembre 2016. Elle a touché plus de 60% du corps enseignant. On ne peut pas comprendre que ce soit les salaires du mois de janvier travaillé qui aient été le plus coupés alors que le mois de novembre et décembre ne l’a pas été totalement. Les textes ne parlent pas de rattrapage, un mois après la grève » mais plus tard pour laisser le temps aux négociations,car avant d’opter à l’application de la loi automatiquement et dans tout ministère qui se respecte et qui ne méprise pas ses enseignants des négociations sont ouvertes, pour trouver la méthode de ponctions ou de rattrapage des cours perdus pédagogiquement à la veille des futurs grands examens, calmer les antagonistes tout en sécurisant le pouvoir d’achat des travailleurs pour les amener à la table des négociations et ne pas pénaliser l’élève.

L’expérience nous a appris que plus les ponctions sont fortes dans le secteur de l’éducation plus les grèves sont nombreuses et versent vers des durées illimitées car les bases ont compris que le ministère de l’éducation n’entamera des négociations avant les ponctions que si les enseignants sont en mouvement de grève illimité, les conseillers de l’éducation n’ont pas retenu la leçon du passé car ce sont les mêmes qui ont été responsable du pourrissement dans les mouvements de grève précédents.

L’algérien est fier et ce n’est pas les ponctions qui lui feront renoncer à ses droits, mais puisqu’il est dans un secteur stratégique, où il a entre les mains des innocents, celui-ci dit que  ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il participe à ces mouvements, mais c’est le seul langage compris par la tutelle et le gouvernement pour entendre la voix du travailleur. Ce qui est grave dans ces ponctions c’est qu’elle a touché même les enseignants qui ont fait un service minimum en enseignant tout en étant en grève. L’enseignement est un métier noble, la ministre doit être la première avocate à défendre, et non pas le procureur qui condamne automatiquement et intimide avec bassesse les enseignants sans tenir comptede la légalité et de leurs revendications ni de l’avenir des élèves qui dépendent de leurs enseignants. Aujourd’hui un mur est dressé, la plupart des enseignants questionnés ont opté pour le non rattrapage des cours perdu qui sont de 2 semaines, et demandent aux parents d’élèves et aux élèves de comprendre leur décision. Seule l’ouverte de négociations le plus-tôt possible pourra ramener ces enseignants expérimentés à de meilleurs sentiments et à pouvoir rattraper les cours perdus sans précipitation et avec gaieté de cœur. La politique de Mme La Ministre d’intimidation a échoué et ce qui est malheureux c’est qu’à chaque fois au moment où l’on s’attend à un geste de sa part elle fait le mauvais choix.

Maintenant c’est à la mode en Algérie, à chaque manifestation ou grève, on chante le même refrain : « c’est la main étrangère qui remue les grèves ». On touche à mon école et je dois me taire sinon c’est « la main étrangère » ; on touche à ma retraite et je dois me taire sinon c’est « la main étrangère » ; on touche au code du travail et je dois me taire sinon c’est « la main étrangère » ; on touche à mon pouvoir et je dois me taire sinon c’est « la main étrangère » ; je dénonce le vote de certains membres de l’APN qui ont trahi ceux qui ont voté pour eux alors c’est « la main étrangère ». Nous disons aux responsables du pays d’arrêter de vous conduire en ridicule, les problèmes énumérer sont réels et seule une participation de tous peut les résoudre et ce n’est pas en allant contre la volonté des travailleurs qui disent clairement ne touchez pas à nos acquis qu’on pourra les résoudre. Arrêtons le langage de bois « Main Etrangère » ou « Printemps Arabe », nous avons assez souffert et nous sommes assez mur car il n’y aura ni l’un ni l’autre et ce n’est même pas dans le répertoire de l’algérien. Mais il est venu le temps, nous sommes en 2017 d’écouter tout le monde même celui qui est un ennemi pour trouver les solutions car l’Algérie est un pays solidaire, unie et indivisible et personne ne pourra s’insinuer dans les problèmes algéro-algérien, mais nous devons avoir le courage d’accepter nos erreurs.

