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Réseau des Démocrates

Espace de rencontres et d'échanges d'expériences en vue de construire des alternatives démocratiques et sociales.

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 Élections législatives La stratégie des partisans du boycott

Les positions se clarifient progressivement au sein de la classe politique qui se scinde de plus en plus nettement en deux camps aux visions diamétralement opposées au sujet des prochaines élections législatives. D’un côté, les partisans du scrutin et, de l’autre, ceux qui refusent de s’impliquer dans un processus en décalage, estiment-ils, avec la réalité et la gravité de la situation dans le pays. Laquelle des deux voix sera-t-elle entendue ?
Abla Chérif - Alger (Le Soir) -

La question qui se pose d’emblée est pourtant de savoir de quelle manière les partis qui s’opposent à ce scrutin comptent s’y prendre pour véhiculer leur message à travers la société et peser donc de leur poids sur cet évènement peu anodin en ces moments très particuliers que traverse le pays. 
Les formations politiques que nous avons interrogées ont un point de vue très particulier sur le sujet. C’est notamment le cas pour Talaiou El-Hourriyet. 
Dirigé par l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis, ce parti a toujours considéré les législatives d’avril prochain comme un non-évènement ce qui l’a poussé à annoncer très tôt sa décision de ne pas y participer. 
Aucun plan d’action prévu pour autant. Talaiou El-Hourriyet ne se lancera dans une aucune bataille, aucun meeting ni autre rassemblement populaire pour inciter les Algériens à ne pas se rendre aux urnes.

Ahmed Adimi, porte-parole du parti, s’explique : «Notre position doit être comprise comme il se doit. Nous n’avons pas opté pour un boycott des élections, mais une non-participation. De ce fait, nous nous situons hors de l’évènement, il ne nous concerne pas.» Notre interlocuteur est catégorique : «Nous sommes sûrs que les Algériens vont boycotter ces élections, ils n’iront pas aux urnes. De ce fait, Talaiou El-Hourriyet refuse de jouer un rôle d’opportuniste qui consisterait à ramasser la mise et tirer profit de la réaction citoyenne en disant que le boycott a eu lieu suite à un travail de notre parti. Il n’y aura pas de vote massif car ces élections ne représentent rien dans le contexte où elles se présentent et qu’elles n’apporteront rien de nouveau. C’est un non-évènement.» Il poursuit : «Ces élections sont d’ores et déjà derrière nous, les activités du parti se dérouleront dans un cadre normal et seront principalement axées sur un autre programme. Celui qui consiste à continuer à informer les citoyens de la réalité du pays, de lui expliquer les raisons pour lesquelles ce système nous mène droit au chaos, lui dire que la crise est là et que ce pouvoir n’est pas en mesure de la régler.» Jil Jadid compte réagir différemment.

Le parti dirigé par Soufiane Djillali compte bien porter sa voix à travers la société par, dit-il, «un travail de proximité intense auprès des citoyens». 
Le porte-parole de Jil Jadid insiste: «Nous allons vers les citoyens pour leur expliquer notre position bien sûr, mais surtout apporter les clarifications nécessaires sur la nature de ces élections et les résultats qui en découleront.»

D’ores et déjà sont prévus des meetings, des rencontres publiques avec les citoyens «qui se tiendront en parallèle avec une stratégie de communication et d’information à travers les médias». Lors de son dernier conseil national, Jil Jadid avait fait savoir qu’il s’opposait à des élections encore basées sur la fraude confirmant la «détermination du pouvoir à empêcher toute évolution de la scène politique et toute éventualité d’une quelconque alternance». 
Dans un communiqué, Soufiane Djillali avait révélé que «des instructions discrètes avaient été données par le ministre de l’Intérieur à travers les walis à l’ensemble des présidents d’APC affiliés aux partis au pouvoir pour qu’ils réussissent les élections quels que soient les moyens utilisés. En contre-partie, ces derniers ont reçu la garantie d’être reconduits lors des élections locales».
La même question a été également posée aux formations politiques n’ayant pas encore tranché définitivement la position à adopter au sujet des prochaines législatives.

C’est notamment le cas du Parti des travailleurs appelé à prendre sa décision définitive ce week-end lors de la réunion de son comité central. «Il est vrai, déclare Taâzibt, porte-parole du PT, que notre parti est l’un des rares à ne s’être pas encore prononcé. Nous estimons que débattre des élections dans le contexte actuel serait faire dans la diversion.» 
Taâzibt rappelle la gravité de la conjoncture : des émeutes, des grèves citoyennes et l’adoption d’une série de lois aux répercussions néfastes sur le moral des Algériens. «De ce fait, personne ne sait de quelle manière les citoyens vont réagir lors des élections. Exprimeront-ils leur ras-le-bol en boycottant ces législatives comme cela se fait un peu partout à travers le monde ?

Dans tous les cas, il s’agit d’élections à haut risque. Le risque de voir le système perpétuer la manipulation, le mélange de l’argent sale à la politique, tout ceci multiplie les dangers, pas seulement pour les élections, mais pour l’Etat en lui-même. Toutes ces questions restent prioritaires. Pour l’instant, nous n’avons pas de positions mais des craintes. Le PT sera présent dans cette mobilisation pas comme les autres quelle que soit la décision qui sera prise ce week-end.

Bien malin celui qui prédira comment la situation évoluera d’ici là. Les émeutes de Béjaïa sont une première alerte, les évènements peuvent reprendre à n’importe quel moment et sous n’importe quel prétexte. Les élections auront-elles lieu d’ici là ?»
A. C.

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