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Question pertinente et qui mériterait de croiser
les compétences et les savoir- faire agronomiques, pédologiques,
environnementales,économiques et managériales.

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l’Algérie, d’ailleurs comme toute nation aspirant à grandir et à peser dans le jeu international compliqué des états, doit impérativement régler la question de la souveraineté alimentaire et de son cœur la céréaliculture.
De quoi est malade la céréaliculture algérienne :
Comme un médecin, l’agronome ausculte le patient, prend le temps d’observer et de diagnostiquer pour élaborer une stratégie de traitement : Est-ce que la question de la céréaliculture est bien posée et existe t –il un programme prospectif pour son développement? La réponse est complexe. Elle convoque à la réflexion plusieurs domaines de compétences. Quelles sont les bonnes questions à poser ?La surface agricole réservée
à la céréaliculture est–elle suffisante pour augmenter la part de production nationale, inverser la tendance haussière des importations et réduire la facture alimentaire.
En comparaison avec d’autres pays, à l’évidence et pour réduire significativement les importations, la céréaliculture doit augmenter sa part sur de nouvelles terres à bonifier, et sur la résorption en partie de la jachère en associant: céréales – élevages (ovins, caprins et bovins) - légumineuses alimentaires et fourragères.

Aussi, les sols réservés à la céréaliculture sont en majorité sujets au compactage, à la destruction de la structure et à l’érosion. Ils ont une très faibles fertilité chimique et biologique, leur capacité en nutriments est faible comme d’ailleurs le taux en matière organique du sol inférieur à 0,5%. La tendance à l’alcalinité et à l’induration des terres n’arrange pas les choses. En somme, et en raison aussi de la maîtrise imparfaite du savoir agronomique, ceci explique partiellement les faibles rendements moyens (12 à 13 q/ha). Où se situent les niches de terres agricoles à bonifier :Le bassin numidien, le domaine mauritanien oriental et occidental renferment de vastes territoires de terres à bonifier. Environ 2 millions d’hectares peuvent être bonifiés et versés dans les 5 ans à venir à la céréaliculture,
particulièrement à l’orge en association avec l’élevage ovin et les légumineuses fourragères et alimentaires. Pour quelles céréales devons nous opter et peut on encore faire de la céréaliculture en mode pluvial en climat méditerranéen semi-aride et aride, et à quels risques ?Au vu des changements climatiques, tendance au réchauffement et à l’aridité croissante du sud de la Méditerranée, (de 1990 à 2010 la température moyenne sur les hautes plaines occidentales a augmenté de 1,5°C), il serait sage et intelligent de réfléchir à l’examen et la délimitation des zones agro-écologiques pouvant encore recevoir la céréaliculture en mode pluvial. Etant quasiment assuré, qu’il n’est plus possible de continuer à emblaver des superficies en blé tendre et en blé dur en dessous de l’isohyète 400 mm sur des sols agricoles compactés et peu profonds (moins de 60 cm). Cette relation climat, plante (choix du cultivar climato-résistant), sols (profondeur, richesse en argiles limons et matière organique) et itinéraires techniques (rotation/assolement et façons culturales) me semble être au cœur de la nouvelle agriculture céréalière à promouvoir.
En ce sens, quel modèle novateur à promouvoir et où se situent les niches à haut potentiel de résilience en matière de céréaliculture.
Si techniquement, il est encore permis de pratiquer la céréaliculture
(blé dur et blé tendre) à plus de 400 mm. Cependant, et en raison de la rareté des pluies efficaces (pluies qui alimentent efficacement
la capacité utile en eau du profil cultural), il serait sage de réfléchir à des appoints d’irrigation notamment au printemps au moment de la formation du grain et des risques d’accidents à l’échaudage.Les rotations assolements et les apports en fertilisants organiques doivent être réévalués. Si techniquement le non labour est peu recommandé, en raison de la nature des sols fortement calcaires enclins au compactage, par contre il est conseillé d’abandonner le labour automnal à la charrue à disques au profit de la charrue à socs. En sorte qu’il faut réduire au maximum les façons culturales par économie de la matière organique et favoriser les lits de semences moyennement grossiers résistants à l’érosion et à la destruction de la structure.En matière de fertilisants organiques l’association élevage–céréaliculture et cultures de légumineuses fourragères ne peut être que positif, à la fois dans les économies d’eau, de nutriments et surtout réarmer les sols en matière organique (fumier, lisier et compostage)
de telle façon à améliorer la résilience des terres céréalières.Quelle céréaliculture en dessous de l’isohyète 400 mm
A défaut de cultivars de blé dur climato-résistants, les grands espaces où on cultive indifféremment blé dur et orge doivent être réservés intégralement à l’orge en association avec l’élevage ovin, et les légumineuses fourragères et alimentaires. L’orge étant connue pour son aptitude à s’adapter à l’arido-culture. Elle conviendrait dans des petits systèmes de production en terrasses ou en bandes comme, elle peut venir sur de grandes superficies. Il reste à promouvoir l’agroforesterie dans le tell oriental et occidental accidenté et occupé par les formations sylvicoles.
Les cultures céréalières protégées
peuvent être un appoint de revenus à la petite agriculture de montagne tout en diversifiant les agrosystèmes et la biodiversité de ces zones sujets à la dégradation.

saci Belgat: ingénieur université de Mostaganem

Tag(s) : #Vie economique

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