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Les premiers pas de Donald Trump à la Maison-Blanche, vendredi, sont à l'image du nouveau président des États-Unis : décapants.

PAR HÉLÈNE VISSIÈRE (À WASHINGTON)

Modifié le 21/01/2017 à 11:34 - Publié le 21/01/2017 à 10:15 | Le Point.fr

 

L'ère post Obama a commencé en fanfare. Donald Trump avait à peine été sacré devant le Capitole que le site de la Maison-Blanche subissait une transformation radicale. Exit la section sur les droits des LGBT et des handicapés, exit aussi la section sur le réchauffement climatique et ses efforts pour le combattre… Donald Trump pendant sa campagne n'a cessé de mettre en doute les effets de gaz de serre et qualifié le réchauffement climatique de « canular très coûteux », et de théorie complotiste créée par les Chinois.

Le site affiche maintenant son plan sur l'énergie, qui explique que le président Trump va éliminer « les politiques néfastes et inutiles » comme le plan d'action sur le climat. Il appelle aussi à « plus de police », mais se montre étonnamment muet sur la question du remplacement de l'Obamacare.

On y trouve également la biographie du 45e président. « Donald J. Trump est la quintessence du succès américain » et a remporté les élections par un « raz-de-marée » y lit-on avec la mesure qui a toujours caractérisé le promoteur new-yorkais. La bio de Melania mentionne qu'elle est également un entrepreneur à succès et met en avant sa marque de bijoux, qu'elle a vendue un temps sur QVC, une chaîne de télé-achat. Le couple n'a cessé pourtant d'être mis en garde contre les risques de conflit d'intérêts, une fois à la Maison-Blanche.

« Journée du patriotisme »

Dans la foulée, Donald Trump a signé un décret qui donne aux agences fédérales le pouvoir d'éliminer de grosses portions de l'Obamacare, un autre qui suspend une initiative d'Obama pour réduire les frais dont les emprunteurs doivent s'acquitter sur certains types de prêts dans le but de faciliter l'accession à la propriété pour les foyers modestes. Enfin, il a décrété la création d'une « journée nationale du patriotisme », même si personne n'a la moindre idée de ce qu'il entend par là.

Lors de la cérémonie d'investiture, le président avait snobé Hillary Clinton, évitant même de lui serrer la main avant de prononcer un discours populiste très noir, dans lequel il se vantait de son succès et ne faisait aucun effort pour apaiser les divisions. Il s'est un peu rattrapé au déjeuner au Congrès.

« J'ai été très honoré, très, très honoré, quand j'ai appris que le président Bill Clintonet la secrétaire Hillary Clinton venaient aujourd'hui », a-t-il dit demandant à la foule de leur faire une ovation. « J'ai beaucoup de respect pour ces deux personnes », a-t-il ajouté. Et plus tard, on l'a vu en train de lui serrer la main, faisant preuve au final de plus de courtoisie que Dwight Eisenhower, qui, en 1953, s'était refusé même à sortir de la voiture pour rencontrer Harry Truman à la Maison-Blanche.

« Comme un enterrement »

 

Le plus frappant peut-être de cette journée restera l'absence de foules, notamment sur le trajet de la parade où les tribunes étaient à moitié vides. Une atmosphère bien différente de la liesse délirante qui avait accueilli Barack Obama en 2009. Il est vrai que le temps pluvieux n'a pas aidé, ni le fait que le défilé a commencé tard et s'est achevé dans la nuit. Le couple Trump est à peine descendu de voiture, à la grande déception de ses fans, dont certains avaient attendu des heures. « C'est presque comme un enterrement », a lâché Scott McGrady, un des badauds en parlant du cortège de limousines noires dans lequel on apercevait à peine le nouveau président.

En revanche, les manifestants étaient, eux, nombreux et très remontés, et à plusieurs endroits il y a eu des confrontations avec la police. Des vitrines ont été brisées, une limousine incendiée, plusieurs policiers ont été blessés et quelque 200 personnes ont été arrêtées.

Donald Trump a terminé la soirée par la tournée des bals où sa présence a un peu fait oublier le fait qu'il n'y avait pas un chanteur connu. Il a fait une apparition avec Melania toujours très chic, arborant une robe crème conçue par Hervé Pierre, un Français, ex-collaborateur de Carolina Herrera. Comme le veut la tradition, ils ont esquissé à chacun des trois bals quelques pas de danse un peu guindés et très répétitifs, toujours sur la même chanson, « My Way » de Frank Sinatra, une reprise d'une chanson également française, la célèbre « Comme d'habitude ». Mais la résistance s'organise déjà. Sur le Web s'est lancé un site baptisé ImpeachDonaldTrumpNow.org, demandant la destitution du président, et, aujourd'hui, se tient une grosse manif, la Marche des femmes.

Tag(s) : #Politique internationale

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