Aujourd’hui les enseignants crient  « elhogra » des pouvoirs publics et du ministère de l’éducation et responsabilisent les syndicats de ne pas avoir opté à une grève illimitée seule langage compris par le ministère et que ponctions pour ponctions qu’on en finisse une fois pour toute (renvoyer tous les travailleurs de l’éducation ou leur donner leur droits). Le pire qui va arriver avec cette méthode de ponctions sans négociationset sans politique de rattrapage c’est que les travailleurs mécontents dans certains établissements vont opter seuls vers des grèves illimitées et sans négociateurs ce sera l’anarchie et on verra à droite et à gauche d’une wilaya à une autre la naissance de collectif pour les grèves. Le ministère doit réagir le plus tôt possible, pour d’abord permettre aux enseignants de faire un rattrapage planifié, pour cela sa première action et avant de commencer les négociations ; reversé les ponctions qui verront tous les enseignants rattraper leur cours sans contrainte et dans un deuxième temps ouvrir des négociations dans son secteur sur le statut particulier, la réforme, les programmes, la violence et tout ce qui concerne l’éducation.

 La confiance doit revenir entre ministère, syndicats parents d’élèves, élèves et enseignants pour la réussite de l’école algérienne.

Je ne vois pas qu’après ces ponctions un enseignant et sa famille tous affamés par celles-ci, pourra avoir un rendement à 100% et comment les responsables du ministère qui normalement sont tous des pédagogues puissent prendre de telles décisions. L’école n’est pas une usine car pénaliser un enseignant, c’est pénaliser tous ses élèves, donc c’est à se demander si ces décideurs ont déjà enseigné ou sont-ils vraiment responsables.

La conséquence de ces ponctions a eu un effet, de solidarité des élèves vis-à-vis de leurs enseignants et un aspect négatif que ce soit sur les programmes, sur la méthode d’enseignement et surtout sur leur formation de citoyenneté et de civismedes élèves car ils viennent d’assister au refus non démocratique avec l’appui des sénateurs et députés de la loi de la retraite malgré la forte protestation populaire et à la méthode violente de répression que ce soit celle des autorités ou celle de la tutelle par les ponctions. Alors comment sera-t-il demain cet élève ?

Les enseignants sont déçus de ne pas voir les parents d’élèves dénoncer la méthode et la rapidité de ponctions sur salaire des enseignants empêchant ces derniers de rattraper méthodiquement les cours perdus. C’est à eux d’empêcher ces ponctions et de créer un climat de confiance entre tous les antagonistes. Ce qui grave dans tout ça c’est que MME la Ministre n’a rien fait pour les enseignants car même si la décision de ponction violente venait  du gouvernement c’est à elle d’empêcher ça expliquer en disant que « si j’opte pour cette décisions les enseignants comme je les connais refuseront de faire le rattrapage des cours payés car ils n’ont pas reçu leur rémunération pour cela donc c’est des cours perdus ».

Nous attendons au pire de la part du ministère pour rattraper les cours et vous verrez.

Maintenant quel est l’impact de ces ponctions pour les futures législatives

D’abord, si l’on revient en arrière, nous pouvons nous apercevoir que l’APN n’a plus la confiance des travailleurs de l’éducation après le vote à l’unanimité et contre la volonté du peuple sur la loi de la retraite ajouté à cela les ponctions sur salaire qui ont affamé certaines familles, donc tout cela ont pousser les travailleurs de l’éducation à dire « voter pour qui ou pour quoi puisque tout est décidé d’avance même contre la volonté du peuple » donc le risque d’abstentions de la part des travailleurs de l’éducation et de la fonction publique se précise. Le nombre de votant entre travailleurs de l’éducation sans oublier les retraités dépassent les 5 millions d’électeursqu’il ne faut pas négliger. La balle est au ministère et au gouvernement pour rendre la confiance aux travailleurs de l’éducation d’abord reversant les ponctions sur salaire tout en gelant l’application de la loi de la retraite et en ouvrant des négociations sur cela.

HAKEM BACHIR PROFESSEUR DE MATHEMATIQUES AU LYCEE COLONEL LOTFI D’ORAN

Tag(s) : #Vie Syndicale

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