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Ceux qui, lors des événements de Béjaïa, nous serinent encore cette incantation de « la condamnation de la violence d’où qu’elle vienne » doivent savoir que le B.A.-BA de la politique est que, dans une république,  le monopôle de la violence relève des seules institutions de l’état qui sont l'armée et ses forces de sécurités.
Ils doivent aussi se rappeler que lorsque ces institutions de l’état affrontaient le terrorisme , les pro-islamistes et leurs sbires  condamnaient la violence d’où qu’elle vienne . Ce manque de discernement pour les uns, cet  amalgame des autres  les a emmené crescendo à la politique de la neutralité sur les événements tragiques que nous avons connu jusqu’à trainer certains leaders à Saint Egidio et au « qui tue qui »  de la Sociale Démocratie. Sous la forme d’une interrogation, ils accusaient les démocrates, les patriotes, l’armée et tous ceux et celles qui résistaient à l’islamisme, à l’instauration de la charia, au terrorisme, jusqu’à les qualifier d’éradicateurs.
Condamner  la violence  d’où qu’elle vienne est paradoxalement une autre tentative de délégitimer les institutions tout en légitimant la violence des terroristes d'hier et celle d’agents au service des importateurs qui prétendent au pouvoir politique, avec l'aide de ce qui est surnommée l’opposition, aujourd’hui.
Comme on le voit, la question du  "qui tue qui ", comme « la condamnation » ne sont en fait, que des appels à une politique, pour plus de violence. Si l’accusation par le biais du « qui tue qui » nous entrainait vers l'instauration de la théocratie, de la chariaa, de l’islamisme. Aujourd’hui ceux qui condamnent « la violence d’où quelle vienne »ne font rien moins qu'un appel à plus de violence pour entrainer la société sous la coupe réglée des importateurs et son soutien surnommée « opposition » . Sachant que  depuis la réconciliation nationale,  la société en perdant tout espoir de justice s’est enveloppée dans de plus en plus de religiosité, et de ce fait passe chaque jour à de plus en plus d’immaturité politique.
Dans ces cas, l’émeute  ne peut être perçue que comme un cri d’espoir et comme tout acte spontané,  il peut se transformer en acte de désespoir puisque la réaction y veille à celà. Si l’émeute est toujours  la preuve de l’échec des partis politiques, elle indique néanmoins le niveau politique actuel. Le plus souvent l’émeute révèle aussi l’antagonisme du double visage de la société civile. Le visage pernicieux est toujours caché par le politique alors que l’autre se caractérise par l’absence de soutien politique et c’est cette absence qui est la raison de la révolte.
 Je me demande qu’est ce qui peut être commun à une grève lancée par un anonyme, au caillassage d'un commissariat et d' édifices publics et l’émeute, cet acte de revendication des plus démunis, des sans voix ? Les deux relèvent de politiques diamétralement opposées. En condamnant l’ émeute  , on condamne toute la politique du réel et, en fait,c’est le but de ceux qui veulent neutraliser toute revendication populaire. Ceux qui condamnent la violence d’où qu’elle vienne sont pour plus de pouvoir à la réaction ou du moins y  contribuent comme contribuaient auparavant leurs compères avec le « qui tue qui ».                                                   Il faut savoir que l’autrre B.A.-BA de la politique est que seule la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir de la politique du peuple, peut prémunir le citoyen de la violence des institutions de l’état.  
Saadeddine Kouidri
Tag(s) : #Vie politique

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